‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avec le développement de la littérature française (volume 4)Chapitre 46 sur 121 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Une éducation de poAte. — Pamphlets politiques et religieux. Le paradis perdu. — Autres poèmes.

John Milton *, qui devait rendre à TEuropc la gloire de Tanlique épopée, sembla dès ses plus jeunes ans prédestiné à cette noble tâche. Enrichi, sans en être accablé, de toute l'érudition do son époque, possédant toutes les langues connues, grammairien, poète, philosophe, théologien, puhliciste, il était ailé, au sortir des fortes études de Cambridge, recevoir en Italie le soufîle viviBant de Fart, au milieu des chefs-d'œuvre de Michel-Ange et des traditions encore récentes du Tasse. Il s'y était lié avec Manso, l'hôte, le biographe du grand poète italien, et souhaitait pour lui-même un pareil ami, et sans doute une pareille gloire. Peut être quelques informes essais de trois poètes italiens ^, laissèrent-ils dans son souvenir ces germes féconds que développent le temps et le génie.

Revenu dans sa patrie, Milton médita longtemps en silence et sous l'œil de Dieu ^ une grande œuvre qui fût un hymne pieux à sa gloire. Il « purifiait son âme comme un temple, pour que Tange des hautes pensées ne dédaignât pas d'y descendre » : il croyait que « l'homme qui se destine à écrire de nobles choses doit être lui-même un vé-

1. Né le 9 décembre t608 à Londres où il est mort le 10 novembre 1674.

2. Andreini, Adamo; Troilo Lancetta, Adamo ed Eva; Valvasone, Angeleida,

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