Immortal, though no more; though falleo, great
jouissances vulgaires dont il a sondé le yide, appelant de tout son génie une vérité à croire, une digne cause à défendre, un amour vrai pour qui mourir. Sa mort héroïque à Miesolonghi rend à sa viQ une signification sérieuse, et laisse voir, sous le vice et le scepticisme de la surface, la passion profonde des grandes et nobles choses.
Ses œuvres révèlent la même complexité ; « son talent présente trois faces très distinctes. Tourné vers le monde moderne, il se nomme Don Juan ; tourné vers l'histoire et l'humanité, il est Childe Harold; tourné au dedans, vers l'éternel problème delà destinée et du monde invisible,
il devient Manfred^ ».
La poésie de Byron avait sans doute des élans étranges, des excursions mystérieuses au delà du monde réel ; mais si son front se couronnait de nuages, ses pieds du moins reposaient sur la terre où nous marchons. La nature vraie, la passion connue et sentie de tous formaient la base solide de ses rêves d'idéal les plus audacieux. Son style ferme et précis, son vers formé à Técole de Pope, qu'il aima et admira toujours, donnaient une forme nette et classique à ses plus brillantes fantaisies. Un autre poète, un ami intime de Lord Byron, Shelley', dédaignant la partie humaine et passionnée de l'art, s'élança d'un bond, loin du domaine des réalités, dans les régions de la plus abstraite métaphysique. On peut dire de lui ce qu'il a si bien dit de l'alouette dans une ode restée célèbre (S%/arA) :
Plus haut, toujours plus haut tu jaillis du sol ; tu perces le profond azur, comme un nuage de feu. En chantant tu t'élances, en t'élançant tu chantes toujours.
Dans la lumière dorée du couchant, dans l'éclat des nuages qui t*en-
1. Edouard Schuré, article sur Shelley, dans la Revue des Deuoo- Mondes, 1" février 1877.