Koboi^stcin, cité par Joret, page tU
LA OlUTIOUJE. âd9
foBetien» à. Leasing, q^î le» Fefusa, maia coasenth à aeeanddF eamme ofilique use eBtr^priaa qu-il me jugeait pas à propos de dipiger eogoame auI^uf. Il eréa doQe ub jaumal, UBe espèce de ieuillekeB dram^i^ue, qui a^mprima aux fpais, se ^ndit au pKvfil du théâtre de QamlDtOBrg, et lui survécut quelques mois, après un aB de sueeè» et de popu« larité pour le mtique.
Li Dram(»H»i^0 de LessÎBg est, au jugeiaeBt de M. Méajères, le meilleur ouvrage de eritique drassMitique qifait produit le dix^uitième sièiOl^. Ce B'eat pas qu'il faille ; ebereher upe appréeiatieB juste et impartiale dea doctrines et des œuvres : bob ^ la littérature allemaBde était alors à une époque de crise ; la Dramatv/rgi& fut HBee machine de giierre ; et eWt ce qui en fait la vevve, la puissaBoe^ Toriginalité^ L'enBemi alors e^était la FraBce, c'était cette gloire européenne, envahissante de net» elas« sic^ue», qui ne permettait paa à FÂllemagne d'èlre^ de pen^ ser el de parler elle-môqie. G^est à la f^ranee que s'attaqua la Dra^i^èatuvgie ; ce sent nos olassiqueis qu'elle prétendit renverser. A Pen croire, la France n'avait pas plua que rAUemagne alors de théâtre national, au moina de théâtre trafique ; cap pour notre comédie Lessing fut moins in^ flexible. « La faute mo est à Goarneille et à {laeine^ Mai» GorBcille est le plus capable. BaciBo B-a nui que par les modèles quHl a donnés ^ Corneille, par set exemplea et ses le^Bs. Celles-«ci, adoptée» d^ teute la nation, comme de» oracles, et suivies par tous les poètes postérieurs, n'ont pu produire (je me fais fort de le n^ontrer pièce par pièce) que ce qu'il y a au monde de plus pauvre, de plus iBsipide, de jnoi^Qi tragique. Qu'en me cite, ajouts^it^l, une pièc^ du grand Corneille que je ne me charge de faire mieux que lui...» Malheureuseioent pour le publie^ X^siS^ng c'a poiBt essayé \
1. tkins sa correspondance avec Mendetsohn) Lessitig, ayant son franc
Cette aversion, pour être ridicule, n'en est pas moins explicable. Corneille avait écrit pour une génération fi ère et raisonneuse, religieuse et guerrière, pour la génération des Arnaud, des Descartes, des Pascal et des Condé ; ses oeuvres avaient quelque chose d'étranger dans un siècle qui fut presque, en tout le contraire du précédent. Chez Racine, la tragédie est Tœuvre d'une civilisation élégante et raffinée, œuvre pleine de vie et de passion aux yeux de la société brillante qui s'y trouve peinte, froide et presque morte aux yeux d'un juge dont l'esprit n'est pas façonné à ses nuances. Lessing est ce juge. Ainsi, ni Corneille n'est rhomme du siècle, ni Racine n'est l'homme de l'Allemagne ^
Pour Voltaire ce fut pis encore, parce que c'était tout le contraire. Voltaire en France régnait sur l'opinion, et l'opinion française dominait dans la haute société allemande : pour affranchir l'Allemagne c'était donc surtout à Voltaire que Lessing devait s'attaquer. D'ailleurs la verve du critique était aiguisée ici par les rancunes de l'homme. Lessing, autrefois pauvre étudiant en médecine, avait été à Rerlin sous- secrétaire aux gages de Voltaire (alors ami et chambellan du roi de Prusse), sous-secrétaire peu considéré, peu sympathique, infidèle même, s'il faut en croire son patron, au moins indiscret et négligent dans ses fonc< tions. Nul n'est grand homme pour son valet de chambre : comment Voltaire eût-il été grand écrivain pour son employé irrité et devenu son juge?
La haine a de bons yeux, surtout quand elle est servie par l'esprit, le patriotisme et une solide instruction. Les critiques de Lessing contre les tragédies de Voltaire, tou-
parler plus encore que dans son journal, prétend que l'auteur de Polyeucte a fait de son héros « un danseur de corde ». Ce jugement est le pendant de celui où un critique moderne, l'auteur dos Profils et grimaces^ appelle Racine « une vieille botte éculée ».
l. L. Crouslé, Lessing et le goût français en Allemagne^ page 296.
jours dures, sont le plus souvent fondées et ingénieuses. Sémiramis, Zaïre, Mérope^ tout le théâtre est examiné, jugé, écrasé tour à tour par de victorieuses comparaisons. Mais ce n'est pas seulement le poète tragique que Lessing attaque en lui, c'est Técrivain, quoiqu'il *en sût mal la •langue; c'est Thistorien, quoiqu'il eût été mieux que personne à même d'en apprécier le mérite ; c'est le philosophe, quoiqull en partageât les principales opinions. Et toutes ces critiques, toutes ces attaques sont revêtues d'un style vif, net, précis, dont l'Allemagne n'avait pas jusqu'alors le secret. « M. de Voltaire fait de temps en temps l'historien dans la poésie, le philosophe dans l'histoire, et dans la philosophie l'homme d'esprit. » On sent à ce style incisif que le critique allemand s'est frotté à celui qu'il déchire.
Les défauts de la tragédie française, telle que le dixseptième siècle l'avait léguée au dix-huitième, sont signalés dans la Dramaturgie avec une netteté et une clairvoyance extrêmes : on peut les résumer en trois mots, qui contiennent tout ce qu'on a reproché depuis à ce genre de composition : elle n'est ni assez libre, ni assez populaire, ni assez tragique.
Les règles que la tragédie française se vante d'observer, ne sont point, comme elle le prétend, celles d'Âristote ; les règles du Stagirite sont aussi vraies, aussi infaillibles qu'un théorème d'Euclide ; mais elles ont été bien mieux suivies par Shakspeare qui les ignorait, que par Corneille qui s'efforçait de s'y asservir. Shakspeare est déjà l'idole de Lessing, comme il a été depuis le dieu de l'école romantique.
Au reste le critique de Hambourg n'avait ni tout le mérite, ni toute la responsabilité de ses hardiesses ; Diderot l'avait précédé dans cette voie ; avant Lessing, Diderot avait condamné le ton solennel de notre théâtre tragique ; avant lui il avait tenté de substituer à la tragédie lo drame,
OU) oomme il disait) k tragédie bourgeoise; -avant Leasing il en avait donné la théorie et Texômple. L^auteur de la Drmnalurgie abonde dans les doctrines de Diderot^ et les soutient avec plus d'érudition, d'habileté et de style«
La fin de l'entreprise théâtrale de Hambourg et de la Dramaturgie hatnbourgeoke est à la fois amusante et* instructive. Le répertoire des acteurs hambourgeois nW» fVait auit spectateurs que des pièces allemandes- déjà an* ciennes, dans lesquelles Lessing ne trouve guère à louer que la bonne volonté, ou des pièces françaises traduites ou remaniées. Or Lessing prétend que le théâtre français ne peut servir qu'à montrer ce qu'il ne faut pas faire, et que les Français n'ont pas de théâtre. Pour soutenir ces bravades germaniques, il aurait fallu que les auteurs aile* mands s'empressassent d'apporter des chefs-d'œuvre au théâtre national. L'appel de Lessing resta sans écho; les chefs-d'œuvre ne venant pas, on continua de montrer aux Allemands comment il ne fallait pas faire. Que devait penser le public d'un théâtre où l'on ne jouait que des pièces déclarées mauvaises par son critique officiel ?
Aussi le public se retirait : c'était profiter de l'enseignement du maître. On lui représentait en allemand des pièces françaises : bonnes ou mauvaises, il aima mieux les voir jouer par des acteurs français. A Hambourg, ville de commerce, tout le monde entendait notre langue. Une troupe française étant survenue, la scène nationale fut abandonnée. Ainsi mourut le théâtre de Hambourg S
Et pourtant la critique de Lessing, la Dramaturgie avait réussi plus que ne croyait son auteur. Le public re« tournait, faute de mieux, à la scène française, mais les doctrines de notre théâtre étaient ruinées en Allemagne, et devaient plus tard être modifiées môme en France ; les poètes allemands se lancèrent dans une] voie nouvelle s