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AUTEURS ANGLAIS ET AMÉRICAINS

Cooper.

Fenimore Cooper, né à Burlington, dans le New-JerFey (Étatsmérique), le 15 septembre i789, est mort à Cooper's Town (État Ifork) le 14 septembre 1851.

ses premières études à New-Haven (Connecticut) ; expulsé du )our cause d'insoumission et par suite de son peu de disposi- Lir les études classiques, il entra dans la marine et pendant six l prit part à de nombreux voyages et à plusieurs combats la guerre de l'Indépendance déclarée à l'Angleterre par les is, ce qui lui a permis d'être avec autorité, si précis et si attans les descriptions des choses maritimes. Sa santé l'ayant obligé ;er à la carrière active, il se retira dans le domaine paternel, se ec une demoiselle Lancy, descendante d'une famille protestante i bannie de France à la suite de la révocation de l'édit de tt, après dix ans de préparation et de repos, il publia ses pre- Tits. Pour les mêmes motifs de santé il fut envoyé en Europe, que temps Consul à Lyon (1826), et parcourut une partie de ^ne, la Suisse et l'Italie.

r, dont le iiom est inséparable de celui de \i^\.t\ '^<:.^W. v!^^

complète, comme les États-Unis complètent l'Angleterre, avait dans sa personne la plupart des traits de ces Yankees, de ces pionniers, de ces trappeurs, dont il a si pittoresqucment décrit les aventures et le caractère ; il était énergique, froid, sévère; il avait le regard profond et dans ses résolutions il restait toujours inflexible.

Si le sentiment général n'a pas cessé d'associer le nom de Cooper à celui de >Valter Scott, il y a entre eux moins de points communs que de dissemblances.

L'un et l'autre ont peint les mœurs et encadré dans leurs œuvres les traditions de leur patrie respective ; l'un et l'autre ont décrit la natui'e extérieure avec la plus grande exactitude. Parfois le romancier américain est grandiose comme le site qu'il décrit, mais il est inférieur i Walter Scott comme écrivain et comme observateur du cœur humain, c On a comparé aussi la manière de Cooper avec celle de l'auteur d*ilto/a; mais cette comparaison manque de base. Les Peaux-Rouges de Chateaubriand ont existé dans son génie bien plus que dans la réalité ; tandis que Cooper les a reproduits comme il les a connus : tour à tour bizarres et graves, hospitaliers et perfides, naïfs et rusés, généreux et féroces; en un mot, Chateaubriand a fait de la poésie, Cooper de l'histoire. »

Voici les titres de ses principaux ouvrages : Précaution, ou le Choix d'un marij 1821 ; let Pionniers ou les Sources de la Susquehanna, 1822; le Pilote y 1823; Lionel Lincoln, 1824; le Dernier des Mohicans, qui est regardé comme son chef-d'œuvre, 1825; la Prairie, 18^5; les Puritains d'Amérique, 1828; le Corsaire rouge, 1828; la Sorcière des eaux, 1828; le Bravo, i%Z\ ; le Bourreau de Berne, 1833; les Deux Amiraux, 1842; Mercedes de Castille, 1844; les Peaux^Bouges, 1845; les Liotis de mer, 1849 ; tes Mœurs du temps, 1850.

Plusieurs de ces romans ont été traduits en espagnol, el Ultimo Mohu cano, 1835 ; el Pilota, 1836 ; el Puritano de America. 1836 ; los Plantadores de America, o los Nacimientos del Susguekanna, 1857; et eu poriugais, o Derradeiro Mohicano, 1838 ; o Piloto, 1838.

H existe plusieurs traductions françaises des œuvres complètes de Fenimore Cooper. Les premières parues sont celles de MM. benjamin Laroche et Albert Montémont, Paris; F. Didot, 1835, 6 vol. in- 8; et celle de Defauconpret, Paris, Fume, 1838-1845, 23 vol. in-8.

W. Irwing.

Washington Irwing, né à New- York le 3 avril 1783, est mort à Tarrytoven (état de New- York) le 28 novembre 1859.

Historien et romancier consciencieux et fécond, Irwing a joui en Amérique d'une renommée des plus brillantes et son nom est non moins célèbre et non moins populaire dans l'Angleterre même. II a écrit dans plusieurs genres, mais toujours avec un rare talent de penseur et d'artiste. Elevé dans une famille vouée au commerce il s'occupa d'abord d'affaires; sa banté délicate l'ayant obligé à voyager en Europe, il alli résider dans le midi de \a Ytaïucfc tXk^^\tf»\x\%\Va. Rome, Naples, la

Sicile, traversa la Suisse et Tint à Paris ; puis il parcourut la Hollande, se rendit en Angleterre et retourna à New- York en 1806.

Pendant la guerre avec l'Angleterre (1812-1814) il servit comme aidede-camp du général Tompkins, gouverneur de New- York avec le titre de colonel; en 1829, il fut nommé secrétaire de la légation américaine à Londres et en 1832, après une absence de dix-sept ans, il revint à New- York où son arrivée fut un triomphe. Il fut chargé en 1842 des fonctions de Ministre des États-Unis à Madrid et en 1846 il reprit définitivement le chemin de l'Amérique où il passa les dernières années de sa vie, toujours ardent au travail, relisant ses œuvres anciennes et préparant d'autres matériaux pour de nouveaux ouvrages.

Le style d'Irwing est en général simple et sans recherche, mais non sans couleur et sans pelief. Dans la plupart de ses ouvrages on retrouve l'esprit de bon aloi, la grâce piquante, la douce sensibilité et le genre a addisonien » qai constituent sa manière propre. C'est surtout comme « essayist )» qu'il a conquis sa renommée, car c'est dans ses divers Essais que brillent au plus haut degré les qualités qui le distinguent, la finesse d'observation, la morale saine, la peinture fidèle de mœurs ou de paysages, l'humour et l'esprit ingénieux, surtout la forme artistique et l'élégance exquise du style.

Ses principaux ouvrages sont : Histoire de New-York^ 1809; c'est un exposé fantaisiste et critique de l'état des anciens colons hollandais de New- York ; Irwing publia ce livre sous le pseudonyme de Knickerbocker qui devint aussitôt populaire; Livre d'esquisses (Sketch-book), 1819; Bracehridge hall or the humourists, 1822 ; Contes d'un voyageur. (Taies of a traveller) 1824; Histoire de la vie et des voyages de Christophe Colomb (History of the life and voyages of Christophe Colombus), 1828 ; Voyages et découvertes des compagnons de Colomb (Voyages and discoveries of the companions of Colombus) , 1831 ; Conquête de Grenade (Clironicle of the conquest of Grenada) by Gray Antonio Agapida, 1829; Alhambra^ 1832; Legendsofthe conquest of Spain^ 1835; Mahomet and his «t<cce««ar«, 1849-1860 ; Tour on the prairies^ 1835; Abbotsford, 1835; Astoria, 1836; Adventures of captain Bonneville in the Rocky Mountaitis and the Far-West, 1837 ; Olivier Goldsmith, 1852 ; Chronicles of WoofferVs room andotherpaperSfiSb^; Washington, 1855.

Une édition générale de ses œuvres a été publiée sous ce titre : Corn» plete Works new first collected, London, Bohn. 1851 , 10 volumes petit in-8.

Le plus célèbre ouvrage d'Irwing : Geoffroy Crayon's sketch-book, fréquemment réimprimé et même avec illustrations à New- York et à Londres, a été traduit en français sous le titre de c Esquisses morales et littéraires», par Delpeux et Yilletard, Paris, Letellier, 1822, 2 vol. in-8, ou sous celui de < Voyage d'un Américain à Londres », Paris, Ponthieu, 1821 et 1827, 2 vol. in-8. '^

Presque toutes ses publications ont été traduites successivement ou simultanément par les traducteurs que nous venons d'indiquer et par MM. A.-J.-B. et C.-A. Defauconpret, Henri Lebrun, J.-A. Dufour, Paul Mcriniau, Mlle A. Sobry, Ernest W*", Benjamin Larot\L<Ê,^.-'^.^^v^v5x^\ 1\ Christian.

UTT. SEPT, %

Thackeray.

William Makepeace Thackeray, né à Calculta le 12 août 1811, est mort à Londres le 24 décembre 1864.

11 était le fils d'un des principaux employés de la Compagnie des Indes. A cette époque, les agents de la Compagnie anglaise des Indes, comme ceux de l'ancienne Compagnie française, étaient à la fois fonctionnaires et commerçants; son père put lui laisser une fortune assez convenable pour vivre avec indépendance et faire ses études à loisir. Elevé à Cambridge, il quitta cette université sans être muni du diplôme, mais après y avoir fondé un journal facétieux sous le titre de : The Snob.

Il fit ses études de droit, mais il s'occupa surtout de l'art du dessin pour lequel il avait de très heureuses dispositions. Se croyant artiste, il parcourut les musées de l'Europe et acquit ainsi un certaiu savoir-faire qui lui permit d'c illustrer » avec succès quelques-uns de ses ouvrages.

Dès 1832, il écrivit dans le Frazers Magazine des articles d'art et des vei*s signés d'un pseudonyme sonore c Michel-Ange Titmarsh » ; puis il habita Paris pendant quelques années et y publia un album de caricatures : Flore et Zéphyr, ballet mythologique, par Théophile Wagstaffe, Paris et Londres, 1836, petit in-folio.

Diverses entreprises littéraires l'avaient conduit à de grandes pertes; il dut travailler pour vivre ; il était resté à peu près obscur jusque-là, mais la publication de la Foire aux vanités, 1846, lui apporta tout à coup la vogue, la renommée, la fortune. Ses autres ouvrages^ qui se suivirent rapidement, continuèrent et agrandirent ses succès.

En 1852, il visita les États-Unis et donna des Lecture* qui eurent un grand retentissement et furent entourées d'un puissant attrait.

On lui a reproché une prétendue misanthropie ; miss Bronte a réfuté cette accusation : c 11 y a chez ce formidable Thackeray beaucoup de sentiment, qu'il cache avec soin, mais qui n'en est pas moins sincère. Si son grand cœur ne renfermait pas une profonde sympathie pour ses semblables, il se plairait à les exterminer ; loin de là, il cherche à les réformer. 11 a le rare mérite de peindre la comédie humaine sans jamais tomber dans la caricature; on devine, comme chez Balzac, qu'il décrit la vie telle qu'il l'a vue ou sentie; on coudoie ses personnages dans le monde réel. »

Ses autres ouvrages principaux sont : Comic Taies and Skelches, 1840, 2 vol. in-8; The second fanerai of Napoléon, 1840, petit in-4; Mistress Perkin's bail, 1840, petit in-4; Vanily fair, 1846-1848, 3 vol. in-8; Our Street, 1847; The book of Snobs, 1848; Hislory of Pendennis, 1849- 1850, 2 vol. in-8; History of Henry Esmond, 1852; Lectures on the english humourisls, 1853; The Netvcomes, 1855; Memoirs of Charles Fellowplush, 1856; Ballade, 1856; The Virginian, 1857-1859; fjovel tlu widower, 1860; The four Georges, 1860, The Adventures of Philip, 1861; Roundabout papers, 1862.

plupart de ses ouvrages oivl èvfe Vc^ômVKs, ew français . peut consulter la Kcvue des Deux ^oud.e%, Vîi ^O^Oûtc^ NSS^ «,t

•■■ septembre 1854; J. Hannay, Mémoire of Thackeray^ 1864, in-8; et h. Taylor, Thackeray, 1864, in-8.

Brougham.

Lord Henry Brougham et Yaux« né à Edimbourg, le 19 septembre 778, est mort à Cannes le 7 mai 1868.

Brougham, avocat et homme politique éminent, a partagé avec Pallerston le privilège incontesté d'une grande notoriété en France, mais 3S sympathies pour nous furent toujours plus désintéressées et plus [instantes que celles de Lord Palmerston.

Le rôle de Lord Brougham a été considérable en Angleterre. Habile et erspicace dans les sciences exactes, avocat incisif, orateur écouté à la [lambre des communes, chancelier, sa parole puissante, son éloquence bérale, ses vues toujours généreuses, l'ont signalé à la reconnaissance e son pays et à l'admiration des savants, du barreau, et du parlement;

a attaché son nom à plusieui*s mesures dont chacune suffirait à donner i gloire; continuateur de Wilberforce, il consacra son talent à l'œuvre e l'abolition de la traite des noirs: il favorisa les associations oiirières et fut membre actif de la Société pour la diffusion des connaisances utiles; il prit part à tous les efforts faits pour étendre l'instruclon élémentaire parmi les classes pauvres et contribua largement à ssurer l'existence de l'Université de Londres.

I^rd Brougham, outre ses ouvrages de science sur VOptique et la réométrie (179(3-1800), outre ses recherches sur la Politique des colonies 1805) et sa collaboration à la Revue d'Edimbourg fondée par Jeffrey en 802, a publié : Précis historique du partage de la Pologne^ traduit lar A. Clapier, Paris, 1831, in-8; Discours sur la théologie naturelle^ raduit par J. G. Tarver, Paris, 1835, in-8 ; Discours au barreau et au Parlement (Speeches), London, 1858, 4 vol. in-8 ; Esquisses historiques Historical sketches of state's men who flourished in the time of George III), 839-1844, 4 vol. in-8; Vies des écrivains et des savants (Lives of mcn >f arts and science in the time of George III), 1845, in-8; Voltaire et husseau^ écrit en français, Paris, Amyot, 1845, in-8.

Brougham a publié lui-même une édition complète de ses œuvres Brougham's works), London, 1855-1857, 10 vol. in-8.

Il avait été élu le 30 mars 1833 à l'Institut de France, en qualité l'associé étranger de l'Académie des sciences morales et politiques.

A l'entrée de son château de Cannes, où il passait tous les t^tés et où I est mort, il avait fait placer l'ancien distique dont il se faisait cer- ■imement une application exagérée :

Inveni portum : spes et fortune, valete; Sat me lusistis ; ladite iiunc alios. r

Dickens.

Charles Dickens, connu aussi sous le pseadou^me ôi^ ^^'L^ "Q^ ^ ^^crittaouih, le 7 iévrier iSil, est mort à Loadres \e ^ \viÂ.\i\%'V^*

Il se prépara d'abord à la carrière du barreau et travailla chez ud \ avoué (solicitor), qu'il abandonna au bout de deux ans pour se vouer exclusivement à la littérature ; il débuta dans le journalisme, et écrmt dans le Vrai Soleil (The True Sun), Is Miroir du parlement et enfin dans le Morning chronicle; il se fit connaître à cette époque comioe un des meilleurs sténographes (reporters) de la pi*esse de Londres. II publia en 1830-1837 les Scènei de la vie anglaise (Sketches of english lifc and character), 2 vol. in-8, illustrés par le caricaturiste Cniikshank; puis le Club Pickwick (The posthums papcrs of the Pickwick-club). 1857-1838, 3 vol. in-8.

Dès ce moment, le nom de Dickens devint célèbre; il avait épousé la fille d'un avoué, M. George llogart, qui avait été l'ami de Walter Scott et de Jeffrey. Ses ouvrages parurent rapidement et avec un succès aussi {"^ incontesté que grandissant. On y remarqua cette délicatesse exquiB<?i celte humeur tempérée, cette sensibilité passionnée qui furent le ca^a^ tère personnel et distinctif de sa manière. Les souffrances des classts laborieuses n'eurent pas de peintre plus attentif et plus juste, sans exagération, mais avec ces appréciations précises et sympathiques qui indiquaient un cœur pénétré et un esprit généreux.

Son triomphe fut considérable ; il le compléta en faisant des conférences largement rémunératrices en Angleterre et en Amérique où il fit deux voyages. Ses bénéiices furent plus abondants encore que ceux produits par la publication de ses œuvres, que désormais tant de vogue entourait.

Devenu opulent, il organisa chez lui des représentations théfttrales auxquelles l'honneur d'èti*e admis était fort recherché. 11 devint un des membres les plus actifs de la Literary Guild, association fondée en 1851 et qui avait pour objet de venir en aide aux littérateurs vieoi et malheureux.

Outre ceux que. nous venons de citer, ses principaux ouvrages sont: Olivier Twist, 1828, 2 vol in-8; The life and advenlureê of Hichd» Nickteby, 1839, 3 vol, in-8; Martin ChuzlewiU (The life and adventurei of Martin Chuzlewitt), 18331834, 3 vol. in-8 ; Chrietmas Garrot, 1843. inS; les Carillons, (Chimes), 1844; in-8; le Grillon du foyer [Ho^ Cricket of the hearth), 1845, in-8; la Bataille de la vie (the baltleo life), 1846, in-8; Scènes d'Italie (Pictures from Italy), 1844, in-l8; Dombeypère et fils (Dealings with the firm of Dombey and son), i8i|' 1848, 4 vol. in-8 ; Notes pour la circulation générale aux États-Ui^ (American notes for gênerai circulation), 1842, in-18 ; David CopperfieU (Pei'sonal history, adventures, expérience and observations of Davy Gop- .^j perfield the younger), 1850, 4 vol. in-8; La petite Dorrit (the Utile Dor- ' rit), 1856, 3 vol. in-8.

a Un très grand mérite de Dickens, qui pèche d'ailleurs par l'abus et

la diffusion des détails, a dit Philaréte Chastes, est d'avoir parcouru

l'échelle du rire depuis la farce la plus bouffonne jusqu'à la gadeti

douce et sentimentale. Il vit du détail populaire et de l'analyse fidèle et

^mquante des classes inCène\ire%;\kc^^\.^Qiiv%.>a££&<s.\^es derniers romans

^^ font remarquer par une leudasiûft twï^^y^^ \«c^\^^^\wrvafc %^^^. »»

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i plupart de ses romans ont été traduits séparément par Mme Eugé-

lïiboyct et MM. B. de LabédoUière, Ludovic Bcnard, A.-J.-B. Det'au-

►ret, P. Lorain et Bernard Derosne.

le des meilleures éditions générales de ses œuvres est celle de

:hnitz, Leipzick, 1842.

ie traduction complète en français a été publiée sous la direction

I. P. Lorain dans la Collection des meilleurs romans étrangers,

s, 1856, in-16.

Stuart Hill.

•hn Stuart Mill, né à Londres le 20 mai 1806, est mort à Avignon,

mai 1875.

1 1823, il fut attaché à Londres aux bureaux de la compagnie Indes où son père, le savant auteur de l'histoire de l'Inde britanle (History of british India), occupait une position élevée ; il se livra études de la nouvelle école qui s'était vouée aux théories de J. Benn, et la révolution de Juillet 1830 ayant lait sentir en Angleterre son lence libérale et progressiste, il écrivit dans les journaux politiques } le sens de ce mouvement avancé, et dirigea, de 1815 à 1840, le nal radical London and Westminster Review.

ms son pi'emier ouvrage de longue haleine : Système de logique onnelle et inductive (System of logic rationative and inductivc). Ion, 1843, 2 vol. in-8, Mill a voulu constituer une logique nouvelle substituant une base positive à l'abstraction aristotélique; il a cherdans < l'agitation qui trouble l'Europe dans ses profondeurs les plus lées, jusqu'à quel point les méthodes par lesquelles tant de lois du de physique ont été comptées parmi les vérités irrévocablement lises et universellement acceptées, peuvent servir à former un semle corps de doctrines reconnues dans les sciences morales et polies ». On voit quels points communs unissent Mill à l'école positiviste Caise, à Auguste Comte et Littré.

»ur appliquer ses doctrines philosophiques, Stuart Mill publia : ciples ofpolitical economy, with some of their applications to social osophy, London, 1848, 2 vol. in-8. Cet ouvrage a été lu, traduit et mente dans l'Europe entière ; il y déploya avec ampleur et éclat ;s les ressources d'un esprit original, étendu, vigoureux, libéral,

souvent trop systématique.

tte publication place Mill au premier rang des promoteui^s du librenge; on loua universellement l'auteur n pour le sens droit et pro-

et la sûreté de jugement que donne une grande habitude des res. Quant au principe de la population, poussant à outrance les i de Malthus, l'auteur voyait dans ses excès la cause principale des res humaines et dans sa limite le salut et la vie des sociétés civis. »

1 1856, Mill fut nommé Directeur de la correspondance de laCom.ie des Indes; il acquit une grande autorité, p\r\l\^ V«ï^"fe ^is^t "sivvt.- \u Parlement dans les discussions relatives ài ceUe è.otKV^^^\^ ^v'^vvX

iré< èi''u\é. r»eT«iu dôp: té de Londres, il s€ signala en iSfO par un aoK^d^'iDent à la ioi électorale ayant pour but de reconnaître aux fefnmr< \e drx*h de sufTraee et qui réanit une minorité de 73 voix.

lill avait été élu correspondant de llnstitul de France (Académie des sciences morales et politiques) le 21 août 1860.

Il a publié en outre : Sur U Liberté^ 1850, inS ; le Gouvernement représentatif, traduit par I. Dtipoot-White, 1865, in-18 : Auguste Comte et le Positirisme, traduit par I. G. Gémenceau, 1868, in-18; VAnujeltintement det femme*, 1860, in-18 ; la Philosophie de Hamilton^ 1K69, in-18: Men Mémoires^ traduits par M. E. Gazelles, 1874, in-8; la Hémlut ion de 1848 et sei dèlracteurê^ traduit par M. Sadt-Garnot, 1875, iii-12.

Disraeli.

Benjamin Disraeli, premier Ticomie Beaconsfîeld, est né le 21 décembre 1805 à Londres où il est mort le 19 avril 1881.

11 descendait d'une famille juive chassée d'Espagne par l'Inquisition || au quinzième siècle, réfutée à Venise, et son aïeul vers 1 750 vint s'établir en Angleterre. Son père, écrivain assez estimé, a publié un grand nombre d'ouvrages presque oubliés aujourd'hui en face du i^etentissement de la célébrité de Benjamin, comme avocat d'abord, et ensuite comme un des hommes politiques éminents qui ont eiercé sur les destinées de l'Angleterre et même, à certains moments, sur la situation générale de l'Europe, une influence incontestée.

Mais si la gloii^ de l'homme politique est considérable, il ne faut pas oublier qu'elle a été précédée et préparée parcelle de l'homme de lettres, et que celle-ci restera vivante quand l'autre peut-être aura déjà pâli.

Pendant trois ans il travailla en qualité de clerc chez un avoué (solicitor). Son premier ouvrage littéraire fut Vivian Grey, roman en trois volumes, dont le héros est un politicien audacieux qui n'a qu'un moyen, l'intrigue, et qu'un but, le succès. La notoriété lui était venue; il publia d'autres écrits fort remarqués et entra dans la vie publique comme député du bourg de Maidstoue à la chambre des Communes au mois de juillet 1837.

Il devint bientôt le chef de La Jeune Angleterre, fraction progressiste da parti tory, et il développa dans une série de romans les principes d'une sorte de régénération sociale qui causèrent alors partout une vive émotion. En 1852, il devint chancelier de l'Échiquier, le fut encore en 1858, en 1866, et choisi comme chef du cabinet en 1868. Le 16 août de la même année, il fut créé vicomte et pair d'Angleterre.

Disraeli s'est toujours honoré de ses premiers travaux d'homme de lettres ; il répétait qu'il avait « la littérature pour unique écusson », et qu'il n'était qu'un c gentleman de la presse » .

Un de ses ouvrages les plus répandus en France fut Coningêby, or thenew génération, traduit en français par Mlle A. Sobry sous le titre de La Jeune AngUterrt, Pans, 1844, 3 vol, in-8. « La verve caustique de cet écrivain, qui lui a ta\l ua^ «à. \gs^^^ ^«s^AaXaSLwû. «i. t^j^o^jaterre, J

a surtout éclaté avec un rare bonheur dans La Jeune Angleterre, ouvrage qui, sous une forme gracieuse, résume tous les événements importants qui se sont passés en Angleterre de 1832 à 1842. »

Il a été publié à Londres plusieurs travaux importants sur la vie de Disraiëli : Benjamin Disraeli j a hiography s \%11 \ the Political Adventures of lord Beaconsfield^ 1878; the public Life of lord Beaconsfield, 1878, 2 vol.

Ses autres œuvres principales sont : Henriette Temple, 1829; le Jeune Duc, 1830; Venise, 1832; Ixion au ciel (îxion in heaven), 1832; la Merveilleuse Histoire d'Alroy (the Wondrous Taie of Alroy), 1832; Contarini Fleming, 1833; Défense de la constitution anglaise, iSZÙ; Sybil ou les Deux Nations (Sybil, or the two nations), 1845; Tancrède ou la Nouvelle Croisade (Tancrèda, or the NewCrusade), 1837; Lothair, 1870.

Les Curiosities (1791), Miscellanies (1796), et Amenities (iS41) ofliterature, qui lui ont été attribuées 'par erreur, sont l'œuvre de son père, Isaac Disraeli, dont toutes les œuvres ont été réunies dans une édition complète publiée en 1849 à Londres, avec une notice par Benjamin Disraeli.

Garlyle.

Thomas Carlyle, né en décembre 1795 à Ecclefechan, comté de Dumfries (Ecosse), est mort à Londres, le 5 février 1882.

Fils de cultivateurs aisés, il fut destiné à l'état ecclésiastique, et étudia, à l'Université d'Edimbourg, la théologie,! la jurisprudence, les mathématiques et les langues. modernes, surtout l'allemand, qui devait exercer sur sa carrière littéraire une influence si caractérisée et qui imprima à ses œuvres une empreinte spéciale . Il renonça bientôt à toute préparation religieuse et se voua exclusivement à la littérature : c La presse et la littérature, disait-il, voilà la seule et militante Église des temps modernes. L'écrivain n'est-il pas un prédicateur, prêchant des idées, non pas ici ou là, aujourd'hui ou demain, mais partout, à tous les hommes et dans tous les temps? »

Carlyle publia d'abord des traductions : la Géométrie de Legendre, 1823, in-8; la Vie de Schiller (Life of Schiller), 1825; les Années d'apprentissage de H^t/Ae/m jlfm^^ (William Meisler's apprenticeship), 1825, 2 vol.; Nouvelles allemandes (German romances), tirées de Gôthe, Tieck, J. P. Richter, Fouqué, Musseus, Hoffmann, etc., Edimbourg, 1827, 4 vol.

Il fit paraître en 1836 l'ouvrage célèbre et étrange qui attira sur lui l'attention publique par la bizarrerie du sujet, du titre et du style, mais où il se trouve beaucoup de pages dignes de Gôthe, de Jean-Paul et de Wieland, dont le philosophisme sentimental l'avait pénétré et enthousiasmé : Sartor resartus, qu'il présentait comme traduit d'un vieux livre allemand : c les Vêtements, leur origine et leur enfance, par le docteur Diogène Teufeldsdreck (crotte du IMable) » et édité dans la ville de € on ne sait où ». Malgré ses bizarreries el ses o>ùsç.^K\^çi,"î^^ wv\»îl enchanté de cette critique impitoyable et spmVueWe, isv^^fe ^'yc<5jçÎ\^

360 APPKNDICE.

amère, de la société anglaise, faite par un railleur pleia d*hamooret dont les harJiesses semblaient devancer démesurément l'avenir.

En 1857 parut son Histoire de la Révolution française (the Frencli Révolution, traduite en français par MM. Elias Regnault, Odysse Barrot et Jules Roche, 1805-1867, 3 vol. in-18. U Chartisme parut en 1859.

Il publia en 1840 le célèbre livre het Héros (ou HOToe, Hero-Worship and the lleroes in history). La théorie de Carlyle est l'exaltalioa de l'admiration, une sorte de déiÛcation de certaines individualités. U société a ses héros, ses hommes providentiels; elle doit les chercher, s'incliner devant eux, leur obéir aveuglément, pour échapper à la raine et être sauvée. Cromwell et Napoléon sont les personnifications de c rhéix)ïsme » de Carlyle. Cette doctrine aussi fausse que dangereuse i été encore amplifiée et poussée aux dernières limites par Carlyle dans ses Pamphlets du dernier jour (Latter-day Pamphlets), 1850. C'est dans ce livre que l'année 1848 est qualifiée d' c année qui marquera comme une des années les plus bizarres, les plus désastreuses, les plus épouvantables et les plus humiliantes qu'ait vues le monde européen 1 1

Carlyle a public encore : Essays^ 1841, 5 vol. ; Le passé et le pràad (the Tast and the Présent Time), 1843; Lettres et Discours dWtiff Cromwell (Letters and Spceches), 1840. Dans cet ouvrage il envisage le Protecteur à un point de \ue spécial et voit en lui non pas un homine politique mais seulement un fanatique hardi. Cet aspect original a éié adopté par Lamartine qui, dans sa notice sur Cromwell, considère Carlyle comme c un de ces hommes de recherches qui sont à Thistoire ce que les faiseurs de fouilles sont aux monuments >.

En 1851 parut la Vie de John Slirling, et de 1800 à 1804 VHistoireit Frédéric II (the History of Frédéric the Great), 2 vol. in-8. ' Le U novembre 1865 il fut élu recteur de l'Uni vei^ité d'Edimbourg en remplacement de M. Gladstone et en concurrence avec Disraeli. Au mois de janvier 1875, la reine Victoria lui offrit, ainsi qu'à M. Tennysoii lu gi and'croix de l'ordre du Bain : les deux grands écrivains refusèrent.

Longfellow.

Henry Wadsworth Longfellow, né à Portland (Maine, États-Unis d'Amérique) le 27 février 1807, est mort à Boston, le 26 mars 1882.

Longfellow s'était préparé pour le barreau; mais, transfuge heureux de la jurisprudence, il devint professeur de langues modernes au collège de Bowdoin (Brunswick), où il avait reçu toute son éducation universitaire. 11 fit un gi'and voyage en Europe et parcourut en observateur attentif et judicieux la France, l'italie, l'Espagne, l'Allemagne et l'Angleterre. Il puisa dans ses excursions le goût des sujets eiiropcem qui se retrouvent dans presque tous ses ouvrages, et il ne revint ea Amérique qu'après plus de trois ans.

U écrivit d'abord dans les journaux, puis publia une traduction du célèbre poème espagnol de àoxvloTçeUwwX^^i, C.ov\a*^ \SJî»"^^vc!i-8 En 4835 parut son pvemVet oxxNt;^^^ w\^\w^,OuVTe-^eT^w».^\\«

au delà de VOcêan; la même année il succéda àTicknor comme professeur à TUniversité américaine de Cambridge.

Il publia en 1840 ses premières poésies, que plusieurs recueils sui- "Virent rapidement, tous accompagnés d*un succès retentissant en Amérique et aussi en Angleterre, ou ils furent fréquemment réimprimés. Sa réputation se répandit bientôt dans l'Europe entière.

Ses poésies sont éminemment pittoresques et se distinguent par le choix eiquis des épithètes, la mélodie de la versification et la perfection A la touche. Il montre une sensibilité profonde, une imagination riche «t un goût consommé. Cependant « ses qualités, bien que d'un ordre très éleTé, ne sont pas d'un caractère tout à fait supérieur ; il a plus de noblesse dans le sentiment que de force dans la pensée, il manque €l*une certaine fraîcheur d'originalité, de puissance créatrice. »

Il a publié en outre : Hypérion, Cambridge, 1839, roman sentimental

écrit sous l'influence allemande; Voix de la nuit (Voices of the night),

poésies, 1840; Ballades et autres poèmes (Ballads and other poeras)-

VÉtudiant espagnol (Spanish student), drame, 1842; Poèmes sur Vescla^

^Htge (Poems on slavery), 1847 ; Poètes en Europe (Poets and poetry in

Xurope), Philadelphie, 1845; le Beffroi de Bruges (the Beffry of Bruges),

4847 ; Évangeline, 1848 ; le Bord de la mer et le coin du feu (the

«ea^ide and the fireside), 1850; la Légende dwée (the golden legend),

i851 ; le Chant d'Hiawatha (Song of lliawatha), 1855 ; Fieur de lis

(Plower de luce), 1866; Tragédies de la Nouvelle-Angleterre (New-

Enor'and tragédies), 1869; la Divine tragédie (The divine tragédie),

i871 ; Trois livres de chants (Three books of songs), 1872; le Masqua de

Pendora, 1875 ; Keramos, 1878.

\st s principaux ouvrages de Longfellow ont été réunis dans la < Miniature library » de Bohn, London, 1851, 2 vol. in-8 : ils ont été publiés aus^i : Poems^ Boston, 1857, 2 vol. petit in-8 et Tlie prose works, 1868, ^ vol. in-18.

Plusieurs de ces ouvrages ont été traduits en français : Drames et jwésieSt par X. Marmier, 1872 ; la Lyre américaine^ 1873, in-8.

Macaulay.

Lord Thomas Babington Macaulay, né h Rothby-Temple, Leicestershirc, le 25 octobre 1800, baron et pair d'Angleterre le 16 septembre 1857, est mort à Londres le 28 décembre 1859.

Macaulay fit de fortes études à Cambridge, et de 1819 à 1821 il obtint des médailles pour de brillantes poésies. La poésie, qui lui avait ouvert les portes de la célébrité, ne fut jamais délaissée par lui et après ses triomphes de la vie publique et parlementaire, il revint en 1842 à cette forme élevée et délicate de l'expression de la pensée et du sen* liment.

Il fut admis au baiTeau en 1826 et fit paraître dans la Bévue d'Edimbourg des articles d'histoire et de critique littéraire qui furent très remarqués. En 1830, il entra à la C\\a«v\«fe ôi%^ W3.\Mwv\«vfts.\\^ soufûeréfolalionnaire des journées de juiVYel aNaW. *XX««vV\Ww;è^^\sst^^^

Nacauluy prit une part active à la discjssion du bill de la réforme électorale.

En décembre 1852, il fut nommé secrétaire du bureau du contrôle pour l'Inde, et eu 1834 il alla siéger dans le conseil supérieur de Calcutta, où il resta trois ans. Là il étudia dans ses véritables sources l'administration de lord Clive et de Warren Hastings et put raconter c avec une sûreté d'information, un art de récit et une magnificence de couleur admirables par quels hauts faits, par quels prodiges de génie et d'audace, nftais aussi par quelle violence et quels crimes a été fondé l'empire anglais de l'Hindoustan. i

11 ne fut pas réélu en 1847 au Parlement et se consacra désormais à la littérature et à l'histoire; en 1849 parurent les deux premiers volumes de son Histoire d' Angleterre depuii C avènement de Jacquee Ji (History of Eogland irom the accession of James II) ; deux autres volumes furent publiés en 1855, mais la mort frappa Macaulay avant que l'ouvrage fût achevé ; le quatrième volume s'aixête à la paix de Ryswick (1697).

Depuis, lady Trevelyan a publié, d'après les papiers de l'auteur, un cinquième volume : London, Longman, 1861, in-8, qui continue l'ouvrage jusqu'à la mort de Guillaume III. Les deux premiers volumes ont été traduits en français par le baron Jules Peyronnet, 1861, 3 vol. in-8, et aussi par Emile Monté}?ut, 1855, 3 vol. grand in-18, et par A. Pichot, 1857-1861, 4 vol. in-8.

L'auteur s'était proposé a de mettre sous les yeux des Anglais du dix- • neuvième siècle une vraie peinture de la vie de leui^ ancêtres. Au>si | ne s'cst-il pas contenté de raconter des sièges, des batailles, l'origine ' et la chute des ministère;*, il a donné une grande place à ime foule de détails relatifs à l'agriculture, au commerce, aux arts, aux sectes religieuses, aux lettres, aux coutumes qui forment la trame de la vie privée et publique d'un peuple. »

Les autres ouvrages de Macaulay sont : EttaU (Critical and hl«torical essays), London, 1843, 3 vol. in-8; Chant* populaires de Vanciennt Home (Lays of ancient Uome), 1842, in-8; Parliamentary «Jire/cA««, 1854, 2 vol. in-8; Miscellaneous writings^ London, Longman, 18(K), 2 vol. in-8.

Les essais et les œuvres diverses ont été traduits en français par MM. Guillaume Guizot, G. Lisse et P. Petroz, Ad. Joanne et F. D. Forgués, Paris, 1860, in 8 et in-18.

Macaulay avait été élu correspondant de l'Institut de France (Académie des sciences morales et politiques) le 5 lévrier 1853, et membre libre le 25 mai 1857.

On peut consulter sur Macaulay la Bévue des Deux Mondes des 15 novembre 1843 et l'-" septembre 1849, la Revue européenne du 15 mars 1859 et ïlUustrated London News, 1859.

Tennyson.

Alfred Tennyson est né en 1809, à Somerby, comté de Lincoln. II est itf tï'oisième des sept fils de Georges Teasv^^ûTi, v^^\si.\« ^jE^^^sasv^^vUii

fit donner sous ses yeux l'éducation primaire. Il déploya bientôt un goût irrésistible et heureux pour la poésie et, disent ses biographes anglais, dés qu'il sut se servir d'une plume, ce fut pour écrire des vers : quidquid tentabat scribere....

Envoyé à l'Université de Cambridge, il y obtint en 1829 un prix pour son poème de Timbuctoo. Sa situation de fortune lui laissant la plus complète indépendance, il se consacra tout entier aux œuvres de l'intelligence et se voua à la littérature poétique.

Ses deux premiers recueils, Poenu, 1830, in-8et Poems chiefly lyrical, 1830, in-8,'ne furent point remarqués; il en fit paraître, en 1842, une réimpression revue et expurgée qui fut au contraire accueillie avec empressement et il devint le poète favori du public.

Le poème de la Princesse parut en 1847 (The Princess, a medley), London, in-8 ; en 1850 il publia une suite d'élégies intitulée In Memoriam, in-8, inspirée par la mort d'Arthur Hallam, fils de l'historien et ami particulier du poète ; c jamais peut-être l'analyse d'un sentiment n'a été poussée aussi loin que dans ce livre qui décrit toutes les phases de la douleur quand elle n'ôte déjà plus à l'esprit le calme nécessaire pour observer et pour réfléchir. »

La reine Victoria lui rendit visite à sa résidence dans Tile de Wight et lui décerna le titre de a Poète Lauréat » que la mort de Wordworth (1851) venait de laisser libre.

Il lit paraître en 1852 une Ode sur la mort de Wellington, et en 1855 le recueil intitulé Maud and other pièces; enfin il a publié en 1858 King's idyls^ in-8, et en 1865 Enoch Arden, in-8.

Ses œuvres ont été réunies, 1856, in-12 et 1857 in-8, avec illustrations.

tt M. Tennyson excelle dans la peinture.des sentiments tendres et délicat s; sa sensibilité se traduit en beaux vers élégiaques, pleins, harmonieux ; le caractère religieux et moral de sa poésie a beaucoup contribué à sa popularité. » Avec plus d'imagination et de souci de la forme, il a continué modestement l'école méditative des a Lakistes ». On l'a surnommé « le plus classique des romantiques anglais». Son scepticisme tempéré par une vague espérance n'est pas amer et désespéré comme celui de Byron et de Schelley. Ceux mêmes qui contestent la sincérité de son inspiration reconnaissent son imagination riche, sa verfification harmonieuse. On peut dire qu'il est le représentant le plus brillant et le plus goûté de la poésie anglaise contemporaine.

On peut consulter M, Taine ; Histoire de la littérature anglaise^ tome lY, et Revue des Deux Mondes, 15 juillet 1851 et 12 février 1856.

Browning.

Robert Browning, poète et auteur dramatique, est né à Camberwell, près Londres en 1812.

Il publia d'abord en 1835 un conte envers, Pauline ;^>\\^*^^«^s^^'^^ un drame fantastique, Paracelsus, 1836, qui n'esl cyo^'v^v Vy^v^'^^'^^'^^^^'

et fit représenter (1837) un drame historique, Slrafford, qui écboui complètement malgré le talent du fn*and tragédien Macready.

Ses autres ouvraf^es sont : Sordello, poème, Londres, 1840, in-8; HelU atid pomegr anales^ séries ofpœnUj 1842-1848, in-8; et un poème a la fois religieux et philosophique, NuU de Noël et jour de Paquet (Christmas eve and Eastcrday), Londres, 1850, in-8.

Ses premiers poèmes ont été réunis dans une édition générale, Londres, 1841), 2 vol. in-8.

AUTEURS ALLEMANDS Musnus.

Jean Charles Auguste Musaeus né à léna en 1735 est mort à Weimark 28 octobre 1788.

Musaeus se prépara dans sa Tille natale à la carrière du ministère èvangèlique; après avoir terminé ses études théologiques, il fut nommé pasteur dans un village près d'£isenach. Son caractère se prétait peai CCS fonctions ; il les abandonna pour l'enseignement et la littérature. En 1 700 il devint gouverneur des pages à la cour de Weimar et en 1761 professeur au gymnase de cette ville, où il passa le reste de sa vie, partageant son temps entre le professorat et la composition de s(>s ouvrages, dont plusieurs, souvent réimprimés et traduits en français, jouissent encore d'une légitime l'enommce. c Doué de beaucoup d'esprit et en môme temps d'un grand bon sens, il prit à tâche de ridiculiser les principaux travers de son époque, surtout la fousse sensiblerie; ses écrits pleins de sel et sans aucun fiel eurent le plus grand succès. >

Ses principaux ouvrages sont : Le Grandiêson allemand (Der deutscbe Grandisson), Eisenach, 1760-1762, 2 vol. in-8; Voyages physiognomiquet (IMiysiognomische Reisen); Altenbourg, 1778, in-8; Contes populaires de l'Allemagne (Yolksmurchen der Deutschen), Gotha, 1782, in-8 : Ces coules, au nombre de sept, ont été fréquemment réimprimés ; une édition très complète et revue avec soin a été publiée sous ce titre : « J. K. A. MuSiTus, Yolksmârchen der Deutschen, Prachtausgabe in einem Bande, Herausgebeben von Jul. Ludw. Klee », Leipzig, 184S-1846, grand io-8, avec figures. Quelques-uns de ces contes avaient été insérés dans la c Bibliothèque des Romans » ; Mme de Montolieu en avait traduit trois publiés dans ses < Contes et nouvelles ». Ils furent aussi traduits par Mme de Wiesenhuttcn, Gotha, 1811, 5 vol, in-12; par D. L. Bourguet avec notice de Paul de Kock, Paris, 1826, 5 vol. in-18; et par A. Materne, 1848, in-12; Les Apparitions de Vami Hein (la Morte) (Freund Hein Erscheinungen in Holbein's Manier], AVinterthur, 1785, in-8; Plumes d'autruche (Straussfedern), Berlin, 1787, in-8; Hochet* moraux^ (Moralische Kindcrkiapper), Gotha, 1788, in-8

Kotzebue.

^•i^usfe-Frédéric-Ferdmaiid de Y^ouàixift, xife V^«vxm« Nfc'îkiïaLvsrvw.v

ftat tué à Mannlieim, le 25 mars 1819, par l'étudiant Cbarles-Louis Sand, qui, dans son fanatisme exalté, le considérait comme un ennemi déclaré de la raison, de la justice, de la patrie' et de la liberté.

Kotzebue fut un enfant précoce ; il étudia à ^eimar sous Musœus, fit ses études de droit à léna, et en 1781 se plaça comme secrétaire du baron de Bawr gouverneur général de Saint-Pétersbourg. Catherine II, à qui Bawr TaTait recommandé, le nomma président de justice de l'Estonie et lui conféra des titres de noblesse. 11 voyagea beaucoup, même malgré lui un moment en Sibérie, vint plusieurs fois à Paris, et fut nommé en 1814 consul général de Russie dans les États prussiens, en résidence à Weimar et à Manheim.

Kotzebue, l'an des plus féconds écrivains de l'Allemagne, a été longtemps le favori du public. Sans figurer parmi les grands auteurs du siècle, il tient au moins le second rang. Son infatigable activité s'est eiercée dans divers genres, romans, histoire, voyages, drames, comédies. C'est son théâtre qui forme la partie la plus nombreuse et la plus estimable de ses écrils : il a composé jusqu'à quatre-vingt-dii-huit pièces. De cet immense travail, de ses brillants succès il ne reste guère qu'un soutenir d'estime; d'estime littéraire, voulons-nous dire, car, dans sa vie publique et sociale, Kotzebue fut un caractère peu ^honorable : après avoir défendu la liberté politique et religieuse, il en devint l'ennemi acharné. Après avoir reçu le meilleur accueil en France et en Italie, il dénigra ces deux pays dans ses écrits. Égoïste et jaloux, il attaqua avec violence les écrivains les plus distingués de l'Allemagne. Aussi se fit-il des ennemis, au point que sa mort tragique même ne parvint pas à le réhabiliter aux yeux de ses compatriotes. »

Les œuvres dramatiques complètes de Kolzebue ont été publiées trois fois : Sàmmtliche dramatUche Werke, Leipzig, 1797-1823, 28 vol. ; Leipzig, 1828-1832, 44 vol. in-16, et 1840-1841, 40 vol. in-16. Ses principaux ouvrages en prose ont été réunis sous le titre de : Mélanges (Kleine gesammelte Scriflen), Leipzig, 1792-1794, et sous celui de : Nouveau recueil de Mélanges (Neue gesammelte Scriften) Kœnigsberg, 1808-1810.

La plupart de ses œuvres de théâtre ont été traduites et jouées en français; nous n'indiquerons que les principales : V Ermite de Formenieraj drame, 1800 ; le Sourd-Muet ou l'abbé de l'Épée, drame, 1800 ; les Aiguilles à ttHcoter^ drame, 1792; le Calomniateur, drame, i^02; C'était moi, comédie, 1807 ; le Club jacobin, ou V Amour de la patrie, 1792 ; les deux Frères, comédie, 1801 ; les Indiens en Angleterre, comédie, 1792; le Mari d^ autrefois, comédie, 1807; le Mensonge généreux, drame, 1800; Octavie^ tragédie, 1803 ; la Petite Bohémienne, mélodrame, 1816 ; la Petite Valérie, drame, 1823 ; le Propriétaire à la porte, comédie, 1824 ; la Servante justifiée, comédie, 1822; les Deux Klingsberg, comédie, 1807 ; le Droit de naufrage, comédie, 1807 ; Elina et Nathalie, drame, 1802 ; CÉpigramme, comédie, 1806 ; VÉtat restitué ou le comte de Bourgogne^, drame, 1814 ; Hugo Grotius, comédie historique, 1805 ; Misanthropie et repentir (Menschenhass und Reue], dramft c4V^Vsc^> \\'^^>N. sjuvent en fjrançais : i792, 1799, 1819, 1S^3.

La mort violente de Kolzebue, sa Tie et ses écrits donnèrent lieu de 1810 à 18'21 à un (^rand nombre de publications en Allema^e; les Ciits et les appréciations ont été résumés d'une manière aussi iotéressaote que complète par le romancier Georges Doering : Kotzebua Leben, W'eimar, 1830, in-8.

Hauli

Wilhelm Ihiiff, né le 20 novembre 1802 à Stutfgard, y est mort le 18 novembre 1820.

il fit ses études à Stuttgard et à Tubingue, devint précepteur des fils du comte de llagel, parcourut TAUemagne et la France et en 1827 revint habiter délinitivement Stuttgard où il mourut prématurément deux ans après.

llaufTa écrit des romans et des contes fantastiques : s'il est loin d'avoir rimaginatioii féconde, ample, créatrice d'Hoffmann, il a mieux que celuici un style châtié, sobre et correct.

La <t Mendiante du pont des Arts » et le t Portrait de l'Empereur > sont de petits chefs-d'œuvre dont le succès en Allemagne et en France a été considérable.

11 a publié successivement : la Mendiante du Pont des Arts (Die Bettlerin von Pont des Arts), 1826, traduite en français par L. Astoin, Paris, 1851, 2 vol. in-8 ; le Portrait de l'Empereur (Das Bild des Kaisers), 1820, traduit aussi par L. Astoin, Paris, 1834, in-8; Contes (Uaercben), Stuttgard» 1826, traduits par Charles Duperron, Paris, 1834, in-18; Mémoires de Satan (Mittheilungen aus den Memorien des Salan], Stutt^^ard, 1827, 2 vol. ; l Homme dans la lune (Der Mann im Monde), Stuttgard, 1827 ; Fantaisies dans la cave de la ville de Brème (Phaotasien in Bremer Rathskeller], Stuttgard, 1827.

On a publié en France un ouvrage intitulé : Œuvres choisies de Uauff,

Ses ouvrages ont été réunis et publiés par G. Schwabe : Sàmmtliche Werke, Stutt^^ard, 1850, 56 vol. petit in-16. Scbwabe a mis en tèle de cette édition une biographie de Hauff et une oraison funèbre par Gruneisen.

Niebuhr.

Barthold-Georges Kiebuhr, fils du voyageur danois Garsten Niebuhr qui avait été élu le 25 mai 1802 associé étranger de la 2* classe de l'Institut de France, né à Copenhague le 27 août 1776, est mort à Bona le2 janvier 1831.

Niebuhr fut aussi un enfant prodige ; il resta deux ans, 1796-1798, i l'université de Kiel, où il étudia les langues, la philosophie, le droit romain, l'histoire. Il occupa divers emplois à Copenhague et vint s'établir à Berlin ; c'est là que se nourrit et s'exaspéra son antipathie contre la France, Après léna, il ècmail *. c ^o\x% ^wtqvv^ VAs^a^^t corameot les çais gouverncrout le mo\\\c. Cg î^^j^^ Ttfi>as x\a 'Hçxt^viis» ^^'î» ^aasE^^x

•mmation, mais ce que nous pouvons déjà apercevoir dans son cornement, c'est la dégénération de l'intelligence, l'extinction du g:énie, us les sentiments d'indépendance et de liberté ; le règne du vice et

sensualité sans même le déguisement de l'hypocrisie , la décadence oût et des lettres. 9

1810 il tut appdé à professer l'histoire à l'université de Berlin; ^ours dura trois ans. Aux premiers désastres de Tar raée française Si3, Kiebuhr, que sa haine contre la France rajeunissait, prit le

et s'arracha avec joie à ses éludes favorites pour marcher contre les çais. Il fut chargé en 1815 de l'ambassade de Prusse à Rome, où il i sept ans, et eu 18*24 il &c retira à Bonn où il s'attacha à l'univcrcomme professeur libre.

ouvrage auquel Ttiebubr doit sa gloire est son « Histoire romaine » lettreusement inachevée, car elle s'arrête à la première guerre ique. c Au moment où parut ce livre, l'histoire romaine retrouvait èe entre une crédulité complaisante et un scepticisme impuissant ; istre érudit allemand lui ouvrit une voie n uvelle et féconde. S'i ta absolument la foi implicite de RoUin et du père Catrou, il n'eut lis ridée de se renfermer dans les négations de Lévesque de Pouilty e M. de Beaufort. Il se proposa de retrouver la véritable histoiie ain<>, mal comprise et déiigurée par les écrivains du siècle d'Au- .e ; l'entreprise était hardie. On a quelquefois com paré sa méthode à léthode scientilique de G. Guvier; un des premiers résultats chei- I par Kiebuhr fut de restituer aux faits leur caractère véritable et ablir une distinction profonde entre la légende et l'histoire. » e premier Tolume de l'Histoire romaine parut en 1811, Miebuhr auia ensuite et refit presque complètement son ouvrage qui, dans le lier eut, fut publié à Berlin, 1828-1832, 3 vol. in<8 et réimprimé t, le même éditeur Reimer, Berlin, 1853, en un seul volume in-8. t sur la dernière édition (1828-1832) que M. B.-P.-A. de Golbery a

la traduction française publiée à Strasbourg, 1830-1840, 7 vol. in-8, [u'a été faite aussi la traduction anglaise publiée à Londres par Rare hirlwall, 1828-1832.

iebuhr a publié aussi : Frontonis reliquix^ 1816, in-8 ; Henscigneits sur les comices par centuries^ 1823; Flavii Merobaudis Carmina^

es leçons données à l'université de Bonn ont été publiées après sa t : Histoire romaine (Rœmische Geschichle), 1846-1848, 3 vol. in-8; taire ancienne (Alte Geschichte), 1847-1851, 3 vol. in-8; Géographie ethnographie anciennes (Alte Laender und Yoclkunde), 1851; Antités romaines (Rœmische Alterthûmer, 1858, in-8 ; Mélanges d'histoire le philologie (Kleine historische und philologische Scrifien), Bonn, M842, 2 vol. in-8; Histoire fiérotque de la Grèce (Griechische oengeschiste), Hambourg, 1842, in-8.

m peut consulter sur Niebuhr : Dûbner, Revue de philologie, 1865, le l'S page 168 ; The life and letters of B.-G. Niebuhr wiibi e^^;y\s> ^"g^ .

cliaracter and influence by Suzannah YimVvjotWv, \*Ov\^wv^ ^^V1^ iol. inS; Licbev : ^iuuveiiirs, Heidtlbcvg, \^ol, \v\-%^ viv ysix\vi>a>-

Mm^ llenzler, sa be1le-s<pur : Lebensnachricbleo ûber B. G. !(iebub Briefen desselhen iindaus Erinnerungen einiger seiner nàchsten Fre Hambourg, 1838-1859, 5 Toi. iii-8.

Chamisso.

Louis-Charles- Adélaïde de Qiamisto, qui plqs tard germanisa se noms (Ludolf-Adalberl), né au château tfe Boncoort, près Sainte-Xene le 37 janTÎer 1781, est mort i Berlin le 21 aoât 1839.

Sa famille avait émigré à Berlin ; il y trayailla comme peintr manufacture de porcelaine; un de ses frères ayant fait le portrait reine de Prusse, on s'occupa de lui et il deriat page de la reioe il fut nommé lieutenant; à la paix de Tikilt il rentra en Frai fut chargé d'une chaire de professeur au collège de PontiTy ( léonville).

L'art, la science, la littérature, tels furent les principaux élé de l'éducation de sa jeunesse, et il en garda l'empreinte et les in tions toute sa vie et dans tous ses travaux.

Revenu en Allemagne, il s'occupa surtout de sciences naturel fut attaché au voyaite de navigation du commandant Otto de Koi dans le détroit de Dehring de 1815 à 1818.

A son retour h Berlin, il épousa Mlle de Piast, et devint Directe jardin botanique, docteur en théologie et membre de l'Acadénu fciences.

Ses publications scientifliues de botanique et de xoologie furei compagnées d'œuvres littéraires dont une surtout eut un grand su Pefer Schlemihl^ dont le sujet est l'histoire d'un homme qui a son ombre et qui parcourt le monde entier pour la retrouver.

Il a composé aussi des poésies françaises. Tous les biographes e les critiques en ont cité à l'envi un fragment, toujours le même; il d'une dame qui a perdu un bouquet :

Bientôt jn sentis cette fleur Devenir gravée {»ic) dans mon cœur Et cette graine se répandre.

Lever et croître et nie surprendre.

Remplir le jardin de mon cœur. Depuis ce jour mille pensées Malgré moi troublent mes journées Fleurissent pendant mon sommeil, Se flétrissent à mon réveil Renaissent avec son image....

Ces vers assez faibles ne manquent pas de grAce, mais pcrsoni fait connaître Tidée première bien autrement ingénieuse et délica se trouve dans les compositions du troubadour Pierre Cardinal, Puy-en-Vélay et mort vers 1303 (Millot, Histoire littéraire de* Tr dtmrs, t. nif p. 241] : < le sais comm^ l'amour se sème ; grain d'à ■*^4 dans un cœur, en îail uaMre \Yo\ib\ wwv^iaÀ^vc, ^x vaxx^^ ^V

. ODe joie, cent autres joies; et tant enfin qu'on recueille mille fois plus ^fà*on n'a semé, i

Peut-être aurait-il mieux valu citer ce rondeau plein de sentiment ènyoyé à Mme de Staël en 1811 :

J'ai vu la Grèce et retourne en Scythie; Dans mes forêts je retourne cacher ^ Mes fiera dédains et ma mélancolie.

Désabusé, je connais ma folie, ) 'Je vois les fleurs tomber et se sécher ;

Je vois déjà ma jeunesse flétrie Vers son déclin dans l'ombre se pencher, Et, S9ns jouir, pour tout prix de la vie.

J'ai vu!

On remarquera que ces Ters ont été écrits après Millevoye et avant ■Mianiartine.

' c Pierre Schlemihl » souvent réimprimé, et plusieurs fois traduit en

français, a paru sous ce titre : Peter SchlemihVa wundersame Geachichle ^^tgetkeist von Adelhert von Chamisso de Boncourt, und herausg^ von ^. baron de Lamotte-Fouqué, Nûrnberg^ 1814, in-8.

' Ses autres ouvrages principaux sont : De animalibus, 1819; Tableau ■^ plantes utiles, 1827 ; Observations recueillies dans un voyage sous ■Mil ordres de Kotzebue, Weimar, 1827; Dissertation sur la langue

ïïmoaiif Leipsick, 1837 ; Choix des Chansons de Béranger, Leipsick, 1858 . Cl Ses œuvres ont été réunies : Geschichte, Berlin, 1855, in-16 ; Werke, iiierlin, 1856, 6 vol. gr. in-16.

^ I. de Golbéry a donné une analyse de Pierre Schlemihl, et une nou-

idle traduction en a été publiée en 1838 par M. N. Martin sous le titre Mb: c Histoire merveilleuse de Pierre Schlemihl. i ^ On peut consulter sur Chamisso le Journal des Débats du 29 août

i838 et J. J. Ampère, Revue des Deux Mondes, 15 mai 1840, p. 649-G71 .

Lenau.

Nicolas Lenau, dont le nom véritable était Niembsch de Slrahlenau <iu'il avait abrégé, né & Gsatad en Hongrie le 15 août 1802, est mort à Oberdoebling près Vienne (Autriche), le 22 août 1850.

Sa situation de famille lui permit l'indépendance; n'étant pas astreint à l'impérieuse nécessité d'un travail pratique, il se livra à toutes les études et s'essaya dans plusieurs des grandes branches du savoir hiinuin. Après avoir suivi les cours de l'université de Vienne, il s'appliqua pendant plusieurs années à la jurisprudence, puis à la médecine et aux '. scieùces naturelles.

U se mit ensuite à voyager, parcourut les Alpes autrichiennes, diverses contrées de l'Europe, et en 1832 visita l'Amérique.

Dans cette même annéis 1832. pendant que Len^xv ^^tcQ>wevv\.\^'^^w.> ▼eau Monde, son ami Gustave Scliwah publia ses ptwaV^v^^ ^^fe^\<«» <vvv

un, SEPT, '^

furent très remarquées, et !e succès fut non moins complet quand, 1858, parurent ses nouvelles poésies. Ces deux recueils furent réui plus tard sous le titre de : Poésies (Gedicbte), Stuttgart, 1852. 2 vol. in

On y trouve à un haut degré l'énergie maggyare, les délicatesses la pensée, la mélancolie allemande et ce lyrisme gracieux dont Gôi avait été la première inspiration.

Certaines de ses poésies présentent un caractère profondément attri et semblent faire écho aux accents désenchantés et désolés que fais entendre à la même époque, après 1830, l'école romantique de France.

Nous citerons une seule petite pièce qui donnera une idée précise la manière de Lenau.

Nuit d'hiver.

Le froid a glacé l'air, la neige craque sons mes pas, mon sou s'élève en vapeur, ma barbe crie ; en avant, il faut aller en avant I

Comme la contrée se tait avec solennité! la lune éclaire les vie pins qui, pleins du désir de mourir, inclinent leurs branches vers terre.

Froid! pénétre et glace-toi dans mon cœur, dans ce cœur sauvage, bi lant et agité. Ici enûn la paix habite comme elle habite cette conti obscure !

Lenau a publié aussi : Faust, 1838; Savonarole, Stuttgart, 1^51; Albigeois (Die Albigenser), 1841, et après sa mort un autre ami, Anas sius Griin, fit paraître une série de petites pièces de Lenau sous leti àe : Succession poétique (Dichterischer Nachlass;, Stuttgart, 1851. Gi a publié aussi : N, Lenau's SâmmtUche Werke^ Stuttgart, 1855, 4 ^ in-8.

Lenau eut quelque notoriété en Angleterre. Le Forei^n monthly Re^ du mois de septembre 1839 lui consacra un long article. Un gr nombre de ses poésies ont été traduites en anglais par John Brydf et ont paru en un volume in-8 sous le titre de PoemsofN. Len Londres, 1838.

Divers travaux ont été publiés sur Lenau et s^s ouvrages : par J. Ma| Stuttgart, 1836; par Uffo Horn, Hambourg, 1838; par Opitz, Leips

M. Mayer a publié un volume de lettres : N. Lenau's Briefen an ei Freund, Stuttgart, 1853, in-8.

On peut consulter sur Lenau un travail intéressant de M. Henri i fert inséré dans le numéro du l'*' février 1854 de la Revue de Pari*

Henri Heine.

Henri Heine, né de parents israélites à Dusseldorf, le 13 décei 1799, est mort à Paris le 17 février 1856.

Poète, romancier, mU^çae VUUraire^ philosophe, écrivain rei Quable à l'imaginatâou atdtïiVe ev ^\x %vn\^ ^^«ç^q^<^^ V^^Uovesque

appelé par quelques-uns c le Voltaire de l' Allemagne », Henri Heine it ni juif ni chrétien; il écrivit avec amertume, se plaignit de tout ; tous, passa sa vie à souffrir, fit souffrir les autres, et mourut malheureux que sympathique, plus digne de pitié que d'envie, non ;ertes sans admirateurs, mais à peu près sans famille et sans amis. ;vé chez les jésuites de Dusseldorf, il travailla à Hambourg, à Bonn, rlin et à Gœttingiie où il fut reçu docteur en droit ; il abjura le isme, et se fit baptiser luthérien à Heiligenstadtle 28 juin 1825. De jr à Berlin, il publia plusieurs ouvrages qui ne furent point remar- ; il alla habiter Munich, puis voyagea en Italie. La révolution de ii l'enthousiasma, et il vint s'établir k Paris, d*où impunément il lit contre l'Allemagne avec àpreté, souvent a.vec injustice, parfois le avec grossièreté.

appé de paralysie partielle il traîna à Paris une existence de dous pendant prés de huit années, après avoir joui dans le monde des es de France d'une notoriété puissante, mais à- sa dernière heure rté des esprits fâcheux qui l'avaient hanté toute sa vie, récoltant ce 1 avait semé, la froideur qui avait été un bouclier nécessaire contre sarcasmes et même l'indifférence qui est le châtiment de l'écrivain utumé à triompher avec une plume trop souvent trempée dans le

i Hevue des Deux Mondes a inséré un grand nombre de travaux de ri Heine, depuis le 15 juin 1832 jusqu'au 15 septembre 1855, mais 16 n'écrivait que l'allemand; la mise en français est due à MU. Loévemars, Gérard de Nerval, Saint-René-Taillandier et autres, publia d'abord un recueil de Poésies^ 1822 ; puis Almanzor^ et Kad- '', tragédies, 1825; et enfin Ta 6/eat/x de voyages (Heisebilder), 1825- ,4 vol. qui firent connaître son nom avec un éclatant succès. u*ent ensuite : Le Livre des chants (Das Buch der Lieder), 1832; Idorf sur la noblesse ou lettres adressées au comte de Moltke (Kahl> ûber den Adel in Briefen an den GrafenM. Yon Moltke), Hambourg, ; Beitrage zur Geschichte der neueren schônen littiatur in Deuts- Qd, Hambourg, 1833, dont il donna une édition française sous le de «l'Allemagne», Paris, 1835,2vol. in-12 ; lu^èc^, Paris, 1836; 'es ^f'Azver (Winter-Mahrchen), 1843; Nouvelles poésies, (Neuere Gedi- 1 1844; Romancero, 1846.

!S œuvres principales ont été réunies en français : Paris, Eug. Ren- , 1834-1835, 6 vol. in-8 et Paris, Michel Lévy frères, 1855, 7 vol. ln-18.

I peut consultek' sur Henri Heine : Revue de Paris, \*' avril 1855, ms la Revue des Deux Mondes, Edgar Quinet (15 février 1834), t-René Taillandier (1*^ novembre 1843) et Daniel Stem (1" décembre

Saphir.

lurice Saphir, né à Pesth le 8 février 1795, est uvovl i ^^^^'û. \& ;)tembre iUbS.

Élevé dans la relipon juive à laquelle appartenait sa famille, il aTiit^); déjà l'expérience de la vie, de la pensée et des solutions philosophiques lorsqu'il abandonna le culte Israélite ; en 1852 il abjura et devint luthéi'ieB. n se consacra & la littérature légère et humoristique. Dans les diverses villes qu'il habita successivement, Berlin, Munich, Vienne, il créa plusieurs |publications périodiques où la critique satirique, la raillerie et li mcité de ses agressions lui donnèrent bientôt la réputation justifiée pv d'écrivam incisif, spirituel, mordant.

11 a publié : ÉcrilM diver» (Gesamm. schriften), Stuttgart, 1832, 4toI.; héliêes, portraits ei charge* (Dumme, Briefe, Bilder), 1837; Biblwthèqtt humoristique des dames (Uumoristik Damenbibliothek), Vienne, 1838* 1841, vol.

Schopenhaaer. ^

tn

Arthur Schopenbauer né à Dantzig le 22 février 1788 est mort i Francfort-sur-le-Mein le 21 septembre 1860.

Il fit ses études à l'université de Gœttingue, et se rendit en 1811 ï Berlin, où il suivit les cours du philosophe Fichte. La fortune de i» parents, quoique ébranlée par divers accidents, lui permit de ne (i^ mander à l'élude que les jouissances de la pensée. 11 visita tous kl centres intellectuels de l'Allemagne, Hambourg, Leipsig, léna, Weimafi Dresde, vécut avec Gôthe et Wieland, Falk, Heinrich, les deux Scblegd et plusieurs autres hommes célèbres ; il se rendit deux fois en Italie et L séjourna à Rome et à Naples. Entre temps il apprenait les langues étnB-y , gères : outre sa langue maternelle, Schopenbauer parlait courammei* »j le français, l'anglais et l'italien, il BaTait même assez bien l'espa- .. gnol

Vais sa préoccupation principale, celle qui devait fonder un jour «^ tardive gloire c'était la métaphysique; il ne songeait à rien moins qui :. renverser les doctrines philosophiques qui régnaient alors en Allemagoei ^ Adversaire violent de ceux qu'il appelait c les trois sophistes » (Fichte , son premier maître, Schelling et Hegel), il raillait impitoyablement leuisL disciples et leurs admirateurs: « Voyez, disait-il, ces jeunes gens, l'espoirL du siècle, les nobles fils du temps présent, tètes chauves, longues barbeSiL des hinettes à la place des yeux, et, comme accompagnement de leo|lL pensées, un cigare dans la bouche, un sac sur le dos en guise d'habiti flâneurs, vantards, arrogants, sans savoir; de l'impudence et de lacimaraderie au lieu de vrai mérite, voilà la jeune Allemagne i. Il n'a <^ respect et d'admiration que pour le vieux Kant. « C'est notre maîlw ^\: tous », s*écrie-t-il. Encore se réserve-t-il d'en modifier puissammeni l<* ^ doctrines, ou plutôt d'y substituer une large et audacieuse théor^ nouvelle. Tandis que Kant déclarait que la vérité absolue, la chose f* «ot, était inaccessible à la connaissance de l'homme, Schopenbauer cri*it avoir atteint cette mystérieuse chose en soi, cette réalité vivante, absolue: il la trouve au dedans de lui-même ; c'est la volonté. Le monde entité dans son essence n'est que « la volonté » envisagée dans la série de sesj maiiifes talions, et s'è\evaTvl pw Oie^v^^ ôkftX». xsv^W^^ vo^iir^anique à 1»)

APPENDICK. 373

son humaine, en passant par l'irritabilité de la plante et la sensibilité l'animal, a C'est ma grande découverte, disait-il, c'est une Thèbes aux it portes. »

le système, quoique bien à lui, ne laisse pas moins apercevoir plus n rapport avec la conception de notre Maine de Biran (1803). ►n sait quelle est la base de la doctrine de ce dernier : « L'homme ciste comme être intellectuel qu'à la condition d'avoir conscience de propre vie, de son moi. Comment arrivera la connaissance de ce moi 7 »t à l'aide du sens intime. Le moi se manifeste au sens intime sous orme de la volonté, de VefforU L'effort est le fait primitif du sens me; l'effort, la force individuelle, a pour corrélation nécessaire la i stance organique ; ce sont là les deux termes de l'être humain. » ne qualité précieuse qui distingue Schopenhauer de la plupart de ses anciers, c'est la clarté, clarté relative, il est vrai, clarté germanique, osséde par surcroît un autre avantage, non moins rare chez ses comnotes, l'agrément du langage, a S'il fallait caractériser le côté brilt du talent de Schopenhauer, dit H. Ghallemel-Lacour, je dirais que t avant tout un moraliste dans le sens français du mot; il est instruit âcole de Montaigne, de La Rochefoucauld, de La Bniyère, de Vauve- ^e, de Ghamfort, d'Helvétius, qu'il cite à chaque pas. Il a comme la perspicacité, la malice, le trait impitoyable* mais il diffère d'eux ce que, contemplateur moins désintéressé, ses idées portent sur une e métaphysique. »

« réputation de Schopenhauer ne s'est établie que tardivement : on combattait pas ses opinions, on les ignorait. Autour de lui s'était die la conspiration du silence, dont il se consolait par sa fière time : « Le vrai peut attendre : il est immortel, d l disait encore : « L'extrême onction sera mon baptême ) comme les its, on attend que je sois mort pour me canoniser. » •n effet les publications de Schopenhauer nombreuses et fragmentées térent d'abord assez peu connues. Mais dans les dernières années de vie il fut lu, remarqué et eut bientôt l'honneur d'être apprécié et îment discuté. Le docteur Frauenstaedt publia un livre où il le sentait comme un grand écrivain et un penseur original. ►n a réuni ses œuvres après sa mort et publié : Parerga und paralipoifl : Kleine historische schriften, Berlin, 1862, 2 vol, in-8; Die Well- Wille und Vorstellung, Leipsick, 1862, 2 vol. in-8. ►n peut consulter sur Schopenhauer: C. F. Frauenstaedt, Lettres sur philosophie de Schopenhauer, Lepsick, 1854; Foucher de Gareil : l^el et Schopenhauer, Paris, 1862, in-8; Challemel - Lacour : Un iddhiste contemporain, Revue des Deux Mondes, 15 mars 1870; Ribot : La Philosophie de Schopenhauer; et un article court mais cis et complet dans le Journal des Débats du mois de novembre 1884.

J. L. Grimm.

acob Ludwig Grimm né à Hanau [liesse è\eclOTa\e\\ft ^^mv^y^^ W^d> mort k Berlin le 20 septembre 1863.

Grimm commença par étudier le droit i Marfoonrg, puis tnfaiUa i Paris avec M. de Savigny. De retour en Allemagne il deTint saccessivement conservateur de la bibliothèque de Wilhelnishôhe, auditeur au conseil d'État, professeur de littérature allemande à Gcettingue, et enfin membre de l'Académie de Berlin.

Les deux grands ouvrages philologiques auxquels est attaché » meilleur titre la réputation de J. L. Grimm sont: Grammaire olUmMée (Deutsch Grammatik), Gœttingoe, 18i9-iS2tM837, 4 toI. inS ; et Bûtoin^ de la langue allemande (Geschichte der deutschen spracfae) Leipsicb j., 1848, 2 Yol. in-8. Le premier contient un travail considérable et une J analvise rigoureuse c des formes grammaticales de toutes les bnncbos de l'idiome germanique, depuis les langues Scandinaves jusqu'à celle des Frisons, y compris les divers dialectes allemands du moyen àge>;daff le second Grimm développe c les caractères grammaticaux propres im idiomes (germaniques. »

J. L. Grimm a publié en outre : Sur la poésie deê Meistertee»str (Deber den altdeutscben Meistergesang), Gœttingue, 1811, in-8; Co*'^ d^enfantt et du Foyer (Kinder-und-HausmSrchen), Berlin, 1812-18l4i 2 vol. in-16 ; Antiquités du droit allemand (Deutsche Rechtsalterthâoer). Gœttingue, 1828, in-8; c ce livre important est un relevé des cootoinfi tantôt poétiques, tantôt bizarres, en vigueur chex les nations gen»' niques : on y trouve aussi des détails curieux sur les coutumes française* au moyen âgei ; Afy/Ao/o^a/^emamie (Deutsche Mythologie), GœttingiKi 1835, in-8; Forêts de Vancienne Germanie (Alt Deutsche Wâlder], Gsstl et Francfort, 1813-1816, in-8; Traditions allemandes (Deutsch Sagefljt Berlin, 1816-1818, 2 vol. in-8; Dictionnaire allemand (Deutsches Wôrterbuch), Leipsick, 1852-1857, 2 vol. in-V.

11 a publié aussi : Coutumes allemandes (Deutsch Weisi recueil de coutumes rurales du moyen âge, Berlin, 1840-1842, 3 vol et Poésies sur le roi Frédéric l^ avec d*autres de soti époque { auf Kœnig Friedrich 1 und aus seiner Zeit, Berlin, 1844, in-8.

J.-L. Grimm élu c Correspondant » de l'Institut de France (Acadéflui^^^ des Inscriptions et Belles-Lettres) le 10 avril 1830 devint c associé ger > le 4 juin 1847.

Geirimii.

Georges Godefroy Gervinus né a Darmstadt (Hesse électorale) le 20 1 1805 est mort à Heidelberg le 18 mars 1870.

Ses parents l'avaient destiné au commerce; entré comme caissier i un négociant de Darmstadt où il resta quelque temps, ses goû portèrent bientôt vers les travaux d'érudition et surtout vers les historiques. Il prit ses grades universitaires, devint professeur, vo] en Italie deux fois; puis* ouvrit à Heidelberg des cours publics furent suivis avec le plus vif intérêt.

' > 1845 il se laissa exitr^^uex ^'a»&\«& ^s^^aSâûna politiques. D'i 'essa des opimoas UY>èta\^%,v^v&^\^m^\to^'^'^«wBsk^^

■•rf.

lême (1851) franchement républicain. Il protesta conti^c l'abolition delà onstitution hanovrienne et lut expulsé du Hanovre. Il avait fondé vers 847 la Gazette allemande (Deutsche Zeitung) qui vit en 1848 presque [>us ses collaborateurs arriver au pouvoir. Gervinus prit une grande •art à la préparation de la Constitution prussienne de 1848 qui vécut si ►eu : le professeur d'histoire, l'érudit y avait fait pénétrer plusieurs lispositions des statuts de la Rome ancienne. Après la violation et 'anéantissement de cette Constitution par le roi Guillaume, il quitta la ie publique et se renferma désormais dans ses travaux de professeur ît d'historien.

Gomme historien, Gervinus a su allier à la précision de l'érudition lUemande le mouvement et l'éloquence de la nouvelle école historique rançaise : a II a de la méthode, de la clarté et surtout il rappelle cette Qàle simplicité des historiens de l'antiquité. »

Le premier volume de sa grande : Histoire du dix-neuvième siècle >arut en 1855 ; elle a été traduite en français, 18()4-1868, IG vol. in-8.

Il a publié aussi : Coup dœil sur C histoire des Anglo-saxons (Geschichte 1er Angelsachsen im Ueberblick), Francfort, 1850; Ecrits historiques Historische schriften), Francfort, 1853; Histoire de la littérature poétique des Allemands (Geschichte der poetischen nationalliteratur der Wutschen), Leipsick, 1835-1858, 5 vol. ; Nouvelle histoire de la littérature poétique des Allemands (Neuere Geschichte der poetischen....), w^eipsick, 1840-1842, 2 vol. ; Manuel de V histoire de la littérature poé- ^que de l'Allemagne (Handbuch der Geschichte der poetischen....) Leipsick, 1845; Principes de V histoire (Grundziige der Historik), Leipsick, 1^37; De la correspondance de Gœthe (Ueber den GœtschenBriewcchsel) ^ipsick, 1836 ; Pe^t7« écrits historiques (Kleine historische schriften), ^arlsruhe 1838; Gudrun^ poème épique, Leipsick, 1856; Histoire de ^'"art de lire (Geschichte der Rechkunst), 1858; Shakspeare, 1849-1850, ^ vol.; Histoire de la poésie allemande (Geschichte der deutschen E^ichtung), Leipsick, 1853, 5 vol.; Insurrection et régénération de la ^rèce, 1863, 2 vol. in-8, traduite en français par MM. M. F. Minssen et Léonidas Sgouta.

Sur Gervinus on peut consulter Saint-René-Taillandier, Revue des tkux Mondes, 1" mars 1856.

Grillparzer.

François Grillparzer est né le 15 janvier 1701 à Vienne où il est mort le 22 janvier 1872.

Attaché d'abord à la Chancellerie de la Cour, il devint en 1823 rédacteur et, en 1832, directeur des Archives de la chambre impériale d* Autriche,

Dans ses œuvres dramatiques écrites avec un style sobre, mais doux, élevé et plein de sentiment, Grillparzer s'est souvent inspiré avec bonheur de Tantiquité dont il avait une connaissance approfondie.

Sa première tragédie l'Aïeule (Die Ahnfrau), NVeMV^, V^\fe^Vi\^^v3^. non seulement la Dotoriété, mais encore une tenomTCkfefc xçXKçw>csa&a»N».

car elle avait passionné le public. Son talent s'est affirmé ayec éclat dan ses autres compositions dramatiques dont le succès a toigours été coin plet et durable.

Grillparzer a écrit ensuite : Sappho, Vienne, 1819 ; la Toison dO (Das Goldene Yliess), Vienne, 1822; Prospérité et mort du roi Ottoka (Kœnig Otiokar's Gluck und Ende), Vienne, 1825; Melusina, tragédf Vienne, 1830; Un fidèle serviteur de ses tnaitres, tragédie (Ein treue Diener seiner Herrn), Vienne, 1830; les Vagues de la tner et de l'amou (Des Meeres und der Liebe Wellen), Vienne, 1840 ; la Vie est un rêv (ber Traum ein Leben), Vienne, 1840; Malheur à celui gui ment (Webe dem, der lûgt) ; Poésies lyrigues^ et enfin Radetski, poème.

Gerstaecker.

Frédéric Gerstaecker, né à Hambourg le 16 mai 1816 est mort i Brunswick le 31 mai 1872.

Il se prépara d'abord à la carrière conmierciale chez un négocianl de Cnssel, puis voyagea en Amérique où, pendant un séjour de six années, il se livra aux travaux les plus humbles des professions les plusdiTeràes d ins les États de l'Union américaine ; il revint en Allemagne en i859 et recommença ensuite ses excursions dans le Nouveau Monde, mais celte lois dans l'Amérique du Sud. Il s*y occupa surtout de la littérature des Allemands émigrés, de leurs besoins* de leurs progrés, de lears souffrances. C'est la vie de ses concitoyens en Amérique qui a inspiré la plupart de ses ouvrages.

Son roman les Pirates du Mississipi (Die Flusspiraten des Mississipi)i 1818, 3 vol., a été traduit en français et inséré dans la Bibliothèque det meilleurs romans étrangers^ 1858, in- 16.

Il a publié aussi : Excursions et chasses à travers fAmérigue du fiori (Slreif und Jagdzûge durch die Vereinigten statten nordamerica's| Dresde, 1844, 2 vol. ; Tableaux du Mississipi (Missit^sipisbilder), Dresde. 1847, 2 vol.; Tableaux des forêts et des fleuves am^ncains [KMrikanische Strom und Waldbilder), Leipsick, 1849, 2 vol. ; les Ré^ lateurs en Arkansas (Die Regulatoren in Arkansas), Leipsick, 18^* 3 vol.; Voyages (Reisen), Stuttgardt et Tubingue, 1853-1854, 5toI.; Dix-huit mois dans VAmérigue du Sud (Achtzehn Monate], 1862 ; Yo0 autour du monde (Reisen um die Welt), Leipsick, 1847-1848, 6 volt traduits en an^rlais, London, Hurst, 1858, 3 vol. petit in-8 ; Aventura dtt émigrants allemands (Der Deutsche Auswanderer Fahrtén und Schick; sale), Leipsick, 1847 ; En Amérigue! (Nach America, 1855); Échos ^ forêts vierges (Echos aus den Urwaeldern), Leipsick, 1847.

Une édition générale de ses œuvres a été publiée à léna, 1872-18I5i 2G vol.

Anerbach.

Berûkolà Auerbacb, nè\e ^% lëNvicsc \%VI V^vc^^V&UAa (Wurtemberfl est mort a Cannes le Q tèxYiet \%%'i.

II appartenait & une famille Israélite et se livra d'abord à des tram d'histoire et de philosophie judaïques : Le Judaïsme et la Littérale moderne (Das Judenthum und die neueste Literatur), Stuttgart, 56, in-8 ; Spinoza, Stuttgart, 1857, 2 vol. in-8. I^ius tard il se consacra à la littérature pure et écrivit un grand nomc d'ouvrages devenus populaires, où il alliait le sentiment profond de nature aux tendances libérales de la jeune école de l'Allemagne et où, ns aller jusqu'aux revendications socialistes, il laissait entrevoir les pirations démocratiques des nations avancées de l'Europe, lie style d'Âuerbach est abondant, facile et clair; il a la simplicité de cthe sans en avoir l'ironie, et les sujets qu'il a choisis dans le cadre vrgeois de la vie réelle, ont assuré ses succès et expliquent la légine influence qui s'est attachée à ses écrits.

Il a été publié en français un recueil des Contes d^Auerhach, Paris, 53, in-16.

li'ouvrage le plus répandu et qui a surtout élargi la notoriété de son m c'est : Histoires villageoises de la Forêt Noire (Schwarzwalder »rfgescbichten>, Manheim, 1843, 2 vol. et 1840, 1 vol. in-8, traduites sntôt en anglais, en hollandais, en suédois et en partie en français, l/es autres publications principales d'Auerbach sont : Poète et cornirçant (Dichter und Kauffmann), Stuttgart, 1839, 2 vol. in-8, roman ; Bourgeois instruit, livre pour la bourgeoisie intelligente (Der gebilte Bûrger, ein Buçh fur den denkenden Mitlelstand), Garisrulie, 1842, -8 ; Littérature et peuple (Schrift und Volk), Breslau, 1848, in-8 ; Jour- ■là Vienne (Tagebuch aus W'ien), Breslau, 1849, in-8; Veillées. aileindes (Deutsche Abende), Manheim, 1830, in-8. Âuerbach a composé aussi une tragédie qui n'a pas été représentée : idréHofer, Leipsick, 1850; il a traduit en allemand les Œuvres comptes de Spinoza, Stuttgart, 1841, 5 vol. in-8. lia publié plusieurs édi- »ns de l'ensemble de ses œuvres : Stuttgart, 20 vol. in-8; 1871, 22 vol.

Freytag.

Gustave Freytag est né le 13 juillet 1816 à Kreuzbourg (Silésie) ; il fit 3 études universitaires à Breslau et à Berlin, fut reçu docteur en phitophie en 1838, professa à Berlin, puis à Dresde et fonda vers 1847 à ipsick un recueil littéraire intitulé « le Messager de la frontière ». L'ouvrage de Freytag le plus connu et le plus répandu en France est roman Doit et avoir (SoU und Haben), Leipsick, 1855, 3 vol., qui obtint . Allemagne un succès populaire mérité et fut publié à un grand nombre Mitions ; il fut traduit par M. de Suckau dans le Moniteur universel

1857 et inséré dans la Collection des meilleurs romans étrangers, iris, 1856, in-16.

11 a pubUé aussi : A Breslau (In Breslau), 1845, poésies; les Fiant7/e« (Die Brautfahrt), comédie historique, 1845; Valentine^ 1847;

Comte Waldemar, 1848; les Journalistes, \%^4; Tableaux du ')^a%%è lemattd {Bilder aas der deufschen YcrgangenYievV'^, \%fâÛ, \ -h^^^^^u-

veaux tableaux de la vie du peuple allemand ^ 1862; le Manuscrit perdu, I/Oipsick, 1864, 3 vol.; le Nid du roitelet (das Kest des Zaun- K(riii^s\ Loipsick, 1H75; le Roi Marcut (Marcus Kœni^), 1H76.

La plupart des o'uvrcs de théâtre de Freyta^ ont été réunies sous le litre de Draina ti«clie Werke^ Leipsick, 1849-1850, 3 vol.

MommMn.

Théodore Mominsen d'origine danoise est né à Garding (Holsteio) le 50 novemhre 1817.

Il étudia la philologie et l'histoire à Altona et à Berlin sous Lachmaon, fut chargé par l'académie de Berlin de foyager en Italie afin d'y réunir des matériaux pour un nouveau recueil d'inscriptions romaines, parcourut la France et l'Italie et revint à Berlin en 1848 ; il fut nommé professeur de droità-Lcipsick; destitué en 1851 & cause du libéralisme de ses opinions, il fut chargé en 1852 d'une chaire de Pandectes à Zuricb. en 1854 de celle de droit romain à Breslau et en 1858 de la même chaire à Berlin. En 1875 il fut élu à la chambre des députés de Prusse et se joignit au groupe des naiionaux-libéraax.

Pendant la guerre de 1870 Mommsen, qui avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur et élu comme par acclama tien, correspondantde rinstitut (Académie des inscriptions et belles-lettres) le 28 décembre 1860, eut l'étrange courage de publier plusieurs écrits où il se signala parmi les ennemis les plus <icham6s de la France.

L'œuvre capitale de Mommsen est son Histoire romaine (Rœmiscbe Geschichte) Berlin, 1853-1850, 3 vol. in-8. C'est un travail où la puissance de l'érudition n'a d'égale que la sûreté des aperçus et la grandeur de la conception générale du développement romain. Depuis Niebuhr il n'avait été publié rien d'aussi remarquable. Une analyse en a été donnée dans la Revue germanique: elle a été traduite en anglais, 1862, 2 voL in*S et en français, 1864-1872, 8 vol. in-8.

Pour rivaliser avec ce beau travail, il ne fallait rien moins que la grande « Histoire des Romains » de M. Victor Duruy, 7 vol. grand in-8, | 1879-1885. I

Mommsen a publié un nombre considérable d'ouvrages d'épigi'apbie, de philologie et d'archéologie romaines ; les principaux sont : De collegiis et aodalitiis Romanorum, Kiel, 1843 ; les Tribus romaines sous le rapport juridique et administratif (Die rômischen Tribus in rechtUcber und administrativer Hinsicht), Altona, 1845 ; Monuments des languet ombrienne et osque (Umbrische und oskische Sprachdenkmâler), 1846; les Dialectes de V Italie inférieure (Die unteritalischen Dialekte), 1850; Coi-pus inscriptionum regni Napolitani^ Lcipsick, 1852, in-folio ; Sur U système monétaire des Romains (ûber das Miinsw^esen), Leipsick, 1850; Inscriptiones confœderationis helveticse latinœ, Zurich, 1854; Chronologie romaine (Rômische Chronologie), Berlin, 1858-1859, in-8; Histoire de la monnaie chez les Romains (Geschichte des rômischen Mûnswesen<^). 1860; Corpus inscriptionum latinarum^ V^^\ Études romaina

'inûsche Fordchuageu), BeT\i\i, \%^^»

Jr

Sybel.

mri de Sybel est né à Dusseldorf le 2 décembre 1817. Après avoir i pendant quatre ans à Berlin les leçons d'histoire de M. Ranke, il lina ses études à Bonn et y devint en 1845 professeur particulier ivat-docent d. Il professa à Marbourg et à Munich, puis, revenu à 1, il fut élu en 1861 par l'Université d») cette ville comme membre de lambre des députés à Berlin. Il fonda en 1867 l'Association ailede rhénane pour combattre l'ultramontanisme, fit partie du parleit de l'empire d'Allemagne depuis 1874, et en 1875 fut chargé des étions de Directeur des Archives d*£tat et membre de l'Académie de in.

)n principal ouvrage est VHiêtoire de la Révolution de 1789 â 1795 icbichte der Revolutionszeit), Dusseldorf, 1853-1857, considérée k e titre comme un des ouvrages les plus sérieux publiés à l'étranger cette grande époque de l'histoire de France.

a publié aussi : Origine de la royauté en Allemagne (Entstehung deutschen Kœnigthums), Francfort, 1845; le Soulèvement de l'Eui contre Napoléon 1" (Die Erhebung Europas gegen Napoléon], ich, 1860; Politique cléricale au dix-neuvième siècle (Klerikal tik im XIX Jahrhundert) Bonn, 1874: enfin il dirige depuis 1878 ublication d'un vaste recueil de documents puisés dans les archives Eut

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