And frcnche she spake fui fayre and fctisly
After the scolc of Stralford aile bowe, For frenche of Paris was to hire unknowe.
^ (Canlerbury taies ^ Proloijue.'V
xueil et Doux regard^ les songes galants, les ingé- «uses allégories du Vergier de déduit ou du Paradis Amour y la poésie dont Froissart les amuse, celle que ur répétera un peu plus tard leur aimable prisonnier, le ince Charles d^Orléans. Ghaucer commence, comme pour lercer sa plume, par leur traduire en vers anglais notre Oman de la rose; il translate également, mais avec inipendance, un poème de Boccace, le Filostrato^ qui conint les amours de Troïlus et Cresséide. Plus tard il Ipruntera au même Boccace le sujet de sa Théséide^ mt il fera le conte chevaleresque à'Arcite et Palémon, kucer ne se contente pas de traduire, il invente à son tour; lis toujours dans le même goût et d'après la même mode, k écrit le Parlement des oiseaux y un songe et une allé- Mie courtisanesques ; le Songe de Chaucer, encore un rêve \- un épithalame allégorique, avec un bizarre ressouvenir I Songe de Scipion ; le Palais de la Benommée, inspiré ïr Ovide, un troisième songe, et qui ne sera pas le derler. Ghaucer, comme tous ses confrères du quatorzième Icle, était un grand songeur ; il allait volontiers chercher Idéal dans le pays mystérieux des rêves. Le Livre de la )Khessej faible élégie sur la mort de sa bienfaitrice, Blanke de Lancastre, rentre dans le même cadre, ainsi que le ^cieux poème de La fleur et la feuillcy la plus charluite composition de Ghaucer dans sa première manière, kms sa poésie de cour.
^Gette poésie avait tous les défauts que nous lui avons brochés dans notre étude sur la France* : c'était un jeu pmagination, auquel le cœur et la pensée sérieuse demeuraient complètement étrangers. Un poème était, dans bpinion du temps, un amusement délicat, une combilûson enfantine d'images et de paroles, une broderie de fesprit, sans plus de conséquence que la broderie légère
\.lJisioire de ia liiiérature française^ xxu« édition, page Vo^*
que les dames laissaient couler de leurs doigts. La pens^ grave, sérieuse, les sentiments vrais et profonds, rhomii^ intérieur et ses nobles aspirations restaient enfermés danl l'église et dans la langue latine. Le poète était encore u|^ trouvère, et le trouvère était bien voisin du jongleur.
Deux choses toutefois distinguaient déjà les premiei poèmes de Ghaucer : d'abord un sentiment vif et personm du monde réel. Tous nos trouvères avaient chanté le piii temps : c'est un des lieux communs les plus vulgaires leurs compositions. Au milieu des froides abstractions moyen âge, la vue, l'admiration de ces belles réalités d'i jour pur,d'une riante campagne, avaient parlé à leurs cœui l'ascétisme austère, échappé des cloîtres obscurs, avi embrassé avec ivresse cette belle hérésie de la nature. Mfl Ghaucer repense cette pensée et la renouvelle de toute puissance de son 'âme. Ses descriptions de la nature soi aussi fraîches que leur modèle.
He was as freshe as is the moncth of may^.
Il a beau entasser dans ses poèmes, selon la mode temps, les rêves, les abstractions, les allégories, toutes aridités scolastiques s'animent et s'épanouissent en travjBlff sant son imagination. Dans sa vision morale de La et la feuille^ le poète nous transporte dans les plaint « qui s'habillent de verdure nouvelle, où les petites fleui commencent à pousser, où les pluies bonnes et saii renouvellent tout ce qui est vieux et mort ». Il y trott"^ « l'allouette affairée, messagère du jour, saluant de ^ chansons le matin gris, tandis que le soleil dans les buii» sons sèche les gouttelettes suspendues aux feuilles. »
Ses narrations puisent à la même source la vérité et 1^ vie. Troïlus attend de Gresséide, sa bien- aimée, une r<J*