était aussi frais que le mois de mai
' ponse favorable : il tremble, il pâlit à la vue du messager, i et ce n'est qu'à la fin qu'il ose croire à son bonheur :
Tout comme les fleurs, par le froid de la nuit
Fermées, s'inclinent bas sur leur tige^
Mais le soleil brillant les redresse,
Et elles s'ouvrent par rangées sous son doux passage*.
Et quand Gresséide elle-même consent à lui confirmer cet iaveu, la jeune fille hésite, elle s'arrête avec un charme 'délicieux:
Et comme le jeune rossignol étonné
Qui s'arrête d'abord lorsqu'il commence sa chanson.
S'il entend la voix d'un pâtre,
\ Ou quelque chose qui remue dans la haie,
Puis rassuré, déploie sa voix, ^ Tout de même Gresséide, quand sa crainte eut cessé,
r Ouvrit son cœur et lui dit sa pensée*.
Personne, dit avec raison M. Taine*, n'a trouvé depuis des paroles plus vraies et plus tendres ; voilà les charmantes branches poétiques qui avaient poussé à travers l'ignorance grossière et les parades pompeuses; l'esprit lumain au moyen âge avait fleuri du côté où il apercevait
ijour.
Un autre trait distinctif qui perçait déjà dans les com-
1. On sent ici, dans le poète anglais, le souffle de l'Italie renaissante ' ' Bte, que Ghaucer avait lu, disait avant lui, presque dans les mômea ermes :
Quali i Goretti dal notturno gielo
Chinati e chiasi, poi che il sol gl* imbianca,
Si drizzan tutti aperti in loro stelo.
InfernOf II, 127.
Telles les jeanes fleurs que le Tent froid des nuiUs
Penche, aussitôt que l'aube a blanchi le rivage
Se dréflBeail, tu s'ovvrant sur leurs pieds raffermis.
Traduction de M. Hyacinthe VinsoD.