LA RÉVOLUTION DE
La.T^6 CL^X^arente, qui égareront souvent le dix-huitième
iëcle. Exx 1690 fSiTut son Essai sur le gouvernement civil^
>rélix<ie cLii Contrat social de Rousseau. Ses Pensées sut
'édrMGCLtion des enfants contiennent en germe V Emile. U
p^l>lia. oxi. 1695 un ouvrage intitulé Le christianisme rai-
sartrtc^bl^y qui donna lieu de Taccuser de socinianisme. Ses
prixicipes allèrent au delà de sa volonté. Après sa mort,
BOix disciple et ami, Antoine Gollins, attaqua ouvertement
VïL r-eligion révélée. Tindal recueillit et développa avec
compla-isance les arguments de Gollins. Par une disposi-
Xv^n peu philosophique, il se réjouissait de « mettre le clergé
en foreur ». Dans son Christianisme aussi ancien que le
K^yrtcl^ {n^O)j il s'attacha à démontrer l'impossibilité delà
révélaLtion, et à ruiner les bases de toute religion positive.
"Voltaire le vante comme le plus intrépide défenseur « de la
religion naturelle». L'un et l'autre furent contraints, comme
LiOcke l'avait été, de chercher un asile en Hollande.
C'est surtout par Bolingbroke que la France reçut les principes du philosophisme. C'est en France et en français qu'il écrivit pendant son premier exil (1720) ses Lettres à M. de Pouilly^ où il attaque à la fois l'athéisme et la religion chrétienne : c'est encore en France qu'il rédigea pendant son second séjour ses Lettres sur l'étude de Vhistoire^ où il plaça une autre attaque contre le ^ christianisme. C'est en Touraine qu'il vit pour la pre-
:. mière fois Voltaire, et l'enchanta par la liberté de sa pcnj Bée et l'érudition de son impiété. Ainsi le libr^ e^^iïi^^T^^ '
^. l'indépendance antichrétienne du savoir, qu'x^». ^à^^^^ ^ g de sceptiques français érudits, les Bayle, \^ -o^^i^^^^ ^ lea Leclerc, avaient établis en Hollande à \^ ^ ^s^^^
^ septième siècle, revenaient en France a\^ ^^ -^"^ ^^tj^» "jj armés des principes et de la méthode analy^x ^\ ,^î^ ^ ^^^^ W. Locke exerça sur son époque une autr^ xv ^ J^ v*^-
L heureuse. Ce fut lui qui, en 1673, rédigeât Sl^^ ^ ê^c^"^ u lord Shattesbury, propriétaire d'une pat^v^ ^^^^^ '^
du Sud, les lois qui devaient régir la colonie anglo-américaine. Il y introduisit la tolérance religieuse, la liberté de la presse, le jugement par le jury et l'indépendance individuelle*. Ainsi il préparait d'un côté la philosophie française par ses ouvrages, de l'autre la jliberté américaine et, par contre-coup, la Révolution française par ses projets de législation.
^ On s'étonne sans doute de voir sortir de l'école sensualiste, deux tendances politiques aussi diverses que celles de Hobbes et de Locke. La chose s'explique pourtant avec facilité : la gloire de Hobbes, comme philosophe, avait été dans son impitoyable logique, incapable de reculer devant les plus sinistres conséquences de ses principes; l'honneur de Locke, comme homme, fut dans la modération qui l'éloigna des conséquences extrêmes. Partis du principe sensualiste, l'un invoqua le despotisme comme une nécessité, l'autre proclama la liberté comme un droit. Tous deux ont tiré de la même doctrine des corollaires différents qui s'y trouvent véritablement renfermés : tous deux ont suivi la même chaîne de raisonnements; mais Locke s'est arrêté plus tôt dans ses déductions : il en est resté à l'indépendance individuelle.
Sans doute le temps où il vécut contribua puissamment à détendre la raideur de son système. On n'était plus à l'époque terrible des guerres civiles et des réactions cruelles. La société semblait fatiguée comme d'une double orgie. Le dégoût et l'indifférence succédaient à la bacchanale impudique de Gharles]II, comme à la bacchanale fana- ' tique deU>omwell. L'Angleterre commençait à se rasseoir et à revivre d'une vie un peu étroite et égoïste, mai^ douce, régulière, et surtout assortie à sa nature et à ses pen-
1. « On possède les lettres adressées à ce sujet par Shaftesbury àLocke. La constitution rédigée par ce dernier a été imprimée. Les lois qu'il a données à la Caroline du Sud sont encore en vigueur. » Ph. Chasles, Étude SUT FranMin^ dans le Dix-huitième siècle en Angleterre.
chants. L'esprit puritain reprenait quelque faveur, grâce à l'aversion plus récente qu'inspiraient les derniers règnes : il renaissait plutôt comme une manifestation politique que comme une foi bien sincère ; on affichait une certaine convenance dans les mœurs, une prédilection pour l'esprit de famille, une modération sociale, mêlée de moralité, de dévotion et quelquefois de pruderie. C'est alors que se forma le caractère de réserve officielle, de décence un peu guindée, qui n'a cessé depuis de régner sur l'Angleterre et qui impatienta si souvent la verve franche et dévergondée de lord Byron*. Alors commença le culte du confortable si vénéré de la société anglaise. La civilisation se dirigea vers les recherches du • bien-être physique, et la morale vers le raffinement de la bienséance. La société présentait le même aspect que la philosophie de Locke, c'était un sensualisme modéré dans ses conséquences.