‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 1 sur 118 · Histoire des livres du Nouveau Testament · texte numérisé non relu

Histoire des livres du Nouveau Testament

La tradition catholique attribue à l'apôtre saint Jean le IV" évangile, trois épîtres et TApocalypse. De nos jours, un certain nombre de critiques dénient ou l'un ou l'autre de ces ouvrages et même tous à saint Jean. Il faut donc établir, tout d'abord, l'unité d'auteur pour (OS écrits. Nous aurons à prouver plus tard l'origine johannique pour chacun d'eux en particulier.

s; 1. — Unité d'auteur pour le IV' évangile et les trois épîtres johannique s.

Nous traitons spécialement des rapports entre le IV*^^ évangile elles épîtres en indiquant les rapprochements

entre les épîtres et l'Apocalypse, quand l'occasion s'en présente. Si nous démontrons l'unité d'auteur pour l'évangile et les épîtres, puis entre l'évangile et l'Apocalypse, il s'ensuivra nécessairement l'unité d'auteur entre les épîtres et l'Apocalypse. Nous nous occupons surtout des rapports entre le IV" évangile et la P"^ épîtrc. Nous verrons plus tard que les deux suivantes se rattachent étroitement à la première.

Bien qu'acceptant l'authenticité joliannique du IV' évangile. Lange, 1797, Horst, 1803, Cludius, 1808. nient que l'épître ait été écrite par Jean. Bretschneider, 1820, rejette les deux écrits comme non johanniques. Baur, Plank, Volkmar, Zeller, Strauss, Davidson. Scholtcn, Keim, Pflciderer, Liidemann, Zieglor. Schmiedel, regardent l'auteur des épîtres comme un disciple de l'école de Jean. Ilokstra, Iloltzmann, combattent aussi la parenté entre les deux écrits et tiennent l'épître pour un résumé et un exposé pratique des enseignements de l'évangile. Kostlin, Georgii, Hilgenfeld. 1855 (ses idées ont changé depuis), Westcolt. B. Weiss. et tous lescriticiues calh()Ii(|U(>s, admettent l'unité d'autour.

Si nous examinons les faits, nous constatons tout à la fois des ressemblances et des différences entre les deux écrits :

I. Ressemblances. — 1. Langue. Relevons d'abord les mots qui se nMUH)ntnMit fr('M|ueinnu'nt dans les deux écrits et ceux (|ui leur sont particuliers : cpw;, 22 '.

1. Le premier cliilTrc in(li(|u« cuml>iun de luis le mot se trouve (lan» le lV*ôvanKilo et ic «ccoiid, le nombre do fois dans l'c^pilre.

UNITÉ DAUTEUR DES ÉCRITS JOHANNIQUES. 3

- 6; ffxoTi'*, 6, 6, au sens métaphorique. (Les éeri- ^ vains du Nouveau Testament préfèrent axôtoç, molatlique, que l'évangile et l'épîtrc n'ont chacun qu'une fois.) >iôff[jLoç, 46, 16; au sens moral, xoafjioç, 78, 22; une fois dans II Jx. ; ôovaxoi;, 8, 6, souvent au sens spirituel. Kwr„ 33, 11, avec Tépithètc a'iwvio;, 17, 6. Seuls, excepté Mr. . XIX, 16. l'évangile 14 fois et l'épîtro 4, ont l'expression e^eiv ^u)r,v et lym î^wriv Iv lauTÔi; àXy'Ogia, 20, 9; 11 J.\. ; 5. III Jn. ; seuls, l'évangile et l'épître ont une fois TTOieïv tV àXrjôeiav, to Trveufjia tt); àXr,Oe(«ç, 1, 1; à).r,6ivô<, 9, ;; 10 fois /dans l'Apocalypse ; 5 fois seulement dans le Nouveau Testament. 'O «Xyiôivoç^eoç, 2. 1 ; iraiSi'a, 1, 3, au vocatif; xexvta, 1, 7 ; 6 jxovoYev^^.ç uîôç, en parlant de Jésus, se trouve seulement dans l'évangile et l'épître 1 fois. TV ^«X^i^ TiOévai, 6, 2; [iiévetv ou cïvoi U tivi, très souvent dans révangile et l'épître, est très rarement dans le Nouveau Testament et jamais au sens spirituel, où remploie Jean. Citons encore <pavepoôv, «pafveiv, Iwpaxévat, ÔEÔcffOat, ajxapTtav e/eiv, «vOpwTCOXTo'voç, [jLapTupeTv, 30, 5; 4, 111 Jn.; ^iiapTupîa 14. (i; 1. 111 Jn.; à^OL^na^ oX^Xco;, TÔv (xSeXçÔv, toÙç (xoeX^ou;.

Remarquons que des termes caractéristiques de l'évangile et de l'Apocalypse se retrouvent dans la I" (■pitre : «y«t^«v, i^fârrri, Sl^wÎ^hw iautov, àXT,Oivo;, etvai Èx, Oecopeîv, vixav, TcXavav, TripeTv ïàç IvToXdtç, xT^peiv -cov Xô-^ov. tic. Enfin, 8 mots communs à l'évangile et à l'épître ^ont employés dans ces seuls écrits.

Les ressemblances d'expressions et même de membres de phrases sont nombreuses et très frappantes. Nous citons seulement celles qui paraissent être des citations :

Jn. III, 11, ô l(opàxa|xev xal [iaptupoùjiev.

VI, 69, Jtem(rreûxa|iEv xaî èyvwxatxEv.

XII, 35, ô irepiTtaTûv èv 1% oxoTÎqt oOx oISev itoû ynâyet.

XV, 18, elôx6(j|xo; û|j.â« (iKret.

XVI, 21, îvx fi ^apà û(iâ}v ^ 7ce7:),ripa)(j.£V/).

XVI, 33, èyà) vevtxTjxa xôv x6(r|xov.

XVII, 3,auTrj ôè i^Tiv :^ aîtovio; Ço)^ îva yivwcfXtiXTi de tôv (lévov àXriOivôv Bebv xal ôv ànéffTeO.a; 'lr,(70Ûv Xpi<TT(5v.

I Jx. I, 2, xaî éwpàxa|XEv xat

|JLapTUpO'J(X£V.

IV, 16, iyvo)xa(X£v xaî nzni- <TTEUxa(iev.

II, 11, èv xri (TxoTÎa TCEptuaTet xal oùx oî5sv TtoO ÛTrayEÏ.

III, 13, Ec ti.i(7ET {)(jiâ; ô xd(T(i.o;. I, 4, id.

V, 1, ri vixTJdaaa tôv X(5ff(iov.

V, 20, 8É5WXEV r,[ATv ôiâvotav ïva yiyvwCTxOfiEv tôv àXriôivôv xat

£(T|iEV Èv TW àXTjOlVW, Èv TljS mI<^

a-jTO'j 'lyjCTO'j Xpi(TT(j)* oyto; Èdiiv 6 à).Yi6tvà; Oeô; xal Çwt^ alwvtoî.

Cf. encore V, 38 = IL 14; VIII, 35 = II, 17; V, 24 = III, 14; VIII, 29=111,22; XIII, 34 = III, 23; VIII. 47 = IV, G; VI, 56 = IV, 15; V, 32 = V, 19, etc..

2. Style. Signalons l'emploi de l'affirmation et de la négation, formant antithèse : Jx. I, 20, xoà to(ji,oXÔYy)(7ev xai oùx ^pvi^ffaxo = I Jn. I, 6, ({/ïwSoV'^* '^*'' °^ woioîifjiev t^v àXr^ôeiav. Nous trouvons dans les deux écrits des antithèses redoublées : Jn. VIII, 23 = I Jn. II, 9. Les phrases sont fréquemment introduites par cette formule : oÙTÔç IffTiv, Jn. 1, 30. 33; IV, 42; I Jn. Il, 22; V, G; II Jn. 7. La démonstration d'une idée ou l'éclaircissemcnt d'un fait sont introduits par 8ti; ïva est employ('' dans le IV" évangile et dans l'épîlro pour marquer un but indirect ou peu ixTceptible : Jn. X, 38, l'va yvôlxe Sti = I Jn. III, 23, oBtt) hxh ^ IvtoX^ «ùtoû l'va TnaTeûdWfjiev ; ou pour rcMijdaccr un infinitif : Jn. II, 25, où xpeiav gT/ev tv« Ttç (AapTupiqar) = I Jn. 11, 27, où XP*'*^ ^X"* ^'^* '^"»

oiSotoxY) GfjiSç et III Jn. 4, oùx t/jji '/jipiv ?va «xou(o. Môme observation pour l'emploi de aXX' tva : Jx. I, 8, oùx v sxeTvoi; to çw; àXX' Vva {jLapxupv^ffy) = Jn. II, 19. àXX' ?va çavêpwOtoffiv Sit oùx eldlv Travre; 1^ f,(xt!jv. On trouve en outre dans l'évangile et l'épître la même structure de ki phrase, les mêmes procédés de composition, la mémo dialectique. Remarquons l'emploi de xal comme particule conjonctive, marquant non seulement la coordination, mais aussi la subordination; la suppression des formules de coordination; l'emploi du parallélisme des membres ; le développement de la pensée par la môme idée répétée et amenant la suivante, le retour des mêmes expressions; enfin, la simplicité de la langue unie à la profondeur des pensées, le ton sentencieux et aphoristique.

3. Idées. L'évangile et l'épître se meuvent dans un même cercle d'idées ; les enseignements doctrinaux y sont identiques, ainsi que le prouvent déjà les expressions précédentes et ce qui ressort encore davantage des suivantes : Jn. XVIII, 37, irSçô Av Ix ttî? àXTiôei'aç =: I Jn. II, 21, uSv <^eîiSoç Ix t^; àXr,6eiaç oùx éoTiv; Jn. YIII, 44, ix T0Î3 iraTpo; toû SiaêoXou ioxi = l Jn. III, 8, Ix toû Si aêôXou loriv ; Jn. XV, 5, 6 {acvcov Iv I|jioi x^yw Iv oÙTÔi ; XV, 4, [A5ivaT£ èv 6U01, xi^i'i Iv &UÏV = I Jn. IV, 13, èv «ÙTÔi [xévo(jiev xal aÙTOç ev ^^îv; Jn. X, 17, ifèi tiOtiiai t^,v v|/uyr.v aou = I Jn. III, 16, Ixstvoç uTtèp ^{xûlv tV <^\)-/}y «ôtou IOtjxev ; Jn. V, 24, [jieTaêÉêifixev Ix toû OavdtTOu eîç t^,v JJon^v = I Jn. III, 14, Sti fjieTaôïôïixaijLev Ix toïï ôavoLTOu eiçT^ Çwiiv. Signalons surtout, dans les deux écrits, la prédilection pour les antithèses : lumière et ténèbres, amour et haine,

vie et mort , vérité et mensonge . chair cl esprit.

II. Différences — 1, Langue et style. Un certain nombre de mots caractéristiques se trouvent dans l'évangile et non dans l'épître : àvadr/icK; ^w^ç, xpi'orEw;, (XTrép- /oaat eiç xà ÔTrîcrw, YÊVVy,9îivai àvojôsv, eivat ex twv à'vto, ex twv xdtTt.), ^ opYV) Toïï 06OÏÏ, e'v t9) èa^*"^ ^iH-'P?» "^o Trveûua to Sytov; et inversement dans l'épître et non dans l'évangile : à^fekîa, xoivwvia, 4fois, TtXotvoç, ■:r«pouffi«,£7TiOu[ji{a twv ôq)ôaX- (Awv, àvTtj^piffTO;, I et II Jx. ÎXaaiJLoç, ypiffua , TroieTv Tr,v «vofAi'av, T^v SixatoauvYiv, irepiTCaTeTv sv àXyi6st'a, II et III Jn. TrepiTraTeiv Iv tw cpojTt. Après les vcrbes alreiv, àxoueiv, XafxêavEiv, l'évangile emploie la préposition Trapa , tandis que répîtrc se sert de ^tco.

Les particules sont relativement rares dans l'épître ; Yotp employé 64 fois dans l'évangile ne l'est que 3 fois dans la I^'épître, 1 fois dans la II", et 1 fois dans la III' ; |xev et Te sont absents de l'épître. La particule conclusive o3v, dont l'évangile fait un si fréquent usage, 210 fois environ, pour résumer ce qui vient d'élre dit, est totalement absente de I Jn. D'après leTextus receptus. elle serait dans II. 24; IV, 10; mais elle est rejetée par \os éditions critiques; elle est 1 fois dans III Jn. 8. Dans l'épître le démon n'est pas appelé comme dans 1 évangile : ô âp)(^iov tov! xoajjiou.

2. Idées. D'après Hollzmann, la lliéologic de l'évangile aurait «Hé remaniée dans réj)îlre pour l'adapter ;'i l'intelligence populaire. Le but des deux écrits n'est pas identique. Dans l'évangile, l'auteur s'efforce de montrer comment les actes et les paroles do, Jésus j)rouvent qu'en lui s'est réalisé l'espoir d'Israôl et de

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l'humanité; la gloire du Christ y est constamment rappelée. Dans l'épître, récrivain part de conceptions spirituelles reconnues, et prouve qu'elles ont leur fondement dans l'histoire et doivent avoir leur réalisation dans la conduite du chrétien.

Sans être contradictoire, l'enseignement des deux écrits sur la parousie n'est pas identique. Dans l'évangile nous ne trouvons aucun des discours eschatologiques de Jésus; il n'y a qu'une promesse générale de retour. XIV, 3; XXI. 22 et des allusions à la résurrection des morts et au jugement, V, 28, 29; VI, 40, et au dernier jour, àvaaTifiati) «ùtov Iv tî; èff/ot-n) ^f'^épa, VI, 40, 44, 54. Dans l'épître, comme dans les autres écrits du Nouveau Testament, nous rencontrons le terme itapouffi'a. Jésus-Christ sera manifesté : ?va èàv çavepwôîj, (TytojjLêv Ttappriffiav xai [i7\ a?(T)(^uv6(«)(xtv à-K oùtou £v -nj itapouatof aÙToïï, I Jn. II, 28. Au ch. III, 2, il est probablement encore question de cette manifestation de Jésus. Dans l'épître, enfin, il est parlé de la dernière heure déjà arrivée, puisque les antichrists, signe de cette venue, sont au milieu de nous, II, 18. Jésus, cependant, a nettement parlé de son retour dans l'évangile : Mixpôv xa\ oùxETi ôstopeîté (xe xaiitâXiv {Atxpovxst O'^/caOé [i.e, XVI, 16. Cf. TtaXiv Se O'jiojxai utjia; xai yoifr[<jtx<ii u|jlwv f, xotpoîa, XVI, 22.

Dans l'évangile, c'est le Saint-Esprit qui est notre avocat, notre intercesseur, TtapaxÀTiToç : Jn. XIV, 26, ô Sa irapaxXriTO; to TtvEÏÏjjia to a^iov. Dans l'épître le ir«paxXr,TO;, c'est Jésus-Christ : II, 1, 'ExvTiçâ[jidtpTïi, itapaxXiriTov lyojxev itpb; Tov TtaTépa'lYjffouvXptffTÔv Sîxaiov.

C'est une idée paulinienne, Rom. VIII, 34. Mais de

ce que TEsprit-Saint est envoyé aux hommes comme intercesseur, cela n'exclut pas l'intercession de Jésus dans le ciel. Celle-ci scxcrce surtout en faveur des pécheurs, lotv tiç àfiàp-rj], I Jn. II, 1, tandis que celle de l'Esprit-Saint s'exerce en faveur d'hommes qui aiment Jésus et croient en lui et qui sont aimés de Dieu, Ji\. XVI, 26, 27. Que Jésus soit aussi un wapaxXrjToç, cela ressort de l'évangile, XIV, 16 : xàyw IpwTïidw Tov jcaTÉpa xoà aXXov TrapaxXTjTov Swdei 6u7v. Si le Saint-Esprit est un autre avocat, c'est donc que Jésus-Christ en est un.

Dans l'évangile, le Saint-Esprit est envoyé directement par Dieu, XIV, 17, 26 ou par Jésus-Christ, XV, 26; dans l'épîlre, il est conféré aux fidèles par l'onction, XpT(i(iia, II, 20, 27. En réalité, l'évangile désigne la source et l'épître le mode de communication et afTirmo la même source : Dieu ou Jésus-Christ.

Dans lévangile, XIV, 6, Jésus dit : iftâtiikiit àXïi'ÔEia; dans l'épître, V, 6, c'est l'esprit qui est la vérité : TÔ irveufAsI IffTiv fj àXiiOeiB. La doctrine du Xôyoç devenu cliair est à peine ébauchée dans l'épître, tandis qu'exile est pleinement affirmée et développée dans l'évangile. Que l'on compare cependant le prologue de l'épître et celui de l'évangile et l'on conviendra que le premier est un reflet du second.

Dans l'épître nous avons une doctrine de la propitiation, l\aa^k6ç, inconnue à l'évangile. Dieu a envoyé son fils comme jiropitiation pour nos péchés, I, 2. Cf. /iom. V, G-16. Dans l'évangile, Jésus donne sa chair pour la vie du monde, VI, 51, ce qui est une

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idée à peu près analogue. Dans l'épître c'est le sang de Jésus qui nous purifie de nos péchés, I. 7, idée paulinienne, Rom. III, 25, étrangère à l'évangile. Observons cependant que si, dans l'épître, il est dit que Jésus a été manifesté, afin qu'il ôtàt les péchés. III, 5, Jean-Baptiste, dans l'évangile, proclame que Jésus est l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. I, 29, et Jésus lui-même affirme qu'il donne sa vie pour ses brebis, X, 15.

On fait remarquer que, dans le IV' évangile, il est souvent fait appel à l'autorité de l'Ancien Testament, tandis que dans l'épître jamais celui-ci nest cité. Il n'y a pas, il est vrai, de citations littérales, mais on peut relever quelques vagues allusions : I, 8 = Prov. XXIII, 13; I, il, 5 = h. LUI, 12; III, 22 = Ex. XV, 26; V, 2, 3= Daniel, IX, 4.

De toutes ces observations, ressemblances et différences, on peut conclure que le IV* évangile et la P* épître de Jean ont été écrits parle même auteur, car il serait difficile de comprendre qu'un imitateur se soit rendu maître aussi parfaitement de la phraséologie et des doctrines de son devancier, mais on reconnaîtra aussi que les deux écrits sont indépendants l'un de l'autre, et que le second n'est pas une adaptation pratique du premier; il a son but et son caractère particulier.

Quelques critiques, que nous mentionnerons plus tard, ont attribué la IP et la IIP épître de Jean à un autre auteur que le IV* évangile. Nous exposerons leurs raisons et en discuterons la valeur. Constatons

pour le momcnl que la tradition ecclésiastique est en faveur de lidcntité d'auteur pour ces deux groupes d'écrits.

§ 2. — Unité d'auteur pour le IV' évangile et l'Apocalypse.

Dès l'antiquité, il a été soutenu que le IV*-' évangile et l'Apocalypse n'étaient pas du même auteur. Denys d'Alexandrie, milieu du m" siècle, ne croit pas qui' l'Apocalypse ait été écrit par le fils de Zébédée, Jean, l'auteur de l'évangile et de l'épître. Nous rapporterons plus tard son témoignage. Cyrille de Jérusalem. Grégoire de Nazianze, Amphiloque, lesévèques d'Asi(^ Mineure, de Palestine, d'Antioche, la Peschitto, n'ont pas admis l'Apocalypse dans le canon des Ecritures, ce qui peut faire supposer qu'ils n'en reconnaissaient pas l'origine johannique. Eusèbe * place ce livre, au choix de chacun, parmi les livres communément reçus ou parmi les apocryphes. Saint Augustin-, au contraire, insiste sur l'identité d'auteur pour l'évangile et l'Apocalypse.

Les premiers réformateurs, Luther, ont été hésitants sur la canonicité de l'Apocalypse et, par consérjuent, sur son origine johannique. De nos jours, les (•pillions sont très divergentes. W'ion dans la critique du Nouveau Testament, affirme de Velle, n'est plus certain que, si l'apôtre Jean a été l'auteur de l'é-

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