Einleilung in das Seue Testament, Freiburg
4. Das Urchristentum, seine Schriften und Lehren, Berlin, 1902. îi. Die Offenbarung des Johannes, Gôttingen, 1904.
1-13; XII, 1-6; 14-17; XIII, 1-7; XV-XIX; XXI, 9-27, écrite en 70, pendant le siège de Jérusalem par les Romains; cette apocalypse était elle-même formée d'oracles séparés. Le rédacteur a fait œuvre, non de compilateur, mais d'écrivain ; il s'est servi de ses matériaux avec beaucoup de liberté; il les a retravaillés, y a fait des additions, et y a joint des points de suture.
Le P. Calmes^ reconnaît dans l'Apocalypse une certaine unité littéraire; toutes les parties convergent vers une môme idée, qui est la victoire du Christ et le triomphe des élus. Le style du livre trahit d'un bout à l'autre la main du même rédacteur. Mais cette unité est artificielle, et le livre présente un ensemble de documents, que l'auteur a combinés et reliés entre eux au moyen d'une rédaction dont on suit la trame. Ce procédé affecte spécialement le corps du livre depuis le ch. VI jusqu'au ch. XVIII.
En résumé, les critiques qui acceptent l'hypothèse des sources documentaires peuvent être rangés en quatre catégories. 1° Ceux qui soutiennent qu'à la base de l'Apocalypse se trouvent un ou des documents juifs, auxquels on a fait des additions chrétiennes : Vischcr, Ilarnack, Plleiderer, 0. Iloltzmann, etc. 2° Ceux qui soutiennent que l'Apocalypse est un livre chrétien qui, dans ses éditions successives, a englobe des éléments juifs : Sabatier, Spitta, Bousset, Calmes, etc. 3° Ceux qui la tiennent pour une œuvre composée d'éléments chrétiens : Weizsûcker, Vôlter, Brus-
1. L'Apocalypse devant la tradition et devant la critique, Puris, lOo:..
ton, etc. 4" Ceux qui soutiennent que ces éléments étaient des apocalypses complètes : Spitta, Briggs. On pourrait encore relater ceux qui y trouvent des éléments antérieurs, les uns juifs, les autres chrétiens : Calmes etc.
2° Unité de l'Apocalypse. — Les auteurs anciens ont tous pensé que l'Apocalypse était une œuvre une ; de nos jours, Beyschlag, Hilgenfeld, Salmon, Moore, Simcox, Milligan, H. Holtzmann, avec des réserves; Hirscht, B. Weiss, Kohlhofer, Swete, maintiennent l'unité de l'Apocalypse. Voici les raisons qu'ils présentent.
L'unité de l'Apocalypse ressort tout d'abord, et même principalement, de la possibilité d'établir un plan cohérent de cet écrit. En outre, on constate dans les premiers et les derniers chapitres la même main ; les idées et la phraséologie sont communes ; Cf. l-IIl et XXI; XXII; 1,1.
1, 1, 6£t$;ai ToTç 6oûXoi; aùtoù & 6£ï YÊvéffOat êv T(ij(ti.
I, 3, ô yàp xaipbî Iyy'^S'
I, 8, iyw t\\f.\\b diXipaxai tô w.
XXII, 6, SeîÇai Toîç SoûXoi; XXII, 6, 6 xaipà; y^P ^Tpî
êffTtV.
XXI, 6; XXII, 12, iY(b Ta daç« xai To (ô.
Comparez encore : I, 3 = XXII, 7; 1, 17 = XXII, 13; 11,11 =XX,6;II, 28r=XXII,66; III,12=XXI, 2. On retrouve d'ailleurs les mêmes expressions répandues dans toutes les parties du livre : IV, 1 = 1, 1 ; IV,2 = I,10;IV,6 = XV,2;V,5 = XXII,16;V,10 = I, 6; IX, 1 = XX, 1; X, 1 = I, 14 ss.; XI, 1 = XXI,
15 ; XI, 7 = XVII, 8 ; XII, 9 = XX, 2 ; XI, 3, 13 r= II, 7; XIV, 14=1,13; XV, 6 = 1, 13; XVI, 15= 111,3; XVII, 1 = XXI, 9; XIX, 12 = I, 14.
On a dit que les trois premiers chapitres étaient dune meilleure grécité que le reste du livre. Or, on y relève 26 solécismes : I, 3, 4, 5, 8, 10, 12, 20; II, 2, 7, 9, 10, 13, 17, 18, 20, 22, 26; III, 4, 7, 9, 12, 21 ; quelques versets ont deux solécismes. Il est difficile de voir du grec classique dans la phrase suivante : iSob SiSSi Ix xrîç (TuvaY^YÎ)? Toïï Satava, tSJv XeyovTtov lauToî<c... 'lou- 8a(ouç Elvat xal oùx staiv... îSoli iroiT^aw aùxoùç ?va, III, 9. D'autres phrases, II, 9, 12, etc., ne sont pas meilleures. Le chapitre XI", dans lequel la plupart des critiques croient découvrir un document étranger, présente les mêmes particularités philologiques, pour la place du sujetaprès le verbe, l'emploi inconsistantdes temps, etc., que les autres chapitres. En résumé, toutes les particularités grammaticales que nous signalerons et, en particulier, les mots spéciaux à l'Apocalypse se retrouvent dans toutes les parties du livre indistinctement. Nous reconnaissons que l'on pourrait expliquer cette unité de langage par le fait d'un éditeur qui aurait retravaillé ses matériaux, o\ y aurait imprimé sa marque littéraire. Une élaboration nouvelle de matériaux antérieurs, poussée à ce degré, paraît cependant bien imj>robable à cette époque, où l'on se préoccupait peu de démarquer les documents qu'on emj)loyait.
La preuve la plus décisive de l'unité de l'Apocalypse est l'emploi d(;s mêmes figures vX des mômes symboh's d'un bout à l'autre de l'écrit : l'agneau, V, G ;
VU, 10; XIV, 1, 4, 10; XVII, 14 ; le sang de l'Agneau, V, 9 ; Vil, 14 ; XII, 11 ; XXII, 14 ; la Bête, XI, 7 ; XIII, 1, 2, 3, 4; XIV ; XV ; XVI ; XVII; XIX; XX; le dragon, XII; XIII; XVI; XX; le trône, eh. I-VIII; XI-XIV; XVI; XIX-XXII; l'arbre de la vie, II, 7; XXII, 2, 4; l'eau de la vie, VII, 17; XXI, 6; XXII; 1, 17; le livre de la vie, III, 5; XIII, 8; XX, 12, 15; XXII, 19; les chandeliers, I, 12; II, 5; XI, 4; la seconde mort, II, 11; XX, 14; XXI, 3; la description du temple, III, 12; XI, 19; XV, 5-8; XVI, 1 ; les coupes de la colère, XV, 7; XVI, i-4; XVII, 1; XXI, 9; l'allégorie des trompettes, des 24 vieillards et des 4 animaux, des cavaliers, de l'épée sortant de la bouche, du feu tombant du ciel ; des vêtements blancs, des étoiles, des couronnes, des trônes, des sceptres, des cornes, le sceau de Dieu, des fumées, VIII, 4; IX, 2, 3; XIV, 11 ; XV, 8 ; XIX, 3, la personnification de la mort, les yeux qui lancent des flammes, le vin de la colère de Dieu, etc., etc. Des images et des symboles identiques sont appliqués à des personnages tout différents. Comparez le nom secret du Logos, XIX, 12, et le nom secret de la Béte, XIII, 18. Les élus sont marqués du sceau et du nom de Dieu, VII, 1-8; XIV, 1; XXII, 4; les serviteurs de la Bête sont marqués aussi du nom de la Bête ou du chiffre de son nom, XIII, 16, 17. Jérusalem, III, 12; XIV, 1-5; XX, 8, etBabylone, XIV, 8; XVI, 19; XVII, 18, etc., présentent des symboles identiques. Les sept lampes qui brûlent sont les sept esprits de Dieu, IV, 5, et de même les sept yeux de l'agneau sont les sept esprits de Dieu, V, 6.
Ce perpétuel retour des mêmes figures et des mêmes symboles engendre une certaine monotonie, et cela, d'autant plus que les mêmes nombres, 7, 4, 12, ou leurs multiples, 144, reviennent aussi périodiquement. Signalons enfin le recommencement au ch. XV de la même série de sept plaies, commencée au ch. VI; nous avons aussi l'ouverture de sept sceaux et sept sonneries de trompettes dans la 1" partie du livre ; puis, dans la seconde, l'effusion de sept coupes.
De tous ces faits il ressort que l'Apocalypse est une œuvre une, exécutée d'après un plan que nous allons étudier. Nous reconnaissons que l'auteur a pu s'inspirer d'éléments préexistants, mais il ne les a pas insérés littéralement dans son livre; il les a fondus en un tout, suffisamment cohérent, si l'on se rappelle le caractère de l'œuvre. Ceci ressortira de l'étude suivante : plan et analyse de l'Apocalypse.
§ 9. — Plan de l'Apocalypse.
L'Apocalypse est, par certains de ses traits, um lettre encyclique; elle commence, après une courte préface, par des lettres aux sept églises d'Asie, et so termine par une bénédiction. Mais le corps de l'éci il est une suite de visions, plus ou moins reliées entiv elles; c'est dire que le plan comporte un certain flotlcment et n'est j)as très rigoureusement ordonné. On ne s'étonnera donc pas si les exégètes ne s'accordent pas sur le plan qu'a adopté l'autour de l'Apocalypse. Les uns, à la suite de Tyconius et d'Augustin, ont
adopté le système de la récapitulation. Les sept sceaux, les sept trompettes, les sept coupes sont la répétition ou le retour des mêmes événements, présentés sous des formes différentes. Beaucoup d'exégètes, Cornely, Belser, se contentent de donner la suite des visions sans chercher à y établir un plan d'ensemble.
D'autres n'ont vu dans cet écrit qu'une image du chaos, et c'est, paraît-il, la première impression qu'il produit. Telle n'est pas l'opinion de Reuss*. Toutes les scènes décrites formaient, dit-il, dans l'esprit de l'auteur un ensemble, une série continue, un véritable drame enfin... « L'Apocalypse veut décrire les événements qui, dans un avenir rapproché, doivent annoncer la fin des temps et les grandes révolutions, à la suite desquelles le règne glorieux du Christ s'établira sur la terre et changera du tout au tout la face du monde... Toutes les scènes de détail se rattachent à un seul et même fil chronologique, qui ne se rompt nulle part, qui ne se replie jamais sur lui-même pour former des lignes parallèles et ramener ainsi sous de nouvelles formes des faits déjà prédits une fois, mais qui progresse toujours jusqu'à ce qu'il aboutisse au terme final. L'auteur de l'Apocalypse a eu le mérite d'avoir su introduire l'unité dans la grande variété d'idées eschatologiques qui circulaient à son époque dans le monde juif et judéo-chrétien. Il a su combiner artistement cette multitude d'éléments divers et réunir cette
La Bible, IV« partie, l'Apocalypse, p. 17, Paris, 1878.
bigarrure d'images et de symboles en un tableau tel que son livre est un véritable chef-d'œuvre autant par la lucidité de l'exposition que par l'élégante symétrie de l'enchaînement. Tout s'y dispose et s'y enlace au moyen d'un mécanisme on ne peut plus simple. Alternativement, les nombres 3 et 7 déterminent le cadre des tableaux et l'attention du lecteur est excitée et soutenue jusqu'au bout par l'ingénieuse méthode de faire sortir de la dernière scène de chaque acte par une espèce de rayonnement ou d'éclosion une nouvelles série de scènes. »
Voici le plan que Reuss a dressé de l'Apocalypse proprement dite, le prologue étant mis à part ^
A. Le théâtre, IV.
B. Le livre de l'avenir, V.