ErsÈBE, Hist. eccl. V, i
40i HISTOIRE DES LIVRES DU NOUVEAU TESTAMENT.
Irénée a cité fréquemment l'Apocalypse, en la nommant quelquefois ; Harvey ^ a signalé vingt passages du traité Adç. Haereses, rappelant plus ou moins l'Apocalypse. A la page 222, on trouve citée textuellement Ap. 1, 12-17 et I, 17, 18; p. 223, Ap. V, 6 et Ap. XIX, 11-17. etc. Le Pasteur d'Hermas a employé deux fois l'expression apocalyptique : ^ eXi'tpi; % (asyccXt). Le symbolisme de l'Apocalypse a inspiré celui du Pasteur; les points de contact entre les deux écrits sont nombreux. Dans l'un et dans l'autre, l'Église est une femme et son ennemie une bête sauvage ; il est parlé du livre de vie, de vainqueurs vêtus de robes blanches et portant des palmes et des couronnes. Tertullien a cité très souvent l'Apocalypse, surtout dans ses écrits entachés de montanisme. Les descriptions imagées des Actes de Perpétue et de Félicité, 4, 18, rappellent celles de l'Apocalypse. Clément d'Alexandrie a souvent cité l'Apocalypse ^ et la tient pour Ecriture ^.
Dès le commencement du n'' siècle, l'Apocalypse était répandue dans toute l'Église, puisqu'il est des écrivains comme Marcion, les Aloges et peut-être le prêtre romain Gaïus qui la rejettent; d'autres, comme Hippolyte, Cypricn, Origène, qui en citent des passages ; d'autres qui, d'après Denys d'Alexandrie, l'ont en estime; d'autres enfin, comme Dcnys d'Alexandrie, qui rn discutent l'origine. Lorsque nous étudierons en dét.iil 1:. c.inonicité de ce livre dans un prochain volume
I, IiiL.M.1., Adi). Hrwr., t. II, p. t(33.
a. Paml. I, 0, 36; II, 10, 108; Strom. III, 18, 106. etc.
'A. Parrl. II, l«, 11».
nous verrons que, accepté en Occident, il a été rejeté des canons orientaux. D'après Eusèbe ^ les uns repoussent TApocalypse de Jean, comme apocryphe, les autres l'admettent parmi les homologoumènes : rJiv 'AttoxoIXu'I'iv 'Iwocvvou... ^v Tivsç, w; eçy)v, àÔEXOÎiffiv, erepoi Se èy^pivouffi Toî; ôfjioXoYou(x£voiç. Amphiloque d'Iconium porte le même jugement : les uns acceptent l'Apocalypse de Jean, la plupart la qualifient d'apocryphe, vo'ôov. Cependant Athanase la placedans son canon des Livres saints, et finalement les églises orientales l'ont adoptée.
î", 12. — Histoire de l'interprétation de l'Apocalypse.
L'histoire de l'interprétation de l'Apocalypse commence aux premiers siècles chrétiens et se poursuit encore. Cette interprétation a subi toutes les phases de l'exégèse biblique et a été tour à tour littérale ou allégorique, eschatologique ou historique, ou l'une et l'autre; elle est, actuellement, surtout critique et documentaire.
Saint Justin, le premier, parle des mille ans que le voyant annonça pour les fidèles dans le Christ. Saint Irénée donne des symboles de l'Apocalypse une interprétation à un certain degré historique et littérale : le nombre de la Bête est peut-être le mot grec, Aaxeivoc, mais plutôt TsîTav; l'empire romain sera brisé en dix royaumes et Rome réduite en cendres. Les justes régneront mille ans dans la nouvelle Jérusalem. Hippolyte