disï, Le Quatrième Éi'anyilc, |). "li
EVANGILE SELON SAINT JEAN. jyjV^ 2l/ conte par aTT XXVI. 'Hs; Me. XIV, 3-9, avoc celui que rapporte Jx. XII, 1-8; les trois récits ont do multiples points de ressemblance, mais ils ont aussi des points de divergence. D'après Jean, /TT ^n\, 1, le souper eut lieu six jours avant la Pàque " avant l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem XIl' 12; d après Marc, XIV, 1, deux jours avant la Pâque' et après l'entrée à Jérusalem, XI, 1. D'après Marc et Matthieu, Marie aurait répandu le parfum sur la tête de Jésus; d'après Jean, sur les pieds. D'après Marc et Matthieu, le souper eut lieu dans la maison de Simon le lépreux; d'après Jean, il semble qu'il a eu heu dans la maison de Marthe et de Marie. Les paroles de Jésus ne sont pas identiques dans les deux récits.
2-^ Avant de répondre à ces diverses observations montrons que, dans l'ensemble, le IV« évangile est en accord avec les évangiles synoptiques.
Remarquons d'abord que le Jésus du IV évangile est le même personnage que celui dont parlent les évangiles synoptiques, pour son origine, son lieu de naissance, sa famille, sa vie publique, ses disciples, sa mort, sa résurrection. Le IV« évangile est en rapport direct avec les synoptiques, puisque, dans les canons eusebiens, nous trouvons soixante-douze passages ! ou 11 est en accord avec Matthieu, Marc et Luc • vin-tdoux passages avec Matthieu, Luc; vingt-six passages avec Matthieu, Marc; sept passages avec Matthieu; vingt et un avec Luc. Les deux séries de documents rapportent donc un certain nombre de faits identiques
présentés quelquefois avec des détails différents, qui indiquent que le IV" évangile ne dépend pas des synoptiques, mais offrant aussi des ressemblances telles qu'on doit conclure à l'identité des faits. Voici les plus importants : les vendeurs chassés du temple, II, 13-15 = Mt. XXI, 12, 13; Me. XI, 15-17; Le. XIX, 45-46 ; peut-être la guérison du fils de roffîcier royal de Capharnaïim, IV, 40-54 = Mr. VIII, 5-13; Le. VIII, 1-10; la multiplication des pains, VI, 1-14 = Mr. XIV, 13-21; Me. VI, 30-34; Le. IX, 10-17; la marche de Jésus sur les eaux, VI, 17-21 = Mt. XIV, 22-30; Me. VI, 45-50; l'onction de Bcthanie, XIII, 1-8 = Mr. XXVI, 6-13; Me. XIV, 3-9; l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, XII, 12-19 = Mt. XXI, 1-10; Me. XI, 1-11 ; Le. XIX, 29-44. Jésus prédit la trahison de Judas, XIII, 21-26 = Mt. XXVI, 21-25; Me. XIV, 18-21; Le. XXII, 21-23; le reniement de Pierre, XIII, 36-38= Mt. XXVI, 31-35; Me. XIV, 27- 31 ; Le. XXII, 31-38. Dans les récits de la passion de Jésus, on relèvera de nombreux détails communs aux quatre évangiles : l'arrestation de Jésus au jardin des Oliviers, le serviteur du grand-prtHre blessé par Pierre, l'interrogatoire de Jt'sus par le grand-prêtre Caïphe, le reniement de Pierre, Jésus devant Pilate, la demande de Pilate à Jésus sur sa royauté, la proclamalion de linnoeencc de Jésus, Barabbas préféré à Jésus par les Juifs, le couronnement d'épines, les insultes des soldats, l'inscription sur la croix, le crucifiement au Calvaire, le partage des vêtements de Jésus par le tirage au sort. Jésus est abnuivd de vinaigre; il meurt, il
est enseveli par Joseph d'Arimatliie. Marie-Madeleine avertit les apôtres que le tombeau est vide ; Pierre voit les linges seuls dans le tombeau; Jésus apparaît aux disciples réunis à Jérusalem et en Galilée.
Outre ces rapports entre le IV* évangile et les synoptiques sur des faits importants, on pourrait signaler de nombreux points de détails communs : rapports entre Jésus et Jean-Baptiste ; même citation du passage d'Isaïe : Je suis la voix qui crie dans le désert. Jésus est de Nazareth; Jean baptisait dans le Jourdain; les Juifs demandent un signe; confession de Pierre sur Jésus, Messie et Fils de Dieu; hostilité et incrédulité des parents de Jésus; Jésus a un démon ; complot des sanhédrites contre Jésus, etc.
En dehors de ces faits dont la valeur historique est attestée par les évangiles synoptiques, nous pouvons aussi relever un certain nombre de détails particuliers auIV*" évangile, et qui, par leur teneur, se présentent comme des faits historiques : le milieu où se déroule l'activité de Jésus ainsi que l'état d'esprit de ses adversaires sont exactement décrits ; Nicodème qui prend part à l'ensevelissement de Jésus est un personnage réel; Jésus et Jean exercent chacun de son côté leur ministère; la résurrection de Lazare est entourée de détails topographiques et historiques, tels qu'on doit la tenir pour un événement historique ; le lavement des pieds a le caractère d'un fait. Nous ne relèverons pas les autres détails géographiques et historiques que nous avons signalés ailleurs pour faire ressortir la connaissance qu'avait l'auteur du IV* évangile de la
géographie de la Palestine, de l'histoire et des mœurs de l'époque. Il nous semble que nous possédons des matériaux suffisants pour affirmer que le IV'= évangile est une œuvre historique, bien que le récit des faits ne soit pas la préoccupation principale de l'auteur. Si, dans la pensée de celui-ci, l'œuvre était uniquement dogmatique, ou s'il voulait seulement enseigner une doctrine sous forme symbolique ou allégorique, on ne verrait pas pourquoi il y aurait introduit tant d'éléments historiques, qui, .quoi qu'on en ait dit, ne peuvent être ramenés à des symboles ou à des allégories. En réalité, l'auteur a voulu présenter dans un cadre historique un enseignement doctrinal, fondé, comme nous le dirons, sur les paroles du Seigneur. Cet enseignement est son but principal ; c'est pourquoi il a insisté davantage sur cet exposé qui, d'une certaine façon, commandait son œuvre.
3° La valeur historique du IV" évangile est prouvée négativement par ce fait qu'on peut résoudre suffîsammejit toutes les objections qu'on a présentées pour la nier. Examinons, en premier lieu, les observations qui ont un caractère général.
Nous reconnaissons que la physionomie de Jésus, d'après les synoptiques, n'est pas exactement la mémo que celle de Jésus d'après le IV'" évangile; mais ces deux physionomies, pour être différentes, no sont pas contraires. C'est toujours le môme personnage, étudié, il est vrai, hous un aspect qui n'est pas le môme; les écrivains, Matthieu, Marc, Luc et Jean, ayant chacun leur point do vue et poursuivant un but particulier.
n'ont gardé de la personne de Jésus que les traits affére„ s a ce point de vue et au but poursuivi. Ce ui en effet contribue le plus à diiTérencier le Jés s d" IV' évangile de celui des évangiles synoptiques c'est le but ,„..„„ip„ d, ,,i„. j^^„ [ ; ^ remontrer dans Jésus, le Fils de Dieu, un avec son" rë et donnant la vie au croyant par l'union de celui ci avec lu, e, avec son Père, landi. ,,„• les synoptLûes
oyaume de Dieu, et l'instruisant des conditions de 1 entrée dans le royaume.
sii^t^'L?"'' "T '"''"*' '" *»" 1"'"= r« Proposaient, les synoptiques ont fait, chacun, leur choix
itur Itéttit? '""!r "" '^'^"^"^ -'^' -»-
eur bat était presque identique, et surtout parce qu'il, travaillaient une matière primitive unique, ils ont
resente à peu près le même personnage. L é u du IV évangile parait différent, parce que l'auteur q«. avait un but tout différent à atteindre a prlemé ceui e. sous un autre aspect, lequel n'exclut p
eu. des synoptiques. Chez ceux-ci, on retrouve d'aUleurs quelques traits caractéristiques du Christ iohan
sur les forces de la nature et sur la loi. 11 est dans lel
trois premiers évangiles. Fils de Dieu, aussi bien oue
dans le quatrième. ^"'"
Le Jésus de cet évangile n'est pas cependant un
re en dehors de l'humanité. Nous le voyons vi^^ë
ie : Z T'^'l "'■"'' "^^ -" "- entretiens fl l'Ois, se mêler a la vie commune, assistera des noces
pratiquer la loi mosaïque, comme ses compatriotes, assister aux fêtes du temple ; il se montre très afTectueux envers ses disciples et ses amis. 11 a même parmi eux un disciple qu'il aimait d'une façon toute particulière ; il se montre soucieux de l'avenir de sa mère et, avant de mourir, il la confie à son disciple bien-aimé. Il a jusqu'à des rapports avec les pécheresses, la Samaritaine, la femme adultère, les pharisiens. En résumé, Jésus agit, dans le IV*" évangile, comme un homme réel. 11 prend part à plusieurs repas. 11 demande à boire, il est fatigué et il s'assied sur le bord d'un puits, il pleure, il frémit en lui-même, son âme est troublée, il est profondément ému ; il a soif et enfin, sur la croix, il rend l'esprit. Bref, le Christ de saint Jean n'est pas, ainsi qu'on l'a prétendu, un être transcendant, en dehors de l'humanité.
Il n'est pas davantage un être qui n'agit que pour prouver qu'il est de Dieu et un avec Dieu. Ainsi, dans la guérison du paralytique de la piscine, Jésus disparaît après la guérison, V, 13, et le paralytique ne sait pas qui l'a guéri. Jésus lui dit plus tard de ne plus pécher, V, 14, mais ne lui révèle pas qui il est. La conduite de Jésus est identique dans la guérison do l'aveugle-né et ce n'est que par suite des circonstances subséquentes que Jésus apprend à l'aveugle-nt qu'il est le Fils do l'homme, IX, 37. On peut encon examiner d'autres faits de la vie de Jésus : l'eau changée en vin, la marche sur les eaux du lac de Tibériadc, le repas à Béthanie, l'arrestation de Jésus au jardin des Oliviers, le reniement de saint Pierre, la conduite do
ÉVANGILE SELON SAfNT JEAN. 217
^iiate, la remise de Marie au dis^ini. k-
q- d'autres ei-co„sta„ees de "! s^T:"!;";'"''""
trouvera aucune mention de ésus 1 " "'
au Père, car le Pàpp «=♦ 7 ^ "^^ ^^ <^c que je vais ^^ , le Pe,e est plus grand que moi. » ? XIV,
réel. Et le Jésn. H«c ^^'^^'^êTeliste rapportait un fait
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Jésus. N est-ce pas, en définitive, le mén,e
*• ^^ioire des livres du Nouvpn,. t .
218 HISTOIRE DES LIVRES DU NOUVEAU TESTAMENT, butsous une autre forme? Dans les synoptiques, il est insisté sur la foi à laquelle est accordé le miracle; il on est de môme dans le IV^ évangile; témoin la demande de Jésus à Marie, sœur de Lazare : Je suis la résurrection et la vie, crois-tu cela?
Dans le IV« évangile le miracle est donné comme un signe; il en est de même dans les évangiles synopti- Muos. où Jésus refuse aux Juifs de leur donner les siones qu'ils réclament, mais où il affirme qu'i leur en donnera d'autres qui prouveront sa mission. La sou o différence sur ce point entre les synoptiques et 1. IV^' évangile provient.de ce que, chacun de son côte, ils ont insisté davantage sur l'un des aspects de la ques-
tion. , „, , .,
On a fait observer que les miracles du I\- evangde avaient un caractère magique, que n'ont pas ceux dos synoptiques, et qu'ils étaient plus prodigieux que ceuxci En fait, chacun des miracles du premier ont d.'S analogues dans les seconds. Il n'est pas plus magiquo de changer l'eau en vin, que de multiplier cinq pa.ns oi cinq poissons, de ressusciter Lazare ou le h Is d.. la veuve de Naïn, de guérir à distance le lils de 1 officiel royal ou le serviteur du centenier.
Les miracl.>s des synopti(iu(>s n'étaient pas moiui étonnants «lue ceux du IV évangile, étant, tout auss bien (pie ceux-ci, en dehors des lois de la nature. 1 ont stupéfié les 8pcctat.'ur8, ainsi que le disent net tement !.•« évangiles, Me. V, /.2; Le. VIU, 50. h môme, remanp.ons q.u- les synoptlipies ont toujour si.in de marquer l'élonnement. la frayeur, l'admiratio
(les foules, à la vue des miracles du Seigneur. « La foule pleine d'admiration, disait : Jamais pareille chose ne s'est vue en Israël », Mr. IX, 33; XIl, 23. « La foule, voyant cela, fut remplie de crainte et elle glorifia Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes ». Mt. IX, 8; Vllf, 27; XV, 31; XXI, 20; Me. I, 27; II, 12; X, 20;' Le. YIII, 25; IX, 44. Il semblerait que les miracles racontés par le IV« évangile n'ont pas produit la m^*me imi>ression sur les spectateurs, puisqu'il n'est jamais dit dans cet évangile que ceux-ci ont été stupéfaits ou qu'ils ont été dans l'admiration à la vue de ces prodiges.
Nous ne voyons pas en quoi est dépréciée la valeur historique du IV'' évangile, parce qu'il n'a pas rapporté tous les miracles racontés par les synoptiques, et, en particulier, les guérisons de possédés. L'auteur les connaissait, puisqu'il affirme que Jésus a encore fait beaucoup d'autres choses que celles qu'il raconte. S'il n'en a pas répété davantage.c'est que ce récit était inutile pour sa démonstration.
Nous reconnaissons que le cadre où se déroulent les événements racontés par le IV« évangile et les synoptiques, n'est pas complètement identique, puisque celui-là rappelle surtout ce qui s'est passé à Jérusalem, tandis que ceux-ci racontent principalement le ministère de Jésus en Galilée. Nous pouvons encore expliquer cette divergence par le choix des faits racontés, adaptés au but que se proposait chaque auteur.
Le 1V« évangile s'occupe surtout des discussions avec 1<5S Juifs hostiles, et non de la prédication aux foules
sur le royaume de Dieu. Il veut prouver la mission de Jésus par le Père ; or, c'est à Jérusalem qu'ont eu lieu ces discussions et que se sont posées ces questions sur la mission de Jésus. C'est là que devait avoir lieu la manifestation principale du Christ. Les synoptiques rendent le même témoignage à ce sujet, lorsqu'ils rapportent les interrogations qu'eut à subir Jésus à Jérusalem, de la part des princes des prêtres et des scribes, sur l'origine de son autorité, Me. XI, 27-33 ; Mt. XXI, 23-27 ; Le. XX, 1-8. Ils contiennent aussi des allusions à de fréquentes visites de Jésus à Jérusalem. C'est le premier évangile, XXIII, 37, et le troisième, XIII, 34, qui nous ont rapporté cette parole du Seigneur : Jérusalem, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants? Et même, d'après Luc, lY, 44, Jésus aurait prêché dans les synagogues de la Judée ^ . Nous trouvons encore dans les synoptiques divers traits qui indiquent de fréquents séjours de Jésus à Jérusalem. Lorsqu'il vint à la fin de sa vie dans cette ville, il y comptait des amis : Simon le lépreux et Joseph d'Arimathie. Il a séjourné dans le village de Marthe et de Marie, Le. X, 38-42. 11 est invité à un festin à Béthanie, chez Simon le lépreux, Me. XIV, 3. Il est connu comme le Seigneur par le propriétaire de l'ânon sur lequel il fit son entrée a Jérusalem, Me. XI, 1-0. Il y a à Jérusalem une maison qu'il connaît bien, puis(ju'il peut en décrire l'aménagement; le maître est son ami, puis- (|u'il peut disposer de sa maison, Me. XIV. 12-15.
1. La leçon «l« t»; auvaYWYàî T*iî 'loyîala; est mieux appuyée nuo Tf)ç r«).i),«ta;.
Spitla ' a dcmonlré amplement que Jésu, était allé à J rusalem plu,,.eura fois pondant sa vie publique ca que ph>s,eu. de ces voyages sont indiqués'par l syn'op!
Enfin le IV- évangile n'ignore pas le ministère de esus en Gahlée. ,1 raconte que Jésus alla en Galilée a Lana II, 1, pu.s a Capharnaûm, II, 12; qu'il „ ^^. ^urua plus tard et qu'il guérit, dans cette viZ, l'f s doffie.er royal ,V, 43-54; qu'il multiplia le pain de 1 autre côte de la mer de Galilée, VI, 1-13 qu'il ens,.>gna.tdans la synagogue à CapharnaL, VI 59 qu .1 parcourait la Galilée, VIII, i ; qu'i, y „, , „, J; alors que ses frères étaient partis pour Jérusalem,'
Quant à la durée du ministère de Jésus, il sembi,. b.en que c est le IV évangile qui a le mieux rappor les fa.ts II est dimeilc de croire que tous se soni passes dans l'espace d'un an, ainsi qu'il parait essort,r des synoptiques. D'ailleurs ceu..-ci indique^
atsi^ouT'^'"': '"/""^ ^""^ ''"' "■•'" -• 0- aus.. qu ,1 sera.t même pcssible de resserrer en un an
tout ce que rapporte le IV' évangile ■'
sia'^itTdrr""'""""' '""' '^ '"'^^'""o" ^0 '» ">s^anile de Jésus n'est pas présentée dans le IV évan-
fesM^ir" ^^'^"'PP-»' "'«'o-l-. comme el e q« dû '^""P"''™'^- L^ ''"f»'»ee provient de c,. qne dans le premier, elle est établie par l'argument <lautor,te, tandis que dans les autre' elle llsZ