‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 91 sur 118 · AdSeleuc, nUi · texte numérisé non relu

AdSeleuc, nUi

t. Ad Dard an. rp. lift, ;i.

Cyrille d'Alexandrie tiennent l'Apocalypse pour johannique et canonique. Nous aurons à revenir sur cette question quand nous parlerons de la canonicité de l'Apocalypse.

Après avoir rapporté les paroles de Papias, que nous avons dt^'à citées, Eusèbe ajoute : 11 est bon de remarquer que Papias mentionne deux personnes du nom de Jean, le premier mentionné c'est l'évangéliste; il serait vraisemblable que ce soit le second qui ait contemplé la révélation, qui porte le nom de Jean. Cette conjecture d'Eusèbe a été adoptée par la plupart des critiques modernes, Bleek, Ewald, de Wette, Neander, Dûsterdieck, en ce qui concerne l'Apocalypse. Quelques-uns affirment même qu'il n'y eut qu'un Jean en Asie, que c'est Jean le presbytre, lequel aurait été l'auteur du IV« évangile et de l'Apocalypse. Bousset pense que ces écrits, tels que nous les avons, se rattachent d'une certaine façon à un même disciple du Soigneur, qui a été témoin oculaire, mais ils ne sortent pas de sa plume, ils viennent d'une même école.

La raison principale qui est donnée pour soutenir cette hypothèse, c'est que Jean l'apôtre, le fils de Zébédée, aurait été martyrisé avant 70, qu'il ne serait, par conséquent, jamais venu à Éphèse et n'y aurait pas demeuré. Nous avons déjà discuté cette théorie.

II. Étude interne de l'écrit. 1. En faveur de l'origine johannique de l'Apocalypse on peut présenter quelques arguments d'ordre interne. Jean, le lîls de Zébédée, tel qu'il nous est dépeint dans les évangiles, répond bien à l'idée que l'on doit se faire de l'auteur de l'Apocalypse.

Il a été un des trois apôtres appartenant à l'entourage immédiat de Jésus; avec son frère Jacques il avait reçu du Seigneur le surnom de poavyipyéç, fils du tonnerre, probablement à cause de son caractère impétueux. C'est Jean, fils de Zébédée, qui voulait défendre à ceux qui ne suivaient pas Jésus de se servir de son nom. C'est lui et son frère qui demandent au Seigneur s'il veut qu'ils appellent le feu du ciel sur la ville samaritaine, qui n'avait pas voulu le recevoir. L'auteur de TApocalypse paraît de même enflammé d'un saint zèle contre les ennemis de Dieu : les Juifs hostiles de Smyrne sont la synagogue de Satan ; Néron est la Bêle, le symbole de toutes les iniquités ; Rome est Babylone ; c'est la courtisane, assise sur les sept collines, le type de toutes les abominations de la terre. L'auteur n'a que malédictions contre les persécuteurs, les idolâtres, les impurs. La figure du Christ est belle et majestueuse, mais elle est terrible aussi; Jésus est un juge sévère. Comme pasteur, il gouverne son troupeau avec une verge de fer; comme Agneau, il est terrible dans sa colère; comme roi. il foule l'humanité dans le pressoir de la colère de Dit u L'Apocalypse est le livre de la justice de Dieu, (jui s'exerce sur l'homme par les plus terribles chûtimcnts. Tous les fléaux sont déchaînés ; les ennemis de Dieu sont précipités dans une fournaise de feu et, finalement, la terre et les cicux disparaissent.

Qu'on remnnjue aussi que l'autour de rApocalyi)se 80 désigne par le nom do Jean, sans se donner aucun titre qui le recommande à ses lecteurs, et cependant

il agit et parle avec autorité. Il était donc bien connu de ceux auxquels il s'adressait et il était un personnage possédant une autorité indiscutée. Quel autre qu'un apôtre a pu, dans la primitive Eglise, exercer, en Asie, une semblable suprématie? Et, puisque l'auteur se donne le nom de Jean, nous sommes incliné à croire que c'était le fds de Zébédée, Jean l'apôtre.

2. Les adversaires de l'origine johannique trouvent aussi dans l'Apocalypse des raisons pour ne pas attribuer cet écrit à Jean l'apôtre. L'auteur ne se nomme pas apôtre, comme le faisaient Paul ou Pierre au commencement de leurs épîtres, mais il se dit simplement le serviteur de Dieu, I, 1, le frère et le compagnon des chrétiens d'Asie, I, 9. Reuss ' s'étonne que, si l'auteur de l'Apocalypse a été Jean l'apôtre, qui avait vécu plusieurs années avec son maître, il ait pu représenter Jésus comme un vieillard à cheveux blancs, ou le voir sous la figure d'un jeune agneau. Comment Jean l'apôtre aurait-il pu s'écrier : Réjouissez-vous aussi, saints apôtres et prophètes, car Dieu vous a fait justice de la grande ville, XVIII, 20, et surtout dire que la muraille de la nouvelle Jérusalem avait douze bases, portant les douze noms des douze apôtres de l'Agneau, XXI, 14?

Ces arguments sont trop peu solides pour être discutés en détail. On ne peut chicaner un auteur d'Apocalypse sur les symboles qu'il emploie. Ces titres de serviteur de Dieu et de frère, que se donne Jean, étaient d'usage courant dans la primitive Église. Paul a dit, lui

Page 1