‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 97 sur 118 · IliH. rrrl · texte numérisé non relu

IliH. rrrl

Messie qu'ils attendaient. Déjà ils avaient poursuivi l'apôtre Paul de leur haine et ils continuaient à s'opposer par tous les moyens à la propagation du christianisme. Ils ne craignaient pas même d'employer la violence, II, 9.

$ 6. — But de l'auteur de l'Apocalypse.

On comprend quel devait être l'état d'esprit des chrétiens d'Asie, vivant ainsi dans un milieu hostile, en butte aux tracasseries de leurs concitoyens et aux violences du pouvoir. Ils savaient bien que Jésus avait prédit que le monde les haïrait et les persécuterait à cause de lui, mais ils croyaient aussi que Jésus, vainqueur du monde, reviendrait bientôt. Ce retard de la venue du Seigneur était pour eux une nouvelle cause d'anxiété. Et pourtant, il ne pouvait tarder, car les signes avant-coureurs de la fin du monde, diminution de la foi, catastrophes de la nature, antichrist, avaient paru. Cet état des esprits nous explique et le contenu de l'Apocalypse et le but que s'est proposé l'auteur. Des lettres placées en tête de l'écrit, il ressort que la foi des fidèles est menacée par des hérétiques divers et que la persécution, qui a déjà atteint les églises, va continuer et augmenter. La lutte entre le royaume de Dieu et le royaume du monde, qu'avait annoncée Notre-Seigneur, est commencée, et elle se poursuivra, mais se terminera par la victoire définitive du Christ. Saint Jean voulait donc exhorter ses lecteurs à conserver la pureté de la foi, et les engager à endurer

avec courage les souffrances pour le témoignage de Jésus. C'est sa propre expression. Peut-être en était-il parmi les chrétiens qui, rejetés de la vie commune par la profession de leur foi, étaient découragés, et croyaient que leur attente dans le retour du Seigneur était vaine. Qu'ils ne se laissent pas abattre, semble dire l'auteur de l'Apocalypse, car le triomphe des saints est certain ; toutes les puissances hostiles seront vaincues; le Seigneur vient. C'est la description, sous forme symbolique, de ce triomphe du Christ, sur la terre d'abord, puis dans le ciel, et de cette destruction des puissances du monde, qui nous est tracée dans ce livre. Babylone, c'est-à-dire Rome, la personnification de l'empire romain, le pouvoir adversaire du Christ et persécuteur des chrétiens, est tombée ; elle est devenue le repaire des esprits impurs et des animaux immondes. La Bête, avec les rois de la terre et leurs armées, et le faux prophète, sont précipités dans la fournaise de soufre. Satan est d'abord enchaîné pour mille ans, puis il est plongé définitivement dans le gouffre de feu. Les saints triomphent; une .Jérusalem nouvelle descend du ciel et devient l'épouse du Christ glorifié. Le Christ est assis dans le ciel auprès de Dieu; il reçoit les adorations de toutes les créatures.

Le triom])ho définitif du Christ sur la puissance du mal doit avoir lieu, il est vrai, à la fin des temps, et il on est question seulement dans les derniers chapitres, mais tout le long du livre le chrétien est encouragé à l'espérance. A la fin de chacune des lettres aux églises, le Seigneur promet à celui qui vaincra de lui

donner à manger de l'arbre de vie, II, 7, de la manne cachée, II, 17, de lui donner la couronne de vie, II, 11, l'étoile du matin, II, 28, de faire de lui une colonne dans le temple, III, 12, de le faire asseoir avec lui sur son trône, III, 21. Déjà une multitude infinie attend la suprême récompense; il en est 144.000 qui suivent partout l'Agneau. Malgré les efforts de la Bête, c'està-dire du pouvoir romain persécuteur, ceux qui n'ont pas adoré la Bête et n'en ont pas pris la marque sur le front ou la main, reviendront à la vie et régneront avec le Christ; ils ne connaîtront pas la seconde mort, XX, 4 et ss. Heureux dès à présent ceux qui meurent dans le Seigneur, car ils se reposent de leurs travaux et leurs œuvres les suivent, XIV, 13. A celui qui a soif, dit le Seigneur Dieu, je donnerai gratuitement de la source d'eau de la vie. Celui qui vaincra possédera ces choses ; je serai son Dieu et il sera mon fils, XXI, 6. Au contraire « les lâches, les infidèles, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les magiciens, les idolâtres et tous les menteurs, auront en partage le gouffre a,rdent de feu et de soufre, c'està-dire la seconde mort »,XXI,8. Quant aux serviteurs de Dieu, ils l'adoreront, ils verront sa face et son nom sera sur leurs fronts, le Seigneur Dieu les éclairera et ils régneront aux siècles des siècles, XXII, 3, 5. Donc « que le juste persévère dans la justice et le saint dans la sainteté », XII, 10. Heureux ceux qui lavent leurs tuniques afin d'avoir droit à l'arbre de la vie et d'entrer par les portes de la ville, XXII, 14. Que celui qui a soif vienne, et que celui qui veut, puise

gratuitement de l'eau de la vie, XXII, 17. Viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec vous, les saints! XXII, 26. Telle est la conclusion. L'Apocalypse est donc un « Sursum corda », adressé par l'apôtre Jean aux chrétiens des sept villes d'Asie et aux chrétiens de tous les temps. Cette vue jette une lumière éclatante sur le contenu du livre.

S 7. — Sources de l'Apocalypse.

Nous avons à déterminer : 1" où l'auteur a puisé les idées générales qui forment la base même de son écrit; 2" d'où lui viennent les symboles au moyen desquels il dévoile l'avenir et le dérobe aussi à nos yeux, ainsi que ces images pittoresques, qui donnent à l'Apocalypse un caractère si particulier, et 3" enfin, à qui il a emprunté bon nombre de ses expressions et tournures de phrases.

1" Pour retracer les péripéties et la fin de la lutte entre le pouvoir du mal et la puissance de Dieu, l'auteur n'avait qu'à s'inspirer des prophéties antérieures. I-e rôle du dernier des prophètes consistera donc surtout à adapter ces anciennes prophéties aux événements de son temps et aux fins dernières de l'humanité. Il ajoutera cependant quelques symboles nouveaux, qu'il aura soin d'ailleurs d'expliquer.

Happelons, on passant, que la littérature apocalyptique était déjà abondante, antérieurement à l'Apocalypse de Jean. Sans nînionter jusqu'aux anciens ])rophètes d'Israël, Isanî, Joël, Zacharie et surtout Mziîcliiol,

dans les œuvres desquels nous pourrions retrouver des visions apocalyptiques, nous en avons des représentants avérés dans le livre de Daniel, les livres d'Hénoch, le livre des Secrets d'Hénoch, l'Apocalypse d'Abraham, l'Apocalypse de Baruch, le lY" livre d'Esdras; ces deux derniers, écrits à peu près à la même époque que l'Apocalypse. Et nous devons présumer que plusieurs apocalypses juives ne sont pas parvenues jusqu'à nous. Quelques-unes nous sont connues par leur nom seulement : l'Apocalypse d'Élie, l'Apocalypse de Sojihonie. Enfin, il faut admettre une certaine tradition d'idées apocalyptiques, que l'on retrouve un peu partout, surtout dans les documents babyloniens, sans que l'on puisse préciser d'où elles viennent. Mais tenonsnous-en aux textes que nous possédons, pour déterminer les sources auxquelles a puisé l'auteur.

On devrait remonter jusqu'aux plus anciens prophètes d'Israël pour retrouver quelques-unes des idées directrices de l'Apocalypse. Déjà, ces voyants avaient prédit que les pouvoirs qui opprimaient Israël seraient détruits, que Jahvé aurait son jour et que, si Israël se repentait, il lui serait pardonné et qu'il triompherait. Remarquons, cependant, cette différence profonde entre ces prophéties et les Apocalypses, c'est que dans les premières les événements sont annoncés conditionnellement, tandis que dans les secondes ils sont annoncés d'une façon absolue. Le schéma est cependant à peu près le même dans ses lignes générales. Mais c'est surtout avec le livre de Daniel et les Apocalypses juives qu'il faut comparer l'Apocalypse de saint

Jean. Des deux côtés nous retrouvons les mêmes idées. Le jour du Seigneur viendra quand la nuit aura atteint son apogée ; le royaume du monde sera renversé ; le royaume de Dieu s'établira; les saints triompheront sur la terre avec le Messie; à la fin des temps, les puissances du mal livreront un suprême assaut, puis auront lieu la résurrection et le jugement. Le livre de Daniel, écrit d'ailleurs dans le même but que l'Apocalypse, présente une première esquisse de cet écrit. On y trouve décrites les souffrances et la délivrance du peuple de Dieu en lutte avec les puissances païennes, X-Xll.

L'Apocalypse dépend aussi des discours eschatologiques du Seigneur, Mt. XXIV, XXV; Me. XIII; Le. XXI, pour les idées générales, pour l'ensemble des tableaux et les résultats finaux. On peut même dire que l'auteur a suivi une marche identique, qu'il a seulement développé et dramatisé les idées du Seigneur en les exposant sous forme de tableaux symboliques.

Et maintenant, si, examinant l'Apocalypse de plus près, nous entrons dans les détails, nous constatons que l'auteur, dans ses descriptions, s'est inspiré souvent des écrits antérieurs. Le portrait du (Ihrist glorifié est tracé à l'aide de traits empruntés à Daniel, VII, 13 ; X, G. ou à \u6c\ne], I, 20; VIII, 2; IX, 2, 11. Les insignes dont il est revêtu sont ceux du grand prêtre, Ex. XXVIII, 4, 5, 31 ; XXXIX, 5, ou du n.i juif, I Macc. X, 89. Sa physionomie rappelle celle do l'Ancien des jours do Daniel, VII, 9; X, (1, et c'est d'K/,écliiel, XLIII, 2, «juo vient sa voix semblable ù un

APOCALYPSE DE SAINT JEAN. 3b3

bruit de grandes eaux. La description de la cour céleste, IV, 2-8, est formée de traits empruntés à Isaie, VI, 1-3; XXIV, 23; à Ézéchiel, I, 26-28; V, 5-14; à Daniel, VII, 9; VI, 26 ; vu, 9-10.

Les quatre chevaux du chapitre VI, 2-8, rappellent ceux de Zacharie, VI, 1, 7; la vision des sept plaies, XVI, est manifestement dérivée des sept plaies d'Kgypte de l'Exode. La chute de Babylone, c'est-à-dire de Rome, XVII-XIX, 10, est un écho des malédictions prononcées contre Tyr et l'ancienne Babylone. Les oiseaux du ciel, conviés à la curée de la chair des rois et des puissants, l'avaient été déjà dans Ézéchiel, XXIX, 4, 17-20. La lutte entre le Christ et la Bête, unie aux rois de la terre, et la victoire du Christ, XIX, 11-21, sont une ancienne tradition juive, ainsi que l'espoir d'une rétribution terrestre accordée aux justes dont nous avons l'analogue dans le règne de mille ans de l'Apocalypse, XX, 1-8. La rénovation de toutes choses, XXI, 5, rappelle la parole d'Isaïe, LXV, 17; LXVI, 22 : Voici que je vais créer de nouveaux cieux et une terre nouvelle. Le temple de la Jérusalem céleste est celui qu'avait déjà dépeint Ezéchiel.

2° Recherchons maintenant à quelle source l'auteur a puisé la plupart des symboles qu'il a si abondamment répandus dans son livre. Comme à tous les apocalypticiens, les images et les nombres symboliques ont servi à l'auteur de l'Apocalypse pour exprimer ou suggérer des idées ou des conceptions qu'il ne pouvait exprimer par des mots. 11 a emprunté ses

images aux divers règnes de la nature animée et inanimée. Les animaux, agneau, chevaux, lion, léopard, sauterelle, scorpion, grenouille, aigle, vautour, les oiseaux, les poissons, les arbres, les herbes, passent tour à tour sous nos yeux. La terre, la mer, le ciel, les travaux des champs, l'homme, dans ses divers oflices, lui fournissent aussi des images symboliques.

L'Ancien Testament surtout est une mine inépuisable où puise l'auteur. Il lui emprunte dans un but symbolique ses noms de lieux, l'Euphrate, l'Egypte, Sodome, Babylone, Jérusalem. Le chandelier à sept branches lui suggère les chandeliers d'or des sept églises d'Asie; Balaam le fait penser aux Nicolaïtes, Jézabcl à la prophétesse de Thyatire. L'épouse du Christ est une nouvelle Jérusalem; le tabernacle, le temple, l'arche d'alliance, l'encens, la manne reparaissent dans l'Apocalypse. Le lion de la tribu do Juda, la racine de David sont des épithctes qui dérivent de l'Ancien Testament. L'arbre de vie, l'eau de la vie viennent de la même source. Nous avons relevé déjà d'autres symboles empruntés aux livres bibliques.

Que Tauteur de l'Apocalypse se soit inspiré de l'Ancien Testament, ou même de précédentes apocalypses, nous le reconnaissons, mais nous devons constater aussi que souvent il est complètement original dans ses symboles ou que, s'il en a emprunté les éléments h d'autres, il leur a donné une signification nouvelle. Les visions «le rouvorturc des sceaux, des sonneries de trompettes, de l'effusion des coupes produisant

des fléaux divers, sont une création de l'auteur à l'aide d'éléments préexistants. La description de Babylone, la courtisane assise sur la Bête écarlate, est due à son imagination. Les âmes des martyrs, qui demandent à Dieu justice et vengeance, sont un tableau qui lui appartient. On a essayé de retrouver dans le folk-lore babylonien ou même égyptien quelquesunes des images symboliques de l'Apocalypse, entre autres le dragon du chapitre XII, le monstre du chapitre XIII et la Bète du chapitre XVII. Le récit, ch.XU, de la lutte entre la femme et le dragon serait un souvenir d'anciennes légendes cosmogoniques. C'est possible; mais pour la discussion de ces hypothèses il faut se reporter aux ouvrages spéciaux ' .

II est probable que les nombres symboliques, très multipliés dans l'Apocalypse, ont été fournis à l'auteur par la tradition apocalyptique. Le nombre 7 est le plus fréquemment employé, 54 fois. L'écrit est adressé aux sept églises d'Asie, figurées par sept lampes; leurs anges sont sept étoiles. Il y a sept esprits de Dieu, symbolisés par sept lampes; sept sceaux ferment le livre ; l'Agneau a sept yeux et sept cornes. Il y a sept sonneries de trompettes, sept coupes, sept fléaux, sept tonnerres; le dragon a sept tètes, sept couronnes, etc. Cet emploi du nombre 7 s'explique par l'idée sémitique que ce nombre symbolisait la totalité. Le nombre douze se rencontre 22 fois dans l'Apocalypse. Nous avons les douze tribus d'Israël, les douze étoiles qui

i. OiNKEL, Schôpfung und Chaos,

couronnent la têle de la mère du Messie, les douze portails de la nouvelle Jérusalem, les douze pierres de fondement du temple, qui portent les douze noms des douze apôtres, etc. ; puis, les multiples de 12 : 24, 144.000. Le nombre dix revient assez souvent : dix cornes, dix couronnes, dix rois, ainsi que le nombre quatre : quatre animaux, quatre anges aux quatre coins de la terre, quatre vents du ciel, etc., et le nombre trois : trois trompettes, trois malédictions, trois portails, etc., et le nombre 3 1/2.

Parmi tous ces symboles, images ou nombres, il en est que l'auteur a interprétés lui-même : Voici le mystère des sept étoiles, que tu as vues dans ma main droite et des sept chandeliers d'or : les sept étoiles sont les sept anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises, I. 20. Cf. encore IV, 5; V, 6; VII, 9; XVII, 9, 12, 15. Quelques autres symboles ne sont pas difficiles à expliquer : le personnage semblable à un fils d'homme, l'Agneau, l'épouse de l'Agneau, mais pour beaucoup de ces symboles on n'est pas d'accord sur leur signification. Chacun les interprète d'après l'idée générale qu'il s'est formée de l'Apocalypse.

3" Mais c'est non seulement les idées directrices de son livre et les tableaux de son récit et les symbolts. qu»' l'auteur a reçus des ('«rrits antérieurs, c'est encore un bon nombn' d'expressions. Va d'abord, il est tellement imprégné des livres do l'Ancien Testament, qu'en trouve à chaque verset de l'Apocalypse des souvenirs de ceux-ci. On a compté que, sur les 404 versets tie

Ap. I, 5; II, 13, 6 (lôpTu; ô iriff'cô;.

1, 7, ?p-/£fai (lETà TÛv veçeXûv.

ce livre, 278 contiennent des références aux saintes Écritures. Il serait trop long de les énumérer; nous citons seulement les plus caractéristiques ' :

Ps. LXXXVIII, 38, 4 (lipxu; èv oùpavû TciffTÔc

Dan. "vu, 13, èit\ {T/ieod.

(lexi) Tûv vEfcXûv îîpy.Eto {Th.

Èpxô(ievo;).

i>U?J, VII, 13, wc ulôî àvôpto- Tiou; cf.X, 16; ^î. 1,20; VII, i>.

Ez. I, 24, un çMVTiv ûoaToç TCoXXoO.

fs. LXI, 13, ànoSuxxei; éxiaT«<) xatà Ta êpifa ayxoû.

Is. VI, 3, ê>.eYov 'Aifio;, àyio;, àYioî Kûpioî £aêaû6.

I, ISjôiA-aiov utov àvôptônou.

I, 15, y| çcovTi aÙTOÙ <î); çwvifj

11,23'', Sioff(i)y|j.îv £xâ(TT(|> xaxà ta ip^a {([lûv.

IV, 8", >£YûVTec" "Ayio;, iy^^î»

âyio; Kupio; ô ©eiî, ô navTOxpâxtop.

VI, 12, ô Tf{kioi ÈYÉveTO (xO.ac...

xal YjaeXiîv'iri ÔXyi âY^vexo w; al(/.a.

VI, 17, ^).66v T^fitiépa i^ iieYaXï) ■riji; ôpYrj; aÙTûv, xat xt; Sûvaxat dTaOr^vai ;

I\, 8, ol ôSôvxec aÙTÔiv (î>; Xeôvxuv -^ffav.

XII, 2, 5 wSi'vouffa... xexeïv...

Ixexev ulôv, âpaev.

XII, 8, où5êT6no;eupé6yiaùxwv.

XII, 11, xaipôv xal xaipoù; xal ^|itau xaipoù.

XIII, 7, ixoi^ffai u6Xe|j.ov |«Tà Twv àyîwv xalvtxTJCTat aÙToy;.

XXII, 12, 6 (ai(t9ôî |xou [i£t' è(jioû.

Joèï, II, 31, 4 f.Xioc [xexaffxpaçTJffSxai eU (Txoxoç xal r\ ffcXrivifi £t<; aT|xa.

Joël, II. 11, (leYÔXy) -Juiépa xoù Kupiou... xal Xt; Idxat Ixavà; aùx^, ;

Joël, 1, G, ot ô56vxe; aOxoO ô56vxEC Xéovxoç.

Is. LXVl, G, irplv xïjv wSîvouaav xexeïv... êxexev âpaev.

Dan. II, 35, xal x6wo; oùx eOpéOr) aùxoTç.

Dan. XIII, 7, el; xaipôv xal xaipoù; xal f|(ii(nj xaipoù.

Dan. VII, 21, énoîei itoXefiov (lexà xûv àyîwv xal la/wei itpô; aùxoûç.

/s. XL, 19, à [iidGèc aùxoù, fisx' aùxoù.

1. Cf. H. B. SwETE, The Apocalypse of St. John, p. cxxxv-cxi.viii, London, 1906.

Cf. encore : Ap. II, 7 = Gen. II, 9; II, 26 = Ps. II, 8ss.; III, 7=r/5. XXII, 22; IV, 5=Zi>. XIX, 16; IV, 6" = Ez. I, 5; VI, 13 = Js. XXXIV, 4; VI, 14 = h. XXXIV, 4; VII, 16 ss. = Is. XLIX, 10; IX, 20" = 75. XVII, 8; X, 10 = Ez. III, 1, 3; XI, 7 = Ps. XCVIll, 1 ; XVI, 5 = Ps. CXLIV, 17, etc.

Le livre d'Hénoch nous offre aussi de nombreux points de contact avec l'Apocalypse :

Ap. VI, 15, 16 : Et les rois de la terre et les grands et les chefs et les riches et les puissants et tout esclave et libre se cachèrent dans les cavernes et les rochers des montagnes, et ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous et cachez-nous à la vue de celui qui est assis sur le trône-

XX, 11, 12 : Puis je vis inx grand trône blanc et celui (lui était assis dessus... Et je vis les morts grands et petits se tenant debout devant le trône, et dos livres furent ouverts... ot les morts furent jugés d'jvprés ce qui était écrit dans ces livres, selon leurs œuvres.

XX, i;i : I-a mer rendit ses morts; la mer et l'enfer rendirent les jours et ili furent

Ilénoch, LXII, 3 : En ce jour tous les rois et les puissants, et ceux qui possèdent la terre se tiendront debout et ils le verront et le reconnaîtront comme il siégera sur le trône de sa gloire,... 5, ils seront terrifiés, ils baisseront la face et la douleur les saisira, quand ils verront ce Fils de l'homme assis sur le trône de sa gloire.

XVII, 3 : En ce temps, je vis la Tête des joui-s, tandis qu'il siégeait sur le trône de sa gloire, et les livres des vivants furent ouverts devantlui, et toute son armée qui habite au haut des cieux et .sa cour se tenaient debout en sa présence. XCVII, 6 :

Au jour du jugement on lira devant le Grand ot les Saints toutes vos ])aroles d'injustice.

Cf. I,XXXI, 4; XC, 20 ss.; XCVin,7, 8; CIV, 7, 8;CVIII, 3, 7, etc.

LI, 1, 2 : En ces jours, la terre rendra son dépôt ot le scheol rendra ce qu'il a reçu.

jugés chacun selon leurs œuvres.

L'Élu choisira parmi eux les justes et les saints.

Cf. encore : Ap. II, 7 = Hen. XXV, 4, 5; III, 5 = LXII, 15; III, 12 = XC, 29; III, 17 = XCVII, 8; III, 20 = LXII, 14; III, 21 = XLVI, 3 et LI, 3; V, 11 = LXXI, 8; VI,9, 10=XXII, 12 etXLVII, 2, 4; VII, 15 = XLV, 4; VII, 17 = XXII, 9 ; VIII, 4 = XCIX, 3; IX, 1 = LXXXVI, 1; IX, 14, 15 = LXVI, 1; X, 5, 7 = XVI, 1;XII, 10 = XL, 7; XIV, 9, 10=XLVIII,9; XIV, 13=LXXXI, 4;XVI, 5 = LXVI, 2; XX, 15 = CVIII, 3;XXI, 1 = XCI, 16.

Il faut reconnaître aussi que l'auteur de l'Apocalypse a connu quelques-uns des écrits du Nouveau Testament. Il leur a emprunté des idées et des expressions. 11 répète une sentence de Notre-Seigneur : 6 êytù'* wtk 5xou£Tw, Mt. XI, 15; Xin,9 etc. sous une forme presque identique : 6 l/wv ou; àxouaaTw, II, 7; II, 19 etc. Il s'est souvenu des paroles du Seigneur :

Ap. 111, 3 : èàv o5v [xiô YP^lYo- P'h^J'Çiy ^l<>> <J*î xXéTtTYi;, xat où ^-fi Yvej); Tcoîav wpav yîÇo) èjiI aé.

XIU, 10 : eï TU h (jiax«tpT[l àitoxtevet Seï aùtbv èv fiaxaipig àîtoxtavO^vai.

XXII, 17 : à 5i4'wv èpxé«9w à OÉXtov XaêsTW ûôwp Çcdt); 5(«)peâv.

Mt. XXIV, 43 : El tSeï 6 oUo- SeoTTÔTT); ito(qt 9u)ax^ (Le ûpqt) ô xXéîiTTfi; ipxETat, lYp/iyôpTiffev av.

Mt. XXVI, 52 : Ttâvre; yop ol ).a66vT£; (xâxatpav, £v jiaxatpr) àTioXoùvTai.

Jx. VII, 37 : èiv ti; Si<^^ ^PX'" (t9(i) Ttpb; èjjiè xal nivÉTta.

L'écrivain a même, III, 5, résumé dans une seule sentence les deux différentes leçons de la même parabole du Seigneur :

Ap. III, 5 : à^olo-cficw tô ôvo(ia aÙTOù Ivwjtiov toù TcaTpô; |io\J xat êvwniov tûv ày^éXiov

aÙTOÛ.

Mt. X, 32 : ô(AoXoYri(Tw xàvw èv aÙTw i|j.7tpoa6ev toO naipo; [lou.

Le. XIII, 8 : £ii.TtpoCT6£v T(7)V ày^é- >,<ov Toû 0eoû,

Remarquons aussi que plusieurs expressions de l'Apocalypse peuvent avoir été inspirées par des paroles du Seigneur : ScWio aÙTwxoîî (xdtvva, II, 17; ôàfjiïiv, III, 14; Y) è^ouiia TOU Xpi<7T0u aÙTOù, XII, lO; ^ uttojjiovïi twv àyicriv, XIV, 12; xXyitoi xai IxxXexxoi, XVII, 14; oî elç to SeÏTrvov Toïï y«(*ou toû opvi'ou xexXyjfjL^voi, XIX, 9. Il est possible que la parole de Jésus à l'ange de TÉglise de Thyatire, II, 24, où pâXXo) If' uixa; àXXa potpo;, ait été inspirée par ces mots du décret apostolique, Act. XV, 28, ISoÇev Y«p TO) TTveufjLaxi tw àyico xal ïi|/.îv (ji.r,S£v TrXéov imxiôeffOai ufxTv potpoç. 11 est difficile de dire si l'auteur de lApocalypse a connu les épîlres pauliniennes ; cependant, quelques-unes de ses expressions rappellcnl celles de l'épîtrc aux Colossicns : ÔTtpioTo'Toxoç twv vexpwv, Ap. I . 5 =::r7rptoTo'xoxO(;éx Twvvexpôiv, Col. I, 18; ^ àpx,^ "tr^ XTi'ffeco; xoïBeoîi, Ap. 111, 14 = TrptoTOTOXo; Tiaffriç XTiffewç, (^ol. 1, 15. Au chapitre XXI, 4, 5, l'Apocalypse reproduit une idée que nous retrouvons dans la II* épîtreaux Corinthiens.

Ap. XXI, -1, 5 : 8ti xà itpôSTa à7t>5).Oav. Kal eliT«v 6 xaOf||xcvo; énl T(ii 0p6v(p- 'ISoù xatvà nwû TtàvTa.

H Cor. V, 17 : Et Ti;iv Xpi(TT({), xaivi^ xTt'ai;- ta appâta napyjXOev, ISoÙY^Yo^ïv xatvâ.

Mais 1(! tc.\le de l'Apocalypse paraît emprunté pltilôl à Isaïc, XLllI, 18 : *ISoù i^M Tcoiôixaivd.

(Conclurons-nous do ces très nombreux ra])purts entre les saintes licritures, Ilénoch et rApocalyj)so, que

ce dernier livre est simplement une compilation des premiers et que, lorsque nous ne retrouvons pas la source d'une idée ou d'un développement, c'est que nous ne possédons plus l'écrit qui les a inspirés? Ce serait méconnaître la méthode de composition de l'auteur de l'Apocalypse. Il poursuivait un but et il l'a atteint en s'inspirant des événements de son temps, et en exprimant et en développant ses idées à l'aide des idées et des symboles apocalyptiques traditionnels, oraux ou déjà écrits. Son livre n'est pas cependant une mosaïque ; l'auteur ne coud pas ensemble des passages des écrivains antérieurs, mais il exprime ses idées par des mots ou des phrases de l'Ancien Testament ou d'autres écrits, que sa mémoire a conservés. Il travaille avec indépendance ; s'il emploie des termes consacrés, l'ensemble lui appartient en propre. Ainsi, : le portrait du Christ glorifié rappelle des traits empruntés à Ézéchiel et à Daniel, mais l'idée fondamentale de la glorification du Christ est originale. Dans la description de la cour céleste on discernera des traits, des expressions qui viennent d'Isaïe, d'Ézéchiel, de Daniel, de Zacharie, mais ils sont fondus dans un tableau qui est bien de la facture de l'auteur. Il en est ainsi tout le long du livre. Faut-il faire une exception pour quelques parties, pour le chapitre XI, par exemple? Nous ne le pensons pas. 11 semble bien que l'auteur insère ici une pièce préexistante, mais nous ne pouvons dire dans quelle mesure il s'en est inspiré. Il est probable qu'il a dû employer cet écrit de la même façon que les écrits que nous connaissons. Rien ne

nous oblige à croire qu'il a changé de méthode. En outre, quels que soient les rapports que l'on puisse signaler entre l'Apocalypse et les écrits juifs contemporains, on pourra toujours penser que les uns et les autres ont puisé à la même source, c'est-à-dire à la tradition apocalyptique, déjà écrite en partie dans l'Ancien Testament, mais qui contenait encore des images et des symboles qui ne virent le jour que plus tard. Les apocalypses subséquentes en senties preuves. Nous allons voir si l'on est obligé d'admettre que l'auteur s'est servi de documents antérieurs pour composer son livre.

§ 8. — La composition de l'Apocalypse.

L'attention des critiques s'est portée de nos jours sur le problème de la composition de l'Apocalypse. De sa solution dépend l'interprétation que l'on donnera de l'écrit dans ses détails ou môme dans son entier. Le problème posé est celui-ci : L'Apocalypse a-t-elle été composée à l'aide de documents antérieurs, ou estelle une œuvre d'un seul jet? En d'autres termes, estelle une compilation de documents ou bien est-ce une œuvre une ?

1" Hypothèse des documents. Les critiques modernes, en majorité, s'accordent à distinguer dans l'Apocalypse i)lusi('urs documents; ils se divisent sur leur nombre (!t sur la façon dont l'auteur les a employés. Ils ont été conduits ù supposer l'emploi de documents antérieurs par la dilhculté d'expliquer l'enchaînement^

de certaines parties, ou même leur raison d'être à la place où ils se trouvent, et, enfin par des répétitions, qui paraissent inutiles. Ainsi, après III, 22; VII, 17- IX, 21; XI, 19; XIII, 18 ; XIV, 20; XVI, 21,' il sembla qu'il y a solution de continuité entre ce qui précède et ce qui suit ; on dirait que l'auteur passe d'un document à un autre. Au chapitre XI, 2, la ville qui est mesurée est la ville sainte; f 13, le dixième des habitants, au nombre de 7.000, périt ; ^ 8, le Seigneur y a été crucifié ; cette ville est donc Jérusalem. Mais, f 8, c'est la grande ville; elle est appelée Sodome et Egypte; c'est donc Rome. L'auteur s'est servi d'un document primitif se rapportant à Rome ou à Jérusalem. Si c'est à Rome, les f 2, 13, 8, sont une interpolation chrétienne; si c'est à Jérusalem, c'est le f 8* qui est interpolé.

En outre, nous voyons reparaître les mêmes idées, mais traitées àdes points de vue différents. Ainsi, VII, 1, les 144.000 élus sont tous choisis parmi les tribus d'Israël; puis XIV, 1-5, ces 144.000 seraient ceux qui ne se sont pas souillés avec les femmes ; chapitres XIII et XVII, la Bête, tout en conservant quelques caractères semblables, diffère sur plusieurs points. Le jugement dernier est décrit sous deux aspects qui n'ont rien de commun, XIV, 14 et XX, 11. Au chapitre I, 13, le prophète voit le Christ sous la forme d'un vieillard à cheveux blancs; puis, V, 6, sous la forme d'un agneau et, enfin, XIV, 14, sous la forme de quelqu'un comme d'un fils d'homme, ayant une couronne d'or sur la tête et une faucille dans la main. Il semble aussi que,

XI, 1 ss. ; XIII, 18 et XVII ss. supposent que l'Apocalypse a été écrite à des époques différentes.

Diverses hypothèses ont été émises pour expliquer ces anomalies ou résoudre ces difficultés. Déjà, au XVII* siècle, Hugo Grotius * mettait en doute l'unité de l'Apocalypse ; d'après lui, elle serait l'œuvre de l'apôtre Jean, mais elle contiendrait dix parties différentes, écrites à divers intervalles. Hammond, Vogel, Schleiermacher, Bleek, Schwegler ont cru aussi que toutes les parties de l'Apocalypse n'avaient pas été écrites à la même époque. En 1882, Weizsâcker ^ avait émis l'idée que Tauteur de l'Apocalypse avait utilisé librement des matériaux antérieurs. Vôlter a précisé cette hypothèse. Dans un premier travail', il avait distingué un écrit fondamental, datant de l'an 65, lequel avait subi trois ou quatre remaniements, dont le dernier aurait eu lieu vers 130-140, Il est revenu, en 1893, sur ce problème. L'Apocalypse primitive, écrite vers 62, aurait été augmentée dans des éditions successives en 68 et 70, puis sous le règne de Titus, de Domiticn. Une édition plus complète aurait été donnée au temps de Trajan et enfin l'Apocalypse actuelle aurait été complétée sous Adrien, vers 130. C'est dans celle-ci qu'auraient été placées les lettres d'envoi. Enfin, en 1904, VôIUt a exposé sos vues définitives. II distinguo une apocalypse de .Ican Marc et une seconde dé

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