In Jofian, t. I
G. Hist. eccl. VI, 2:;. Cf. Origk:<k, In Mat th., t. V. 1. Ep. 2(!, 4; de Bono patientiac, 24. S. EusÉDE, Hist. ceci. III, 28.
ans de fêtes nuptiales. » On pourrait traduire : « Mais Cérinthe, au moyen de révélations, comme celles qui ont été écrites par un grand apôtre. » Dans ce cas, Caïus affirmerait seulement que Cérinthe aurait imité l'Apocalypse pour donner de l'autorité à ses enseignements.
Le texte de Denys d'Alexandrie^ est plus explicite. Nous en citons les parties principales, car on y trouve présentées toutes les objections, que l'on peut faire contre l'authenticité johannique de l'Apocalypse. « Quelques-uns avant nous, dit Denys, ont entièrement rejeté le livre (l'Apocalypse de Jean) comme incompréhensible et illogique. Ils disent qu'il ne peut être l'ouvrage de Jean, ni d'aucun apôtre, ni d'un saint, ni de quelqu'un de l'Église, mais que Cérinthe plaça ce nom sur son livre pour lui donner de l'autorité. Pour moi, l'e ne m'aventurerai pas à rejeter le livre, car beaucoup de frères Font en estime... Je ne nierai pas que l'auteur s'appelait Jean, et que le livre est l'ouvrage d'un Jean...
« Je suis d'accord que c'est l'œuvre d'un homme saint et inspiré, mais je n'admettrai pas sans peine que c'était l'apôtre, le fils de Zébédée, le frère de Jacques, par qui l'évangile selon Jean a été écrit, ainsi que l'épître catholique. Car je juge par le caractère des deux et par la forme du langage et toute l'exécution du livre, que ce n'est pas le sien. Car, nulle part, l'évangéliste n'écrit son nom, ne se proclame lui-même.. ►
i. EusÈBE, Hist. eccl. VII, 2j.
ce que fait l'auteur de l'Apocalypse, qui se nomme plusieurs fois lui-même, et qui se désigne encore comme leur frère et leur compagnon dans la tribulation, qui est à Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus. Nous devons croire que celui qui a écrit ces choses s'appelait Jean, puisqu'il le dit, mais on ne voit pas qui il était. Il ne dit pas qu'il est, comme cela est répété souvent dans l'évangile, le disciple aimé du Seigneur, ni celui qui a reposé sa tête sur la poitrine de celui-ci, ni le frère de Jacques, ni le témoin auriculaire et oculaire du Seigneur...
« Je crois donc qu'il y en a eu plusieurs du même nom que l'apôtre Jean; je pense donc qu'il y a eu quelqu'un d'autre de ce nom en Asie. On dit qu'il y a eu deux tombeaux en Asie portant le nom de Jean... D'après les idées, les mots et leur arrangement, on peut conjecturer que Tun (l'évangile) est différent de l'autre (l'Apocalypse). L'évangile et l'épître ont un grand nombre d'expressions qui leur sont particulières et communes; l'Apocalypse n'a pas même une syllabe en commun avec ceux-là. Le style de l'évangile et de l'épître diffère de celui de l'Apocalypse. Les premiers ont été écrits dans un grec pur et élégant ; on n'y trouve ni barbarisme, ni solécisme, ni vulgarisme. La langue, du second, au contraire, n'est pas d'une bonne grécité; on y rencontre des vulgarismes, des barbarismes et même des solécismes. Je relève tout cela pour faire ressortir les différences entre ces écrits. »
De ce témoignage de Denys il résulte que, de son temps, il y avait controverse sur l'origine de l'Apoca-
lypse. Ce n'est pas en s'appuyant sur la tradition qu'il en rejette l'authenticité johannique, mais pour des raisons d'ordre interne. Quelle est la valeur de ces arguments? Nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser de la langue du IV" évangile et de celle de l'Apocalypse, comparées l'une à l'autre. Denys exagère les différences et méconnaît les ressemblances. Quant à la différence de présentation entre l'auteur du IV*^ évangile et celui de l'Apocalypse, elle est réelle, mais le Jean de l'Apocalypse, frère et compagnon des chrétiens d'Asie, peut être aussi le disciple bien-aimé. Dans l'évangile et l'épître il rapporte, dit-il, ce qu'il a vu et entendu, Jésus et ses enseignements; dans l'Apocalypse il se présente aussi comme un témoin qui a vu et entendu, qui décrit ses visions et répète ce qu'il a entendu. Du fait qu'il y a eu deux Jean à Ephèse il ne s'ensuit pas que le Jean qui a écrit l'Apocalypse, n'est pas Jean l'apôtre.
Il semble bien que cette opinion de Denys d'Alexandrie se soit répandue dans l'Église d'Orient, car nous ne trouvons pas l'Apocalypse mentionnée parmi les écrits canoniques par Cyrille de Jérusalem, par Grégoire de Nazianze. Jean Chrysostomc et Théodore ne s'en sont pas servis. Ampliiloque' dit que quelquesuns reçoivent l'Apocalypse de Jean; la plupart affirment qu'elle est apocryphe. Enfin, saint Jérôme affirme que les églises des Grecs ne reçoivent pas l'Apocalypse. D'autre part, Athanase. Didyme d'Alexandrie,
i.AdSeleuc, 316.