I. TÉ.MOIGNAGES DES PREMIERS ECRIVAINS CHRETIENS
SUR l'origine du IV« ÉVANGILE.
Nous possédons sur le lY'^ évangile deux séries de
1. Cameulynck, Dequarti evangelii aiictore dissertatio, Lovanii, 18ÎI9; lîrugis, 1900. — Calmes, EvanfjHe selon saint Jean. Paris. 190i. — Godet, Introduction historique et critique sur l'Ev. selon saint Jean, Neuchatel, s. d. — S.^^■DAY. Criticism of the fourt/i Gospel, Oxford, 1905.— l.fiisY, Le quatrième Évangile, Paris, i;t03. — Drimmoni», The characler and authorshijj of the fourth Gospel, London, 1003, — Lei'ix, L'origine du quatrième Évangile, Paris, 1907.
témoignages : en première ligne nous placerons ceux qui nous renseignent nettement sur l'origine de l'écrit et en seconde ceux qui nous montrent que cet évangile a été connu et cité dès le commencement du ii^ siècle. La deuxième partie doit être traitée en premier Heu parce que ces traces que nous trouvons du IV»^ évangile dans les écrivains chrétiens nous apprendront l'existence et la diffusion de cet écrit, l'estime dans laquelle il était tenu, et nous préparerons à comprendre les témoignages des écrivains qui en affirment l'origine johannique.
1° Ti-aces du IV^ éçangile dans les écrits du IP siècle. Si nous acceptions toutes les ressemblances que Hesch^ a relevées entre le IV^ évangile et les écrivains des trois premiers siècles, l'évangile aurait laissé des traces nombreuses dans la littérature chrétienne primitive ; mais il y a lieu d'y regarder de près et de iixer exactement les degrés de ressemblance. Constatons, en passant, que les ressemblances qu'on a prétendu instituer entre IV Esdi-as, V, 18, et Jn. X, 12; IV Esd. XVI, 39 et Jn. XVI, 21, sont illusoires.
Examinons d'abord la Doctrine des douze apôtres. On ne peut y relever aucune citation textuelle du IV* évangile, mais il existe entre les deux écrits des ressemblances d'expressions et de pensées trop nombreuses pour qu'il n'y ait pas un rapport entre eux. Mais quel est-il? Les points de contact sont très marqués entre les prières eucharistiques de la Didachè, IX, X, et la prière de Notre-Seigneur, la veille de sa mort, pendant et après le repas qu'il prit avec ses