Lepin, L'origine du IV* évangile, p. 411 et ss
D'après Réville ' , Tauteur a composé son évangile avec un art consommé ; il a suivi avec rigueur un plan dialectique, sans se laisser entraîner à aucun horsd'œuvre. Les diverses manifestations de Jésus après la résurrection y suivent une progression caractéristique. Or, la nouvelle apparition de Jésus sur la mer de Tibériade détruit complètement le schématisme du récit; et cela, parce que l'auteur a laissé de côté dans les vingt premiers chapitres un ordre de traditions, parmi lesquelles étaient mentionnées des apparitions en Galilée. L'argument repose donc sur ce fait que le plan du IV*^ évangile est rompu, si l'écrivain raconte les apparitions de Jésus en Galilée, On se demande pourquoi ; parce que, dit Réville, pour l'auteur du IV^ évangile, les apparitions de Jésus ont lieu à Jérusalem. C'est là une affirmation, mais non une preuve.
Loisy est disposé à croire que ce chapitre n'est pas du même auteur que le reste du IV'' évangile, parce que le symbolisme y est moins accentué 2. Il nous semble cependant que Loisy, dans son commentaire, y a relevé suffisamment de traits symboliques pour que son observation soit sans portée. D'ailleurs, ajoutet-il, la notice concernant le disciple bien-aimé fait entendre qu'il était déjà mort, dans le temps où cette notice fut rédigée. Cet argument n'a aucune valeur pour les critiques, qui nient que le disciple bien-aimé soit l'auteur du IV*^ évangile. Et pour ceux qui admettent que le disciple bien-aimé est Jean l'apôtre et l'au-