‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 82 sur 137 · EusÈBE, Hist. eccl. III · texte numérisé non relu

EusÈBE, Hist. eccl. III

III. Le chapitre XXI^. Nous devons examiner séparément XXI, 1-23 et XXI, 24, 25. Ce chapitre XXP, tout entier, se trouve dans tous les manuscrits, dans toutes les versions et a été accepté des écrivains ecclésiastiques comme faisant partie du IV^ évangile; toute la tradition chrétienne le tenait donc pour canonique et authentique. La question est d'établir son rapport avec le reste de l'évangile, c'est-à-dire de savoir s'il est un appendice de l'évangile et s'il est johannique.

1. XXI, 1-23. Il semble que la conclusion de l'évangile est à la fin du chapitre XX, 30, 31 : « Jésus a bien fait en présence des disciples beaucoup d'autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceci a été écrit pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, en croyant, vous ayez la vie en son nom » . Le chapitre XXP débute par ces mots : après cela, destiné à former suture, mais ne raccordant pas en réalité ce qui suit à ce qui précède. On en a conclu, les uns, que ce chapitre XXI" n'était pas du même auteur que le reste de l'évangile ; les autres, qu'il était du même auteur, mais qu'il avait été écrit après coup, et serait une sorte d'appendice. Voici les preuves sur lesquelles s'appuient ces hypothèses.

On trouve dans ce chapitre XXP un certain nombre de mots : T^ptoiaç Yi^°i^''^^i'> irpoctpaYtov, iTrsvouTriç, upoêi- Tiov, ToX[i.dc«), qui ne sont pas johanniques. Schmiedel ', a fait remarquer qu'il y a des divergences de phraséologie entre le corps de l'évangile et le chapi-

i. Encycl. bibl., art. Jo/i», col. 2.343. London, 1901.

tre XXP : uTtaYeiv est employé avec linfinitif ; on a ep^e- (j6ai ffûv au lieu de àxoÀou6eiv; jrpota au lieu de Ttpwi; iraiSia au lieu de Texvtw; layosiv pour Suvadôai; l^exàÇeiv, EyspÔEii;, cpépetv au lieu de Ipwxav, àvasTaç, àyeiv.

Cet argument philologique est peu concluant, car on relève plusieurs mots ou expressions : cpavepoîîv lau-

tÔv, O^j/olpiOV, àfJLYjV «(XT^V, TTOtXlV OEUTEpOV, oOv, partiCUlc dC

liaison, w; oôv, ore ouv, etc., qui sont strictement johanniques. Chapitre XII, 33 et XXI, 19, on trouve une phrase identique : touto Se eXéyev (eÎTtsv} (j7)[Aatva)v ttoi'w ôavàTO),oudes tournures semblables : XXI, 11, xal xoToûrcav ovTcov oùx effj^iffÔY) To SîxTuov = XII, 37, Tosaura Se aàxoZ at\\iii«. TtcTroiYixoToç. .. oùx eTcîaTsuov, où le génitif absolu est combiné avec le même pronom suivi d'une proposition négative. Les rares étira; À£YO|jLeva que l'on relève étaient nécessités par le sujet traité ; les différences d'expressions entre le XXP chapitre et le corps de l'évangile s'expliquent par le contexte'. On pourra, il est vrai, faire remarquer que l'auteur était un disciple de Jean, habitué au langage de son maître, ou un écrivain qui a voulu imiter le langage du IV'' évangile, mais ce procédé n'est pas habituel à cette époque.

Qu'ensuite Jacques et Jean soient mentionnés ici seulement et sous cette forme inusitée : oî xoîi ZsêeSaiou, cela indiquerait que l'auteur, qui n"a pas voulu nommer Jean dans l'évangile, obligé de le faire ici, l'a dissimulé sous cette expression assez indéfinie. Ceci est une indication, mais rien de plus.

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