‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 4)Chapitre 10 sur 82 · Uebcr den Zweck der Apoalelgesc/i,, Bern · texte numérisé non relu

Uebcr den Zweck der Apoalelgesc/i,, Bern

un fidèle observateur de la Loi. En un mot, l'universalismc paulinien a été, dès l'origine, prêché par Pierre et accepté par l'église de Jérusalem. L'écrivain s'est donc efforcé de placer Pierre et Paul sur le même pied et de les mettre en parallèle. Nous reviendrons sur les détails de cette hypothèse. Remarquons qu'elle n'est pas de soi opposée à la valeur historique du récit, bien que ses tenants ordinaires, Baur, Zeller, s'en servent pour dénier aux Actes tout caractère historique. Les critiques subséquents ne nient pas qu'il y ait eu chez Luc une tendance à concilier les partis; pétrinien et paulinien, mais ils pensent qu'en suivant cette tendance, l'auteur s'est placé au point de vue de son temps.

Pour Reuss* le livre des Actes est un ouvrage de théologie, didactique pour le fond, apologétique et polémique pour la forme ; Luc rassemble tous les faits propres à mettre en évidence l'accord des chefs sur la question qui divisait les communautés chrétiennes, à savoir l'universalité du salut et l'admissibilité des païens incirconcis dans l'Église chrétienne. Dès l'ori gine. quelques-uns de ceux-ci furent convertis et on se demanda à quelle condition il fallait les admettre. Il y eut un compromis dont les règles posées au concile de Jérusalem furent l'expression. L'auteur, étant historien, a présenté sa thèse sous forme de récits et l'a personnifiée en deux hommes, Pierre et Paul, qui représentent les deux tendances, l'esprit des premières

1. Histoire de la théologie aitostoUquc, Strasbourg, 1864, t. II, p. 3i9. — La Bible, Actes des Apôtres, Paris, 1876, p. 11.

communautés et celui des communautés issues du paganisme. De l'histoire de ces deux personnages il ressort que ces deux tendances, divergentes mais non opposées, s'unissent dans les mêmes résolutions. Les deux chefs sont mis sur le même pied et Paul est apôtre au même titre que Pierre.

D'après Renan, Luc a écrit l'histoire sur un ton d'apologiste à toute outrance, il veut prouver que des deux côtés on a observé les lois de la charité. « Trop loyal pour condamner son maître Paul, trop orthodoxe pour ne pas se ranger à l'opinion officielle qui prévalait, il effaça les différences de doctrines pour laisser voir seulement le but commun, que tous ces grands fondateurs poursuivirent, en effet, par des voies si opposées et à travers de si énergiques rivalités... La fidélité historique est pour lui chose indifférente; l'édification est tout ce qui importe * . »

Aberle^ a essayé de prouver que les Actes étaient la plaidoirie que Luc avait présentée en faveur de Paul, accusé devant le tribunal de Néron. Ainsi qu'il ressort des Actes, XXIV, 5, Paul était accusé de trois crimes : il excite des séditions parmi tous les Juifs; dans le monde entier, il est le chef de la secte des Nazaréens ; il a essayé do profaner le temple de Jérusalem. Ce dernier grief devait laisser très froid un Romain, mais les deux premiers étaient graves. J^uc s'attache donc à prouver que l'apôtre, citoyen romain,

i. Les Apôtres, ]y. xxiii, Paris, li6ù.

2. i'eOer den Zwvck der Apostelgeach., p. 173-436, Tïibingen Quartalschrifi, 185S.

a été bien traité par les magistrats romains, que les séditions dont il a été l'objet ont eu les Juifs pour fauteurs et qu'il a été seulement le propagateur de la foi dont Jésus-Christ est la source et le chef. La religion chrétienne n'est donc en aucune façon un danger pour l'empire.

D'après Pfleiderer', Luc aurait' écrit son livre pour défendre le christianisme contre le judaïsme et le paganisme. J. Weiss^ modifie un peu le point de vue : les Actes des Apôtres sont une apologie de la religion chrétienne devant les païens contre les accusations des Juifs ; elle montre comment il est arrivé que le judaïsme a été remplacé dans sa mission à travers le monde par le christianisme. Luc n'a pas d'animosité contre le judéo-christianisme; ce qu'il veut établir c'est la séparation du christianisme d'avec le judaïsme. Son point de vue est plutôt celui des écrits des apologistes que celui des épîtres pauliniennes.

Cornely^ croit, avec raison, que ce point de vue est trop restreint et n'explique pas la présence dans les Actes d'un grand nombre de faits, en particulier de ceux qui sont racontés aux onze premiers cnapitres. 11 admet cependant que le but de Luc a été apologétique, mais son apologie s'adresse non seulement à ceux de la maison de César, mais à toute la communauté chrétienne de Rome auprès de laquelle Paul avait été calomnié.

i. Bas Urchristentum, Berlin, 190i.

2. Ueber die Absicht und den Uterarischen Charakler der Ai/ostelgesch., p. 56, Gôttingen, 1897.

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