‹ Histoire des livres du Nouveau Testament (volume 4)Chapitre 23 sur 82 · I. — RÉCITS DES ACTES · texte numérisé non relu

I. — RÉCITS DES ACTES

1° Af'giiments qui établissent la valeur histo7'ique des récits. — Pour établir qu'un livre contient des faits historiques, c'est-à-dire des faits arrivés tels qu'ils sont racontés, il faut comparer les récits de ce livre avec ceux d'autres livres relatant les mêmes événements ; il faut confronter les données de ce livre avec tous les documents monumentaux de la même époque. Les livres ou les documents servant de termes de comparaison devront être authentiques, et on en aura déterminé le degré de valeur historique. On ne devra pas déclarer non historique un fait raconté par exemple dans les Actes, sous prétexte qu'il est en contradiction avec des faits racontés par Josèphe ou d'autres historiens. Avant de porter un jugement, on doit examiner avec soin quel est celui des deux récits qui est le plus conforme à l'ensemble des données historiques. En matière d'histoire, la valeur d'un témoignage isolé est proportionnelle à l'autorité do l'historien qui le transmet, et à sa concordance avec les faits contemporains. Nous devrions donc, tout d'abord, avant d'exposer

notre thèse, faire l'histoire du i" siècle, et établir l'autorité des documents divers qui nous rapportent les événements de ce temps-là. Cet exposé nous entraînerait trop loin ; nous supposerons donc nos lecteurs instruits de ces questions, et nous nous contenterons de signaler les faits, lorsqu'il sera nécessaire.

Les documents écrits ou monumentaux qui nous permettent de constater la valeur historique des Actes ne sont pas très nombreux; il est môme certains faits qui n'ont d'autre témoignage que les Actes eux-mêmes et la tradition de l'Eglise. Sur la valeur de la tradition ecclésiastique, comme garant historique des Actes, il y aurait à se demander, à propos de chaque fait, si elle s'est établie en dehors du récit des Actes, ou bien si elle s'appuie sur le récit des Actes, Pour les faits où il sera démontré qu'elle est indépendante des Actes, son témoignage devra être accepté comme original; mais pour les faits mêmes où elle dérive des Actes. Ile a encore une valeur de confirmation, puisque les contemporains ont accepté et transmis comme vrais les faits racontés dans les Actes. Nous n'avons pas à prouver la valeur historique des Actes par la tradition I eclésiastique; c'est un fait acquis. Il suffira de citer I ce sujet le témoignage de saint Irénée* : Est consonans et velut eadem, tam Pauli annuntiatio quam et Lucae de Apostolis testificatio. Mais, en dehors de ces faits, dont les Actes et la tradition ecclésiastique sont les seuls garants, il en est un certain nombre

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