Histoire des livres du Nouveau Testament
D'après Tétymologie, euaY^éXiov, de «3 et àfyikXtay signifie bonne nouvelle. Dans le grec profane, d'Homère à Plutarque, ce terme reçoit diverses significations : récompense pour une bonne nouvelle, et, d'ordinaire alors au pluriel, euaYYeXia, sacrifice pour une bonne nouvelle, dans Isocrate, Xénophon, Aristophane, Eschine. Dans le grec post-classique, au singulier chez Lucien, au pluriel chez Plutarque, il reprend la signification étymologique de : bonne nouvelle. Dans les Septante, il est employé au pluriel au sens de récompense pour une bonne nouvelle, II Rois, IV, 10; dans deux autres passages, II Rois, XVIII, 22, 25,
i. Nous emploierons les aigles consacrés : Mt, Mo, Le, pour désigner les évangiles de saint Mattliieu, de saint Marc, de saint Luc, toutes les fois qu'il ne sera pas question des évangélistes eux-mêmes. Personne ne croira qu*en agissant ainsi, nous avoub manqué de respect envers les auteurs de nos évangiles.
NOUTIAU TESTAMENT. — II. 1
2 HISTOIRB DBS LIVRES DU NOUVEAU TESTAMENT.
il signifie bonne nouvelle, mais il est probable que nous avons là, comme II Rois, XVIII, 20, 27 et IV Rois, VII, 9, la fonne féminine post-classique : euaYye^ia» bonne nouvelle.
Dans le Nouveau Testament, le terme euayYeXiov, toujours au neutre singulier, est fréquemment employé par saint Paul : 58 fois ; il se trouve 4 fois dans saint Matthieu ; 8 fois dans saint Marc ; jamais dans saint Luc ; 2 fois dans les Actes ; 1 fois dans la première épître de saint Pierre; et 1 fois dans l'Apocalypse. La signification est toujours, au fond, bonne nouvelle, mais il y a des nuances de sens, suivant les mots qui accompagnent ce terme, ou suivant qu'il est seul.
1® ExKUfflkioyf, avec un qualificatif, signifie bonne nouvelle touchant telle personne ou telle chose, Me I, 1 : 'Apx^i Toîi euaYY«X(ou 'Iifi<rou Xpiorrou, bonne nouvelle concernant Jésus-Christ; c'est le génitif de l'objet. Ce sens est confirmé par saint Paul : Rom. I, 2, 3, eîç eù«YY«Xwv ôeou... icepl tou utoîî. Très souvent, saint Paul Se sert de l'expression eùaYT^^wv xoî» Xpurrou, Rom. XV, 19; II Cor. Il, 12, etc. La signification est la même dans les expressions : to cuaY^^wv tîîç paeri- Xeiaç, Mt IV, 23; euaYyé^iov t^ç awtripfaç ôfjLcav, Eph. I, 13; TÎi« eîpTQVYjç, Eph. VI, 15; ttj; SoÏyjç tou [AaxapCou 6eou, I Tim. I, 11 ; TTi? Sojyjç tou Xpiertou, II Cor, IV, 4.
2^ Le génitif indique quelquefois aussi l'origine do rEùaYY«^iov : Me I, 14; Rom. I, 1, eùaYysOaov ôeou, Évangile venant de Dieu. Peut-être même a-t-il le même sens dans l'expression : iiiayfikio^ 'Ir.aou Xpioroïï, Me I, 1. Il n'est pas toujours facile de distinguer dans les textes s'il s'agit de l'Évangile venant de Jésus- Christ ou concernant Jésus-Christ; peut-être peut-on admettre les deux sens conjointement.
3** E\Kxy^ikioyfj employé seul, a un sens plus large ; il signifie la doctrine, les enseignements de Jésus-Christ,