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Comparaison générale des récits synoptiques de la passion.
Nous avons déjà constaté que, dans les récits de la passion, Le suit une source assez différente de celle qu'utilisent Me Mt. Ceux-ci, tout en étant proches l'un de l'autre, le sont- pourtant moins que daps les récits précédents. Me est moins complet pour les faits que Mt et on retrouve assez rarement ces traits pittoresques, ces additions de détail, que l'on relève chez lui dans les récits précédents. Il semble difficile de croire qu'il soit ici la source de Mt. Nous croirions plutôt que Me Mt reproduisent, indépendamment l'un de l'autre, la partie de la catéchèse orale, qui racontait la passion, partie qui a probablement existé tout d'abord isolément. Ils reproduisent ces récits à des états littéraires différents. Le, de son côté, a agi de même, mais sa source était encore plus différenciée de celles des deux autres, que celles-ci ne l'étaient entre elles. Voici la preuve de ces propositions.
I. Faits particuliers à chaque é^angéliste, 1® Matthieu a seul les parties suivantes : 1, La question de Judas : Est-ce moi? et la réponse de Jésus, XXVI, 25. 2, L'ordre de Jésus de remettre l'épée au fourreau et les paroles qui suivent sur les dou?e légions d'anges,
XXVI, 51-54. 3, Désespoir et suicide de Judas, XXVII, 3-10. 4, Intervention de la femme de Pilate en faveur . de Jésus, XXVII, 19. 5, Pilate se lave les mains,
XXVII, 24. 6, Résurrection des corps des saints et leur apparition à Jérusalem, XXIII, 52,53. 7, La garde mise au tombeau par les princes des prêtres et les pharisiens, XXVII, 62-66. 8, Le matin de la résurrection, tremblement de terre et descente du ciel d'un ange qui roule la pierre du tombeau, effroi des gardes, XXVIII, 2-4. 9, Apparition de Jésus aux femmes, allant annon-
cer la résurrection aux disciples, XXVIII, 9-10. 10, Les princes des prêtres donnent de l'argent aux soldats pour qu'ils disent que le corps de Jésus a été, enlevé par ses disciples, XXVIII, 11-15. 11, Apparition aux disciples en Galilée, XXVIII, 16-20.
2° Marc a seul les parties suivantes : 1, L'épisode du jeune homme arrêté et qui s'enfuit tout nu, XIV, 51,52. 2, Mention de l'heure du crucifiement, XV, 25. 3, Interrogatoire du centurion par Pilate pour savoir si Jésus était déjà mort, XV, 44,45. 4, Inquiétude des femmes au sujet de la pierre du tombeau, XVI, 3. 5, Apparition de Jésus à Marie la Magdaléenne, XVI, 9.
3** Luc a seul les parties suivantes : 1, La mention d'une première coupe distribuée aux disciples avant la bénédiction du pain, XXII, 17,18. 2, Discussion des disciples sur la prééminence, XXII, 24-30. 3, Les paroles du Seigneur à Pierre et la protestation de dévouement de celui-ci, XXII, 31-34. 4, Le rappel que Jésus fait de la mission des apôtres et les instructions nouvelles qu'il donne à ce sujet; le passage sur les épées, XXII, 35-38. 5, L'apparition de l'ange qui, à Gethsémani, fortifie Jésus, et la sueur de sang, XXII, 43,44. 6, La guérison du serviteur du grand-prêtre, dont l'oreille avait été coupée, XXII, 51. 7, Réunion du sanhédrin le matin, XXII, 66-71. 8, Les accusations des Juifs contre Jésus devant Pilate, XXIII, 2-5. 9, Jésus au tribunal d'Hérode, déclaration de l'innocence de Jésus par Pilate, XXIII, 6; 16-22. 10, Lamentation de la multitude qui suit Jésus. Paroles de Jésus aux femmes de Jérusalem. Mention des deux voleurs qu'on conduisait au supplice avec Jésus, XXIII, 27-32. 11, Prière de Jésus pour ses bourreaux, XXIII, 34. 12, Insultes des soldats à Jésus, XXIII, 36,37. 13, Insultes du mauvais larron; repentir et prière du bon larron, XXIII, 39-43. 14, Jésus remet son âme à son Père,
XXIII, 46. 15, Repentir de la foule à la mort de Jésus, XXIII, 48. 16, Les femmes préparent des aromates le soir du crucifiement, XXIII, 56. 17, Rappel de la prédiction de Jésus sur les souffrances et la résurrection du Fils de Thomme, XXIV, 7. 18, Les femmes annoncent la résurrection aux disciples qui n'y croient pas. Pierre au tombeau vide, XXIV, 9-12. 19, Apparition de Jésus à Pierre, XXIV, 34 et aux disciples, allant à Emmaûs, XXIV, 13-35. 20, Apparition de Jésus aux disciples rassemblés à Jérusalem, XXIV, 36-49. Ces deux apparitions sont résumées dans l'appendice de Me, XVI, 12-14.
II. Faits communs à deux é^angélistes seulement et étrangers au troisième, i^ Me Mt ont ensemble les parties suivantes : 1, La sortie de Jésus et de ses disciples en route pour la montagne des Oliviers, la prédiction par le Seigneur du scandale que sa mort va causer à ses disciples, de son retour en Galilée après sa résurrection et la protestation de Pierre, Me XIV, 26-29; Mt XXVI, 30-33. 2, La promesse de dévouement de tous les apôtres. Me XIV, 31 ; Mt XXVI, 35. 3, Au jardin de Gethsémani Jésus prend à part Pierre, Jacques et Jean et c'est avec eux qu'a lieu la prière et l'agonie de Jésus. Celui-ci s'éloigne trois fois de ses compagnons et dans Mt répète deux fois sa prière ;. Mon Père ; chez Le Jésus s'éloigne des apôtres et prie une fois, Me XIV, 33-41; Mt XXVI, 37-45; Le XXII, 41-46. 4, La mention du baiser donné par Judas comme signe de reconnaissance de Jésus, Me XIV, 44; Mt XXVI, 48. 5, La fuite de tous les disciples qui aban* donnèrent Jésus après son arrestation. Me XIV, 50 ; Mt XXVI, 56. 6, Réunion du sanhédrin chez Caïphe pendant la nuit, Me XIV, 53-64; MtXXVI, 57-66. 7, Pierre interrogé par deux servantes et par des assistants renie Jésus, Me XIV, 66-70; Mt XXVI, 69-73; d'après Le
il est interrogé par une servante et par deux hommes, XXII, 56-59. 8, Le silence de Jésus devant Pilate, Me XV, 4, 5 ; Mt XXVII, 13, 14. 9, Jésus est insulté par les soldats et couronné d'épines. Me XV, 16-20 ; Mt XXVII, 27-31. 10, Présentation à Jésus en croix de vin mêlé de fiel, Mt XXVII, 34, de myrrhe, Me XV, 23. 11, Insultes des passants et des grands-prêtres à Jésus, Me XV, 29-32; Mt XXVII, 39-43. 12, Cri de Jésus à son père, méprise des assistants qui croient qu'il appelle Elie. On lui présente du vinaigre. Me XV, 34-36; Mt XXVII, 46-49. 13, Pierre roulée devant le sépulcre. Me XV, 46 ; Mt XXVII, 60.
2® Me Le ont ensemble les parties suivantes : 1, Plusieurs détails dans le récit de la préparation de la Pàque. Me XIV, 13, 15; Le XXII, 10-12. 2, Les femmes entrent dans le tombeau vide et y voient un jeune homme, Me XVI, 5 ; deux hommes. Le XXIV, 4. 3, Apparition de Jésus aux apôtres et aux disciples rassemblés à Jérusalem, Me XVI, 14; Le XXIV, 36.
3*^ Mt Le ont ensemble les parties suivantes : 1, Les paroles de Jésus à Judas qui vient de le baiser, Mt XXVI, 50; Le XXII, 48. 2, Les Juifs choisissent Barabbas, Mt XXVII, 21; Le XXII, 18.
III. Ordre des récits. Pour l'ordre des faits Me Mt yont toujours ensemble ; il n'en est pas de même de Le. Voici les transpositions les plus importantes : 1^ La parole du Seigneur, Le XXII, 18 : « Je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne » est avant les paroles de l'institution de l'eucharistie, tandis que dans Me XIV, 25 ; Mt XXVI, 29, elle est après. 2« La prédiction de la trahison de Judas, Le XXII. 21-23, est placée après l'institution de l'eucharistie, tandis que dans Me XIV, 18-21; Mt XXVI, 22-24, elle est avant. De même, dans Le XXII, 23 la demande des apôtres à Jésus pour savoir quel serait le traître suit les paroles
du Seigneur tandis que dans Me Mt elle les précède, Me XIV, 19; Mt XXVI, 22. 3« La prédiction du reniement de Pierre eut lieu avant le départ pour la montagne des Oliviers d'après Le XXII, 31-34; après ce départ d'après Me XIV, 29-31 ; Mt XXVI, 33-35. 4^ Le reniement de Pierre, le jugement devant le sanhédrin et les insultes des soldats ne sont pas dans le même ordre, dans Me XIV, 55-72; Mt XXVI, 59-75; Le
XXII, 56-71. Ordre de :
Le : Reniement, Insultes, Jugement.
Me Mt : Jugement, Insultes, Reniement.
Voici d'autres transpositions de moindre importance Le XXIII, 35-38 = Me XV, 26-32; Mt XXVII, 37-44 — Le XXIII, 36 = Me XV, 16-20; Mt XXVII, 27-31 — Le XXIII, 45 = Me XV, 37; Mt XXVII, 50— Le
XXIII, 50-54= Me XV, 42-46; Mt XXVII, 57 — Le XXIII, 56 = Me XVI, 1 — Le XXIV, 1-10 = Me XVI, 1-8; Mt XXVIII, 1-8.
En résumé, si Ton compare les rapports qui existent entre Le et Me dans les récits de la passion et dans ceux du ministère public de Jésus, on constate que, soit au point de vue des mots, soit à celui des faits Le, s'éloigne deux fois plus souvent de Me dans les premiers que dans les seconds et pour l'ordre des récits quatre fois plus. Il n'est donc pas pour ces récits de la passion dans la même position que pour ceux du ministère public. Il est probable qu'ici, ayant à relater des faits souvent prêches, Le s'est inspiré de la catéchèse orale, qui était d'usage courant chez les disciples de saint Paul. Ces récits de la passion ayant été souvent répétés ont subi de ce fait de plus nombreuses altérations que Its autres parties de l'évangile. Quant à Me Mt, ils reproduisent deux catéchèses très proches l'une de l'autre, mais cependant à un état littéraire différent, et celle qu'a utilisée Mt est plus complète.
2® Partie. Tradition commune a saint Luc et a SAINT Matthieu.
Évangile selon saint Luc.
Pour l'analyse de cette tradition, nous prenons Le pour base, parce que cet évangéliste semble avoir replacé plus souvent les enseignements du Seigneur dans leur cadre historique et avoir été moins systématique que Mt dans leur groupement. Nous insérons dans cette analyse les parties spéciales à Le, bien que nous ne les croyions pas issues de la tradition, commune à Le et à Mt ; nous ajoutons aussi les sections communes aux trois synoptiques afin de présenter un tableau complet de l'évangile de saint Luc.
Nous classons les matériaux en six parties :
1"® Section. La préface.
Le I, M.
Le explique pourquoi, comment et dans quel but il a composé son évangile.
2® Section. L'enfance de Jésus.
La naissance de Jean annoncée à son père Zacharie.
Le I, 5-25.
Zacharie et Elisabeth de la tribu d'Aaron sont avancés en âge et sans postérité. Un ange apparaît à Zacharie dans le sanctuaire et lui annonce que sa femme enfantera un fils, qu'il appellera Jean. Celui-ci sera grand devant le Seigneur et à sa voix beaucoup se convertiront. Zacharie incrédule est puni de mutisme. Sa femme devient enceinte.
Annonce de la naissance de Jésus à Marie.
Le I, 26-38.
L'ange Gabriel, envoyé à Nazareth, apparaît à Marie, qui est toute troublée du salut de Fange. Celui-ci lui annonce que par la puissance du Saint-Esprit elle concevra un fils à qui elle donnera le nom de Jésus et qui sera Fils de Dieu. Marie demande comment cela se fera; après Texplication de l'ange, Marie accepte avec humilité la volonté du Seigneur.
Dans Mt I, 18-25 la naissance de Jésus est annoncée à Joseph.
Visite de Marie à sa cousine Elisabeth.
Le I, 39^.
Marie va visiter sa cousine Elisabeth; celle-ci sent son enfant tressaillir dans son sein à la salutation de Marie. Elle déclare celle-ci bénie entre toutes les femmes. Marie chante les louanges du Seigneur. Trois mois après, elle revient chez elle.
Naissance de Jean-Baptiste et cantique de Zacharie«
Le I, 57-80.
Elisabeth enfante un fils. Au jour de sa circoncision, on veut l'appeler Zacharie, mais sa mère déclare qu'il s'appellera Jean. Son père consulté répond par écrit que tel sera son nom. Et à ce moment sa langue se délie et il bénit Dieu de l'avènement du salut messianique, de ce qu'il a visité et racheté son peuple. Il salue en son fils le précurseur de celui qui sera le soleil levant, lequel éclairera tous ceux qui sont assis dans les ténèbres de la mort. Jean croissait et se fortifiait en esprit et vivait
dans le désert, en attendant sa manifestation à Israël. Ces quatre récits, qui racontent les événements ayant précédé la naissance de Jésus, ont été rapportés par Le seul, dont le but était de présenter les événements dès l'origine. Ils proviennent d'une tradition particulière qui a dû probablement son origine au récit de Marie. A deux reprises, II, 19, 51, Le constate que celleci conservait tout ce qui s'était passé, le méditant dans son cœur.
Naissance de Jésus.
Le II, 1-20.
Le, qui était historien, précise la date de la naissance de Jésus : recensement de toute la terre ordonné par César- Auguste, exécuté au temps où Quirinius était gouverneur de Syrie; puis, il raconte les événements qui ont précédé et accompagné la naissance de Jésus ; voyage de Joseph et de Marie à Bethléem pour se faire inscrire dans la ville de leurs pères, naissance de Jésus dans' une crèche, chant des anges et adoration des bergers.
Mt II, 1, rapporte que Jésus naquit à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode.
Circoncision de Jésus et présentation au Temple.
Le II, 21-24.
A la circoncision, l'enfant est appelé Jésus. Il est conduit au temple pour être, selon la Loi, présenté au Seigneur.
Le vieillard Siméon et Anne la prophétesse.
Le II, 25-38.
Siméon, vieillard pieux, qui attendait la consolation
d'Israël, prend l'enfant entre ses bras et remercie Dieu de lui avoir fait voir le salut, qui sera la lumière des païens et la gloire d'Israël. Il prédit à Marie que Tenfant sera la pierre de touche pour beaucoup, et pour elle une cause de douleur.
La prophétesse Anne, veuve pieuse et assidue au temple, loue Dieu et parle de cet enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance d'Israël.
Marie et Joseph retournent en Galilée, à Nazareth leur ville, et l'enfant croissait et se fortifiait plein de la grâce de Dieu.
Mt a connu des événements qui s'étaient passés à Bethléem après la naissance de Jésus et qu'a ignorés Le : Visite et adoration des Mages à Bethléem, Mt II, 1-12; Fuite en Egypte, II, 13-15; Massacre des enfants à Bethléem et aux environs, II, 16-18; Retour de l'Egypte et établissement de Joseph, Marie et Jésus à Nazareth, II, 19-23.
De l'examen de ces récits il résulte que Le et Mt reproduisent deux traditions, qui se sont formées indépendamment l'une de l'autre. Elles s'accordent sur un seul fait : la naissance de Jésus à Bethléem, puis racontent des évéiiements qui, pour être différents, ne sont pas contradictoires. La seule difficulté est de mettre tous les faits en ordre. En résumé, Mt Le s'accordent sur les personnages principaux : Joseph, Marie, Jésus, sur la naissance surnaturelle de Jésus à Bethléem, sur son caractère de Messie, sur son séjour à Nazareth pendant son enfance. Matthieu rapporte seulement les faits qui établissaient en Jésus l'accomplissement des prophéties, tandis que Luc a agi en historien qui raconte tous les événements qu'il a connus.
210 HISTOIRE DES LIVRES DU NOUVEAU TESTAUfENT.
Voyage de Jésus à Jérusalem.
Le II, 40-52.
Jésus, âgé de douze ans, est conduit à Jérusalem par ses parents, pour les fêtes de Pâque. Il reste à Jérusalem, et ses parents ne s'aperçoivent de son absence que trois jours après. Ils le retrouvent dans le temple, écoutant et interrogeant les docteurs, émerveillés de ses réponses. Sur une observation de sa mère, Jésus lui répond qu'il devait être aux affaires de son Père. Il revient à Nazareth et il progresse en sagesse et en stature devant Dieu et devant les hommes.
3® Section. — Préparation du ministère public DE Jésus.
Le ministère de Jean-Baptiste.
Le m, 1-20; Mt m, 1-12; Me i, 1-8. V. p. 37.
Le débute en historien et donne la date des événements qu'il va raconter, puis il expose les faits en accord avec McMt. Seul avec Mt il rapporte l'objurgation de Jean aux pharisiens et aux sadducéens.
« Mais voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens venant à son baptême, Mt, il disait donc aux foules qui étaient sorties pour être baptisées par lui, Le : Race de çipères, qui çfous a appris à fuir la colère à çenir ? Faites donc de dignes fruits de pénitence et ne prétendez pas, Mt, ne commencez pas de, Le, dire en çous-mémes : Nous aidons Abraham pour père, car je cous dis que Dieu peut de ces pierres-là susciter des enfants à Abraham, Et déjà la hache est mise à la racine des arbres. Tout arbre donc qui ne produit pa^ de bons fruits est coupé et jeté au feu, »
Le seul reproduit ensuite les réponses et les enseî-
g^nements de Jean-Baptiste aux foules, aux péagers et aux soldats qui Tinterrogeaient. La suite est parallèle au récit de Me Mt .Dans cette péricope, Le a complété son récit à l'aide d'un recueil où étaient, croit-on, rassemblées des paroles du Seigneur ; son recueil parait plus complet que celui qu'a utilisé Mt.
Le baptême de Jésus.
Le III, 21,22; Mt m, 13-17; Me i, 9-11. V. p. 40.
Généalogie de Jésus.
Le III, 23-38; Mt 1,1-17.
Jésus avait environ trente ans quand il commença son ministère; il était, à ce que l'on croyait, fils de Joseph. Suit la généalogie de Jésus. Voir p. 261.
La tentation de Jésus dans le désert.
U IV, 1-12; Mt iv, Ml; Me i, 12-13.
Le Mt ont eu entre les mains un recueil que Me n'a pas connu; il n'était pas tout à fait le même, puisque l'ordre des tentations est interverti. Voir p. 42.
4« Section. — Ministère public de Jésus ex Galilée.
Gommencement du ministère de Jésus.
Le IV, 14, 15 ; Mt iv, 12-17; Me i, 14, 15. V. p. 44.
Visite à Nazareth.
Le IV, 16^; Mt xiii, 53-58; Me vi, 1-16-. V. p. 89.
Le ne suit pas ici l'ordre de Me Mt ; il place au commencement du ministère public de Jésus la visite à Nazareth, rapportée par Me Mt beaucoup plus tard,
après de nombreuses guérisons opérées à Capharnaûm et dans les environs, que suppose d'ailleurs ce récit dans Le IV, 23.
Jésus vient à Nazareth et, le samedi, il entre dans la synagogue et lit la prophétie d'Isaïe, qui annonçait le Messie. Il déclare que la prophétie est aujourd'hui accomplie. Admiration, puis incrédulité des auditeurs. Cette opposition ne surprend pas Jésus qui fait comprendre à ses compatriotes que la grâce qu'ils refusent serav accordée à d'autres. On veut le tuer, mais Jésus passe au milieu d'eux.
Retour à Capharnaûm; Guérisons diverses.
Lç IV, 3144 ; Mt viii, 14-17 ; Me i, 21-38. V. p. 47.
Jésus descend à Capharnaûm où il enseigne; il guérit un possédé, la belle-mère de Pierre, et d'autres malades. Il prêche dans les synagogues de la Galilée. Me raconte ces faits dans le même ordre.
Pêche miraculeuse et vocation des apôtres.
Le V, 1-11; Mtiv, 18-22; Me i, 16-20. V.p. 45.
Guérison d'un lépreux.
Le V, 12-16 ; Me i, 40-45; Mt viii, 14. V. p. 51.
Le suit maintenant l'ordre de Me jusqu'à VI, il, inclusivement.
Guérison d'un paral3rtique à Gapharnatini. -—Vocation de Lévi et festin dans sa maison. — La question du jeûne.
Le V, 17-39; Mcii, 18-22; Mt ix, 1-17. V. p. 52.
I«es épis arrachés un jour de sabbat, — Guérison de l'honune à la main sèche.
Le VI, 1-11; Me II, 23-III, 6; Mt xii, 1-14. V. p. 59.
Vocation des douze apôtres.
Le VI, 13-16; Me m, 13-19; Mt x, 1-4.
Le a interverti ici Tordre de Me ; il a placé la vocation des apôtres avant la mention des guérisons qu'opère Jésus. Voir p. 63.
Nombreuses guérisons de Jésus.
Le VI, 17-19; Me m, 7-12; Mt iv, 23, 24; xii, 15.
Une foule nombreuse de disciples et de gens venus de la Judée et des pays de Tyr et de Sidon étaient venus pour entendre Jésus et être guéris de leurs maladies. On cherchait à le toucher, car une puissance sortait de lui et les guérissait tous. Voir p. 62,
Discours dans une plaine.
Le VI, 20-vii, 1; Mt V, M2; v, 38-48, etc.
Ce discours du Seigneur, Itci totto» itcSivov, répond en partie à celui qui, d'après Mt, fut prononcé par Jésus, monté sur la montagne, V, 1.
« Et lui (Jésus) ayant levé les yeux sur ses disciples, il disait, Le ; et ayant ouvert sa bouche, il les enseignait en disant, Mt : Heureux vous. Le, les, ^t^ pauvres en esprit, Mt, parce que le royaume des cieux est à eux, Mt, de Dieu est à vous. Le. »
L'ordre des béatitudes est ensuite différent chez Le Mt.
Le, « Heureux vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez rassasiés.
Heureux vous qui pleurez maintenant, parce que vous nrez.
Mt V, 6, Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu*ils seront rassasiés.
V, 4, Heureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés.
V, 5, Heureux ceux qui sont doux, parce qu'ils hériteront la terre.
V, 7, Heureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde.
V, 8, Heureux ceux qui sont purs de cœur, parce qu'ils verront Dieu.
V, 9, Heureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés fils de Dieu.
V, 10, Heureux ceux qui sont persécutéspour la justice, parce que le royaume des cieux est à eux. Heureux êtes-vous lorsqu'on vous dira des injures et qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi.
Réjouissez- vous et tressaillez de joie parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. »
Vous serez heureux lorsque les hommes vous haïront et qu'ils vous excluront, qu'ils vous injurieront et qu'ils rejetteront votre nom comme mauvais à cause du Fils de l'homme.
Réjouissez -vous en ce jourlà et soyez dans l'allégresse, car voici que votre récompense est grande dans le ciel; car c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.
Le ajoute ensuite les malédictions de Jésus contre les riches, contre les rassasiés, contre ceux qui rient, contre ses disciples lorsque les hommes diront du bien d'eux. Le précepte d'aimer le prochain que donne ensuite Le est présenté différemment dans Mt.
Le, « Mais je vous dis à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous calomnient.
A celui qui te frappe sur une joue, présente-lui aussi l'autre.
Et si quelqu'un t'enlève ton
Mt V, 43, Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais moi je vous dis :
Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent.
V, 39, Mais moi je vous dis de ne pas résister aux méchants, mais à quiconque te frappe
manteau, ne l'empêche pas non plus de prendre ta tunique.
Donne à quiconque te demande et si Ton te prend ce qui est à toi ne réclame pas.
Ce que vous voulez que les hommes vous fassent, vous aussi, faites -le -leur pareillement.
Et si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? Car les pécheurs aiment aussi ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on?
Car les pécheurs font aussi cela. Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on?
Car les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille. Mais aimez vos ennemis et faites du bien et prêtez sans en rien espérer.
Et votre récompense sera grande.
Et vous serez les fils du Très- Haut, car il est bon envers les ingrats et les méchants.
Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Et ne jugez point et vous ne serez pas jugés. Ne condamnez point et vous ne serez point condamnés. Pardonnez et on vous
sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre.
Et à celui qui veut plaider contre toi et t'enlever ta tunique, laisse-lui aussi le manteau. Et quiconque te contraindra à faire un mille, fais-en deux avec lui.
Donne à celui qui te demande et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.
vn, 12, Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux.
V, 46, Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous? Est-ce que les publicains ne le font pas aussi? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens ne le font-ils pas aussi?
V, 45, Afin que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les bons et les méchants et il fait pleuvoir sur les justes et les injustes.
V, 48, Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait.
VII, 1, Ne jugez point afin que vous ne soyez point jugés.
pardonnera; donnez et on vous donnera; on vous donnera dans votre sein une bonne mesure, serrée, tassée, débordante, car de la mesure dont vous mesurez, il vous sera mesuré en retour.
Car du même jugement dont vous jugez vous serez jugés, et de la même mesure dont vous mesurez, il vous sera mesuré.
« Et il leur dit une parabole, Le ; Laissez-les : ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles, Mt XV, 14 ; un aveugle peut-il conduire un aveugle? Le. Si un aveugle conduit un aveugle, Mt, est-ce que, Le, tous deux ne tomberont pas dans un fossé ? Un disciple n'est pas au-dessus de son maître^ ni un serviteur au-dessus de son seigneur, Mt X, 24, mais tout disciple accompli sera. Le , il suffit au disciple d'être , Mt, comme son maître et au serviteur d'être comme son seigneur. S'ils ont nommé le maître de la maison Beelzeboul, combien plus les gens de la maison? Mt. Et pourquoi regardes-tu la paille qui est dans Vœil de ton frère et n* aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton propre, Le, œil? Ou comment peux-tu dire. Le, dis-tu, Mt, à ton frère : Frère, Le, laisse-moi oter la paille qui est dans. Le, hors de, Mt, ton œil, toi qui ne vois pas? Le, et voici, Mt, la poutre, qui est. Le, dans ton œil. Hypocrite, ôte d'abord la poutre qui est dans ton œil et alors tu verras à oter la paille, qui est dans, Le, hors de, Mt, l'œil de ton frère, »
Les sentences suivantes se retrouvent deux fois dans Mt avec des variantes.
Le, « Car il n'y a pas un bon arbre qui produise de mauvais fruits, ni de mauvais arbre qui produise de bons fruits,
Mt VII, 17. Ainsi tout bon arbre produit de bons fruits, et tout mauvais arbre de mauvais fruits. Tout arbre qui ne produit pas
Mt VII, 33. Ou dites que l'arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l'arbre est mauvais et que son fruit est mauvais,
de bons fruits sera coupé et jeté au feu; c'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Mt, Cueille-t-on des raisins sur les épines, des figues sur les chardons?
car c'est au fruit qu'on connaît Tarbre.
car chaque arbre se reconnaît à son fruit.
Le, Car on ne recueille point de figues sur les épines et l'on ne vendange pas le raisin sur des ronces.
« h' homme bon tire le bien, Le, les bonnes choses, Mt, du bon trésor de son cœur. Le, et l'homme mauvais tire le mal. Le, les mauvaises choses, Mt, du mauvais trésor de Vabondance de son, Mt, du, Le, cœur. Car de l'abondance de son, Mt, du. Le, cœur^ la bouche parle.
Le, « Pourquoi m'appelezvous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis?
Le, Quiconque vient à moi et écoute mes paroles et les met en pratique, je vous montrerai à qui il est semblable. Il est semblable à un homme qui bâtit une maison, qui a creusé bien avant et a posé le fondement sur le roc.
Et une inondation étant survenue le torrent s'est précipité sur cette maison et n'a pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui qui a écouté et qui n'a pas mis en pratique est semblable à un homme qui a bâti sa maison sur la terre sans fondement. Le torrent s'est précipité sur elle et aussitôt elle est tombée et la ruine de cette maison a été grande.
NOUTBAU TESTAMENT. — II.
Mt VII, 21, Ce n'est pas quiconque me dit ; Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père, qui est dans les cieux.
Mt vu, 24. Quiconque entend ces paroles que je dis, et les met en pratique, sera comparé à un homme prudent qui a bâti une maison sur le roc.
Et la pluie est tombée et les torrents sont venus et les vents ont soufflé et se sont précipités sur cette maison ; elle n'est point tombée, car elle avait été fondée sur le roc. Et quiconque entend ces paroles que je dis et ne les met pas en pratique sera comparé à un homme insensé, qui a bâti sa maison sur le sable.
Et la pluie est tombée et les vents ont soufflé et ont heurté contre cette maison, et elle est tombée et sa ruine a été gr^inde
a Or, il arriva que lorsque Jésus eut achevé ces discours, Mt, après qu'il eut achevé tous ces discours devant le peuple qui l'écoutait, Le, que les foules étaient frappées de sa doctrine, car il les enseignait comme ayant autorité et non pas comme leurs scribes, Mt. »
Mt Le sont indépendants Tun de l'autre quant au texte grec ; ils ont des ressemblances parce qu'ils ont pour source commune médiate ou immédiate, un original araméen. Les différences de tournures et les divergences d'expressions pour exprimer la même idée sont assez nombreuses.
Le xXaiovte; — èjcêâXoMJiv— <rxtpTiQ«TaTe — éTCYipeoCovxwv — itdipexs Mt itevOowvtec — ÔtwÇoutriv — àYoXXiaaOe — Skoxovtcov — <n^i^oy
Le àpiapTcoXol — ë<T£ffTe — àxapiff^ou; — Iv tô <tc^ — itpoçépst Mt TeX^vai — ^évriaOs — TcovTipoù; — Iv T(p lot» — éx6àXX£i
Le o|Aoi6c ^(Tctv — Y^v — InXviptoHiev — fiSYiAa — ^•n\t.axa Mt ôfiotwÔTQdeTat — à(Ji(iov— èTéXeaev — icTùSmc — Xo^oy;
Le Centuiioii de Caphamaûm.
Le VII, ii'-lO; Mt viii, 5-13; Jn iv, 46-54.
Le Mt ont placé cette péricope immédiatement après le discours précédent, avec cette différence toutefois que Mt mentionne ici la guérison d'un lépreux que Le avait racontée auparavant, V, 12-14.
« Jésus était entré à Capharnaiim, »
D'après Le un centurion, qui avait un serviteur malade, envoya vers Jésus des anciens des Juifs pour prier celui-ci de venir et de sauver son serviteur. Ceux-ci firent des instances auprès de Jésus en faveur du centurion qui était un bienfaiteur de leur nation. Jésus s'en alla avec eux. Comme il approchait de la maison, le centurion lui envoya des amis pour lui dire les paroles qu'il dit lui-même dans le récit de Mt, car
ANALYSE DES TfiCHS ÉVANGILES SYNOPTIQUES. 219
d'après celui-ci, le centurion s'était présenté à Jésus sans intermédiaire et lui avait dit : « Seigneur, ne te fatigue pas, Le, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. C^est pourquoi je ne me suis pas non plus jugé digne d'aller moi-même vers toi, Le, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Car moi je suis un homme placé, Le, sous autorité, ayant sous moi-même des soldats et je dis à celui-ci : Va, et il fa, et à Vautre : Viens, et il vient, et à mon serviteur : Fais ceci^ et il le fait. Or, Jésus, ayant en^ tendu ces paroles, l'admira et s'étant tourné vers la foule qui le suivait, il dit; Le, et il dit à ceux qui le suivaient : En vérité, MT,ye vous dis que même en Israël je n'ai pas trouvé une si grande foi. Aussi je vous dis que beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et seront à table avec Abraham et Isaac et Jacob dans le royaume des cieux; mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures. Là il y aura des pleurs et des grincements de dents, Mt. »
Le conclut que ceux qui avaient été envoyés, étant retournés à la maison, trouvèrent le serviteur guéri; d'après Mt Jésus dit au centurion : « Va et qu'il te soit fait selon que tu as cru. Et son serviteur fut guéri à l'heure même. »
Bien que Mt Le aient dans ce récit de nombreux termes identiques, surtout dans les discours de Jésus et du centurion ou des envoyés du centurion, il est impossible de croire qu'ils ont puisé à une même source. Le fait est identique mais présenté différemment. Dans Jn IV, 46-54, il est parlé de la guérison du fils d'un officier royal; quelques circonstances sont les mêmes que dans le récit de Mt Le, mais dans l'ensemble il y a trop de différences pour qu'on suppose identité de fait.
Guérison du fils de la veuve de Naïn.
Le VII, 14-17.
Jésus, suivi d'une grande foule, allait à Naïn ; il rencontre une foule, qui accompagnait un mort, fils unique d'une veuve. Jésus console la mère et ressuscite le fils. Les témoins effrayés glorifient Dieu.
Message de Jean à Jésus et réponse du Seigneur.
Le VII, 18-35; Mt xi, 2-19.
Le, * Or, les disciples de Jean lui rapportèrent toutes ces choses et, ayant appelé deux de ses disciples,
Mt, Or Jean ayant appris dans sa prison les œuvres du Christ lui envoya dire par ses disciples :
Jean les envoya vers le Seigneur, pour lui dire, Le : Es'tu celui qui doit s^enir ou devons-nous en attendre un autre ? »
Dans Le les disciples posent à Jésus la question de Jean et à ce moment Jésus guérit de nombreux malades, puis répond aux disciples ; dans Mt tout fait intermédiaire est supprimé.
« Et Jésus répondant leur dit : Allez et rapportez à Jean ce que vous avez çu et entendu; les aveugles çoientj les boiteux marchent^ les lépreux sont purifiésy les sourds entendent^ les morts ressuscitent^ les pauvres sont évangétisés. Et heureux est celui pour qui je ne serai pas une occasion de scandale! Mais quand les envoyés de Jean furent partis, Le, comme ils s'en allaient, Mt, Jésus se mit à dire à la foule au sujet de Jean : Qu'êtes^vous allés voir dans le désert? Un roseau agité par le vent? Mais qu'éteS'Vous allés voir? Un homme revêtu d'habits. Le, moelleux? Voici! Ceux qui sont vêtus avec mollesse, Mt, Ceux qui por-
tent un vêtement magnifique et vivent dans les délices, Le, sont dans les palais des rois. Mais qu'êtes-vous allés voir? Un prophète? Le. Mais pourquoi êtes-vous sortis? Pour voir un prophète? Mt. Oui, je vous le dis^ et plus qu'un prophète. C'est celui de qui il est écrit : Voici que f envoie mon ange devant ta face, qui préparera ton chemin devant toi. En vérité, MT,je vous le dis : parmi les enfants des femmes il n'est point de prophète, Le, il n'en a pas surgi, Mt, de plus grand que Jean, le Baptiste, Mt, mais le plus petit dans le royaume de Dieu, Le, des cieux, Mt, est plus grand que lui, »
Le résume la carrière de Jean. Le peuple et les péagers se sont fait baptiser, tandis que les pharisiens et les docteurs de la loi ont méprisé le dessein de Dieu à leur égard en ne se faisant pas baptiser par Jean. Mt insère ici un discours du Seigneur qui ne paraît avoir qu'une relation indirecte avec le contexte.
« Or, depuis les jours de Jean-Baptiste jusqu'à maintenant, le royaume des cieux se prend par violence et ce sont les violents qui s'en emparent. Car tous les prophètes et la Loi ont prophétisé jusqu'à Jean, et si vous voulez le comprendre, il est lui-même cet Elie qui doit venir. Que celui qui a des oreilles entende ! »
Mt Le continuent ensemble le discours de Jésus.
« A qui donc comparerai-je cette génération? Mt, les hommes de cette génération à qui donc ressemblent-ils? Le. Elle, Mt, Ils, Le, ressemblent à des enfants assis dans une place publique et qui, criant les uns aux autresy disent : Nous vous avons Joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé, nous avons chanté des complaintes, et vous n'avez pas pleuré, Le, vous ne vous êtes point lamentés, Mt. Car Jean le Baptiste, Le, est venu, ne mangeant point de pain, Le, et ne buvant point de vin, Le, et vous dites : Il a un démon. Le Fils de
Vhomme est çenu mangeant et buvant et vous dites : Voici un mangeur et un buveur de vin^ un ami des péagers et des pécheurs. Mais la sagesse a été justifiée par tousy Le, ses enfants, par ses œuvres, Mt, d'après K B. »
Le Mt se suivent de très près dans cette péricope, surtout en ce qui concerne les paroles du Seigneur. Voici quelques divergences d'expressions.
Le Xeywv — aXXov — eiôcte xai ^xouaaTe — èortv — àXXiQXot; JMt e^Ttev — Etepov — àxouete xai pXéiceTe — iy^QY^f*' — étépot;
La pécheresse.
Le vu, 36^.
Jésus est à table chez un pharisien qui l'a invité, quand une pécheresse, apportant un vase rempli de parfum, arrose ses pieds deses larmes, les essuie avec ses cheveux, les baise et les oint de parfum. Le pharisien pense que Jésus n'est pas prophète puisqu'il n'a pas connu qui était cette femme. Jésus lui demande : Quel est de deux débiteurs, à qui leur créancier a remis leur dette, celui qui l'aimera le plus? Simon répond : Celui à qui il a remis le plus. Jésus approuve, et lui montrant la pécheresse, il déclare au pharisien qu'à cause de la conduite de celle-ci envers lui, ses péchés sont pardonnes, car elle a beaucoup aimé.
Et il dit à la femme : Tes péchés te sont pardonnes. Les convives s'étonnent de cette parole. Va en paix, dit Jésus à la femme, ta foi t'a sauvée.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, cette onction des pieds de Jésus par une pécheresse ne doit pas être confondue avec celle qui est racontée par Mt XXVI, 6-13; Me XIV, 3-9; Jn XII, 1-11 et qui fut faite à Béthanie (par Marie, sœur de Lazare, d'après Jn).
Les femmes qui servaient Jésus.
Le XIII, 1-3.
Jésus allait de ville en ville, annonçant le royaume de Dieu. Il avait avec lui les Douze et des femmes de Galilée, qui les assistaient de leurs biens.
La parabole du semeur. — But et explication des paraboles.
Le viir, 1-18; Me iv, 1-25; Mt xiii, 1-23. V. p. 70.
La famille de Jésus.
Le viii. 19-21; Me m, 31-35; Mt xii, 46-50. V. p. 00.
La tempête apaisée. — Le démoniacpie de Gadara.
Le viii, 22-39; Me iv, 35-v, 20; Mt viii, 23-34. V. p. 79.
La Fille de Jaïr et la guérison de lliémorroïsse.
Le VIII, 40-56; Me v, 21-43; Mt ix, 18-26. V. p. 85.
Mission des Douze.
Le IX, 1-0; Me vi, 7-13; Mt x, 1-5. V. p. 91.
Jugement d'Hérode sur Jésus.
Le IX, 7-9; 3Ie vi, 14-16; Mt xiv, 1, 2. V. p. 93.
Multiplication des pains.
Le IX, 10-17; Me vi, 30-44; Mt xiv, 13-21. V. p. 96.
Confession de Pierre et prédiction des souffrances qui attendent Jésus et ses disciples. — La Transfiguration.
Le IX, 18-36; Me vin, 27-ix, 8; Mt xvi, 13-xvii, 8. V. p. 112.
Guérison d'un enfant épileptique. — Seconde prédiction des souffrances du Fils de l*homme.
Le IX, 37-45; Me ix, 14-32; Mt xvii, 24-23. V. p. 118.
Discussion des discipled sur la primauté.
Le IX, 46-50; Mt xviir, 1-5; Me, ix, 33-50 V. p- 122.
5^ Section. — Ministère de Jésus a travers LA Samarie et la Pérée.
Les Samaritains refusent de recevoir Jésus.
Le IX, 51-56.
Lorsque vinrent les jours où il devait être enlevé du monde, Jésus prit la résolution d'aller à Jérusalem. Il envoya des messagers qui entrèrent dans une bourgade de Samarie pour lui préparer un logement. Ils ne sont pas reçus. Jacques et Jean proposent de faire descendre sur les habitants le feu du ciel. Jésus les réprimande.
Conditions pour suivre Jésus.
Le IX, 57-62; Mt viii, 19-22.
« Et comme ils étaient en chemin, quelqu'un. Le, un scribe s'étant approché, Mt, lui dit : Maître, Mr^je te suivrai partout où tu iras. Et Jésus lui dit : Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête.
« Et il dit à un autre : Suis-moi. Mais celui-ci. Le, un autre de ses disciples, Mt, lui dit : Seigneur, Mt, permets-moi d'aller d'abord enses^elir mon père. Celui" ci lui dit : Suis-moi, Mt, et laisse les morts ensevelir leurs morts. Mais toi, va, annonce le royaume de Dieu, Le. »
Mt Le suivent ici une source presque identique.
Le ajoute un troisième fait analogue. « Un autre dit à Jésus : Je te suivrai, mais permets-moi d'aller d'abord
prendre congé de ceux de ma maison. Jésus lui dit : Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas propre au royaume de Dieu. »
Mission des soixante et dix disciples.
Le X, 1-12; Mt IX, 37,38; x, 9-16, etc.
« Le Seigneur désigna soixante-dix autres disciples et les envoya deux à deux devant lui (Cf. Me VI, 7) dans toute ville (Cf. Mt IX, 35) et tout lieu où luimême devait aller. Or, il leur dit. Le, il disait à ses disciples, Mt IX, 37 : La moisson est grandcy mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson qu'il envoie des ouvriers dans sa moisson. Allez, Le, voici que je vous envoie comme des agneaux. Le, des brebis, Mt, au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni chaussure, Le. »
Dans Le IX, 3; Mt X, 9; Me VI, 7-ii, Jésus donne des ordres analogues aux douze qu'il envoie en mission.
« Et ne saluez personne sur le chemin. Dans quelque maison. Le, ville ou bourg, Mt, où vous entriez^ dites d'abord : Paix à cette maison. Le ; étant entrés dans la maison, saluez-la, Mt.
Le, « Et s'il y a là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui; sinon elle reviendra à vous.
Mt X, 13, Et si la maison est digne, que votre paix repose sur elle, mais si elle n'est pas digne, que votre paix retourne à vous.
a Demeurez dans la même maison. Le, Me VI, 10, mangeant et buvant de ce qu'il y a chez eux, Le, car l'ouvrier est digne de son salaire. Le, de sa nourriture, Mt X, 10^. Ne passez pas de maison en maison. Dans quelque ville que vous entriez et où on vous reçoit, mangez ce qui vous est présenté et guérissez les ma^
lades, Mt X, 8*, qui s'y trouvent, Le, et dites-leur : Le royaume de Dieu, Le, des cieux, Mt, s'est approché de vous, Mt X, 7^.
Le, « Et dans quelque ville où vous entriez et où on ne vous reçoit pas, sortez sur la place publique et dites : La poussière de votre ville qui s'est attachée à nos pieds, nous la secouons contre vous. Sachez cependant que le royaume de Dieu s'est approché. Je vous dis qu'en ce jour-là, il y aura moins de rigueur pour Sodome que pour cette ville-là.
Mt X, 14, Et lorsqu'on ne vous recevra pas et l'on n'écoutera pas vos paroles, en sortant de cette maison ou de cette ville, secouez la poussière de vos pieds. Cf. Mo vi, 11; Le ix, 4,5.
En vérité, je vous le dis, il y aura moins de rigueur pour le pays de Sodome et de Gomorrhe au jour du jugement que pour cette ville-là. »»
Ce discours de Jésus aux soixante-dix disciples a de nombreux points de contact, comme on vient de le constater, avec celui que le Seigneur a adressé aux Douze, envoyés en inission, et que les trois synoptiques ont rapporté (Voir p. 91).
Malédiction des villes impénitentes.
Retour des disciples.
Le X, 13-24; Mt xi, 20-27; xiii, 16, 17.
La malédiction des villes impénitentes, que Le place ici, est également dans Mt à la suite des enseignements aux Douze, XI, 21.
« Malheur à toiy Chorazin! Malheur à toiy Bethsaïda! Car si les miracles qui ont été faits au milieu de cous y aidaient été faits à Tyr et à Sidon, il y a longtemps qu'elles se seraient repenties en s'asseyant, Le, dans le sac et la cendre. Cest pourquoi je vous dis, Mt : il y aura moins de rigueur pour Tyr et Sidon au jugement, Le, au jour du jugement, Mt, que pour vous. Et toiy Capharnaûmy qui as été éleçée jusqu'au ciel^ tu seras plongée jusques dans le Hadès, Car si les
miracles qui ont été faits au milieu de toi eussent été faits à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. C'est pourquoi je vous le dis, au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi, Mt. »
Ces dernières paroles sont une variante de ce qui a été dit précédemment. Le conclut par cette sentence : « Celui qui vous écoute m'écoute ; celui qui vous méprise me méprise, et celui qui me méprise, méprise celui qui m'a envoyé » ; cf. Mt X, 40. Il raconte ensuite le retour des disciples; le discours de Jésus aux soixante-dix disciples est, en partie, le même que celui que Mt a placé après le précédent.
a- Les soixante-dix disciples revinrent avec joie, disant : Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Et il leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions et sur toute la puissance de l'ennemi. Et rien ne vous causera du dommage. Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans le ciel. Le.
« En cette heure même, il tressaillit de joie dans l'Esprit-Saint et dit, Le, En ce temps-là, Jésus, prenant la parole, Mt, dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et de ce que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, (je te loue), parce qu'il t'a plu ainsi. Et, s'étant tourné vers les disciples, il dit, Lg : Toutes choses m'ont été remises par mon Père et personne ne connaît qui est le Fils si ce n'est le Père, ni qui est le Père, Le, et nul ne connaît le Père si ce n'est, Mt, sinon, Le, le Fils et celui à qui le Fils çeut le révéler.
« Et s'étant tourné vers ses disciples, il leur dit en particulier : Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez, Le, heureux vos yeux, parce qu'ils voient, et vos oreilles, parce qu'elles entendent, Mt XIII, 16, car je cous dis que beaucoup de prophètes et de rois, Le, et de justes, ont désiré, Mt, ont voulu. Le, s^oir ce que vous croyez et ne l'ont point sfu et entendre ce que sfous entendez et ne Vont point entendu, »
Dans cette péricope, les paroles de Jésus sont presque littéralement identiques dans Le Mt, mais n'ont pas été placées par eux dans le même cadre historique.
Divergences d'expressions :
Le dcpvac — patrrôÇeTe — dEvaxafA^^si — aOr^ tij &pqi — Mt icpôêaxa — x-cri^eyOs — èiciorpaçi^Tb) — èxeiv(i> T(pxatpà> —
Le ^8éX7i<xav Mt é7«ôuu.iQ(iav
Parabole du bon Samaritain.
Le X, 25-37.
Un docteur de la loi, voulant mettre Jésus à l'épreuve, lui dit : « Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle^? » Et Jésus lui demande ce qu'il lit dans la Loi. Le scribe répond en citant les deux premiers commandements. Jésus lui dit : « Tu as bien répondu, fais cela et tu vivras. » Cette même conversation se retrouve, présentée un peu différemment et dans un autre cadre, dans Me XII, 28-31; Mt XXII, 35-40.
Le scribe pose une question subsidiaire : « Qui est mon prochain? » Jésus lui répond parla parabole du bon Samaritain, qui a exercé la miséricorde envers l'homme blessé par les voleurs.
i. Cette même question est posée par le jeune homme riche dans Me X, 17; Mt xix, 46; Le xviii, 18.
Jésus chez Marthe et Marie.
Le X, 38-12.
Jésus, étant en route pour Jérusalem, fut reçu par Marthe dans sa maison. Sa sœur Marie se tenait assise aux pieds du Seigneur. Marthe demande à Jésus de dire à sa sœur de l'aider dans le service. Jésus lui répond : « Tu t'agites beaucoup ; une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point ôtée. »
La prière dominicale.
Le XI, 1-4; Mt VI, 9-13.
D'après Le, un jour que Jésus était en prière, un de ses disciples, lorsqu'il eut cessé de prier, lui demanda de leur enseigner à prier, comme avait fait Jean pour ses disciples. Mt, lui, intercale sa formule de prière dans le sermon de Jésus sur la montagne, au milieu des enseignements sur la prière.
« Notre, Mt, Père qui es dans les cieux, Mt, que ton nom soit sanctifié! Que ton règne arrive! Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, Mt. Donne^ nous aujourd'hui, Mt, chaque jour. Le, notre pain quotidien et remets-nous nos péchés. Le, nos dettes, Mt, comme nous, aussi, nous les avons remises à nos débiteurs, Mt, à quiconque nous doit. Le, et ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal, Mt. »
Il y a quelques divergences d'expressions :
Le SîSou — TÔ xaO* ^(ifoav — ta; àpiapTta; — icavcl ôpetXovit Mt ôô; — <n^{i.6pov — Ta ôçetXioiAaTa — tôt; ôçeXéTai;
Efficacité de la prière persévérante.
Le XI, 5-13; Mt vu, 7-11.
Jésus prouve reffîcacité de la prière persévérante par l'exemple de celui qui va au milieu de la nuit demander trois pains à un ami. Celui-ci refuse tout d'abord, puis les lui donne, à cause de ses instances importunes.
Les paroles suivantes sont parallèles à des enseignements que Mt a insérés dans le sermon sur la montagne.
a Demandez et il s^ous sera donnée cherchez et vous trouç£reZy frappez à la porte et il vous sera ouvert. Car, quiconque demande reçoit^ et qui cherche trouve^ et à celui qui frappe à la porte, il sera ouvert.
Le 1 Tiva 5è èÇ {»{i.â>v. xèv itaTépa aki^aei ô vlè; àpxov
lui donnera une pierre? Ou s'il lui demande, Mt, quand il lui demandera, Le, un poisson est-ce qu'il lui donnera un serpent au lieu du poisson? Et s'il lui demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion? Le. Si donc vouSy qui êtes méchants, vous savez donner de bons dons à vos enfants, combien plus votre Père qui est du ciel. Le, dans les cieux, Mt, donnera-t-il TEsprit-Saint, Le, de bonnes choses, Mt, à ceux qui le, Le, les, Mt, lui demandent. »
Les paroles du Seigneur sont ici reproduites presque littéralement identiques dans Le Mt ; la variante : le Saint-Esprit, chez Le, au lieu de : de bonnes choses, chez Mt, est remarquable.
1. Le, Quel est le père d'entre 1 Mt, Ou quel est l'homme d'entre vous, quand son fils lui demandera vous, qui, si son fils lui demande du pain. I du pain.
Discussion sur Beelzeboul.
Le XI, 14-23; Mtix, 32-34; xii, 22-37; Me m, 22-30.
Les faits sont ici analogues dans Le Mt, mais racontés avec quelques divergences ; Mt a connu deux guérisons d'un démoniaque muet, à moins qu'il n'ait rapporté deux fois le même miracle.
Le, «Et Jésus chassait un démon et ce démon était muet; or, il arriva que, le démon étant sorti, le muet parla. Et les foules furent dans l'admiration.
Mt IX, 32, Voici qu'on lui amène un homme muet, démoniaque. Et le démon ayant été chassé, le muet parla.
Et les foules furent dans Tadmiration, disant : Jamais rien de semblable n'a paru en Israël.
Mt IX, 22, Aloi-s lui fut amené un démoniaque aveugle et muet, et il le guérit, de sorte que le muet parlait et voyait. Et toute la foule fut stupéfaite et disait :
Est-ce que celui-ci est le Fils de David?
a Quelques-uns d'entre eux, Le, les pharisiens, Mt, disaient : C'est par Beelzeboul, Le, le prince des démons, Le, Mt IX, 34. Celui-ci ne chasse les démons que par Beelzeboul, le prince des démons, Mt XII, 24; Me III, 22. Et d'autres pour l'éprouver lui demandaient un signe qui vînt du ciel. Le. »
Le s'accorde ensuite avec Me Mt, surtout avec Mt pour reproduire l'argumentation de Jésus contre les Pharisiens (Voir p. 66). La fin du discours est dans Mt XII, 33-37.
Sortie et retour de l'esprit impur.
Le XI, 24-26; Mt xii, 43-45. — V. p. 272.
La mère de Jésus.
Le XI, 27, 28.
« Une femme s'écria alors : Heureux le sein qui t'a
porté et les mamelles qui t'ont allaité. Jésus répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent. »
Jésus refuse le signe qui lui est demandé.
Le XI, 29-36; Mt xii, 38-42.
Ce discours, suite du précédent chez Mt Le, a dû être emprunté par eux au même document.
« Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens lui répondirent, disant : Maître, nous voulons voir un signe de toi, Mt. Et comme les foules se rassemblaient, il se mit à dire : Cette génération est une génération méchante; elle demande un signe. Le. Une génération méchante et adultère recherche un signe, Mt, et il ne lui sera pas donné de signe, sinon celui de Jonasj le prophète, Mt.
Le, « Car de même que Jonas fut un signe pour les Ninivites, ainsi le Fils de l'homme en sera un pour cette génération.
Mt, Car comme Jonas fut dans le ventre du grand poisson trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits.
« La reine du midi se lestera, lors du jugement, contre les hommes de cette génération, et les condam^ nera, parce qu'elle est çenue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon et voici qu'il y a ici plus que Salomon. Les hommes de Ninive se lèveront lors du jugement contre cette génération et la condamneront parce qu'ils se sont convertis à la voix de Jonas et voici qu'il y a ici plus que Jonas, »
Les paroles du Seigneur, littéralement identiques dans Mt Le, ne sont pas rangées dans le même ordre. Les exemples tirés de Salomon et de Jonas sont
intervertis. La suite du discours a été intercalée par Mt dans le discours sur la montagne.
Le, « Personne après avoir allumé une lampe ne la place dans un lieu caché, ni sous le boisseau; mais on la met sur le chandelier afin que ceux qui entrent voient la lumière.
Mt V, 15, On n'allume pas non plus une lampe et on ne la place pas sous le boisseau, mais sur le cjiandelier et elle brille pour tous dans la maison.
« Le, Mt VI, 22, La lampe du corps c'est ton œil; quand, Le, si, Mt, ton œil est sain, tout ton corps aussi sera lumineux ; mais si ton œil, Mt, est mau^ vaisy tout, Mt, ton corps aussi sera ténébreux.
Le, « Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres.
Mt, Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien grandes seront les ténèbres.
« Si donc tout ton corps est lumineux, n'ayant aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier comme lorsque la lampe Téclaire par son éclat, Le. »
Divergences d'expressions :
Le xa6 ' f,|i.8pfltv — Ta; à(J.apTtoec — OîtàpxovTe; Mt aiQiiepov — xà ôçsiXTOfiata — ôvteç
Discours de Jésus contre les pharisiens et les scribes.
Le XI, 37-52; Mt xxni, 4, 6, 13, 23-36.
Les enseignements que donne ici Jésus se retrouvent en très grande partie dans Mt, mais dispersés en d'autres discours.
« Or, pendant qu'il parlait, un pharisien le pria à dîner chez lui, et, étant entré, il se mit à table. Mais le pharisien, voyant cela, s'étonnait de ce qu'il ne s'était pas d'abord lavé avant le repas. Mais le Seigneur lui dit. Le :
Le, « Vous autres pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais ce qui est au dedans de vous-mêmes est plein de rapine et d'iniquité. Insensés ! celui qui a fait le dehors nVt-il pas fait aussi le dedans? Cependant donnez en aumône le contenu et voici que tout sera pur pour vous.
Mais malheur à vous, pharisiens! parce que vous payez la dîme de la menthe, de la rue et de tous les légumes et que vous négligez le jugement et l'amour de Dieu. Il fallait faire ces choses, mais ne point négliger celles-là.
Malheur à vous, pharisiens !
parce que vous aimez. Le, ils aimaient la première place, Mt xxni, G, et les premiers sièges dans les synagogues et les salutations dans les places publiques et être appelés par les hommes : Rabbil Rabbi! Mt Le. Malheur à vous! parce que vous êtes comme des sépulcres, qu'on ne voit pas et les hommes qui marchent dessus ne le savent pas.
Mt xxni, 25, Malheur à vous, scribes et pharisiens, hypocrites! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais en dedans ils sont pleins de rapines et d'intempérance. Pharisien aveugle, nettoie d'abord le dedans de la coupe, afin que le dehors de celle-ci soit pur aussi.
Mt xxni, 23, Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous payez la dîme delà menthe et de l'aneth et du cumin, et que vous avez laissé de côté les choses les plus lourdes de la loi, le jugement et la miséricorde et la fidélité.
Il fallait faire ces choses, mais ne pas laisser de côté celles-là.
Mt xxui, 27, Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, mais au dedans sont remplis d'ossements de morts et de toute impureté.
a Or, un des docteurs de la loi, prenant la parole, lui dit : Maître, en disant ces choses, tu nous injuries, nous aussi. Et il dit : A vous aussi, les docteurs de la loi, malheur! Le.
Le, « parce que vous chargez les hommes de fardeaux qu'ils ne peuvent porter et vous-mê-
Mt xxiii, 4, Mais ils lient des fardeaux pesants et les placent sur les épaules des
mes vous ne touchez pas ces fardeaux d'un seul de vos doigts.
Malheur à vous!
parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ce sont vos pères qui les ont tués.
Vous êtes donc les témoins des œuvres de vos pères et vous les approuvez, car eux les ont tués et vous, vous bâtissez.
C'est pourquoi la sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres et ils tueront les uns et persécuteront les autres ;
afin que soit redemandé le sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui a été tué entre l'autel et le sanctuaire. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération.
Malheur à vous, docteurs de la loi ! parce que vous avez enlevé la clef de la science ; vous n'êtes pas entrés vous-mêmes, et ceux qui entraient vous les avez empêchés.
hommes, mais eux ils ne veulent pas les remuer du doigt.
xxni, 29, Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites!
parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et que vous ornez les monuments des justes et que vous dites : Si nous avions vécu du temps de nos pères nous n'aurions pas été leurs complices dans le sang des prophètes. De sorte que vous témoignez contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Et vous comblez la mesure de vos pères. Serpents, race de vipères, comment échapperez-vous au jugement de la géhenne?
C'est pourquoi voici que je vous envoie des prophètes et des sages et des scribes, et il en est que vous tuerez et que vous crucifierez et il en est que vous fouetterez dans vos synagogues et que vous persécuterez de ville en ville, afin que vienne sur vous tout le sang juste, qui a été répandu sur la terre depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l'autel. En vérité, je vous dis que toutes ces choses viendront sur cette génération.
xxni, 13, Mais malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez le royaume des cieux devant les hommes; car vous-mêmes vous n'y entrez pas et vous ne laissez pas entrer ceux qui entrent. »
236 HISTOIRE DBS UVRES DU NOUVEAU TESTAMETT.
Les enseignements de Jésus, que noos venons de rapporter, ne sont pas rangés dans le même ordre dans Le Mt; il est difficile de dire lequel des deux a suivi Tordre original. Il y a quelques propositions littéralement identiques, mais il y a un si grand nombre de passages où Tidée seule est conmiune qu*il faut admettre deux traditions de ce discours, ou peut-être même supposer des discours différents.
Divergences d'expressions :
Mt icoL^o^'i^ — èxpourto; — IXÔij — xXesstc ti^ ^at>xiav tôv oOpa>
VCtfV
Exhortations diverses.
Le XI, 53-xu, 12; Mt x, 26-33; xn, ^; Me xiii, 15.
« Jésus étant sorti de là, les pharisiens et les docteurs de la loi se mirent à le presser vivement et à le faire parler sur plusieurs sujets, lui tendant des pièges pour surprendre quelques paroles de sa bouche. Or, des foules s'étant assemblées par milliers, à ce point qu'on marchait les uns sur les autres, il se mit à dire à ses disciples, Le : D' abord gardez-s^ous du les^aîn des pharisiensy qui est l'hypocrisie^ Le, Me VIII, 15; Mt XVI, 6. Ne les craignez donc point, Mt, car il n'est rien de caché qui ne doive être découifert^ ni de secret qui ne dois^e être connu.
Le, « C'est pourquoi tout ce que vous avez dit dans les ténèbres sera entendu dans la lumière et ce que vous aurez dit à l'oreille dans les chambres sera prêché sur les toits.
Or, je vous dis à vous, mes amis, ne craignez pas ceux qui tuent les corps et après
Mt X, 27. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le dans la lumière et ce qui vous est dit à l'oreille, prêchez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent les corps,
cela ne peuvent rien de plus.
Je vous montrerai qui vous devez craindre. Craignez celui qui, après avoir tu(^, a le pouvoir de jeter dans la géhenne; oui, je vous dis, craignez celui-là.
mais craignez plutôt celui qui peut perdre et l'âme et le corps dans la géhenne.
tf Cinq, Le, deux, Mt, petits passereaux ne se ven^ dent-ils pas deux, Le, un, Mt, sous et pas un d'eux n'est oublié devant Dieu, Le, ne tombera à terre sans votre Père, Mt. Et pour vous, Mt, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc, Mt, point j vous valez plus que beaucoup de passe^ reaux. Or je vous dis, Le : Quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l'homme le confessera aussi devant les anges de Dieu, Le, je le confesserai moi aussi devant mon Père, qui est aux cieux, Mt. Mais quiconque me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu, Le, je le renierai, moi aussi, devant mon Père, qui est aux cieux, Mt. »
Vient ensuite l'enseignement sur la parole dite contre le Fils de l'homme et sur la conduite qu'auront à tenir les disciples, quand ils seront traduits devant les tribunaux. V. p. 157.
Ce discours du Seigneur paraît être formé de sentences empruntées à des discours différents. L'idée n'est pas d'ordinaire exprimée dans les mêmes termes, quoiqu'elle soit au fond identique chez Le Mt.
Enseignement sur les biens de la terre.
Le xn, 13-59; Mt v, 25; vi, 19-20; 25-34; x, 31-36; xvi, 2; xxiv, 43-51.
Un homme demande à Jésus d'intervenir dans un partage de biens ; celui-ci refuse et met en garde ses serviteurs contre l'avarice. Un homme riche, dit-il, fait
des projets pour la conservation de ses biens ; il meurt la nuit suivante. Il en sera ainsi de quiconque amasse pour lui-même et non pour Dieu.
La suite du discours est parallèle à des passages du discours sur la montagne dans Mt.
« C'est pourquoi je vous dis : Ne s^ous inquiétez point pour votre, Mt VI, 25, we, de ce que {>ous mangerez ni pour votre, Mt, corps, de quoi cous serez vêtus. Est-ce que la vie n'est pas, Mt, la vie est, Le, plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement. Considérez les corbeaux, Le ; regardez les oiseaux du ciel, Mt; ils ne sèment ni ne moissonnent; ils n'ont ni cellier ni grenier, Le, ni n'amassent dans des greniers et votre Père céleste, Mt, et Dieu, Le, les nourrit. Combien, Le, ne valez-vous pas plus que beaucoup d'eux, Mt, les oiseaux? Le. Qui de vous peut par ses in-quiétudes ajouter à sa taille une coudée? Si donc vous ne pouvez pas même la moindre chose, pourquoi vous inquiétez-vous du reste? Le. Et pourquoi vous inquiétez-vous du vêtement? Mt. Considérez, Le,^ observez, Mt, les lis du champ, Mt, comment ils ne filent ni ne tissent, Le, ils croissent; ils ne travaillent ni ne filent, Mt, et je vous dis que Salomon même dans toute sa gloire n'était pas vêtu comme l'un d'eux. Si donc Dieu revêt ainsi dans les champs, Le, V herbe du champ, Mt, qui est aujourd'hui et qui demain est jetée dans un four , combien plus vous-mêmes, hommes de peu de foi?
Le, « Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez et ce que vous boirez et ne soyez pas dans l'inquiétude.
Mt VI, 31 , Ne vous inquiétez donc point en disant : Que mangerons-nous ou que boirons-nous ou de quoi seronsnous vêtus?
« Car toutes ces choses les païens du monde les recherchent, car, Mt, mais, Le, votre Père céleste, Mt,
sait que {>ous avez besoin de toutes, Mt, ces choses. Mais cherchez plutôt, I^c, premièrement, Mt, son royaume et sa justice, Mt, et toutes, Mt, ces choses vous seront données par surcroît.
Le, « Ne crains point, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume.
Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumônes; faites-vous des bourses qui ne vieillissent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où le voleur n'approche pas, ni le ver ne détruit pas;
car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
Mt VI, 32, Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.
Mt VI, 19, Ne vous amassez pas des trésors sur la terre où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs percent et dérobent. Mais amassez -vous des trésors dans le ciel où ni les vers ni la rouille ne détruisent, et ni les voleurs ne percent ni ne dérobent ; car là où est ton trésor, là est aussi ton cœur. »
D'après Le, Jésus recommande à ses disciples de ceindre leurs reins et de ressembler à ces hommes qui attendent leur maître et qui seront heureux si, à quelque heure qu'il vienne, le maître les trouve veillant. Dans Me XIII, 35-37, il y a des enseignements analogues.
« Or y sachez ceci que si le père de famille savait à quelle heure. Le, veille de la nuit, Mt XXÎV, 43, le voleur vient, il aurait veillé, Mt, et n'aurait pas laissé, Le, permis de, Mt, percer sa maison. C'est pourquoi, Mt, vous aussi, soyez prêts ; car à l'heure que vous ne pensez pa^ le Fils de l'homme vient.
« Or Pierre lui dit : Seigneur, est-ce pour nous ou pour tous que tu dis cette parabole? Et le Seigneur dit. Le : Quel est donc le serviteur, Mt, l'économe, Le, fidèle et prudent que son maître ql établi sur ses domestiques pour leur donner la nourriture, Mt, établira sur sa domesticité, hc, pour leur donner la mesure de blé, Le,
la nourriture au temps convenable? Mt. Heureux ce sernteur que son maître^ à son arrwée^ trouvera faisant ainsi. En vérité y je vous dis qu'il l'établira sur tous ses biens. Mais si ce serviteur méchant, Mt, dit dans son cœur : Mon maître tarde à venir, Le, et s'il se met à battre les serviteurs et les servantes. Le, ses compagnons, Mt, à manger et à boire avec les ivrognes, Mt, et à s'enivrer. Le, le maître de ce serviteur viendra au jour où, il ne s'y attend pas, et à l'heure qu'il ne connaît pas, et il le séparera et établira sa part avec les infidèles. Le, hypocrites, Mt. Là il y aura des pleurs et des grincements de dents, Mt. Le serviteur qui a connu la volonté de son maître et n'a rien préparé ou n'a pas fait selon sa volonté recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne l'a pas connu et qui a fait des choses dignes de châtiment recevra peu de coups. Et à quiconque il a été donné beaucoup, il lui sera beaucoup redemandé, et à qui on a beaucoup confié, on lui demandera davantage. Je suis venu jeter un feu sur la terre et qu'est-ce que je veiEC, sinon qu'il soit déjà allumé ? J'ai à être baptisé d'un baptême et combien je suis pressé jusqu'à ce qu'il soit accompli, Le.
Le, « Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, vous dis-je, mais la division. Car désormais cinq dans une maison seront divisés, trois contre deux et doux contre trois. Sera divisé le père contre le fils et le fils contre le père ; la mère contre la fille et la fille contre la mère ; la bellemère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère.
La suite du discours se trouve aussi dans Mt, mais placée dans un autre cadre et présentée assez différemment.
Mt X, 34, Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre. Je suis venu apporter non la paix mais le glaive. Je suis venu séparer Thomme d*avec son père, la fille d*avec sa mère, et la belle-fille de sa belle-mère et l'homme aura pour ennemi les gens de sa maison. »
Le, « Il disait aussi aux foules :
Lorsque vous voyez un nuage s*^lever à Poccident, aussitôt vous dites que la pluie vient et il arrive ainsi. Et quand vous voyez souffler le vent du midi, vous dites qu'il fera chaud, et cela arrive. Hypocrites, vous savez discerner Paspect de la terre et du ciel, comment ne discernez-vous pas ce temps-ci ?
Et pourquoi ne jugez- vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ?
Le passage de Mt, parallèle à la suite du discours de Jésus dans Le, se trouve dans le discours sur la montagne.
Mt XVI, 3, Le soir venu, vous dites : 11 fera beau, car le ciel est rouge; et le matin vous dites : 11 y aura aujourd'hui de Torage, car le ciel est rouge et sombre. Vous savez donc discerner l'apparence du ciel et vous ne pouvez discerner les signes des temps. »
Mt V, 25, Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur que l'adversaire ne te livre au juge et le juge au ministre de la justice et que tu ne sois jeté en prison.
Le, « Car lorsque tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, fais tes efforts en chemin pour te libérer envers lui de peur qu'il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l'huissier du tribunal et que le tribunal ne te jette en prison.
« En vérité, Mr^je te le dis, tu ne sortiras point de là jusqu'à ce que tu aies payé la dernière obole, Le, quart d'as, Mt. »
Dans ce long discours de Jésus, Le a rassemblé des sentences, qui n'ont aucun lien entre elles; elles ont donc existé tout d'abord à l'état indépendant. C'est plutôt un recueil de sentences qu'un discours que nous avons ici. A diverses reprises les idées, au fond identiques chez Mt Le, sont présentées différemment; quelquefois l'expression seule est divergente :
Le xaxavoTQaaTe — oû'te vTQÔei oî^te uçaivei — icoao» — l^rixsXxe Mt t\t£ké^ctxt — où xo7ru3<nv oOÔè VTqOovatv — où icoXXô) — {i.eptfivjQOYiTe Le TOVTo — <5pa — àçîjxev — oIxov6(i.oc — OEpaireia; — Xe-ïrcôv Mt éxeîvo — çuXotx^ — eiaaev — ôouXo; — olxeTi^a; — xoSpàvTTjv
Exhortation au repentir.
Le xm, 1-9.
On vient raconter à Jésus que des Galiléens ont été massacrés par Tordre de Pilate. Ils n'étaient pas plus coupables que les autres, dit Jésus, et si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de même. Même exhortation en rappelant les dix-huit personnes qui furent ensevelies sous les ruines de la tour de Siloé.
Le raconte ensuite la parabole du figuier stérile, que le maître ordonne de couper. Le vigneron demande qu'il lui soit donné un an de répit.
Guérison d'une lenune le jour du sabbat.
Le XIII, 10-17.
Un jour de sabbat, Jésus guérit une femme courbée par la maladie depuis dix-huit ans. Le chef de la synagogue demande aux assistants de faire guérir leurs malades un autre jour que le jour du sabbat. Jésus rappelle que , ce jour-là , on détache les animaux domestiques pour les conduire à l'abreuvoir; comment n'aurait-il pas le droit de délier le même jour une fille d'Abraham? Confusion des adversaires et joie des assistants.
Parabole du grain de sénevé.
Le xiir, 18, 19; Mt xiii, 31, 32; Me iv, 30-35. V. p. 78.
Parabole du levain.
Le XIII, 20,21; Mt xm, 33.
Cette parabole suit la précédente et est exprimée en termes identiques chez Le Mt.
« Il leur dit encore une autre parabole, Mt. A quoi
comparerai-je le royaume de Dieu? Le. Il, Le, le royaume des cieux, Mt, est semblable à du levain qu'une femme a pris et qu'elle a caché dans trois mesures de farine jusqu'à ce que le tout fût fermenté. »
L'entrée dans le royaume de Dieu.
Le XIII, 22-30; Mt vit, 13, 14, 22, 23; viii, 11, 12.
Jésus traversait les villes et les villages enseignant et faisant route vers Jérusalem. « Quelqu'un lui dît : Seigneur, est-ce qu'il y en a peu qui soient sauvés? Et il leur dit, Le. »
Les enseignements de Jésus, que rapporte ici Le, se retrouvent dans Mt, mais dispersés et dans un cadre diflFérent.
« Efforcez-vous d'entrer. Le, entrez, Mt, par la porte étroite, car large est la porte et spacieux le chemin qui conduit à la perdition et nombreux sont ceux qui y entrent. Qu'étroite est la porte et resserré le chemin qui conduit à la vie et il y en a peu qui le trouvent! Mt. Car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne le pourront pas. Dès que le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte et que vous, étant dehors, vous commencerez à frapper à la porte disant : Seigneur, ouvre-nous, et que, répondant, il vous dira : Je ne sais d'où vous êtes, Le.
Le, « Alors vous vous mettrez à dire : Nous avons mangé et bu en ta présence et tu as enseigné dans nos places publiques.
Et il dira : Je vous dis que je ne sais d*où vous êtes.
Mt vu, 22. Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons -nous pas prophétisé en ton nom et n'avons-nous pas chassé les démons en ton nom, et n'avonsnous pas fait de nombreux miracles en ton nom ?
Et alors je leur dirai hautement : Je ne vous ai jamais connus.
« Retirez-vous de moi, tous les ouvriers d'injustice, Le, vous qui commettez Finiquité, Mt, là il y aura des pleurs et des grincements de dents, Le, Mt VIII, 12, quand vous verrez Abraham et Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et vousmêmes jetés dehors. Le; mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures. Aussi, je vous dis que beaucoup, Mt, sfiendront de l'orient et de V occident, du septentrion et du midi. Le, et se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, Mt, dans le royaume des cieux, Mt, de Dieu, et voici que ce sont les derniers qui seront les premiers, et ce sont les premiers qui seront les derniers. Le. »
Le Mt paraissent avoir reproduit des discours différents; on peut relever cependant des termes identiques, ainsi que quelques divergences d'expressions seulement.
Le àirdoTTiTe — icàvT«; IpyoïTai &$ixCac Mt àicoxcopstts — ol âpyoïi^otievoi ti^v ivofiCav
Hostilité d'Hérode. Plaintes sur Jérusalem.
Le XIII, 31-35; Mt xxiii, 37-39.
Des pharisiens engagent Jésus à s'en aller, car Hérode veut le tuer. Jésus envoie dire à Hé rode qu'il doit terminer son ministère et marcher jusqu'à Jérusalem, où doit mourir un prophète. Et Le ajoute les plaintes sur Jérusalem que, d'après Mt XXIII, 37, Jésus aurait prononcées alors qu'il était dans le temple de Jérusalem.
« Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont ens^oyés, combien de fois fai çoulu rassembler tes enfants comme une poule sa couvée. Le, ses petits, Mt, sous ses ailes et tu ne l'as pas \>oulu. Voici que i^otre maison sfous est laissée dé-
serte, Mt, car je cous dis que cous ne me verrez plus jusqu'à ce que vienne le jour où, Le, sfous direz : Béni soit celui qui nent au nom du Seigneur! »
Discours de Jésus chez un pharisien.
Le XIV, 1-14.
Un jour de sabbat, Jésus entre chez un pharisien pour y prendre son repas. Il y trouve un hydropique: Il le guérit après avoir demandé aux légistes présents, qui ne répondent rien, s'il est permis de guérir le jour de sabbat. Il justifie son action par la conduite de ses adversaires, qui retireraient, un jour de sabbat, leur fils ou leur bœuf du puits où ils seraient tombés. Puis, remarquant que les invités choisissaient les premières places à table, il les engage à choisir la dernière, afin que le maître de la maison les invite à monter plus haut, ce dont ils seront honorés. Il exhorte aussi son hôte à inviter ceux qui ne peuvent pas lui rendre la pareille, laquelle lui sera rendue à la résurrection des justes.
La sentence, Le XIV, il, « Quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé », se retrouve textuellement dans Mt XXIII, 12, dans le discours de Jésus dans le temple de Jérusalem.
Dans Mt XII, 10-12, on trouve des sentences analogues à celles de Le XIV, 3-5, mais prononcées par le Seigneur à propos de la guérison de l'homme à la main sèche.
Parabole du grand festin. — Parabole des noces du fils du roi.
Le XIV, 15-24; Mt xxii, 1-14.
La première parabole a été prononcée d'après Le dans un festin avant l'arrivée à Jérusalem, et la seconde, d'après Mt, au temple de Jérusalem ; nous les
mettons en parallèle, à cause de leur ressemblance fondamentale; cependant nous les croyons différentes.
Le, « Or, un de ceux qui étaient à table avec Jésus, ayant entendu ces paroles, lui dit :
Heureux celui qui mange du pain dans le royaume de Dieu !
Mais il lui dit : Un homme faisait un grand souper et il invita beaucoup de convives. Et il envoya son serviteur à l'heure du souper dire aux invités :
Venez, parce que c'est déjà prêt. Mais ils se mirent tous unanimement à refuser. Le premier lui dit : j'ai acheté un champ et il me faut nécessairement sortir pour aller le voir; je t'en prie, tiens -moi pour excusé. Et l'autre dit : J'ai acheté cinq paires de bœufs et je vais les éprouver, je t'en prie, tiens-moi pour excusé. Et un autre dit : J'ai épousé une femme et c'est pourquoi je ne puis venir. Et le serviteur, étant revenu, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de là maison en colère, dit à son serviteur : Sors promptement dans les places et les rues de la ville et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. Et le serviteur dit : Seigneur, ce que tu as commandé a été fait et il y a encore de la place. Et le maître dit au serviteur : Sors dans les chemins et le long des haies, et contrains d'entrer, afin que ma maison soit remplie. Car je vous dis qu'aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon festin.
Mt, Et Jésus, prenant la parole, parla de nouveau en paraboles, disant : Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fît des noces pour son fils. Et il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces et ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs en disant :
Dites aux invités : Voici que j'ai préparé mon festin; mes taureaux et mes bétes engraissées sont tués et tout est prêt, venez aux noc.es. Mais ceux-ci ne s'en inquiétèrent point, et s'en allèrent, l'un à son champ et l'autre à son commerce. Et les autres se saisirent de ses serviteurs, les égorgèrent et les tuèrent.
Mais le roi se mit en colère et ayant envoyé ses armées il détruisit ces meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : Les noces sont prêtes, mais ceux qui avaient été invités n'en étaient pas dignes.
Allez donc dans les carrefours des chemins et tous ceux que vous trouverez, invitez-les aux noces. Et ces serviteurs s'en étant allés dans les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, mauvais et bons, et la salle des noces fut remplie de convives. »
D'après Mt, Jésus termine la parabole en racontant que le roi étant entré dans la salle du festin y trouva un homme qui n'était pas revêtu de la robe nuptiale. Il le fit lier et jeter dehors ; là, dit-il, seront des pleurs et des grincements de dents. Cette expression est répétée encore six fois dans Mt : VIII, 12; XIII, 42, 50; XXII, 13; XXV, 58; XXV, 30 et dans Le XIII, 28. La sentence qui suit : Il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus, se trouve aussi de nouveau dans Mt XX, 16.
Suivre Jésus. — Sentences diverses.
Le XIV, 25-35; Mt x, 37-39; v, 13.
Plusieurs des sentences de ce discours se retrouvent en termes à peu près équivalents dans Me Mt et dans d'autres passages de Le.
« Or des foules nombreuses marchaient avec lui, et se retournant il leur dit, Le :
Le, « Si quelqu'un vient à moi et ne hait point son père et sa mère et sa femme et ses enfants et ses frères et ses sœurs, et, de plus, même sa propre vie, il ne peut être mon disciple.
Mt, Celui qui aime père et mère plus que moi n'est pas digne de moi et celui qui aime fils ou fille plus que moi n*est pas digne de moi. •»
L'exhortation à prendre sa croix et à suivre Jésus se trouve dans les trois synoptiques.
Le insère ici des enseignements du Seigneur sur la prévoyance : Celui qui bâtit une tour, ou un roi qui fait la guerre, se demandent s'ils ont les ressources nécessaires pour mener à terme leur entreprise. Et il conclut : Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. 11 ajoute ensuite une sentence qui rappelle de près une parole du Seigneur dans un discours qui, d'après Me, aurait
été prononcé à Capharnaûm avant le départ de Jésus pour Jérusalem.
Le, « Le sel donc est bon, mais si le sel même est affadi, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? Il n'est plus propre ni pour la terre, ni pour le fumier; on le jettera dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !
Mo IX, 50, Le sel est bon, mais si le sel est dessalé, avec quoi Tassaisonnerez-vous ? Ayez du sel en vous-mêmes et soyez en paix les uns avec les autres. »
Dans le sermon sur la montagne, Mt V, 13, Jésus dit une parole qui rappelle celle-ci : Vous êtes le sel de la terre, mais si le sel est affadi, avec quoi sera-t-il salé? Il n'est plus bon qu'à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes.
Divergences d'expressions :
Le epxsTai — àpTyÔVjdeTai — oute ^ e{*Ô£T6v i^tiv M àxoXouôeï — àXiaOï^iTeTai — oOôèv — lax^zi
Parabole de la brebis perdue.
Le XV, 1-7; Mt xviii, 12-14.
D'après Le, cette parabole fut adressée aux pharisiens et aux scribes qui se scandalisaient de ce que Jésus accueillait les publicains et mangeait avec eux ; d'après Mt, elle le fut aux disciples et à Capharnaûm; les deux paraboles n'ont d'ailleurs que des ressemblances extérieures.
Le, « Quelest l'homme d'entre vous qui, ayant cent brebis, et ayant perdu l'une d'elles, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres au désert et ne va pas après celle qui est perdue jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée ? Et, l'ayant trouvée, il la place, tout
Mt, Que vous en semble? Si un homme a cent brebis et qu'une d'elles s'égare, ne laisset-il pas les quatre-vingt-dixneuf sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s'est égarée? Et s'il arrive qu'il la trouve.
joyeux, sur ses épaules. Et étant arrivé dans la maison, il appelle ses amis et ses voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j*ai trouvé ma brebis qui était perdue. Je vous le dis, il y aura ainsi plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se repent que pour quatrevingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence.
en vérité, je vous dis qu'il en a plus de joie que des quatrevingt-dix-neuf autres qui ne se sont point égarées. »
Dans Mt Jésus parlait des petits enfants ; il conclut donc : « De même, ce n'est pas la volonté de votre Père, qui est dans les cieux, qu'un seul de ces petits périsse. »
Divergences d'expressions :
Le àizokiaai — xataXsiTcei — eOpcli>v
Mt icXavYjô^ — àçelç — làv ysvtjtxi eOpeîv aùxd.
Parabole de la drachme perdue.
Le XV, 8-10.
Quelle femme, ayant dix drachmes, si elle en perd une, ne la cherche avec soin et après l'avoir trouvée n'appelle ses amies pour se réjouir avec elle? Ainsi, il y aura de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.
Parabole de reniant prodigue.
Le XV, 11-32.
Un fils cadet demande à son père sa part d'héritage ; après l'avoir reçue, il part dans un pays éloigné, où il dépense tout son avoir. Réduit à la plus profonde misère, il se repent et revient vers son père, s'accusant de ses fautes. Son père le reçoit avec joie, et célè-
bre des réjouissances à l'occasion du retour du fils prodigue. Le fils aîné s'offense de cette joie et la reproche à son père. Celui-ci répond que tous ses biens sont à lui, mais qu'il devait se réjouir, puisque son frère, qui était mort, est revenu à la vie.
Parabole de l'économe infidèle.
Le XVI, 1-13.
Un économe, qui a commis des malversations, est renvoyé par son maître. 11 remet aux créanciers de son maître une partie de leurs dettes, afin qu'ils le reçoivent dans leurs maisons. Le maître loue la prudence de l'économe. Jésus remarque que la prudence des fils du siècle est plus grande que celle des fils de lumière et il engage ses disciples à se faire des amis avec le Mammon de l'injustice. Il conclut que celui qui est fidèle dans les petites choses l'est dans les grandes et inversement, et s'ils n'ont pas été fidèles dans les richesses injustes, qui leur confiera les véritables? Et s'ils n'ont pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui leur donnera ce qui est à eux?
On ne peut servir deux maîtres.
Le XVI, 13; Mt vi, 24.
Cette sentence est identique dans Le Mt, quoique dîte en des circonstances différentes.
« Nul serviteur. Le, ne peut servir deux mattresy car ou il haïra l'un et aimera Vautre; ou il s'atta^chera à l'un et méprisera Vautre. Vous ne poncez sentir Dieu et Mammon, »
La Loi et les prophètes.
Ix XVI, 14-17; Mt vi, 24; xi, 12-15; v, 18.
Quelques-unes des sentences de ce discours se retrouvent à l'état dispersé dans Mt.
Les pharisiens, qui aimaient l'argent, se moquent de Jésus. Celui-ci leur reproche de se justifier eux-mêmes, mais Dieu les connaît et ce qui est élevé devant les hommes est une abomination devant Dieu. Et il ajoute :
Le, « La Loi et les prophètes ont été jusqu*à Jean; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé et chacun s'en empare par violence.
Mai^ il est plus facile que le ciel et la terre passent qu'il ne l'est qu'une seule lettre de la Loi tombe.
Quiconque renvoie sa femme et en épouse une autre commet un adultère et quiconque épouse celle qui a été renvoyée par son mari commet un adultère.
Mt XI, 13, Car tous les prophètes et la Loi ont prophétisé jusqu'à Jean.
XI, 12, Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à maintenant le royaume des cieux est pris par violence et ce sont les violents qui s'en emparent.
Mt V, 18, Jusqu'à ce que passent le ciel et la terre un iota ou une lettre de la Loi ne passera jusqu'à ce que tout soit accompli.
Mtv, 32, Quiconque renverra sa femme, si ce n'est pour cause d'adultère, la fait devenir adultère et celui qui épouse une femme renvoyée commet un adultère. »
Le même enseignement est répété dans Mt XIX, 9, mais en termes qui se rapprochent davantage de ceux deMcX, 11 (Voir p. 128).
Parabole du riche et de Lazare.
Le XVI, 19-31.
Un homme riche vivait dans le luxe; à sa porte, un pauvre, nommé Lazare, désirait se rassasier des miettes
du riche. Lazare meurt et est porté dans le sein d'Abraham. Le riche meurt aussi; il est enseveli. Dans le séjour des morts, au milieu des souffrances, il voit Lazare heureux, et il prie Abraham de lui envoyer Lazare pour le rafraîchir avec un peu d'eau. Abraham refuse : chacun d'eux a reçu la rétribution due à ses actions. Le riche demande alors que Lazare soit envoyé à ses frères pour les avertir. Abraham répond que ceux-ci ont la Loi et les prophètes. Le riche insiste, mais Abraham ne croit pas que même la résurrection d'un mort les persuade.
Enseignements divers.
Le XVII, 1-6; Mt xviu, 6, 15, 21; xvii, 20.
Ces enseignements de Jésus dans Le se retrouvent dans Me Mt, mais dispersés et en termes assez différents. Sur le scandale, XVII, i, 2, comparez Mt XVIII, 6, 7 et Me IX, 42 (Voir p. 124).
Le, « Prenez garde à vousmêmes. Si ton frère a péché, reprends-le et s'il se repent pardonne-lui.
Mt XVIII, 15. Si ton frère a péché contre toi, va, reprendsle entre toi et lui seul ; s'il t*écoute, tu as gagné ton frère. •
La sentence suivante est présentée dans un autre contexte et différemment dans Mt.
Le, « Et si sept fois le jour il a péché contre toi et si sept fois il est revenu vers toi, disant : Je me repens, tu lui pardonneras.
Mt XVIII, 21, Alors Pierre, s'étant approché, lui dit : Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi et lui pardonnerai-je? Jusqu'à sept fois? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu'à sept fois mais jusqu'à septante fois sept fois. »
D'après Le, le Seigneur ajoute une sentence, dont l'analogue se trouve ailleurs dans Mt.
Le, « Et les apôtres dirent au Seigneur : Augmente-nous la foi. Mais le Seigneur dit : Si vous aviez la foi comme un grain de sénevé vous diriez à ce mûrier : Déracine-toi et plante-toi dans la mer, et il vous obéirait
Mt xvu, 20.
Car, en vérité, je vous dis que, si vous avez la foi comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne : Transportetoi d'ici là, et elle se transportera et rien ne vous sera impossible. »
Il semble bien que toutes ces sentences, rassemblées ici par Le dans un même discours, ont dû exister tout d'abord à l'état flottant, puisque Mt les a placées dans d'autres discours, où elles paraissent quelquefois mieux en accord avec le contexte.
Divergences d'expressions :
Le àvévÔexTov — XuaiteXei — (UTavoi^oY) — tkiytxt — ixpi^^wOiiTt Mt àvdcyxYi — avjif épei — &xou(tt) — èpeîTe — (lerà^a
Les serviteurs inutiles.
Le XVII, 7-10.
Le maître ne se fait pas le serviteur de son domestique, mais au contraire se fait servir par lui et n'a pas de reconnaissance, parce que celui-ci lui a obéi. De même, quand vous aurez fait tout votre devoir, regardez-vous comme des serviteurs inutiles.
Les dix lépreux.
Le xvii, 11-19.
Dix lépreux implorent la pitié de Jésus ; il Içur ordonne d'aller se montrer aux prêtres. En y allant, ils sont guéris. Un seul, un Samaritain, revient et se jette aux. pieds de Jésus. Un seul, un étranger, dit le
254 fflSTOIRE DES UVRES DU NOUVEAU TESTAMENT.
Seigneur, est revenu et a rendu gloire à Dieu. Va, ta foi t'a sauvé.
L'avènement du royaume de Dieu.
Le XVII, 20-37; Mt xxiv, 26-28; 37-41.
Une partie des sentences que Le rapporte ici, se trouve dans Mt dans le discours sur la fin du monde.
Des pharisiens avaient demandé à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Jésus répondit qu'il ne viendrait point de manière à frapper les regards; le royaume de Dieu est au milieu d'eux (au dedans d'euxmêmes).
« Et à ses disciples il dit : Des jours viendront où vous désirerez voir un des jours du Fils de l'homme et vous ne le verrez point. »
Pour les sentences qui suivent sur la venue soudaine du Fils de l'homme : Le XVII, 23-24 = Mt XXIV, 23-27; Me XIII, 21. — V. p. 158; sur la nécessité des souffrances de celui-ci : Le XVII, 25 = Mt XX, 18; Me X, 33. — V. p. 133; sur les temps qui précéderont son arrivée : Le XVII, 26-30 = Mt XXIV, 37-39. — V. p. 160; sur la conduite qu'il faudra tenir pour sauver sa vie : Le XVII, 31 =Mt XXIV, 17, 18; Me XIII, 15,16. — V. p. 158.
« Souvenez-vous delà femme de Lot! » Sur le salut ou la perte de la vie : Le XVII,33; IX, 24; Mt XVI, 25; Me VIII, 35. — V. p. 114; sur le triage qui sera opéré en ces jours : Le XVII, 34,35 = Mt XXIV, 40,41. — V. p. 160.
A une demande des disciples où se passeront ces événements, Jésus répond :
Le. « Là où est le corps, là aussi lesaiglosserassembleront.
Mt XXIV, 28, Où que soit le cadavre, là s'assembleront les aigries. »
Parabole du Juge inique.
Le xviir, 1-8.
Un juge, qui ne craignait point Dieu, finit par rendre justice à une veuve afin de mettre fin aux prières importunes de celle-ci. Dieu n'exaucera-t-il pas la prière persévérante des élus? Mais le Fils de l'homme trouvera-t-il, quand il viendra, de la foi sur la terre?
Parabole du pharisien et du publicain.
Le XVIII, 9-14.
Dans sa prière au temple le pharisien se glorifie de sa propre justice; un publicain, au contraire, avoue qu'il est un pécheur. Celui-ci fut justifié, mais non celui-là; car quiconque s'élève sera abaissé.
Cette dernière sentence se retrouve dans Mt XXIII, 12, adressée aux scribes et aux pharisiens.
Bénédiction des petits enlants.
Le jeune honune riche.
Le XVIII, 15-30; Mt xix, 15--30; Me x, 13-31. — V. p. 129.
Troisième prédiction de la passion.
Le xviii, 31-34; Mt xx, 17-19; Me x, 32-34. — V. p. 133.
L'aveugle de Jéricho.
Le xviii, 35-43; Mt xx, 29-34; Me x, 46-52. —V. p. 136.
Zachée.
Le XIX, 1-10.
Le publicain Zachée monte sur un sycomore pour voir Jésus entrant à Jéricho. Jésus va loger chez lui. Murmures des assistants. Zachée promet de donner la moitié de ses biens aux pauvres et de restituer quatre
fois le tort qu'il a pu faire. Jésus déclare que le salut est entré aujourd'hui dans la maison de Zachée, car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui est perdu.
Cette dernière sentence est dana Mt XVIII, 11, dans un autre discours du Seigneur.
Parabole des talents. — Parabole des mines.
Le XIX, 11-28; Mt xxv, 14-30.
Ces deux paraboles n'auraient pas été, d'après Le Mt, prononcées à la même époque; cependant elles ont des ressemblances d'expressions et de pensées. Elles peuvent donc être mises en parallèle.
« Or, comme ils écoutaient ces choses, Jésus, continuant, dit une parabole parce qu'il était près de Jérusalem et qu'ils pensaient que le royaume de Dieu allait paraître à l'instant, Le.
Le, « Il dit donc : Un homme de haute naissance s'en alla dans un pays lointain pour prendre possession d'un royaume et revenir. Or, ayant appelé dix de ses serviteurs, il leur donna dix mines et leur dit : Faites-les valoir jusqu'à ce que je revienne. Mais ses concitoyens le haïssaient, et ils envoyèrent après lui une ambassade pour dire : Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous.
Et il arriva, lorsqu'il revint,
Mt, Car il en sera comme d'un homme qui partant en voyage,
appela ses serviteurs et leur remit ses biens. Et à l'un il donna cinq talents, à l'autre deux, à l'autre un, chacun selon sa propre force, et il partit.
Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents, s'en étant allé, les fit valoir et il gagna cinq autres talents. De même, celui qui en avait deux en gagna deux autres. Mais celui qui en avait reçu un, s'en étant allé.
après avoir pris possession de son royaume, qu'il dit d'appeler près de lui ces serviteurs auxquels il avait donné de l'argent, afin qu'il sache comment chacun l'avait fait valoir. Et le premier se présenta, disant :
Seigneur, ta mine a produit dix mines.
Et il lui dit : Bien, bon serviteur, parce que tu as été fidèle en une moindre chose, aie puissance sur dix villes. Et le second vint, disant : Ta mine.
Seigneur, a produit cinq mines.
Et il dit à celui-ci : Et toi, sois établi sur cinq villes.
Et l'autre vint, disant : Seigneur, voici ta mine, que j'ai tenue enveloppée dans un linge, car je te craignais, parce que tu es un homme sévère; tu enlèves ce que tu n'as pas déposé et tu moissonnes ce que tu n'as pas semé.
Il lui dit : Je te juge sur tes propres paroles, méchant serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, enlevant ce que je n'ai pas déposé et moissonnant ce que je n'ai pas semé. Et pourquoi n'as-tu pas mis mon argent dans une banque et moi, à mon retour, je l'aurais retiré avec les intérêts? Et il dit à ceux qui étaient
creusa dans la terre et cacha l'argent de son maître. Or, après beaucoup de temps, le maître de ces serviteurs revient et règle ses comptes avec eux.
Et s'étant approché, celui qui avait reçu les cinq talents, présenta cinq autres talents, disant : Seigneur, tu m'as remis cinq talents, voici que j'ai gagné cinq autres talents. Son maître lui dit : Bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle sur peu de choses, je t'établirai sur beaucoup, entre dans la joie de ton Seigneur. Or, celui qui avait reçu deux talents, s'étant approché, dit :
Seigneur, tu m'as remis deux talents, voici que j'ai gagné deux autres talents. Son maître lui dit : Bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle sur peu de choses, je t'établirai sur beaucoup, entre dans la joie de ton Seigneur. Mais celui qui avait reçu un talent s'étant approché dit : Seigneur, sachant que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui ramasses où tu n'as pas répandu, j'ai eu peur; je suis allé cacher ton talent dans la terre; le voici, tu as ce qui est à toi.
Mais son maître prenant la parole, lui dit : Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé et que je ramasse où je n'ai pas répandu; il te fallait donc porter mon argent chez les banquiers, et à mon retour j'aurais retiré ce qui est à moi avez l'intérêt. Enlevezlui donc le talent et donnez-le
présents : Enlevez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines. Et ils lui dirent :
Seigneur, il a dix mines. Car je vous dis qu'à quiconque a il lui sera donné, mais pour celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé. Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je régnasse sur eux, conduisez-les ici et tuez-les devant moi.
à celui qui a dix talents. Car à quiconque a il lui sera donné et il sera dans l'abondance.
Mais à celui qui n'a pas on lui enlèvera même ce qu'il a.
Et jetez le serviteur inutile dans les ténèbres extérieures.
Là il y aura des pleurs et le grincement des dents. Cf. Mt vm, 12; xur, 42, 50; xxii, 13; xxiv, 51 ; Le xin, 28. »
Le conclut qu'après ces paroles Jésus marchait devant eux montant à Jérusalem.