III. SOURCES PARTICULIÈRES AUX ÉVANGILES — En de
hors de Marc et du recueil de discours, Matthieu et Luc ont eu chacun leurs sources particulières.
1° Matthieu, — Outre les deux premiers chapitres, nous trouvons encore dans le premier évangile 27 péricopes : V, 17-37; VI, 1-8; VII, 12-23; XIII, 24-30; 36-52; IX, 27-34; XVIII, 15-35; XX, 1-16; XXI, 28-32; XXV, 1-46, etc. qui lui sont propres. Les a-t-il empruntées à la tradition orale, ou à des écrits séparés ou à un évangile complet, inconnu à Marc, Luc? Impossible de le déterminer. Remarquons seulement que, sauf les récits de l'enfance et quatre incidents de la passion, Matthieu n'a de particulier qu'un seul récit, la guérison de deux aveugles et d'un muet, IX, 27-34; tout le reste, ce sont des discours du Seigneur.
2^ Luc. — Outre les deux premiers chapftres, il y a encore dans le troisième évangile 39 péricopes, qui lui sont propres : VII, 11-17; 36-50;. XII, 2-12; X, 1-XIV, 14; XV, 8-XVIII, 14, etc. Ces passages viennent-ils d'une source écrite, en particulier d'une source hiérosolymitaine, imprégnée d'ébionitisme? S'il en est parmi eux qui ont cette teinte, ce que nous examinerons plus tard, il en est qui en sont absolument purs. Cette prétendue teinte ébionite se retrouve d'ailleurs dans certaines parties communes aux trois synoptiques, ce qui prouve que ces doctrines, que l'on a qualifiées d'ébionites, viennent de Notre-Seigneur et que ce sont les Ébionites qui les ont empruntées aux évangiles et les ont déformées et exagérées. Quoi qu'il en soit, ces passages particuliers à Luc sont-ils des récits ou des discours détachés, que celui-ci a recueillis et disposés à son gré? Nous nous en occuperons plus tard.