Id. m, XXXIX
Avant de rapporter le témoignage de Papias sur les évangiles, rappelons à quelles sources il avait puisé ses renseignements. Il déclare^ qu'il ne croyait pas tirer autant de profit des livres que de la voix vivante et permanente. Mais il ne se plaisait pas à écouter ceux qui avaient beaucoup à dire ou qui rapportaient des commandements* étrangers, IvToXiç ^XXoTpia;, mais il écoutait ceux qui rapportaient les enseignements de la foi donnés par le Seigneur.
Papias rapporte donc les choses qu'il a autrefois, itotè, apprises sûrement, xaXoK, des presbytres et qu'il a retenues fidèlement. Ces presbytres étaient-ils les apôtres et les disciples du Seigneur ? Lightfoot, Godet l'ont soutenu. Cela ressortirait du texte d'Irénée ^ : « Papias a été auditeur de Jean ». De plus, Papias paraît distinguer les presbytres, qu'il a entendus lui-même, autrefois, de ceux qui avaient suivi les presbytres et qu'il écoute actuellement. Mais Eusèbe affirme le contraire : « Papias lui-même dans la préface à ses discours ne dit en aucune façon qu'il a été lui-même un auditeur et un témoin oculaire des saints apôtres, mais il montre par les paroles, dont il se sert, qu'il a reçu les doctrines de la foi de ceux qui étaient leurs amis ^. » Et il cite ensuite un long passage de Papias, d'où il semble cependant résulter que celui-ci a été le disciple des apôtres. Toutefois, comme cette conclusion repose uniquement sur le sens à donner au mot irpeçèuiepoc et sur l'identification des deux Jean, que nomme Papias, il y a lieu de n'être pas trop affirmatif. Quoi qu'il en soit, Papias répète ce qu'il a appris peut-être directement des apôtres ; tout au moins, de ceux qui avaient entendu les apôtres.