Esdras, II. v
Moïse, et à partir de la fête des tabernacles qui tombait le 1°* jour du 7° mois après le retour, les sacrifices quotidiens furent rétablis pour continuer sans interruption.
Le nouveau temple n’était pas encore fondé ! ; mais l'on s’en occupa activement à partir de ce moment, grâce à l'insistance des prophètes Haggée et Zacharie. Des tailleurs de pierre et des charpentiers furent rassemblés, et reçurent une solde en argent. Des Sidoniens et des Tyriens furent engagés aussi, moyennant un salaire en vivres, pour aller chercher au Liban des bois de cèdre, qu’ils devaient amener dans le port de Japho (Jaffa), suivant la teneur de l’édit concédé par Cyrus ?.
Six mois plus tard, Zorobabel et le grand prêtre Josuë, fils de Josaddok, confiaient aux lévites âgés de 20 ans et au-dessus, l’œuvre de reconstruction du temple, à laquelle ils pouvaient seuls prendre une part effective. Le travail commença et lors que les fondations furent posées, les cohenim revêtus de leurs ornements sacerdotaux, se réunirent avec leurs trompettes, aux lévites fils d’Assaph, portant leurs cymbales, pour célébrer les louanges de Jéhovah, comme on l'avait fait du temps du roi David. Tous entonnèrent les hymnes d’actions de grâces, auxquelles le peuple répondit par ses acclamations Mn parce que le temple de Jéhovah était enfin fondé.
Mais tous étaient loin de prendre part à cette joie bruyante; parmi les prêtres, les lévites et Les chefs de famille, il y avait des vieillards, qui avaient vu de leurs yeux l’ancien temple, et qui gémissaient en le comparant, dans leur souvenir, au temple si pauvre qu’il leur était permis de rebâtir. Heureusement les cris de joie du peuple couvrirent les gémissements intempestifs de ceux qui s’affligeaient.
Les voisins de la Judée, ces ennemis nés du Judaïsme, ne pouvaient voir sans envie la renaissance de Jérusalem. Entraver à tout prix le nouvel essor de la nation revenue de l'exil, fut
1. Esdras. TT, v. 1 à 6. (720 av. J.-C.) 2. Esdras. III, v. 7. et V, v. 1 et 2.
aussitôt le but qu'ils se proposèrent. Chose étrange! il paraît certain que la reconstruction du temple fut surtout ce qui excita la jalousie. « Les adversaires de Juda et de Benjamin, dit le livre » d’Esdras!, ayant appris que les fils de l’exil bâtissaient un » temple à Jéhovah Dieu d'Israël, vinrent trouver Zorobabel et » les chefs de famille et leur dirent: Nous bâtirons avec vous; » car autant que vous, nous voulons honorer votre Dieu, puis- » que c’est à lui que nous offrons des sacrifices, depuis le temps » d’Asarhaddon, roi d’Assyrie, qui nous amena ici. Zorobabel, » le grand prêtre Josuë et les chefs de famille les éconduisirent » en leur répondant: Ge n’est pas votre affaire de bâtir avec nous » le temple de notre Dieu ; nous seuls nous construirons le » temple de Jéhovah, Dieu d'Israël. C’est l’ordre que nous » avons reçu de Gyrus, roi de Perse. »
Cette tentative ouverte ayant échoué, les intrigues secrètes recommencèrent. Tout en essayant de l’intimidation, on eut recours aux dénonciations que l’on obtenait à prix d’or des administrateurs du pays. De Cyrus à Darius cette persécution avait été continuelle. Les premiers délateurs soudoyés des Cuthéens, car c’est bien de ceux-ci que partait le coup, furent Baslam, Mithradate et Thobel, qui envoyèrent au roi Artaxerxès” (lisez : Cambyse, 529 av. J.-C.) une lettre conçue en écriture et en langue araméennes. Puis ce fut le tour de Réhoum l’historiographe, (Bâal-Thâam), et de Chamsi le grammate, parlant au nem de lanation Cuthéenne transplantée de Médie en Samarie *.
Leur dépêche a été reproduite plus haut, à propos du récit de Josèphe qui l’a transcrite presque textuellement, en nous en faisant connaître les fâcheuses conséquences. Le récit du livre