Esdras. X. v. 1 à #4. (397 av. J-C.) A JXL III
conçue : Celui-ci est Gomatah le Mage qui a menti, disant : Je suis Smartiyah, Roi...
Ce Gomatah, c’est le faux Smerdis, dont le véritable nom, ainsi que nous venons de le dire, était Smartiyah.
Mais continuons à lire Josèphe. Darius pendant qu’il était encore de condition privée, avait conçu le projet ambitieux de s’emparer du trône des Perses, et il avait fait à Dieu le vœu de restituer au temple de Jérusalem tout ce qui pouvait rester encore de vases sacrés, provenant du pillage de ce temple, s’il réussissait dans ses desseins. Aussitôt qu’il eut reçu la couronne, Zorobabel qui depuis longtemps était lié d'amitié avec le nouveau Roi, et qui avait été un prince des Juifs rentrés dans leur patrie, Zorobabel s'empressa de partir de Jérusalem, et d'apporter ses félicitations à Darius; celui-ci sensible à cette preuve d'affection, chargea Zorobabel, avec deux autres personnages, de la garde spéciale de sa personne, et il combla des plus grands honneurs son ami qui, du reste, avait compté sur cette bienveillance du souverain !. |
Ici nous nous dispenserons de copier notre historien, et de lui emprunter la longue narration qu’il fait, à propos de la question proposée par le monarque à ses trois satellites, pendant une nuit d’insomnie, qui suivit un immense festin donné dans la 1" année de son règne à tous ses parents, aux grands personnages de sa cour, aux princes des Mèdes, aux satrapes des Perses, aux Toparques qui gouvernaient en son nom, depuis l'Inde jusqu’à l’Éthiopie, et aux généraux d'armée répandus dans les 127 satrapies de son empire immense. La question était celle-ci : Qui a le plus de puissance du vin, de la royauté, des femmes et de la vérité ? Les prérogatives les plus magnifiques étaient réservées à celui des trois qui résoudrait la question, avec le plus de raison et de sagesse ?.
Le lendemain Darius reçut en audience solonnelle les réponses
1 EXT. [ITU “Aus XIe LL, 2.
qu'il avait provoquées. Des deux premiers, l’un pencha pour le vin, et le second pour la royauté. Lorsque le tour de Zorobabel fut venu, il commença par exalter la puissance des femmes, pour en venir à mettre bien au-dessus de cette puissance, celle de la vérité !.
Le succès de Zorobabel fut complet; tous les assistants s’écrièrent qu'il avait remporté le prix, et Darius enchanté lui dit de lui demander la grâce qu’il voudrait, en outre de toutes les récompenses qu'il avait lui-même spontanément promises. Zorobabel saisit l’occasion avec le plus vif empressement, et rappela au roi le vœu par lequel il s'était lié, lorsqu'il aspirait à la royauté.
— Tu as promis de relever Jérusalem, d’y rétablir le temple de Jéhovah, et de restituer à ce temple les vases sacrés que Nabuchodonosor en a enlevés. Accomplis fidèlement ton vœu, voilà la grâce que je te demande, pour user de la faculté que tu as daigné m'’accorder ?.
Darius se leva, embrassa Zorobabelet lui accorda sur-le-champ sa requête ; l’ordre fut envoyé à tous les Toparques et à tous les satrapes, de faire escorte à Zorobabel et à ses compagnons qui se rendaient à Jérusalem, pour relever cette ville de ses ruines.
Les gouverneurs de la Syrie et de la Phénicie furent chargés, par dépêches expresses, de faire couper dans le Liban et de transporter à Jérusalem, tout le bois de cèdre nécessaire aux constructions. Tous ceux des captifs désireux de retourner à Jérusalem, furent rendus à la liberté, par un décret spécial, qui les exemptait de toute espèce d'impôts. Les Iduméens, les Samaritains, et les Assyriens reçurent l’ordre de remettre entre les mains des Juifs, toutes les bourgades juives qu’ils détenaient, et, qui plus est, de contribuer, pour une somme de cinquante talents, aux frais de la reconstruction du temple. Les Juifs reçurent en outre la faculté de se livrer à toutes les prescriptions de la loi relative
DA Je XI: 1113 à 6.
au culte de leurs pères. Tous les ornements sacerdotaux et tout le mobilier sacré devaient être confectionnés aux frais du trésor royal, aussi bien que les instruments de musique avec lesquels les lévites célébraient les louanges du Très Haut. Les gardiens de la ville et du temple devaient recevoir des apanages en terres, avec les émoluments nécessaires pour subvenir aux besoins de la vie. Enfin ce qui restait à Babylone de vases sacrés provenant de Jérusalem y fut renvoyé. En un mot Darius acheva l’œuvre de réparation que Cyrus avait commencée, dix-sept ans auparavant !. :
.Josèphe donne ensuite quelques détails sur la marche de la colonne des émigrants, voyageant sous la protection d’une escorte envoyée par Darius, et se livrant à l’explosion de sa joie, pendant toute la durée du trajet ?.
Puis viennent des chiffres ayant la prétention de nous faire connaître le nombre des Juifs de la tribu de Juda et de Benjamin qui rentrèrent à Jérusalem et dans le pays avoisinant, sous la conduite de Zorobabel. De ces chiffres évidemment empruntés au livre d'Esdras, quelques-uns ont été copiés très exactement, tandis que d’autres semblent n'avoir pu être écrits que par un insensé ! Heureusement nous pouvons nous en prendre aux copistes et exonérer Josèphe de la responsabilité que feraient peser sur sa véracité ces chiffres fabuleux. Ainsi, par exemple, notre historien veut-il donner à ses lecteurs le total des membres âgés de plus de douze ans, des tribus de Juda et de Benjamin, qui rentrèrent cette fois en Judée? il écrit, sans sourciller, qu’il y en avait 462 myriades, et 8000, c’est-à-dire 4 millions et 628 mille !!!
Le livre d’Esdras (IT, v.64), ainsi quenousl’avons vu, dit 42,360. Les lévites, dit Josèphe, étaient au nombre de 74 : le livre d'Esdras (IT, v. 40) dit 47 ; ici les unités ont remplacé les dizaines et réciproquement ; la masse des femmes et des enfants, dit Josèphe, comptait 40,742 âmes ; le livre d'Esdras n’en parle pas.