‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 4 sur 110 · En 599. av. J. C. — A.J. X. VII. I · texte numérisé non relu

En 599. av. J. C. — A.J. X. VII. I

3. Le chapitre LII de Jérémie que, soit dit en passant, il est impossible de considérer comme écrit par le prophète, doit être attribué vraisemblablement aux doc, teurs de la grande synagogue ( 55727 nD33 WIN ).

Le premier verset est ainsi cunçu : « 40 Sédékias était âgé de 21 ans, quand il de- |

» vint roi, et il régna 11 ans sur Jérusalem. Le nom de sa mère était Hamoutal, » fille de Jirmiahou de Libna. » Nous devons remarquer que Josèphe donne pour

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Tout son entourage, tous ses favoris étaient aussi dépravés que lui, et la nation entière vivait sans foi ni loi. Le prophète Jérémie revenait sans cesse à la charge et suppliait le roi, au nom de Jéhovah, de se séparer des pervers qui le poussaient à sa perte, de s'abstenir de l'injustice, et de refuser toute croyance aux paroles des faux prophètes qui lui promettaient que le roi de Babylone ne viendrait plus assiéger Jérusalem, parce que les Égyptiens l’en empêcheraient. Sédékias était assez disposé à écouter Jérémie ; mais ses amis ne cessaient de le détourner de la bonne voie, et ils finissaient toujours par avoir le dessus.

Ézéchiel qui était à Babylone, sachant ce qui se passait à la cour de Sédékias, envoya (en 589 av. J.-C.) à Jérusalem, une prophétie écrite, et qui annonçait les mêmes désastres. Les prophètes étaient d'accord sur les faits généraux, à savoir que : Jérusalem serait assiégée et prise, et Sédékias emmené en captivité; mais leurs prédictions différaient en ceci, que lun, Ézéchiel, affirmait que Sédékias ne verrait pas Babylone et l’autre, Jérémie, que le roi de Babylone y emmènerait Sédékias, chargé de chaines. Cette divergence fut immédiatement saisie et alléguée par les conseillers de Sédékias, comme preuve du peu de foi que méritaient les deux prétendus envoyés de Jéhovah. Il n’en fallut pas plus pour que le roi de Juda s’obstinât à marcher dans la voie fatale qui devait le mener à sa ruine.

à voir que les deux prophètes avaient

Nous ne tarderons pas raison, chacun de son côté !. Sédékias après avoir fidèlement observé pendant huit années

mère à Joakim (A. J. X. V. 21) Zabouda, femme née à Abouma, tandis que c’est à Joakhaz, fils de Josias, qu’il donne pour mère Amilala de Libna, dans laquelle il est facile de reconnaître l'Hamouthal fille de Jirmiahou de Lobna. Il y à là quelque confusion que complique encore l’identité de règne et de destinée de Joakhaz et de Joakim. Quoi qu’il en soit, nous n’hésitons pas à accepter la version biblique. Sédékias était donc fils d'Hamoutal et non de Zabouda, et par conséquent frère de mère

de Joakhaz et non de Joakim. (Rois, II. XXIV, v. 18 à 20. — Chron., Il. XXXVI, v. 9 à 10.)

1. Jérémie, Passim. — À. J.X. VII. 21. Chron., II. XXXIV, v. 16.

CHUTE DE LA DYNASTIE DE DAVID. à 19

les clauses du traité qu’il avait conclu avec le roi de Babylone, crut avoir trouvé le moyen de secouer le joug, en passant aux Égyptiens. Il était poussé par l’espérance que l’appui de ceux-ci lui suffirait pour avoir raison de son puissant ennemi. Nabuchodonosor fut promptement informé de ces menées du roi de Juda. Une puissante armée fut lancée sur ses États ; toutes les villes ouvertes ou fermées furent rapidement enlevées, et le siège fut mis devant la capitale. Le roi d'Égypte Apriès voulant faire honneur au traité d’alliance offensive et défensive qu'il avait conclu avec Sédékias, accourut de son côté en Judée, pour forcer les Babyloniens à lever le siège de Jérusalem. Il y réussit en effet, mais à ses dépens ; car l’armée babylonienne se lança tout entière au-devant de son nouvel adversaire qu’elle battit à plate couture et rejeta bien loin des frontières de la Syrie.

Que se passa-t-1l à Jérusalem, au moment où les troupes de Nabuchodonosor s’en éloignaient? L’allégresse y fut grande, et comme le temps était aux prophètes, on vit surgir une foule de prétendus envoyés de Jéhovah qui caressaient à qui mieux mieux les espérances de Sédékias, en lui affirmant de la part de Dieu, qu'il n'avait plus rien à redouter des Babyloniens, que jamais il ne serait emmené en captivité, et qu’au contraire tous les anciens captifs transportés au delà de l’Euphrate ne tarderaient pas à revoir leur patrie, en rapportant avec eux les vases sacrés dont le conquérant avait dépouillé le temple.

Jérémie tint tête à ses contradicteurs, et, malheureusement pour le roi de Juda, déclara publiquement et nettement ce qui allait arriver. — « On abuse méchamment le roi, dit-il; car il » n’a rien de bon à attendre de l'alliance Égyptienne. Le Ba- » bylonien, aussitôt qu’il aura eu raison de l’Égyptien, repa- ».raîtra devant vos murailles ; pendant le siège qui va vous » étreindre, la famine vous tuera; tous ceux qui survivront » seront emmenés en captivité. Tous vos biens seront pillés, » votre temple sera non seulement dépouillé de ses richesses, » mais encore livré aux flammes ; votre ville sera rasée et vous

» serez les esclaves du roi de Babylone et de ses successeurs » pendant soixante-dix années, au bout desquelles les Mèdes et » les Perses vous délivreront de la servitude, en renversant » l'empire de Babylone. Ils vous rendront la liberté et vous per- » mettront de rentrer dans cette terre; alors Jérusalem sera » relevée et vous reconstruirez un nouveau temple. »

Ces paroles de Jérémie étaient accueillies avec une triste . confiance de la part de ses auditeurs ; mais les gens de la cour et les impies Je traitaient de fou dangereux. Jérémie crut donc prudent de se réfugier dans sa ville natale, Anathôt, qui était située à vingt stades de Jérusalem *.

Au moment où il se présentait à la porte de la ville pour en sortir (c'était à la porte de Benjamin), Sérayah-ben-Salméah qui était préposé à la garde de cette porte, l’arrêta sous le prétexte qu’il voulait passer aux Babyloniens. Le prophète eut beau se récrier contre cette accusation calomnieuse ; il n’en fut pas moins appréhendé au corps, et conduit devant les magistrats qui devaient le juger. On lui fit subir les plus cruels traitements et on le jeta en prison, pour qu’il y attendiît le supplice qui lui était réservé ?. |

Le dixième jour du dixième mois de la neuvième année du règne de Sédékias (589 ans av. J.-C.) l’armée babylonienne reparut devant les murailles de Jérusalem dont le siège fut immédiatement commencé. Ce siège désastreux dura dix-huit mois et fut accompagné de toutes les misères pour les malheureux Juifs. La famine et la peste ne se firent pas attendre et sévirent cruellement sur la population.

Tout prisonnier qu'il était, Jérémie ne se lassait pas de donner des avertissements salutaires; et à travers les barreaux

1. Aujourd'hui Anatha — 20 stades de 185 mètres font 3,700 mètres, et Anatha est à 4 kilom. au nord de Jérusalem, quelques degrés est.

2. À. J. X. VIT. 3. — Jérémie. Chap. XXXVII et XXXVIII. Le Prophète fut enfermé dans la maison de Jonathan le Grammate, dont on avait fait une prison. Jér., XXX VII, v. 45.

de son cachot, il criait au peuple de s’empresser d'ouvrir aux Babyloniens les portes de leur ville, leur promettant le salut de tous, s'ils agissaient ainsi, mais leur annonçant qu'ils périraient jusqu’au dernier, s’ils refusaient de l'écouter, la faim ou le fer ennemi devant avoir raison d’eux. Ces menaces n’ébranlèrent en rien l’opiniâtreté des grands du royaume; loin de là ! les lamentables prédictions du prophète les mirent en fureur, ils allèrent donc trouver le roi et lui représentèrent que ce misérable fou enlevait tout courage au peuple ; que pour eux ils étaient prêts à mourir pour le roi et la patrie, tandis que Jérémie les poussait à trahir cette sainte cause, et à passer à l'ennemi, en les menaçant de la destruction prochaine et complète de Jérusalem .

Sédékias, ainsi que nous l'avons déjà dit, n’était pas mal disposé envers Jérémie. Quelle que fût la cause de cette bienveillance, il se refusait à condamner à mort l’homme dont les paroles faisaient malgré lui une certaine impression sur son esprit. D’un autre côté il ne voulait pas irriter ses amis et il crut s'affranchir de toute responsabilité par une simple capitulation de conscience. Il livra donc Jérémie à ses accusateurs, pour que ceux-ci en fissent justice comme ils l’entendraient. Une fois maîtres de sa vie, ils envahirent Ja prison, en arrachèrent Jérémie et le jetèrent dans une citerne fangeuse, afin qu'il y périît étouffé dans la boue. Le malheureux s’y enfonça jusqu’à la gorge et échappa néanmoins à l’asphyxie *.

Un des eunuques favoris du roi, Éthiopien d’origine, et nommé Abd-Melekh, s’indigna de l’horrible supplice infligé à Jérémie. Il courut aussitôt vers Sédékias qui siégeait près de la porte de Benjamin, et lui dénonça l’acte qui venait de s’accomplir, et qui était une abominable aggravation de peine pour le

RAA X VII. £.

2. Jérémie nous a conservé les noms de ces implacables bourreaux, c'étaient Schefatiah-ben-Mathan, Djedeliahou-ben-Faskhour, Ioukal-ben-Chelemiahou et Faskhour-ben-Malkiah. Jérémie XXXVIII, v. 1.

condamné. Sédékias en apprenant le crime que ses amis avaient tenté de commettre, s’en montra fort irrité; il se repentit de les avoir laissés libres de disposer à leur gré de la vie du prophète, et chargea l’Éthiopien de prendre en hâte trente des gardes qui l’entouraient, pour aller incontinent tirer Jérémie de la fosse où il était en péril. Quelques instants après, Jérémie était sauvé et enfermé dans la cour de la prison”.

Sédékias toujours préoccupé, malgré lui, des prédictions de Jérémie, eut l’idée de le consulter en secret. Il le fit donc venir dans son palais et lui demanda si réellement il avait quelque chose à lui annoncer de la part de Jéhovah. — Certainement, lui répondit le prophète, mais à quoi bon te parler, puisque tu ne suivras pas mes conseils? et d’ailleurs quelle confiance puis-je avoir en toi ? Quel mal avais-je fait pour que tes amis, auxquels tu m'as livré, voulussent me faire subirune mort aussi affreuse ? Que sont devenus les hommes qui te trompaient, en te prédisant que les Babyloniensnerecommenceraient paslaguerrecontre toi? d’ailleurs si jete dis la vérité ne me feras-tu pas tuer ? — Sédékias s’empressa de lui jurer qu’il pouvait parler sans crainte, qu'il aurait la vie sauve, et qu’il ne le livrerait pas à ses ennemis. — Hé bien, ajouta Jérémie à qui la parole du roi avait rendu confiance, crois-moi, ouvre les portes de Jérusalem aux Babyloniens; car c’est l’ordre de Dieu lui-même qui t’arrive par ma bouche. Tu n’as pas d'autre moyen de salut contre le danger qui menace ta tête ; en faisant ce que je dis, tu empêcheras la ruine de la ville et du temple ; en ne le faisant pas, tu deviendras l’auteur de toutes les calamités qui fondront bientôt sur ton peuple. — Sédékias effrayé répondit que son intention était bien d’obéir à ses avis, mais que la crainte des Juifs transfuges le retenait seule, qu’il redoutait les dénonciations de ces traîtres, dont les fausses insinuations pourraient le faire condamner au supplice. Le prophète le rassura de son mieux, et lui affirma que cette

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