Jérémie, XXXVIIL, v, 4 à 43. — A. J, X, VII
crainte était chimérique.— Livre la ville, disait-il, il ne sera fait aucun mal, ni.à toi, ni à tes enfants, ni à tes femmes, et le temple du Très-Haut sera respecté !
Après cette conversation secrète, le Roi congédia Jérémie, en lui recommandant de ne révéler à personne ce qu’ils venaient de se dire. Quant aux grands personnages de la cour, il lui conseilla, dans le cas où ils auraient vent de cet éntretien caché, et où ils l’interrogeraient, de ne répondre qu’une seule chose : à savoir qu’il n’avait paru devant le Roi que pour lui demander sa grâce et sa liberté. La précaution était bonne ; les questions ne furent point épargnées à Jérémie, et il s’en tira en ne disant que ce que Sédékias lui avait conseillé de dire‘.
Cependant le siège de Jérusalem était poussé avec vigueur. D’énormes aggeres avaient été construits par les Babyloniens qui y avaient établi des tours élevées, du haut desquelles ils chassaient des murailles les défenseurs de la ville. La résistance fut aussi opiniâtre que l’attaque, malgré la famine et la peste qui désolaient Jérusalem. Ce ne fut qu’au bout de dix-huit mois que ses défenseurs se virent, pour ainsi dire, anéantis par la maladie et par le fer ennemi. Le sort de Jérusalem devait fatalement s’accomplir *. |
La ville fut prise vers minuit, le 9° jour du quatrième mois de l'an XJ du règne de Sédékias, (558 avant J-C.) ÿ.
Nabuchodonosor n'était pas présent; il attendait l'issue du siège à Rablata, ville syrienne du pays de Hamath.
Les noms des principaux chefs de l’armée babylonienne nous ont été conservés par Jérémie, et il est fort heureux qu'il ne les ait pas négligés, car ces noms tels qu’ils se trouvent dans le livre de Josèphe sont dans un état de mutilation tel, grâce aux altérations successives des copistes, qu'il serait absolument impossible de les reconnaître. Voici ces noms : Nergal-Sarazar,
1. Jérémie. XXX VII, v.19 à 21.—XXX VIII, v. 14 à 28.—Josèphe A. J, X. VIL. 6, Ja Xe VII 4: