II. Machab. IV, v. 1 à
peuplejuifparla bienveillance du Roï, furent abolis, et lesabominables innovations qu’il avait rêvées furent mises en vigueur, au mépris des droits des citoyens. Le gymnase fut aussitôt établi au pied des murailles de la citadelle, et les plus illustres des jeunes éphèbes furent placés dans les lupanars. A partir de ce moment, les prêtres commencèrent à ne plus paraître à l'autel ; désertant le temple et les sacrifices, on les vit se livrer à l’envi à la palestre et aux exercices gymnastiques, et ne plus montrer
de zèle que pour acquérir la vaine renommée à laquelle aspi-
raient les Grecs, persécuteurs de leur race!.
L'année suivante (174 av. J.-C.), des jeux quinquennaux, en l'honneur d’'Hercule, allaient se célébrer à Tyr, où le roi Antiochus s'était rendu. Jason osa envoyer au roi trois cents didrachmes d'argent, destinés à payer un sacrifice à Hercule. Les hommes que le grand prêtre avait chargés de porter cette somme, tout pervertis qu’ils fûssent, eurent honte de la mission impie qu'ils avaient acceptée, et supplièrent le Roi d'employer cette somme à quelque autre dépense que le sacrifice à Hercule; Antiochus eut la pudeur de destiner cet argent à la construction des irirèmes royales, par égard pour les postulants *?.
À cette époque, Antiochus Épiphane envoya Appollonius, fils de Mnesthæus, préfet de Cœlésyrie, à Rome, avec le tribut et des présents magnifiques; il réussit de la sorte à se faire reconnaître roi et allié des Romains (173 av. J.-C).
Dans cette même année, Cléopâtre, fille d’'Antiochus III et mère de Ptolémée Philométor, vint à mourir. Aussitôt Antiochus Épiphane revendiqua la Cælésyrie et la Phénicie, et refusa de reconnaître les droits du roi d'Égypte à tout revenu perçu sur ces provinces, à titre de dot de sa mère. Ptolémée Philométor avait déjà célébré les fêtes de son intronisation!, lorsque Appollonius, à son retour de Rome, fut envoyé à Alexandrie, en qualité d’ambassadeur, pour traiter cette grave question d'intérêts. :
1, Mach, I ,:v. 19 à 16, I Mach. LV, v. 7rà 17. 2. II. Mach. IV, v. 18.à 20.
Appollonius trouva naturellement le nouveau Roi fort mal disposé à accueillir les étranges prétentions d’Antiochus, et celuici se disposa à les soutenir par les armes. Il se rendit, par Joppé, à Jérusalem, où Jason lui fit la plus somptueuse réception, et il partit de là pour l'Égypte, à la tête de son armée *.
Il y avait déjà trois ans que Jason jouissait du souverain pontificat, lorsqu'il eut la malencontreuse idée d’envoyer auprès du Roi, son frère Ménélas, porteur d’une somme considérable qu’il devait lui remettre, en prenant ses ordres sur quelques sujets importants *.
Ménélas, en digne frère de Jason, n’eut rien de plus pressé que de promettre à Antiochus trois cents talents de plus que n’en avait payé Jason, s’il voulait dépouiller celui-ci de la tiare, pour la faire passer sur sa tête. Il n’en fallait pas tant pour acheter la faveur royale ; Ménélas reçut l'investiture qu’il sollicitait, et ce misérable courut à Jérusalem chasser, à son tour, Jason qui avait supplanté criminellement son frère Onias, trois ans auparavant. Jason dut fuir et se réfugier en Ammonitide *.
Lorsqu'il fallut tenir les engagements qu’il avait pris avec le roi, Ménélas se vitdans l'impossibilité de le faire. La citadelle de Jérusalem était alors occupée par le grec Sostrate qui suffisait amplement pour pressurer et ruiner le peuple; c'était lui en effet à qui appartenait la perception des impôts. Il exigea donc la remise de la somme promise, et Ménélas eut la maladresse de se plaindre de ce que Sostrate l’'empêchait d'exécuter l’engagement qu’il avait souscrit. Tous les deux furent appelés devant le Roi, pour expliquer leur conduite ; naturellement le Juif eut tort, et Antiochus convaincu qu’il avait été pris pour dupe, dé-
4, IL. Mach. IV, v. 21 et 22.