‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 57 sur 110 · Mach..V, v. 24 à · texte numérisé non relu

Mach..V, v. 24 à

2. I. Mach. v.1-30; À. J. XII. V. 4. Dans ce passage Josèphe nous donne la date de cet affreux événement. C’est le 25 du mois de Khaslew (apellæus des Grecs) de l'an 145 de l'ère des Séleucides, (coïncidant avec l'an 168 av. J.-C.), dans la 1538 olympiade. C’est à ce moment seulement que Josèphe rapporte le pillage du temple, lequel avait eu réellement lieu deux années auparavant ; du reste nous avons reproduit plus haut le récit de cet événement, emprunté à l'historien des Juifs.

Ag © LES MACHABÉES.

dont ce pays fut frappé coup sur coup, eurent la faiblesse d'accepter une superstition surannée, et d'adopter la coutume de célébrer le jour que les Juifs appellent sabbat. Construisant alors un temple sur le sommet du mont Garizim, ils prirent l'habitude d’y offrir des sacrifices solennels à un Dieu qui n’a pas de nom. Maintenant qu'il a semblé bon à ta Majesté de traiter les Juifs comme ils le méritaient par leur perversité, les ministres du Roi nous croyant unis aux Juifs par les liens du sang, supposent naturellement que nous sommes complices de leurs méfaits; ils s'apprêtent à nous infliger le même châtiment ; cependant il est rendu manifeste par le contenu des archives publiques, que nous sommes Sidoniens d’origine. Nous te supplions donc, toi, notre bienfaiteur et notre protecteur, de mander à Appollonius, préfet du pays, et à Nicanor, procurateur des affaires d’État, de ne nous molester en rien, sous le prétexte que nous sommes affiliés aux Juifs, tandis que nous sommes si complètement séparés d'eux, et par nos mœurs et par notre origine; que, de plus, ils nous permettent de consacrer à Jupiter hellénien notre temple innommé. Cela fait, nous serions débarrassés de toute crainte, et nous livrant avec calme à nos travaux, nous pourrions te payer des impôts plus considérables. »

A la réception de cette requête, Antiochus s’empressa d’expé-

dier la dépêche suivante : « Le roi Antiochus à Nicanor. Les Si-

doniens, habitants de Sichem, nousont adressé la requête cijointe; leurs envoyés nous ont représenté en séance du conseil royal, que les méfaits dont les Juifs sont coupables leur étaient complètement étrangers, et que :leur ferme volonté était d'adopter les lois grecques et de vivre sous l'empire de ces lois. En conséquence, nous les absolvons de toute culpabilité, et nous voulons que, suivant leur requête, leur temple soit conservé sous le nom de Jupiter hellénien. »

Une dépêche identique fut adressée à Appollonius ; comme

l’autre elle était datée du 18 du mois hecatombæon, de l’année 146 de l’ère des Séleucides (167 av. J.-C.)*.

Maintenant revenons quelque peu en arrière. Nous avons dit qu'Antiochus Épiphane, au mépris des injonctions du Sénat romain, avait marché contre l'Égypte. Au moment où il allait occuper Péluse, il trouva en face de lui les ambassadeurs romains lui apportant l’ordre de s’abstenir de toute agression contre l’Égypte. Comme il tergiversait et cherchait des raisons pour résister, Popilius Lænas traça, avec le bâton de vigne qu’il tenait à la main, un cercle étroit autour d’Antiochus, et lui défendit de franchir ce cercle, avant d’avoir réponduaux injonctions du Sénat. Malgré son exaspération, le Roi ne se sentit pas assez fort pour s'affranchir d’un ordre aussi brutalement donné; il dut s'incliner devant cet ordre et reprendre avec son armée la route de la Syrie. |

Ce fut vraisemblablement après avoir subi cette suprême humilation, qu'Antiochus fit peser sur tous ses sujets la rage qui lui mordait le cœur. Il promulgua un décret qui, de tous les peuples soumis à ses ordres, n’en faisait plus qu’un. Chaque nation devait renoncer à ses lois particulières, pour adopter exclusivement la loi grecque. |

Tous les gentils s’empressèrent d’obéir, et parmi les enfants. d'Israël eux-mêmes, il y en eut beaucoup qui se courbèrent honteusement sous l'ordre du maître, sacrifièrent aux idoles et souillèrent le sabbat. : | |

Des autels et des temples aux faux dieux furent élevés dans la Judée ; partout fut envoyé l’ordre d’immoler des pores, et l'autel des holocaustes lui-même recut cette horrible souillure; la circoncision fut sévèrement prohibée ; enfin il fut décrété que quiconque refuserait d’obéir aux ordres du Roi serait mis à mort.

4. A.J. XII. V.5 Dans le texte de Josèphe le chiffre cent de la date a été omis ; mais rien n’est plus évident que la nécessité de rétablir ce chiffre. La ruine du culte judaïque a donc en réalité précédé de quelques mois la supplique des Samaritains.

Ce fut le 15 du mois de khaslew de l’an 145 des Séleucides (168 av. J.-C.) que, par l’ordre d’Antiochus, une statue de Jupiter olympien fut établie sur l’autel de Jéhovah. Les livres saints furent saisis partout, lacérés et brûlés. Le 25 du même mois eut lieu le premier sacrifice impie célébré sur l’autel élevé contre celui de Jéhovah. Le verset 62 du chap. 1 du 1° livre des Machabées donne le 25 du mois de khaslew, sans mentionner l’année qui, au verset 57, est dite 145. |

Les femmes qui pratiquaient la circoncision de leurs enfants étaient mises à mort, et les enfants eux-mêmes étaient pendus dans la maison de leurs parents”.

Nous voudrions ne pas nous appesantir davantage sur les horribles détails que d’ailleurs nous avons déjà donnés en copiant le récit de Josèphe; mais nous trouvons dans le Il° livre des Machabées, quelques faits de plus, qu'il ne nous est pas permis de passer sous silence, et que nous allons analyser le plus brièvement possible.

Un vieillard d’Antioche, nommé Philippe, fut chargé par le roi Antiochus du soin d'accomplir la ruine du culte judaïque. Ce fut cet homme qui souilla le temple du Très-Haut et lui imposa le nom de temple de Jupiter olympien ; de même qu'il imposa au temple du Garizim le nom de Jupiter hospitalier : Aus £evlou. Plus de sabbat, plus de fêtes solennelles ; mais célébration obligatoire pour tous du jour de naissance d’Antiochus Epiphane. Chacun à cette cérémonie devait être couronné de lierre en l’honneur de Bacchus.

Deux femmes dénoncées pour avoir circoncis leurs nouveaunés, furent traînées par tous les carrefours de Jérusalem, avec leur enfant suspendu à leurs seins, puis DRÉCIOESE du haut des murailles de la ville.

Quelques Juifs fidèles qui s'étaient cachés dans des cavernes, pour célébrer le saint jour du sabbat, furent dénoncés à Phi-

1,:.T::Mach:1}:v.43 à 67. :

lippe qui les fit brûler vifs, ces malheureux n'ayant rien tenté pour se sauver, à cause de la sainteté du jour !.

On voulut forcer un certain Éléazar, l’un des plus illustres docteurs de la loi, de manger de la chair de porc. Il aima mieux marcher au supplice que d’obéir. Ses amis tentèrent vainement de le décider à faire semblant d’avaler cette chair impure:; il préféra la mort à un subterfuge indigne de lui, et de quatrevingt-dix années d’une vie exemplaire *.

Tout le chapitre 7 du Il° livre des Machabées est consacré au récit du martyre d’une mère et de ses sept fils, récit que Josèphe lui-même nous a conservé dans un chapitre spécial ; mais nous aimons mieux y renvoyer le lecteur, que de continuer plus longtemps à transerire de semblables monstruosités.

Nous voici enfin arrivés au réveil de la nation ; la mesure de ses misères avait été comblée, et Dieu permit qu’une race de héros surgît du sein de cette nation si cruellement éprouvée, pour lui rendre tout son éclat et toute sa gloire.

2LROMach. VI, v. 1 à 11.

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