‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 80 sur 110 · À. J, XII. X. 3. — I. Machab. VII, v. 21 à · texte numérisé non relu

À. J, XII. X. 3. — I. Machab. VII, v. 21 à

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Démétrius convaincu qu’il était pour lui de la plus haute importance d'agir vite et fort contre ce Judas, dont on ne cessait de lui faire un épouvantail, choisit le plus sûr et le plus dévoué de ses amis, Nicanor, qui l’avait accompagné dans son évasion de Rome, en partageant ses périls. Il lui confia une armée suffisante pour venir à bout de la Judée entière, et lui donna l’ordre formel de n’épargner personne de cette nation maudite. Nicanor, une fois arrivé à Jérusalem, pensa qu’il était prudent de ne pas commencer immédiatement les hostilités contre Judas. Il essaya, avant tout, de s'emparer par ruse de sa personne, et lui envoya donc des messages pacifiques, lui disant qu’il n’y avait aucune bonne raison pour qu'ils se fissent la guerre, et qu'il était prêt à s'engager par serment à ne faire jamais aucun mal ni à lui, ni aux siens. Il ajoutait qu’en conséquence il était décidé à venir le trouver, accompagné d’nne simple escorte d’amis, pour lui apprendre de vive voix les sentiments de Démétrius à l'égard de la nation juive. Trompé par ces promesses doucereuses de Nicanor, Judas et ses frères crurent qu'ils pouvaient se fier à lui, et qu’il était incapable d’une perfidie ; ils acceptèrent donc l’entrevue qu’il demandaitet l’accueillirent, bien qu’il fût suivi d’une troupe imposante. Nicanor salua Judas Machabée et, pendant qu'ils échangeaient les premières paroles, donna à ses satellites le signal convenu auquel ils devaient se jeter sur Judas et s’emparer de lui. Mais celui-ci était sur ses gardes, il saisit le signal de Nicanor, tout furtif qu’il était, fit un bond en arrière, et en un clin d'œil se trouva en sûreté au milieu des siens. Nicanor, dès qu’il vit sa ruse découverte, jeta le masque et prit immédiatement le parti d'en venir aux armes. Mais Judas ayant rallié tous ses fidèles autour de lui, les exhorta au combat et engagea la bataille près d’une bourgade nommée Capharsalama *.

Une fois de plus il fut vainqueur, et Nicanor se vit contraint de fuir et d'aller s’enfermer à Jérusalem, dans Akra *?.

1. Capharsalama m'est inconnu, 2, À, J. XII. X, 4. — I. Machab. VII, v. 26 à 32. Ici il est dit que Nicanor per-

Comme il se décidait à quitter la citadelle et passait près du hiéron, un certain nombre de prêtres et de sénateurs en sortit et vint au-devant de lui, le saluèrent, en lui montrant les victimes qu'ils allaient à l'instant offrir à Dieu, pour le salut du Roi. Nicanor leur répondit avec grossièreté et les menaça de raser leur temple à son retour, si le peuple ne se résignait pas à lui livrer Judas. Les prêtres rentrèrent épouvantés, et supplièrent le Tout- Puissant de les tirer des mains de ce forcené. Quant à Nicanor il s’éloigna de Jérusalem, et alla asseoir son camp près de Bethoron, pour y attendre les secours qu’il avait demandés de Syrie.

Judas s'établit auprès d’Adasa ‘, village éloigné de Bethoron de 30 stades seulement. Il n’avait pas plus de mille combattants avec lui. Il réussit une fois de plus à leur inspirer le mépris de la mort et de leurs innombrables adversaires, et il chargea vigoureusement Nicanor et les Syriens. Les Juifs furent encore vainqueurs, et Nicanor lui-même périt bravement, les armes à la main, avec une foule des siens. Une fois leur général mort, les Syriens ne songèrent plus à résister : ils jetèrent leurs armes et prirent la fuite. Judas les poursuivit sans répit, et en fit un grand massacre; ses trompettes donnèrent aux villages d’alentour le signal de sa victoire, et tous les habitants prirent aussitôt les armes, pour se ruer sur les fuyards, dont pas un n’échappa à la mort. Ce jour-là 9,000 Syriens furent égorgés. Cette briliante victoire fut remportée par Judas le 13 du mois d’Adar (161 av. J.-C.) que les Macédoniens appellent Dystrus. Une fête commémorative fut aussitôt instituée et les Juifs la célèbrent chaque année. A partir de ce moment la nation eut quelque temps de repos; mais elle ne jouit pas longtemps de la

dit près de 5,000 hommes dans la bataille et qu'il s'enfuit ix civitatem David. Qu’entend-on ici par la cité de David, si ce n’est la ville de Jérusalem, puisque de son côté Josèphe prétend que Nicanor alla s'enfermer dans Akra ? Cfr. II Machap. XIV, v. 12 et suiv.

1. Adasa, Adarsa (I. Machab. VII, v. 40). 30 stades font 5 kilomètres et demi. J'ignore ce que peut être cette localité.

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paix, et fut bientôt replongée dans les combats et les périls .

Mais avant d'aller plus loin, analysons le récit légendaire de la fatale campagne de Nicanor, telle que nous le présente le livre second des Machabées.

Démétrius, poussé par le grand prêtre Alcimus, chargea Nicanor, chef des éléphants, d'aller en Judée, d’en ramener Judas vivant, de disperser tous ses adhérents, et d'établir solidement Alcimus dans le souverain pontificat. Tous les ennemis de Judas coururent se ranger autour de Nicanor, parce que, pour eux, les misères et les massacres des Juifs étaient autant d'événements heureux.

Judas dès qu'il fut informé de la venue de Nicanor, alla prendre position auprès de la forteresse nommée Dessan ?.

Siméon, frère de Judas, s'était rapproché de Nicanor, mais effrayé par l'apparition subite de l’ennemi, il s’était enfui.

Cependant Nicanor, d’après ce qu’il entendait dire de la vaillance des compagnons de Judas, et de l’ardeur avec laquelle ils combattaient pour leur patrie, craignait de s’attirer une dette du sang. Il jugea donc prudent d'envoyer Posidonius, Théodotius et Matthias, offrir la main et la paix à Judas et aux siens. La nation se consulta longuement avant d'accepter ; mais enfin elle résolut, d’un avis unanime, de souscrire à un traité d'amitié. Un jour fut choisi pour en débattre secrètement les clauses, et des sièges furent préparés pour tous les chefs des deux armées. Judas, toujours prudent, avait disposé des postes dans des lieux favorables, pour le cas où il y aurait un piège caché sous les

4. À. J. XII. X. 5.—B. J. I.1.6.—1TI. Machab. VIII, v. 33 à 50. Nous avons ici un curieux rapprochement à faire, Le verset 32 se termine par les mots : ef fugerunt in civitatem David. 33, Et post hæc verba ascendit Nicanor in montem Sion. La cité de David etle mont Sion étaient donc deux choses tout à fait différentes, pour l’auteur du Ier livre des Machabées. Le lieu du campement de Judas est ici nommé Adarsa. La poursuite de l’armée syrienne dura toute la journée, et eut lieu depuis Adazer (n'est-ce pas encore Adarsa) jusqu'à Gazara. La tête de Nicanor fut coupée et on la suspendit aux murs de Jérusalem, avec sa main droite, de laquelle il avait menacé le temple.

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