‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 90 sur 110 · À. J. XIII. V · texte numérisé non relu

À. J. XIII. V

dont nous vous transmettons copie, nous la recûmes avec le plus vif plaisir, et nous témoignâmes toute notre gratitude à Démotélès et à Areius, bien que nous n’eussions pas besoin de cette preuve pour reconnaître un fait qui ressortait pleinement de nos livres sacrés ; mais nous avions pensé qu’il n’était pas convenable que nous prissions l'initiative de cette reconnaissance, pour ne pas avoir l'air de nous attribuer de force la gloire que vous avez bien voulu nous accorder spontanément. Bien que de nombreuses années se soient écoulées depuis cet événement qui a revivifié les liens fraternels qui nous unissent, sachez que dans nos jours sacrés et dans toutes

les solennités de notre culte, nous adressons toujours à Dieu

de ferventes prières pour qu’il vous donne à jamais le bonheur et la victoire. Nous étant trouvés exposés à beaucoup de guerres, suscitées par l’ambition effrénée de nos voisins, nous n'avons jamais eu l’idée de recourir à vous, ni à nos autres parents, afin de ne pas vous être à charge. Aujourd’hui que nous avons vaincu nos ennemis, et que nous avons envoyé en ambassadeurs auprès des Romains, Numenius, fils d’Antiochus, et Antipater, fils de Jason, tous deux membres de notre Sénat, nous leur avons confié des lettres, et des pleins pouvoirs pour renouveler notre traité d'amitié mutuelle. Vous nous ferez plaisir, si vous nous écrivez de votre côté, de nous informer de ce que vous pouvez désirer de nous; car vous devez tenir pour assuré que nous nous empresserons toujours d'aller au-devant de vos désirs. »

Les Lacédémoniens accueillirent très favorablement ces

ouvertures, et remirent aux envoyés juifs un décret qui était un véritable traité d’alliance !.

4. À. J. XIII. V. 8. — B. J. II. 1. — I. Machab XII. v. 1 à 23. Dans le récit sacré, le Roi de Sparte qui avait écrit au grand prêtre Onias est

nommé Darius, c'est évidemment une erreur; mais il y a autre chose encore : le livre des Machabées auquel Josèphe a presque textuellement emprunté le texte de la lettre de Jonathas aux Spartiates, nous fait connaître celui de la réponse dont Josèphe n’a pas cru devoir tenir compte, et pour cause, le voici: 19. Et hoc rescriptum est episto-

Les généraux de Démétrius brûlaient naturellement du désir de venger l'échec grave qu’ils avaient reçu, lorsqu'ils croyaient tenir la victoire ; ils s’'empressèrent donc, à l’aide de nouvelles levées plus considérables que les premières, de combler les vides qui s'étaient formés dans leur armée, et marchèrent incontinent contre Jonathas. Celui-ci, dès qu’il fut instruit de leur mouvement agressif, courut au-devant d'eux dans l’Amathitide (sans doute le pays d’Amathus), pour ne pas leur laisser le loisir et la possibilité d’envahir encore une fois la Judée. Dès qu’il fut arrivé à la distance de cinquante stades des positions ennemies, il s'arrêta et lança des éclaireurs, pour reconnaître la situation précise et l’état de leurs retranchements. Il eut bientôt recueilli tous les renseignements nécessaires, et apprenant par quelques prisonniers qui avaient été enlevés pendant la nuit, que le projet des Syriens était de l’attaquer, il prit ses précautions. Des postes avancés furent placés en avant du camp : l’armée entière resta debout et sous les armes, bien prévenue qu’elle devait s'attendre à un combat de nuit. De leur côté les généraux de Démétrius surent promptement, par leurs espions, que Jonathas était sur ses gardes; cela suffit pour les démoraliser et les troubler singulièrement. La surprise projetée par eux ayant été éventée, ils n'osaient plus espérer un succès, car s’ils étaient obligés de combattre au grand jour, ils se regardaient d'avance comme vaincus. Ils se décidèrent donc à opérer leur retraite; ils allumèrent de grands feux, en nombre suffisant pour faire croire aux Juifs qu'ils étaient toujours là, et s’esquivèrent le plus lestement possible. Au point du jour, Jonathas s'étant approché du

arum quod misit Onias. 28. Rex Spartiatarum Onias Jonathæ sacerdoti magno, salutem. 21. Inventum est in scripturis de Spartiatis et Judæis, quoniam sunt fratres et quod sunt de genere Abraham ; 22. Et nunc ex quo hæc cognovimus, bene facits scribentes nobis de pace vestra. 23. Sed et nos rescripsimus vobis : Pecora nostra, et possessiones nostræ, vestræ sunt, et vestræ, nostræ. Mandavimus itaque hæc nunciari vobis.

Rien que la’présence du nom Onias appliqué à un roi de Lacédémone, contemporain de Jonathas, doit nous faire tenir pour plus que suspecte la réponse que Josèphe n’a eu garde de citer.

camp ennemi, le trouva vide, comprit qu'il avait été dupé par l'ennemi, et se mit à sa poursuite; mais ceux-ci avaient déjà franchi le fleuve Éleuthère et ils étaient désormais en sûreté !.

Jonathas tourna alors ses forces contre l'Arabie, battit les Nabathéens, leur enleva nombre de captifs et un butin considérable, et vint ensuite vendre le tout à Damas ?. |

Cependant Siméon, après avoir parcouru la Judée entière et la Palestine jusqu’à Ascalon, établit dans tout le pays des corps de troupes chargés de la défense de toutes les places fortes, et se porta ensuite sur Joppé qu’il fit occuper par une nombreuse garnison, parce qu'il savait que la population avait formé le dessein de livrer la ville aux partisans de Démétrius *.

Tout cela fait les deux princes juifs rentrèrent à Jérusalem. Aussitôt de retour, Jonathas convoqua au temple l'assemblée générale de la nation, et proposa de remettre en bon état de défense les murailles de la ville, de restaurer l'enceinte du temple, partout où elle présentait des brèches, et d'en munir le Péribole de tours élevées. Il demanda de plus l'autorisation de construire une forte muraille en travers de la ville, pour rejeter en dehors du forum, la garnison d’Akra, et l'empêcher de se ravitailler à l’aise ; enfin il proposa de construire, dans tout le pays, des places fortes meilleures que celles qui y avaient existé jusqu'alors. Tout cela fut approuvé: par l'assemblée. Jonathas s’occupa des ouvrages projetés pour la capitale, et il envoya son

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