À. J. XIII. V.3.— I. Machab. XI, v
2, À. J, XIII. V. 3. — I. Machab., v, 54 à 57 (144 av. J.-C.).
3. A. J. XIII. V. #4. — I. Machab. XI, v. 57 à59. Le texte sacré est ici assez curieux pour que je croie devoir le reproduire: 57... Constituo tibi sacerdotium et constituo te super quatuor civitates, ut sis de amicis Regis; 58. et misit \li vasa aurea in ministerium, et dedit ei potestatem bibendi in auro, et esse in purpura et habere fibulam auream. — (144 av. J.-C.).
avait fait que du mal; il s’empressa donc d’accepter les offres d’Antiochus et de Tryphon, et leur promit son concours armé contre Démétrius !. |
Autorisé par Antiochus Dyonisus à lever une armée en Syrie et en Phénicie, Jonathas, dès qu’il se vit à la tête de troupes respectables, se mit en campagne. Il parcourut d’abord plusieurs : grandes villes, dont quelques-unes lui firent un brillant accueil, tout en déclinant l'honneur de lui fournir un contingent militaire. Parvenu à Ascalon, dont les habitants vinrent au-devant de lui avec de magnifiques présents, Jonathas s’empressa de leur représenter ce qu’ils avaient souffert de la part de Démétrius. Il finit par obtenir d’euxla promesse qu'ils embrasseraient le parti d'Antiochus, et cela fait, il se porta sans délai sur Gaza, afin d'entamer avec les habitants la même négociation qui venait de lui réussir à Ascalon ; mais là les affaires prirent une autre tournure. La population lui ferma les portes, et se refusa nettement à embrasser la cause d’Antiochus. Jonathas violemmentirrité par cette résolution, ne perdit pas de temps, et commença le siège de la place, tout en dévastant Le pays d’alentour ; à cet effet il laissa devant Gaza une partie de son armée, et, à la tête de l’autre, il promena le fer et la flamme dans toute la contrée. Voyant qu’ils ne recevaient aucun secours de Démétrius, et que les calamités de la guerre étaient à leurs portes, tandis que tout secours ne pouvait leur venir que de très loin, si même il leur était permis d’en espérer la venue, les Gazéatas jugèrent prudent et sage de déserter les drapeaux de Démétrius, et de s’efforcer de gagner l’indulgence de Jonathas. Ils lui députèrent donc en toute hâte quelques-uns de leurs notables, pour solliciter de lui ua traité d'alliance et d'amitié. Le prince juif s’'empressa d'accepter, se fit remettre des otages qu'il envoya à Jérusalem, et partit de là pour parcourir tout le pays jusqu'à Damas*.
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Chemin faisant Jonathas apprit, par ses espions, que les généraux de Démétrius avaient concentré toutes leurs forces à Kedasa, ville située sur la frontière du pays des Tyriens et de la Galilée ; leur dessein évident était de transporter le théâtre et les lourdes charges de la guerre, de Syrie en Galilée, pays qui appartenait aux Juifs, et au secours duquel leur chef accourrait infailliblement, dès qu’il le verrait menacé. Ce calcul ne fut pas trompé. Jonathas laissant en Judée son frère Siméon, se porta en hâte au-devant de l'ennemi : mais voyons d’abord ce que fit Siméon.
Levant immédiatement dans le pays toutes les troupes qu'il put rassembler, il alla investir la forteresse de Beth-Sour qui tenait pour Démétrius. Le siège en fut immédiatement commencé, et la garnison saisie de crainte à la vue des aggeres et des machines de guerre qui la menaçaient, aima mieux capituler, que s’exposer à se voir prise d'assaut. Ils envoyèrent donc un parlementaire à Siméon, pour lui offrir la reddition de Beth-Sour, à la condition d’avoir la vie sauve, et de pouvoir se retirer auprès, de Démétrius. La capitulation fut acceptée, et une fois les paroles échangées, les Syriens évacuèrent la forteresse où ils furent remplacés par une garnison juive ‘.
Revenons à Jonathas. Une fois en Galilée, et après avoir campé sur le bord du lac de Gennésareth (ro Tv Ddarwy Ty L'evecapuy heyouéuv), il se dirigea vers la plaine connue sous le nom de plaine d’Asor (eis T0 rahoëuevov ’Aocup red!ov), sans se douter qu'il allait s'y trouver en face de l’ennemi. Les généraux de Dé métrius qui savaient, depuis la veille, que Jonathas s’avançait contre eux, cachèrent une embuscade dans la montagne, et avec tout le reste de leur armée, marchèrent dans cette plaine audevant des Juifs. Aussitôt que Jonathas les aperçut et les vit
4. À. J. XIII. V. 6. — I. Machab. XI, v. 63 à 66. Le verso 63 qui contient les mots : In cades, quæ est in Galilæa, ne nous peut laisser l'ombre d’un doute sur la localité dont il s’agit. La Kédasx de Josèphe, et la Cadès du livre des Machabées, c’est la
Kadès de nos jours,
prêts à accepter la bataille, il se hâta autant qu’il put de prendre de son côté ses dispositions de combat. L’embuscade des Syriens se démasqua aussitôt, et vint fondre sur les derrières des Juifs ; ceux-ci craignant de se voir enveloppés, prirent la fuite pour éviter une mort certaine. Presque tous abandonnèrent Jonathas qui ne vit plus à ses côtés qu’une cinquantaine de braves, parmi lesquels Matathias, fils d’Absalom, et Judas, fils de Chapsæos, principaux chefs de l’armée juive. Ceux-ci se jetèrent en désespérés sur l’ennemi, et le firent reculer. Dès que les soldats de Jonathas, qui avaient honteusement pris la fuite, s’aperçurent du trouble jeté par cette charge furieuse dans les rangs des Syriens, ils se rallièrent, reprirent vigoureusement l'offensive, et chassant devant eux les troupes de Démétrius l'épée dans les reins, les poursuivirent jusqu’à Kedasa où était assis leur camp".
4. À. J, XIII. V.7. — I. Machab. XI, v. 67 à 74. — Il ne sera pas hors de propos de transcrire textuellement ici quelques-uns des versets de texte sacré, 67. Et Jonathas et castra ejus applicuerunt ad aquam Genesar, et ante lucem vigilaverunt in campo Asor… 10, Et fugerunt qui erant ex parte Ionathæ omnes, et nemo relictus est eis, nisi Mathathias filius Absalomi, et Judas filius Calphi principes militiæ exercitus 71. Et scidit Jonathas vestimenta sua et posuit terram in capite suo, et oravit. 14. Et Ceciderunt de alienigenis in die illa, tria millia virorum, et reversus est Jonathas in Jerusalem.
Remarquons d'abord le nom Judas, filius Calphi; ce nom est certainement plus admissible que celui que nous ont transmis les copistes successifs de Josèphe. Fils de Chapsæos n’a pas en effet le moins du monde la physionomie d'un nom hébraïque ; mais là n’est pas la conséquence importante que j'entends tirer du récit sacré. Il nous dit qu'ayant assis son camp sur les bords du lac de Génesar (c’est-à-dire du lac de Gennésareth) le prince juif se trouvait avant le point du jour dans la plaine d’Asor. Quelques heures de marche avaient donc suffi à l’armée juive pour franchir la distance qui séparait le lac de Gennésareth de la plaine d’Asor. D'où provenait le nom de cette plaine ? incontestablement du site même de la fameuse Asor biblique, le 037 wN9 de l'Écriture : dès lors il n’y a plus pour moi de doute possible toucha nt l'emplacement de cette ville immense ; elle était bien en réalité au point où j'en aile premier signalé les ruines, c’est-à-dire au point où se trouve actuellement le Sougel-Khan. De la pointe nord du lac de Gennésareth au Souq-el-Khan, en allant passer le Jourdain au Djesr-benat-lakoub, et en longeant les marécages qui bordent la rive orientale du lac Samachonite ou Merom (Bahr-el-Houleh), il n’y a pas plus de six à sept heures de chemin; cette distance pouvait donc être franchie aisément dans la nuit parles troupes de Jonathas. En suivant cette voie, il évitait le passage assez peu facile de la chaîne de hauteurs qui sépare le bassin du lac dé Gennésareth du bassin du lac Samachonite ; il s’avançait constamment en plaine, mais il avait l'inconvénient de
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L’ennemi perdit deux mille hommes dans cette bataille (3,000 dit le livre des Machabées), et Jonathas s’en retourna à Jéru-
salem!.
Une fois rentré dans la sainte métropole, le souverain pontife Jonathas n'eut rien de plus pressé que d’envoyer des ambassadeurs à Rome, avec mission de faire renouveler le traité d'amitié que les Juifs avaient déjà obtenu de la République. Les envoyés, suivant leurs instructions, devaient, en revenant de Rome, passer par Sparte, pour rappeler à la nation lacédémonienne les liens d'affection et de parenté qui les unissaient.
L'ambassade réussit à souhait; non seulement le Sénat confirma le traité d'alliance qu'il avait jadis conclu avec la nation juive, mais encore il munit les envoyés de Jonathas de lettres pressantes de recommandation, pour tous les Rois de l’Asie et pour les chefs des cités libres, qu'ils pouvaient rencontrer en regagnant leur patrie. Ils se rendirent à Sparte, ainsi qu'ils en avaient reçu l’ordre, et remirent aux habitants la dépêche dont ils étaient porteurs. En voici la teneur : « Jonathas, pontife de la » nation juive, le Sénat et le peuple juif, aux Éphores des » Lacédémoniens, au Sénat et à la nation, leurs frères, salut ! » Si vous êtes bien portants, et si vos affaires publiques et » privées sont prospères, tout sera au gré de nos désirs. Nous » aussi nous nous portons bien !
» Lorsque, dans les temps passés, fut apportée par Démotélès, » à notre grand prêtre Onias, la lettre que lui adressait votre » roi Areius, touchant la parenté qui existe entre nous, lettre
longerle pied de hauteurs boisées, où les Syriens, prévenus à temps par leurs espions avaient sans doute disposé leur embuscade. Il est clair en effet que Jonathas ne s’attendait pas à se trouver au point du jour en face de l'ennemi, qu'il supposait dans son camp de Kadès. C’est très probablement dans le voisinage du Tell-el-Qadhi, que la bataille eut lieu. Quoi qu’il en soit le texte important que je viens d'emprunter au Ier livre des Machabées semble me donner pleinement raison, et démontre que la fameuse Asor était bien au point où j'ai cru devoir la placer, en signalant les ruines si étranges et si éminemment antiques qui y couvrent une immense étendue de terrain.