‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 92 sur 110 · À, J. XIII. V. 41. — I, Machab,., v. 33 et · texte numérisé non relu

À, J. XIII. V. 41. — I, Machab,., v. 33 et

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frère Siméon dans la province, pour diriger le travail des fortifications !. |

Que devenait Démétrius, pendant ce temps-là? Il franchissait l’'Euphrate et entrait en Mésopotamie, afin de s'emparer de Babylone. En effet, il pensait qu’une fois maître des satrapies du haut pays, il lui serait plus facile de rentrer en possession de tous ses États. D'ailleurs les Grecs et les Macédoniens établis au delà de l'Euphrate, l’appelaient incessamment, promettant de se soumettre à son autorité, s’il venait au milieu d’eux, et de j'aider à faire la guerre à Arsace, roi des Parthes. Poussé par les espérances que l’on faisait briller à ses yeux, Démétrius répondit à l’appel des Grecs, avec la pensée de tomber sur Tryphon, une fois la guerre des Parthes terminée, et de le chasser de la Syrie. Son arrivée fut saluée avec enthousiasme par les habitants du pays. Une armée fut bientôt placée sous ses ordres, et il s’empressa de déclarer la guerre à Arsace ; mais il

1. A, J. XIII. V. I. — I. Machab. XII. v. 35 et 36. Le livre des Machabées seul nous donne quelques détails, malheureusement fort succincts, sur les travaux exécutés par Jonathas et par Siméon : deux versets contiennent ces détails ; les voici (I. Machab. XI1) :

38. Et convenerunt ut ædificarent civitatem, et cecidit murus qui erat super Torrentem, ab ortu solis, et reparavit eum, qui vocatur Caphethetha.

39. Et Simon ædificavit Adiada in Sephela, et munivit eam, et imposuit portas et seras.

De la teneur de ces versets, il résulte que le mur oriental du Haram-ech-Cherif a dû être remaniée par l’ordre de Jonathas. Qu'est-ce que le mur nommé Caphethetha ? J'avoue humblement que je l’ignore et que je ne sais pas mieux ce que signifie ce nom, si toutefois il nous a été transmis correctement. Passons maintenant à ce qui concerne Adiada in Sephelä. Le mot Sephela, nbot, tiré du radical dpt, être abattu, abaissé, signifie en hébreu terrain bas, plaine, C'était sous cette dénomination qu'était connue toute la plaine qui s'étend le long de la mer, depuis Jaffa jusqu'à Gaza. C'est donc là que se trouvait l’Adiada du livre des Machabées, et dont le nom était certainement Adida plutôt que Adiada. Dans la Guerre judaïque, aussi bien que dans ses Antiquités, Josèphe parle à plusieurs reprises de Adida, où Vespasien fut amené par ses opérations militaires contre Jérusalem, et établit une garnison (xoi y ’Adtdo: GTOTOreda) ; C'était certainement la même localité qui, dansle livre d'Esdras (IL, v. 33) et dans celui de Néhémie (XI. v. 34) est nommé 7h, et se trouve mentionné parmi les villes de la tribu de Benjamin. Elle était donc tout à fait au nord de la Sephela; c’est aujourd’hui El-Hadith, située à environ une lieue à l’est d'El-Loudd, au point même où cesse la plaine, et où le terrain commence à s'élever sensiblement.

fut battu à plate couture, et tomba vivant entre les mains du roi des Parthes f. |

Dès que Tryphon fut instruit du triste sort de Démétrius, il eut l’idée de jeter le masque, de se défaire du jeune Antiochus Dyonisus, et de se saisir du souverain pouvoir, aussitôt qu’un assassinat l’aurait débarrassé du pauvre enfant qui faisait obstacle à ses projets ambitieux. Mais Jonathas le gênait fort; celui-ci, en effet, s'était déclaré l’ami et Le protecteur d’Antiochus. Il était donc prudent et nécessaire de faire disparaître Jonathas de la scène du monde, avant de consommer son infâme attentat sur son Roi légitime. Employer la ruse et tendre un piège au pontife des Juifs, lui parut le seul moyen d’assurer l’usurpation qu’il médi. tait. Il quitta donc Antioche et se rendit à Bethsan que les Grecs nomment Scythopolis. Jonathas ne tarda pas à s’y présenter à la tête d’une armée de 40,000 soldats d'élite, parce qu'il supposait que Tryphon avait l'intention de l’attaquer. Celui-ci dès qu'il comprit que Jonathas était prêt à tout événement, s’'empressa de combler le prince juif de présents et de caresses, et donna l’ordre aux chefs de sa propre armée d’obéir en tout à Jonathas. Tel fut le moyen qu'il crut le plus sûr pour éveiller dans son cœur des sentiments de bienveillance, et pour y étouffer tout soupçon de perfidie ; de sorte qu’il lui deviendrait facile, lorsqu'il le verrait sans défiance, de s'emparer de sa personne. Il fit si bien qu’il réussit à lui persuader de congédier ses troupes, dont la présence était désormais inutile, puisqu'il n’y avait pas de guerre entre eux, et que tout, au contraire, étaiten paix. Il l’engagea néanmoins à garder autour de lui un petit nombre de soldats, et à l'accompagner à Ptolémaïs. Là il mettrait cette ville entre ses mains, ainsi que toutes les autres forteresses du pays, car il n’était venu absolument que pour cela ?.

Jonathas eut l’inconcevable faiblesse de croire aux belles paroles de Tryphon; il n’eut pas l’ombre d’un soupçon contre

1. À. J. XIII. V. 44. — I. Machab. XIV, v. 1 à 3 (143 av. J.-C.). 2. À. J, XIII. VI. I. — I. Machab. XII, v. 39 à 45.

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ce traître, qu’il jugeait d’après lui-même. Il licencia ses troupes, et ne garda que 3,000 hommes, dont il laissa 2,000 en Galilée, emmenant avec lui les 1,000 hommes de surplus, avec lesquels il entra à Ptolémaïs, en compagnie de Tryphon. Aussitôt qu'il fut dans la ville, les habitants, qui avaient recu en secret les ordres de Tryphon, fermèrent les portes, et le massacre des Juifs commença; Jonathas fut pris vivant; deux mille hommes furent envoyés immédiatement en Galilée, pour aller massacrer les soldats juifs que Jonathas y avait laissés; mais ceux-ci prévenus du sort de leur souverain pontife, n’attendirent pas la venue des troupes envoyées par Tryphon; ils prirent les armes et s’éloiognèrent en bon ordre. Quant aux Grecs qui avaient mission de les poursuivre et de les anéantir, dès qu'ils les virent bien décidés à disputer et à vendre chèrement leur vie, ils eurent la prudence, ou, si l’on aime mieux, la lächeté de les laisser aller en paix, et revinrent honteusement auprès de Tryphon *.

Lorsque la nouvelle du guet-apens dans lequel Jonathas et ses soldats étaient tombés, se répandit à Jérusalem, la consternation fut générale; on tremblait en pensant qu’une fois privé de la protection et de la vaillance d’un chef pareil, on allait se trouver en butte à toutes les insultes, à toutes les violences des nations voisines, parmi lesquelles on ne comptait que des ennemis. Cette crainte n’était que trop fondée. Les Gentils, en apprenant la mort de Jonathas, attaquèrent de tous côtés les Juifs qu'ils jugeaient désormais sans chef capable de conduire une guerre. Tryphon lui-même, réunit son armée et se prépara à envahir la Judée. Mais Siméon, voyant ses compatriotes si facilement démoralisés, s’empressa de convoquer le peuple au temple, et lui parla ainsi: « Vous savez tous, malheureux concitoyens, que mon père, mes » frères et moi, nous avons cent fois bravé la mort, pour con- » quérir votre liberté; animé par l'exemple que m'ont donné les

4. À. J. XIII, VI. 2. — B. J.I. IT. 1. — I. Machab. XII, v. 49 à 51. — Au verset 49 il est dit que la rencontre eut lieu 27 campo magno, c’est-à-dire dans la plaine de Jézraël, ou d’'Esdrelon. — (143 av. J.-C.).

» miens, et sachant que la destinée de notre famille est de périr » pour nos lois, et pour notre religion, sachez bien qu'il n'y » aura jamais de crainte capable de chasser de mon cœur cette » pensée qui est la nôtre, et d’y faire entrer en prenant sa place, » l'amour de la vie, et le mépris de la gloire. Vous avez donc » un chef prêt à tout souffrir, à tout entreprendre pour vous. » Suivez-moi bravement partout où je vous conduirai; je » ne vaux pas plus que mesfrères : donc je ne dois pas épargner » ma vie; je ne vaux pas moins qu'eux non plus, puisque, » comme eux, je pense du fond de l’âme, que le sort le plus beau » est de mourir pour nos lois et pour le culte de notre Dieu. » Croyez que je pourrai prouver à nos ennemis que je suis vrai- » ment le frère de vos valeureux chefs. Je suis convaincu que » je les vengerai, que je vous arracherai, vous, vos femmes et » vos enfants, aux injures de ces misérables, et qu'avec la pro- » tection de Dieu, votre temple restera débout et inviolé. Les » Gentils, vous croyant sans chef, osent vous mépriser et vous » attaquer; que voulez-vous décider et faire *? »

Quand Siméon eut cessé de parler, le peuple reprit courage; il se reveilla de sa torpeur, bannit sa crainte folle, et renaissant subitement à l'espérance, acclama Siméon, et lui conféra le principat qu'avaient exercé Judas et Jonathas; il lui fit le serment de lui obéir aveuglément. Aussitôt un choix fut fait de tous les hommes valides, et l’on se hâta de mettre les murailles en état de défense. Dès qu’elles furent munies de tours solides et élevées, Siméon envoya son ami Jonathas, fils d'Absalom, avec une armée à Joppé. Il avait l'ordre d’expulser les habitants de cette ville, et de s’y mettre à leur place, parce qu'il craignait qu’elle ne fût livrée à Tryphon. Quant à lui, il resta à Jérusalem, pour en diriger la défense *.

Tryphon parti de Ptolémaïs à la tête d’une puissante armée, envahit ja Judée, traînant avec luile malheureux Jonathas chargé de

1. À, J, XIII. VI.2. — I. Machab. XII, va 52 à 54. et XIII v. 1. à 6. 2. À. d. XIII. VI..3. — I, Machab. XIII. v. 7 à 14.

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fers. Siméon courut au-devant de lui, avec ses soldats, et vint à Adida, qui, tout en étant dans lamontagne, commandela plaine judaïque. Dès que Tryphon eut appris que lanation avait élu Siméon pour son chef, il lui envoyades parlementaires, dans l’espérance qu’il parviendrait à le jouer, comme il avait joué son frère. A lui faisait dire que s’il voulait que Jonathas recouvrât la liberté, il n’avait qu’à lui envoyer centtalents d'argent, comme rançon, et deux fils de Jonathas comme otages, afin qu'il ne fût pas tenté, une fois rentré en Judée, de faire révolter cette province contre son souverain. [l ajoutait que Jonathas n'avait été arrêté que parce qu'il devaitau Roï la somme d’argent réclamée. Siméon fut plus clairvoyant que n’avait été son frère ; il comprit que la somme demandée serait payée en pure perte, et que la liberté ne serait pas rendue à Jonathas, dont les fils seraient ainsi livrés à l'ennemi; toutefois craignant que le peuple ne le livrât lui-même, comme auteur de lamortdeson frère s’il refusait, de son autorité privée, la somme et les otages exigés, il réunit l’armée, et lui fit connaître la proposition de Tryphon, ajoutant que ce n’était certainement qu’un leurre; mais que cependant il aimait mieux payer la somme exigée, et livrer les enfants de son frère, que de laisser soupçonner qu'en rejetant les offres de Tryphon, il avait refusé de sauver son frère. Cela dit Siméon envoya aux Grecs les 100 talents d'argent et les fils de Jonathas; mais Tryphon, dès qu'ils les euten son pouvoir, ne tint pas sa parole et garda Jonathas. Il parcourut le pays et l’Idumée, et se résolut enfin à marcher sur Jérusalem. Il parvint ainsi à Adora (Adoraïm de l’Écriture) ayant toujours devant lui Siméon dont le camp était chaque jour établi en face du camp des Grecs‘.

La garnison syrienne d’Akra, étroitement bloquée par les Juifs, allait manquer de vivres. Elle réussit à faire passer à Tryphon un émissaire chargé de demander au plus vite des vivres et du secours. Tryphon chargea sa cavalerie de cette expédition et se

4. A. J. XIII. VI. #, — EI. Machab. XIII, v. 12 à 20. Dans le verset 13, Adida est nommée Addus, et dans le verset 20, on lit Ador au lieu d'Adora. — (143 av. J.-C.).

figura qu'il serait à Jérusalem dans la nuit même. Survint la neige qui tomba en telle quantité, qu’il n’y avait plus moyen de reconnaître les chemins, et de faire marcher les chevaux, sans courir le risque de les voir périr engloutis. Ce contretemps providentiel découragea Tryphon qui prit le parti de marcher sur la Cæœlésyrie. Il envahit la Galaadite, et une fois arrivé là, il. fit mourir Jonathas, donna l’ordre de l’y enterrer, et regagna au plus vite Antioche. Siméon s’empressa de son côté d'envoyer dans la ville de Basca des affidés sûrs, pour recueillir les restes de son malheureux frère. Il les fit transporter à Modim, où ils furent déposés dans le sépulcre de famille. En Judée le deuil fut général.

Ce fut à ce moment que Siméon ordonna d'élever à son père et à ses enfants un magnifique mausolée, bâti en pierres blanches et polies. Il le fit entourer d’un portique soutenu par des colonnes monolithes et d’un effet admirable. Sept pyramides furent construites, dont une pour chacun des membres de la famille qui reposait dans le monument. Ces pyramides étaient aussi remarquables par leur beauté que par leur grandeur. Ici Josèphe ajoute : dt at péypt dedpo ouitovræ, quæ ad hanc usque diem servantur.

Lorsque Jonathas périt assassiné, il avait exercé le souverain pontificat et le principat, pendant quatre années.

1. À, J. XIII. VI, 5. — B.J.1. IT, 4. —I. Machab. XIII, v.23 à 30. Quelques circonstances sont à noter dans ce dernier récit. Ainsi au verset 28, il estdit que la gar nison d'Akra fit demander à Tryphon de venir en hâte à son secours, per desertum et mitteret illis alimoniam.

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