‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 93 sur 110 · Erat autem nix multa valde, et non venit in Galaaditim · texte numérisé non relu

Erat autem nix multa valde, et non venit in Galaaditim

23. Et cum appropinquasset Bascannam, occidit Jonathan, et filios ejus illic. Basca ou Bascanna m'est complètement inconnue. La description que l'écrivain sacré donne du monument sépulcral des Machabées mérite d’être transcrite ; la voici :

27. Et ædificavit Simon super sepulcrum patris sui, et fratrum suoru x ædificium altum visu, lapide polito, retro et ante.

28. Et statuit septem pyramidas,unam contraunam, patri et matri, et quatuor fratribus. ’

29. Et his circumposuit columnas magnas et super columnas arma ad memoriam ælernam : juxta arma naves sculptas quæ viderentur abomnibus hominibus navigantibus mare.

30. Hoc est sepulcrum quod fecit in Modin, usque in hunc diem.

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Siméon proclamé souverain pontife par la nation, délivra ses compatriotes du joug macédonien, et dans la 1'° année de son pontificat, il les affranchit du tribut qu'ils payaient à leurs oppresseurs.

Les Juifs, dit Josèphe, recouvrèrent leur liberté, et furent délivrés du tribut, dans la 170° année du royaume des Assyriens (rûs ’Asovpluv Basikelas; C’est évidemment Xuptuv qu'il faut lire ici) c'est-à-dire depuis que Séleucus Nicator se fut emparé de la Syrie. Il est de fait que ces glorieux événements s’accomplirent en l’an 170 de l'ère des Séleucides (143 av. J.-C).

Pourrendre hommage à Siméon, il fut décidé par la nation que dans tous les actes publics, aussi bien que dans tous les actes privés, on emploierait, pour les dater, la formule : L’an premier de Siméon, bienfaiteur des Juifs et Ethnarque ?.

Sous son principat la prospérité du peuple juif prit le plus heureux développement. Siméon en effet soumit les villes de

Gazara, de Joppé et de Tamnia. Il réduisit la citadelle de Jérusalem, et la fit raser, afin qu’elle ne pût jamais servir à abriter l'ennemi. Lorsque cette Akra maudite eut été renversée, Siméon pensa qu'il serait sage de raser également la colline sur laquelle cette forteresse avait été établie pour dominer le temple. Le peuple fut convoqué, et consulté sur l’opportunité de cette mesure qu'il adopta d’enthousiasme. Tous se mirent à l’œuvre; pendant trois ans on travailla jour et nuit à faire disparaître la col-

La gloire d’avoir retrouvé et signalé le premier les restes de cet illustre monument, appartient tout entière à M. Victor Guérin, l’infatigable explorateur de la Terre Sainte. Je croirais commettre une mauvaise action, si j'en disais plus long sur ce sujet qu'il n'appartient de traiter à fond qu'à M. Guérin seul. Puisqu'il a été à la peine, il n’est que trop juste qu’il soit à l'honneur.

4. A.J. XIII. VI. 6,— T1. Machab. XIII, v. #1. Anno centesimo septuagesimo ablatum est jugum gentium ab Israël.

2. À. J. XIII. VI. 6. — I. Machab. XIII, v. 42. La teneur de ce verset diffère notablement de la phrase de Josèphe; le voici : Et cœpit populus Israël scribere in tabuli et gestis publicis : anno primo sub Simone summo sacerdote, magno duce et prin- Cipe Judæorum.

line en question, à la place de laquelle il n’y eut plus qu’un espace plan que le temple dominait à son tour‘.

Peu de temps s'était écoulé depuis le jour où Démétrius était tombé entre les mains des Parthes, lorsque Tryphon pensa qu'il était temps de se débarrasser du jeune Antiochus Dyonisus qui régnait en Syrie depuis quatre ans, sous la tutelle de son meurtrier. Pour dissimuler son crime, Tryphon suborna des médecins, qui se firent ses complices. Le bruit se répandit que le Roi souffrait de la pierre et qu’une opération était devenue indispensable. Les bourreaux opérèrent leur victime, si bien qu'il en mourut. Aussitôt tous les amis du monstre furent mis en campagne, et s’efforcèrent de corrompre les soldats. Ils leur faisaient les plus belles promesses de distributions d'argent, s'ils consentaient à proclamer Trÿphon à la place du Roi défunt; ils leur représentaient que Démétrius était prisonnier, et que si

4. À. J. XIII. VI. 6.— B, J. I. II. 2.— I. Machab. XIII, v. 43 à 54. Le récit sacré diffère tellement de celui de Josèphe, qu'il ne m'est pas permis de le passer sous silence. Je le transmis donc intégralement :

43. In diebus illis applicuit Simon ad Gazam, et circumdedit eam castris ; et fecit machinas, et applicuit ad civitatem, el percussit turrem unam, et comprehendit eam. 2

44. Et eruperunt qui erant intrà machinam, in civitatem, et factus est motus magnus in civitate.

45. Et ascenderunt qui erant in civilate, cum uxoribus et filiis suprà murum, scissis tunicis suis, et clamaverunt voce magna, postulantes a Simon dextras sibidari.

46. Et dixerunt : Non nobis reddas secundum madlitias nostras, sed secundum misericordias tuas, et serviemus tibi.

47. Et flexus Simon non debellavit eos ; ejecit tamen eos de civitate, et mundavit ædles in quibus erant simulachra, et tum intravit in eam cum hymnis, bengdicens do-

48. Et ejecta ab ea omni immunditate, collocavit in ea viros qui legem facerent, et munivit eam, et fecit sibi habitationem.

49, Qui autem erant in arce Jerusalem prohibebantur egredi et ingredi regionem et emere, et vendere ; et usurierunt valdè, et multi ex eis fame perierunt.

50. Et clamaverunt ad Simonem ut dextras acciperet, et dedit illis, et ejecit eos inde, et mundavit arcem a contaminationibus.

51. Et intraverunt in eam tertia et vicesima die secundi mensis, anno centesimo septuagesimo primo, cum laude et ramis palmarum, citharis et cyaniris et cymbalis, et nablis, et hymnis, et canticis, quia contritus est inimicus magnus ex Israël.

92. Et constituit ut omnibus annis agerentur dies hi eum lætitia.

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d'aventure son frère Antiochus montait sur le trône, il leur ferait chèrement payer leur défection : alléchés qu'ils l’étaient par l’argent qui leur était promis, ils acclamèrent Tryphon. Dès que celui-ci fut arrivé à son but, il donna cours à sa perversité ; tant qu’il n’avait été qu’un subalterne, il avait flatté le peuple et fait parade de modération; dès qu'il eut ceint le diadème, il jeta le masque et montra le vrai Tryphon. Il réussit de la sorte à se créer des ennemis plus puissants que lui. Les soldats le prirent en horreur, et embrassèrent le parti de Cléopâtre, femme de Démétrius ; cette princesse s'était enfermée avec ses enfants à Séleucie. Antiochus surnommé Évergète, le frère de Démétrius, errait de ville en ville, sans réussir à trouver un asile nulle part, tant on redoutait Tryphon ; Cléopâtre lui fit proposer de l’épouser, et de favoriser ainsi son accession au trône. Ce qui avait décidé Cléopâtre à tenter cette singulière démarche, c’étaient les conseils de ses amis, et la crainte dont elle été poursuivie, sachant que dans Séleucie même Tryphon avait des partisans tout prêts à lui livrer la ville *.

Antiochus accourut à Séleucie, y réunit promptement une armée, et se mit à la poursuite de Tryphon. Celui-ci fut vaincu, et forcé d'abandonner la Haute-Syrie, il alla se réfugier en Phé-

53. Et munivit montem templi, qui erat secus aram, et habitavit ibi ipse, et qui eum cum e0 erant.

54. Et vidit Simon Johannem filium suum, quod fortis vir prælii esset, et posuit ducem virtutum universarum ; et habitavit in Gazaris.

De ce récit il semblerait résulter que c’est Gaza qui fut assiégée par Siméon ; masi C’est une erreur, c’est bien de Gazara qu'il s’agit, ainsi que le prouvent les versets 48 et 54. Du reste, Josèphene s’y est pas trompé, et c'est bien Gazara qu'il mentionne: on remarquera que le livre des Machabées ne parle pas de la destruction d’Akra et de la colline de ce nom.

4. J. XIII. VII. I. 1. — Machab. XIII, v. 31 et 32. — Le P. Frœlich pense que le jeune Antiochus Dyonisus n’a regné que deux ans et non quatre, ainsi que le prétend Josèphe, mais nous connaissons des monnaies de ce prince de quatre années différentes ZEP, HEP, OEP et OP (167, 168, 169 et 170 de l'ère des Séleucides, 145, 144, 143 et 142 av. J.-C. Le Ier livre des Machabées (XIII. 1.) dit que ce fut en l’an 172 de l’ère des Séleucides que Démétrius entreprit sa désastreuse campagne contre Arsace; ce serait donc en l’année 142, av. J.-C. ; mais ces dates de Josèphe sont absolument fausses, et doivent être rejetées.

nicie. Antiochus l’y suivit, et vint l’assiéger dans Dora où il se tint enfermé, et qui était une excellente place de guerre. Pendant qu'il la serrait de près, Antiochus écrivit au souverain pontife Siméon, pour lui offrir son amitié et son alliance. Siméon s’empressa d’acquiescer à ces ouvertures, et envoya sur-le-champ à Antiochus des vivres et de l’argent. Le siège de Dora n’en fut que plus vigoureusement conduit, et Tryphon se vit bientôt obligé de fuir et de se retirer à Apamée, où il fut assiégé une seconde fois et moins heureusement pour lui: car il y fut pris et mis à

mort, après un règne de trois années ‘.

FC Tryphon, dont le véritable nométait Diodote, était originaire de Secoanis, bourgade voisine d'Apamée. Lorsqu'il prit la couronne, il joignit à son titre de BAXIAEYE celui d'AYTOKPATOP. Il avait essayé vainement, à ce que nous apprend Diodore de Sicile, de capter la bienveillance du Sénat romain. Il avait envoyé à Rome des ambassadeurs chargés de solliciter la reconnaissance de son titre de Roi, et d'offrir au Sénat une figure de la Victoire en or, du poids de 1,000 statères. Le Sénat accepta le cadeau, mais y fit inscrire le nom d’Antiochus mort, au lieu de celui de Tryphon l’usurpateur; cela se passait en l’an 142, av. J.-C. |

Antiochus Évergète frère de Démétrius II, était fils comme lui de Démétrius I”. Le livre des Machabées nous fournit au sujet de ses relations avec le souverain pontife Siméon, des détails que nous allons reproduire, avec d'autant plus de soin que nous ne les trouvons pas dans l’histoire de Josèphe, ou qu'ils sont en contradiction avec le récit de l'historien des Juifs. Ce fut en l’an 174 de l’ère des Séleucides (139 av. J.-C.) qu'Antiochus envahit la Syrie: Son armée presque entière fut immédiatement composée des soldats qui désertaient les drapeaux de Tryphon; celui-ci chaudement poursuivi par son rival, s’enfuit le long de

4, A.J. XIII, VII. 2 — B. J. I. IT. 2. — I. Machab. XV, v. 40 à 44 — Il faut reconnaître qu’à partir du XIVe chapitre, le Ier livre des Machabées embrouille les faits, et ne peut plus guère nous servir de guide.

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la côte de Phénicie, et dut s’enfermer dans Dora. Antiochus vint en faire le siège avec 120,000 hommes d'infanterie et 8,000 cavaliers. Il investit la ville par terre et par mer, et la bloqua si étroitement, que personne n’y pouvait plus entrer et n’en pouvait plus sortir !.

Antiochus solidement établi devant Dora, mena le siège de la place avec une grande vigueur, de telle façon que Tryphon ne pouvait plus s'enfuir. Ce fut alors que Siméon envoya au Roi Antiochus un corps de 1,000 hommes d'élite, de l'or, de l’argent et des vases en quantité. Antiochus refusa d'accepter ces présents, rompit tous les engagements qu’il avait pris antérieurement avec Siméon et se déclara ouvertement son ennemi ?.

Quels étaient ces engagements? Le même chapitre XV du livre des Machabées va nous l’apprendre.

Le Roi Antiochus, fils de Démétrius 1°, écrivit des îles où il était encore, à Siméon, le grand prêtre, prince de Juifs et à la nation entière. Ses lettres étaient ainsi conçues : « Le roi Antio- » chus à Siméon, le grand prêtre, et à la nation juive, salut! » Puisque certains misérables ont usurpé les États de nospères, » j'entends les recouvrer et rétablir le royaume dans l’état ou il » était auparavant. J'ai une nombreuse et vaillante armée; j’ai » une puissante flotte de guerre, et je veux entrer en campagne, » pour tirer vengeance de ceux qui ont ravagé mes États et ruiné » une foule de mes villes.

» En conséquence, je te confirme tous les privilèges et tous les » dons que tu as reçus des Rois mes prédécesseurs. Je te permets » de frapper monnaie dans ton pays. Je veux que Jérusalem soit » une ville sainte et libre; j'entends que tu restes en possession » de toutes les armes que tu as fabriquées, et de toutes les places

4, I. Machab. XV, v. 10 à 14. Au verset suivant, reprend le récit de l’ambassade de Numénius, envoyé auprès du Sénat romain par Siméon; plus loin nous reviendrons en détail sur cette ambassade.

2, Machab, X. 25 à 27. — B. J. I. II. 2. Josèphe nous dit ici que Siméon ne put satisfaire l’avidité du Roi.

» que tu as construites et que tu occupes. Je te fais la remise de » tout tribut royal, à présent et à toujours. Puis aussitôt que » j'aurai recouvré mes Éiats, je te glorifierai, toi, ton peuple et » ton temple, de telle façon que l'univers entier en soit émer- » veilléf, »

Nous sommes maintenant édifiés sur la bonne foi d’'Antiochus Évergète. Aussitôt que celui-ci eut rompu avec les Juifs, il chargea l’un de ses amis, Athenobius, de se rendre auprès de Siméon et de lui tenir ce langage: «Tu détiens Joppé, Gazara et la » citadelle de Jérusalem qui sont des villes de mes États; tu » en as dévasté les environs, et tu t’es établi en maître dans » beaucoup de lieux de mon royaume. Rends immédiatement les » villes que tu as occupées, et paye le tribut pour tous les lieux » où tu t'es arrogé l’autorité souveraine, en dehors de la Judée, | » sinon tu payeras 500 talents d'argent pour tout le mal que tu » as fait supporter aux populations, et 500 autres talents, pour » les tributs des villes; si tu ne le fais pas, nous ne tarderons » pas à venir et nous te châtierons ?.»

Athenobius, lorsqu'il fut arrivé à Jérusalem, fut stupéfié par l'apparence de puissance et de richesse que présentait la capitale de Siméon, il ne s’en acquitta pas moins de son outrageant message. Lorsqu'il eut fini, Siméon lui répondit: Nous n'avons pas pris un pouce de terre qui ne nous appartint pas, et nous ne détenons rien qui ne soit légitimement à nous. Ce que nous possédons est l’héritage de nos pères, que l'injustice et la force nous a arraché pendant un certain temps; mais avec le temps aussi nous avons recouvré notre patrimoine. Joppé et Gazara dont tu parles étaient une plaie pour notre nation et pour notre pays ; j'en donne cent talents.

Athenobius ne jugea pas à propos de répliquer, il repartit sur l'heure, et porta au Roi la réponse qu'il avait reçue. Il lui

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