Histoire des maladies du pharynx. Vol. II
L’époque que nous allons étudier s’étend de l’invasion des barbares à la Renaissance. Bien plus longue que la période arabe, elle est, au point de vue médical, beaucoup moins brillante et le plus souvent même paraît d’une stérilité déplorable. L’art de guérir ne présente pas en effet ces élans vigoureux, ces floraisons originales, qui rendent si intéressants les beaux-arts, la poésie et la philosophie du moyen âge. C’est que sans doute il réclame une maturité intellectuelle, une passion pour l’observation précise et méthodique, impossibles à rencontrer alors. Cette indigence, et peut-être aussi les difficultés dutravail inhérentes à la pénurie des matériaux, semblent avoir découragé les historiens, qui ne nous ont fourni que bien peu de renseignements. Cependant, si la médecine de ce temps est dépourvue d’un attrait scientifique proprement dit, elle ne mérite pas tout à fait le dédain des chercheurs ; car elle est assez curieuse, et nous présente le spectacle attachant et parfois poignant des efforts lents, pénibles, souvent maladroits ou entravés mais opiniâtres et finalement victorieux, qui furent faits
MOYEN AGE OCCIDENTAL
pour reconquérir le trésor des connaissances perdues.
Divisions du sujet. — On trouve d’abord dans la médecine du moyen âge deux périodes distinctes ; celle où l’influence gréco-romaine, bien atténuée, il est vrai, règne seule, et celle où elle est remplacée par l’influence des Arabes. Mais les doctrines de ces derniers ne se répandirent pas d’emblée sur tout le monde occidental. Elles se trouvèrent d’abord comme cantonnées dans le sud de l’Italie, à Salerne, où elles s’amalgamèrent peu après aux théories des premiers maîtres et arrivèrent h les supplanter : de là une période mixte de transition dite salernitaine, intermédiaire aux périodes préarabisle, et arabiste.