DANIEL WILCKE
Daniel Wilcke mit heureusement à profit les travaux si intéressants de ses compatriotes, dans sa thèse de doctorat; mais il faut reconnaître qu’il leur emprunte la plupart des conclusions dont Raoul Bayeux lui fait honneur, à tort selon nous.
Son travail commence par un exposé assez complet de la marche du fléau en Suède. Celui-ci fit son apparition à Stockholm, en 1755, frappant surtout les enfants. La réaction inflammatoire assez franche s’annonçait par un violent frisson, suivi d’une fièvre intense. Le cou enflait des deux côtés ou d’un côté seulement. La dysphagie s’accentuait de plus en plus et on voyait apparaître sur la luette et sur les amygdales des exulcérations sous forme de taches blanchâtres, qui s’étendaient avec une grande rapidité, de façon à envahir l’isthme tout entier. Puis, la voix s altérait vers la fin du deuxième jour ou au com-
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mencement du troisième. La dyspnée augmentait et la respiration devenait bruyante. Enfin le larynx finissait par s’obstruer complètement, et les malades succombaient du quatrième au sixième jour. L’appétit se conservait assez bien, et les patients avalaient convenablement jusqu’à la fin. Ces éminences blanches ne suppuraient pas et disparaissaient sans laisser de trace chez les sujets qui guérissaient ; mais on constatait de la gangrène (?) chez les malades qui succombaient. A l’autopsie d’un enfant, le professeur Martin trouva, rapporte-t-il, la trachéeartère tapissée d’une sorte de membrane d’abord épaisse, puis, analogue à celle qui revêt en dedans la coquille de l’œuf, à mesure qu’on se rapprochait des poumons. D’un blanc sale sur sa face libre, elle était teintée de sang sur sa face profonde ; mais elle était peu adhérente et on parvint facilement à l’extraire.
En 1761 et en 1762, le mal se montra à Upsal et dans les environs où il exerça des ravages épouvantables chez les enfants, qu’il tuait souvent dès le deuxième jour. Le voile, les amygdales, se couvraient de macules pâles, blanchâtres ou grisâtres, saillantes comme des pustules, et ressemblant ainsi aux aphtes auxquels on les a comparées. Peu à peu, elles se fondaient ensemble et gagnaient de plus en plus en surface. Wilcke reconnaît que l’haleine prend exceptionnellement un caractère fétide ; il serait très rare aussi que les malades rejettent des matières putrides. Dans ses observations, la contagion familiale se démêle aisément (Voy. obs. 1 et 2). Les troubles laryngés c’està-dire, la voix rauque, éteinte, les quintes, le rejet de lambeaux membraneux, etc., sont fort bien décrits.
Gomme Starr, Wilcke attribue la croûte blanchâtre à une mortification, mais à une mortification spoptanée
TEMPS MODERNES
sans inflammation préalable ; car, dit-il, il n y a pas de douleur.