INTRODUCTION ET DIVISIONS
il se fonde de véritables écoles (à Paris par ex. ; Houillier, Duret) qui se glorifient du nom d’hippocratiques. D’autre part, des systèmes tout nouveaux (iatrochimisme de Paracelse, Sylvius) tendent à remplacer le galénisme et même l’humorisme. Ils ne trouvent pas d’ailleurs partout un accueil empressé. En effet, des écrivains parfois fort distingués (ex. : Massaria, Zacutus Lusitanus) continuent à prendre parti pour Galien et les Arabes et cherchent à étayer leurs opinions sur des considérations cliniques qui sont loin d’être toujours sans valeur. Ainsi, pendant le XVI® et une partie du xvii® siècle, des courants intellectuels fort divers rompent l’uniformité d’aspect que nous avaient présentée, sinon la période gréco-romaine, du moins les périodes byzantine, arabe et médiévale.
L’exposition de tous ces travaux devient singulièrement compliquée et cette difficulté s’accroît de la multiplication sans cesse croissante des ouvrages médicaux.
Durant le xvii® et le xviii® siècle, si la médecine arabiste est décidément vaincue, ainsi que le galénisme pur, la situation n’est guère modifiée en réalité; car d’autres hypothèses, tout aussi inexactes, prennent leur place (iatrochimisme, iatromécanisme, solidisme, etc.). Tous les médecins d’ailleurs ne se rallient] pas aux nouvelles idées ; beaucoup restent fidèles aux traditions hippocratiques, c’est-à-dire à l’observation clinique dégagée de toute idée préconçue, L’humorisme n’est pas du reste mort tout entier. Le plus souvent, on tâche de concilier les idées anciennes avec les conceptions modernes ; de là un mélange hybride souvent fort curieux. Toutes ces remarques exactes pour la médecine en général le sont aussi pour la pathologie pharyngée.
Ces constatations vont nous amener à modifier un peu
TEMPS MODERNES
le plan suivi jusqu’ici. Les xvi®, xvii“ et xviii'’ siècles se complètent ; leurs systèmes médicaux s’enchaînent ; ils constituent une époque à peu près continue. Il serait ainsi peu avantageux de se contenter d’étudier les auteurs séparément d’après l’ordre chronologique. D’autre part, étant donné l’abondance extraordinaire des ouvrages médicaux, on ne peut guère analyser que les écrivains d’une importance'majeure.
Si l’ohjétte un coup d’œil d’ensemble sur les difiPérents travaux de nosologie pharyngée de cette époque, il apparait nettement qu’on peut les grouper, sans doute un peu artificiellement, mais d’une façon utile pour l’exposition, autour des sujets suivants : processus morbides communs (esquinancie, etc.); études de X anatomie pathologique des diverses phlegmasies ; processus morbides spécifiques (diphtérie, scarlatine, variole et rougeole, affections catarrhales, syphilis) ; tumeurs diverses. Nous aurions ainsi quatre grandes classes d'auteurs ; mais, comme, pour les néoplasmes, à cause du petit nombre de matériaux qu’on retrouve identiques dans un très grand nombre de publications, nous serions exposés à des redites incessantes, nous avons intercalé ce petit chapitre dans les conclusions,
La première partie, sera évidemment de beaucoup la plus vaste, l’anatomie pathologique ne faisant que commencer, les connaissances sur les tumeurs étant encore embryonnaires. Cette partie comprendra d’abord l’analyse des traités médicaux et chirurgicaux^ puis celle de ces publications plus modestes, mais peut-être non moins utiles, qui ont nom consilia, epistolæ, recueils d’observations.
Nous tracerons ensuite, comme conclusions, un exposé