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Il y avait céphalalgie gravative au-devant de la tète, assoupissement, pi’ostration et souvent un peu de délire. Le visage était enflammé, les yeux saillants, ardents.
« Le principe putride s’annonçait bientôt par les nausées, la fétidité de l’haleine, l’état saburral de la langue, les excréments verdâtres d’une odeur insupportable et toujours mêlés de vers ; les malades en rendaient aussi par la bouche ». Les selles étaient fort abondantes, blanchâtres, fétides, présentant en un mot ces accidents de gastroentérite, dégénérant parfois en dysenterie, que l’on a signalés dans quelques épidémies du xix® siècle. Un autre phénomène, sur lequel Read insiste beaucoup et qui paraît assez anormal, c’est un flux insupportable de matières âcres et fétides, s’écoulant par la bouche et les narines, en les excoriant. « L’abondante évacuation que procuraient les vésicatoires à chaque pansement, suppléait avantageusement à cet écoulement incommode ». L’éruption cutanée s’effectuait dès le deuxième jour ou au commencement du troisième. Read est frappé de cette précocité qu’on ne retrouve pas, dit-il, dans les fièvres exanthématiques. Elle se faisait par vastes plaques que l’auteur appelle « pétéchies » ; leur couleur souvent livide, les phlyctènes gangreneuses qu’il signale, lui paraissent un signe caractéristique de la malignité putride du mal, tout autant que la noirceur des lèvres et des dents. Il survenait ensuite une desquamation farineuse abondante.
« Les phénomènes relatifs à l’engorgement des parties internes de la gorge, et principalement l’inflammation des amygdales étaient bientôt portés au plus haut degré d’intensité; la gangrène de ces parties s’annonçait le troisième ou le quatrième jour par une puanteur intolérable. La langue, qui avait été blanchâtre dans les pre-
TEMPS MODERNES
miers moments de l’invasion de la maladie, brunissait vers la base. Le pouls auparavant dur et vif perdait ces deux caractères et devenait inégal et intermittent; de l’anxiété, un délire actif succédaient à l’assoupissement et au délire obscur primitif; la mort qui suivait était toujours accompagnée de mouvements convulsifs, qui rendaient affreux le spectacle de l’agonie des victimes de cette épidémie. » A l’ouverture de quelques cadavres, on constata des dépôts puriformes dans la gorge, le larynx et la trachée. Les amygdales paraissaient très altérées (/. de méd. 1168)-