SYDENHAM
Sydenham signale la dysphagie, la rougeur et la sécheresse de la gorge ; il insiste surtout sur la salivation qui lui paraît être un des moyens principaux que la nature emploie pour se débarrasser du venin morbifique. Les allures du phénomène sont assez bien notées, «oit dans la variole discrète, soit dans la variole confluente. Considérant le ptyalisme comme un symptôme normal et nécessaire, ainsi que la diarrhée, il défend qu’on le combatte. Voici du reste comment il s’exprime à son sujet : «La salivation vient quelquefois dès que l’éruption commence et quelquefois un jour ou deux après. On rend d’abord une matière claire, qui durant quelque
TEMPS MODERNES
temps sort avec facilité, et une grande abondance. Cette salivation ne diffère pas beaucoup de celle que produit le mercure, excepté qu’elle n’a pas une si mauvaise odeur. Vers le onzième jour la salive s’étant épaissie, le malade crache avec beaucoup de peine, il est altéré, il tousse de ■temps en temps en buvant, et la boisson revient par le nez. La salivation cesse le plus souvent dès ce jour là ; quelquefois aussi, après avoir cessé entièrement pendant un jour ou deux, elle recommence ensuite, mais cela est rare. Le même jour c’est-à-dire le onzième, le gonflement du visage diminue en même temps que la salivation ; au lieu de quoi les mains se tuméfient, ou doivent se tuméfier. » Dans les varioles confluentes, il n’y a point diminution graduelle du ptyalisme et des phénomènes cutanés. « Quoi qu’il en soit, la salive qui, jusqu’au onzième jour, était claire et coulait facilement devient épaisse et visqueuse, et menace de suffoquer le malade. La boisson qu’il prend tombe aisément dans le poumon ; ce qui fait qu’elle est rejetée par le nez avec une violente toux; la voix est rauque ; il survient un assoupissement profond ; enfin le malade succombe à tant de maux, et il meurt le jour que nous avons dit. »
Cet auteur, d’autre part, avait observé les gangrènes buccopharyngiennes et nasales, au décours de l’affection. « Des ulcères phagédéniques rongent diverses parties du corps. Ils commencent ordinairement par attaquer le gosier ; ensuite, s’étendant insensiblement le long du palais, ils gagnent les cartilages du nez, les détruisent et causent la chute entière du nez. »