‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 128 sur 174 · MORTON · texte numérisé non relu

MORTON

Morton a signalé assez longuement les troubles gutturaux que l’on peut rencontrer dans la variole. « On voit fréquemment, dit-il, dans les formes cohérentes ou confluentes, après la première semaine, quand les pustules sont encore à demi gonflées par une humeur séreuse, claire ou déjà un peu opaque, le malade pris d’un ptyalisme intense, avec fièvre, délire et autres troubles nerveux qui montrent l’infection du cerveau, quand le virus commence à s’éliminer par les glandes salivaires, ou par une autre voie, et on trouve la gorge et des régions qui n’avaient pas été d’abord atteintes, rouges et gonflées vers le quatorzième jour ouïe dix-septième jour de l’affection. » Un peu plus loin, l’auteur reconnaît que la salivation apparaît à la période de maturation (suppuration). Il serait mauvais que cette hypersécrétion soit peu abondante ou qu’elle se supprime, le mal pouvant alors, comme lorsque les boutons s’affaissent, dégénérer en une synoque maligne avec convulsions, délire, etc. Parfois le ptyalisme se prolonge en même temps que persistent les lésions cutanées, qu’il appelle dans ce cas scabies nigra, tourmentant et épuisant les malades. Chez certains sujets dont l’éruption avorte, la salivation et les autres pertubations des organes internes décélent seules l’existence du mal. Le froid de l’hiver, en gênant l’élimination de la lymphe âcre par les glandes, amène trop souvent l’apparition « de la toux férine et suffocante, d’éternuements incessants et fatigants, d’une voix rauque, d’une douleur dans la gorge, d’un gonflement notable des amygdales. » Mêmes remarques, lorsque Morton décrit l’éruption variolique et ses modifications

TEMPS MODERNES

pendant la saison rigoureuse de l’année. Par les temps très froids, il a constaté un gonflement inflammatoire marqué, non seulement des amygdales et de la luette, mais encore de toute la gorge, parce que le venin de la variole ne pouvant plus s’éliminer par la peau, s’échappe au niveau de cette cavité, qu’il corrode par sonacrimonie.Non seulement, il en résulterait un ptyalisme très marqué, de la douleur, “une forte dysphagie, mais souvent de la suffocation, qui menace d’emporter les malades. Ses observations sont d’assez beaux exemples des troubles gutturaux, que peut déterminer la variole, et de la dysphagie résultant des lésions buccopharyngées.

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