‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 44 sur 174 · DIONIS · texte numérisé non relu

DIONIS

dont Sculteta donné la description dans son Armentarius\ avec cetlnstrument (espèce d’amygdalotome), ils coupent, dit-il,'la luette et sont aussitôt guéris.

Dionis donne, à propos de la bronchotomie, des renseignements intéressants sur la façon dont on comprenait généralement à cette époque \es angines. L’idée d’angine bâtarde, d’angine fausse, d’angine œdémateuse, qu’on retrouve dans Sennert, dans Ethmuller et plus tard dans Boerhaave, avait été singulièrement modifiée. Elle comprenait les amygdalites et les pharyngites de type commun.

« On établit en général deux espèces d’esquinancie, dit Dionis, la fausse et la vraie. La fausse est un dépôt de sérosité (lymphe de Sylvius de le Boe), ou de pituite (tradition hippocratique), qui abreuve les glandes de la gorge, sans fièvre, sans inflammation et sans grande difficulté d’avaler et de respirer. » La vraie cynanche siégeait dans le larynx « avec fièvre, chaleur et ardeur à la gorge, respiration difficile et violente douleur ». On continuait à admettre (depuis Galien) la péricynanche ou inflammation des muscles externes du larynx et la cynanche ou laryngite interne « frappant les muscles de l’intétérieur de l’organe et beaucoup plus dangereuse que l’autre ; car, se portant en dedans, elle bouche le passage de l’air et du boire ou du manger ». C’est donc l’esquinancie interne qui réclame la trachéotomie. Au fond, c’était une opération in extremis, qu’on recommandait dans certains cas désespérés, mais qu’on ne pratiquait guère. Fabrice d’Aquapendente, qui la regardait comme une des opérations principales de la chirurgie, avoue ne l’avoir jamais exécutée. Cette retenue s’expliquait facilement avec les raisons alléguées par Dionis, qui rapporte impai'tialement le pour et le contre.

TEMPS MODERNES

« Ceux qui désapprouvent cette opération disent qu’elle est absolument inutile en beaucoup d’occasions, où il y a difficulté de respirer, comme lorsque cette difficulté de respirer résulte d’une apoplexie, d’une pleuresie, d une péripneumonie, ou d’une tumeur dans le conduit de la tracliée-artère, et qu’il n’y a que dans 1 esquinancie qu’elle peut avoir quelque avantage; mais que, dans ces cas, on l’ordonne si tard et quand le malade est si prêt d’étouffer, qu’en la pratiquant on avance sa mort et on encourt la honte et le mépris du public, qui au lieu de s’en prendre à la maladie, qui était mortelle, accuse le chirurgien d’avoir égorgé le malade. » Dionis fait remarquer du reste le soulagement du malade, dès qu’on lui a fait l’ouverture trachéale. « On voit le sujet revenir comme de la mort à la vie dans le même instant, et cet effet est si sensible et si prompt qu’il paraît un miracle. » Cet auteur se contente ensuite de rappeler que les plaies des cartilages peuvent guérir, mais sans citer Habicot qu’il devait connaître cependant ; du reste, c’était son habitude de ne pas se livrer à des controverses érudites, qui ont leur avantage dans les gros traités, mais ne conviennent guère à un ouvrage élémentaire du genre de son traité d’opération. Aussi ne cite-t-il guère de noms d’auteurs, sauf quand la chose est indispensable (procédés, par exemple). Passant au manuel opératoire, il dit que certains veulent le patient couché, d’autres assis, pour qu’il respire plus facilement pendant l’opération, d’autres enfin dans une situation intermédiaire, la tête rejetée en arrière, pour découvrir le cou, ne songeant pas qu’ils augmentent ainsi l’étouffement. Selon lui, le chirurgien doit préférer la position qui lui paraît la plus commode. On opérait tantôt entre le deuxième et le troisième anneau.

VERDUC

tantôt entre le quatrième et le cinquième, et on marquait la place avec l’ongle après l’avoir reconnue avec soin, grâce à l’exploration digitale. Le reste de l’opération se pratiquait comme l’indiquent les anciens auteurs. On se servait habituellement du bronchotome pour faire l’ouverture trachéale (troquart qui permettait de faire en même temps le placement de la canule). De son temps, le procédé rapide et le procédé lent étaient déjà en honneur. « Quelques-uns veulent qu’on exécute cette opération par une ponction seule et que, avec le bronchotome ou la lancette, on ouvre la peau et l’entre-deux des cartilages bronchiques et qu’on ne tire point l’instrument entré dans la trachée artère, avant que d’y avoir mis un stylet pour y conduire la canule, de cette manière l’opération est plutôt accomplie, moins cruelle et plus aisée à guérir. »

Plus loin, s’occupant des afiFections chirurgicales de la langue, il décrit un abaisse-langue à lame très large et construit à peu près comme ceux de nos jours.

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