‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 45 sur 174 · VERDUC · texte numérisé non relu

VERDUC

Le traité de Verduc est comme une sorte de compromis entre la chirurgie des siècles précédents et celle du XVIII® siècle. influence iatrochimiste est très nette dans les théories pathogéniques qu’il expose.

Yerduc n’admet que deux grandes variétés d’esquinancie, l’une avec signes physiques, l’autre sans lésions apparentes, qui est la plus dangereuse. Il rejette l’angine bâtarde de Sennert et d’Ethmuller, cette entité morbide étant, selon lui, une complication inutile du sujet. Lorsque le mal se porte au dehors, dans l’angine sine

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materia, l’affection peut guérir, comme l’avait déjà signalé Hippocrate. Il fait intervenir la notion traditionnelle des crises et cite des hémorragies du nez qui ont amené une terminaison heureuse; la pneumonie et la pleurésie seraient des métastases moins favorables.

Quand le malade ne peut avaler, Verduc recommande l’usage de la sonde oesophagienne ; mais son procédé est tout à fait primitif. Si la manœuvre est impossible, il n’est pas nécessaire, affîrme-t-il, de s’obstiner; car les malades peuvent rester plus d’une semaine sans manger, comme le démontrent certaines observations.

esquinancie étant, d’après lui, une tumeur produite par l’acidité du suc nourricier dans les muscles de la gorge, il faut se débarrasser des obstructions par des médicaments volatils (théorie iatrochimiste). Si le malade menace d’étouffer, il convient de le saigner au bras ou .même sous la langue. Si l’émission sanguine est contre-indiquée, on placera des ventouses ou un cautère à la nuque.

Verduc se.prononce énergiquement contre les purgatifs, qui sont « des choses nuisibles et pernicieuses ». Les lavements ne seront donnés qu’en cas de constipation. Contrairement à « ce qu’on fait dans l’amygdalite, qui est une maladie distincte de l’esquinancie », on recourra aux sudorifiques et non aux diurétiques.

Comme gargarisme, il recommande la formule suivante : « Prenez deux onces d’eau de fleurs de sureau, une once d’eau de plantain, six drachmes d’esprit-de-vin et vingt gouttes d’esprit de sel ammoniac; ou bien, prenez deux onces de décoction de fleurs de sureau, deux drachmes d’esprit-de-vin tartarisé, avec une demi-once de miel rosat. » Si le malade souffre trop pour se gargariser, il peut se contenter de garder ces liquides dans la

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bouche et d’en laisser couler quelques gouttes dans la gorge (bain local).

Comme onctions, il conseille les liqueurs spiritueuses « remplies de sels volatils », telles que l’esprit-de-vin camphré, les liniments au sel ammoniac, et rejette les cataplasmes qu’il trouve inutiles.

Les gargarismes et les collutoires astringents sont proscrits. « On les doit bannir puisqu’ils ne font qu’augmenter les obstructions ». Si le mal dure, on aura recours auxmaturatifs, c’est-à-dire aux applications locales de mie de pain, additionnée d’une décoction de scabieuse, de mauve, de camomille, de mélllot, avec une demi-poignée de figues, une once de raisins secs, une once de réglisse. Verduc se garde bien du reste d’oublier le fameux album græcum, c’est-à-dire les excréments de chien. Il recommande encore, à ce point de vue, les nids d’hirondelle, ainsi que d’autres fientes d’animaux « qui sont remplis de sels volatils alkali ». L’explication, comme on le sait, remonte à Paracelse. Les enveloppements chauds (laine trempée dans l’huile chaude et surtout dans l’huile de tartre) donnent, pense-t-il, d’excellents résultats.

Quand l’abcès est mûr, il convient de le badigeonner avec du miel rosat additionné à'album græcum-, mais le procédé le plus simple, le plus sûr, est de l’ouvrir av£c la lancette. Si le malade étouffe, il faut pratiquer sans retard la trachéotomie que l’auteur regarde comme une excellente opération.

Lorsque le mal est peu intense et que la gorge est blanche (angina notlia de Sennert, de Houillier, d’Ethmuller), Verduc recommande, comme dans la médecine militaire de Minderus, la mauve, la sauge et le polypode bouillis dans du vin blanc et utilisés en gargarisme. Cette

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afifection surviendrait quand les tissus de la gorge sont remplis d’une lymphe épaisse et gluante. Si, au contraire, ils sont envahis par une sérosité salée, avec tuméfaction inflammatoire des amygdales, il est nécessaire de recourir aux alcalis volatils et aux préparations de cinabre.

Verduc a assez bien décrit les lésions huccophanjngées du scorbut. Chez un de ses petits malades qui, à la suite de la variole, avait eu des accidents gangreneux ayant détruit à peu près toute la langue, il rattache l’applatissement du palais et l’étroitesse extrême de l’isthme k un trouble de croissance consécutif k la disparition de la langue. Malgré l’absence k peu près complète de celleci (il ne restait plus qu’un petit moignon), l’enfant articulait assez bien.

L’auteur mentionne [Traité de chirurgie, vol. Il, chap. xii) les polypes nasaux qui font saillie dans le gosier. « Quoique ce polype ne soit pas ordinairement une maladie k craindre, ces excroissances deviennent quelquefois si grosses et si longues, qu’elles remplissent toute la gorge. En voici un exemple remarquable. Un jeune homme avait un polype qui lui descendait jusque dans la gorge. Cette chair était si grosse 'et si dure par en haut, qu’elle avait déplacé les os du nez, de manière que cette partie n’avait plus sa figure naturelle. Cette excroissance pendait aussi hors du nez, ce qui était assez difforme. Après avoir gardé quelque temps ce polype, ce pauvre garçon mourut misérablement, ne pouvant respirer, parce que cette chair remplissait la gorge. » L’auteur ajoute ensuite naïvement que cette excroissance charnue résultait chez ce malade de l’habitude de se frotter sans cesse le nez, ce qui aurait iri’ité outre

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