PHILONIUM (VALESCUS DE TARENTA
Le Philonium de Valescus de Tarenta est surtout un traité de thérapeutique. L’angine est décrite d’après Avicenne. Il admet les mêmes variétés anatomiques et cliniques, ainsi que les métastases. Quant au pronostic, il se base surtout sur les Aphorismes d’Hippocrate et les commentaires qu’en a faits Galien. Mais, si la partie clinique est forcément faible, étant donné le plan de l’ouvrage, il n’en est pas de même de la partie thérapeutique qui est très développée. H ne veut pas des gargarismes astringents dans les gonflements localisés du voile, de l’amygdale, du palais, de la base de la langue et de l’épiglotte, à moins qu’on ait saigné abondamment le malade; les styptiques, dit-il, ne font, le plus souvent, qu’augmenter la congestion, et, par conséquent, l’apport des humeurs. De plus, il institue un traitement en quelque sorte étiologique, suivant que le mal est dû à des remèdes âcres (ellébore), à un refroidissement, à une suppression des règles, etc. Quelques-uns de ses prédé-
MOYEN AGE OCCIDENTAL
cesseurs étaient déjà entrés dans cette voie, mais pas avec la netteté de Valescus de Tarenta. Sa matière médicale est très riche; malheureusement les recettes dégoûtantes n’y font pas plus défaut que chez Galien, Aétius, Avicenne, etc. On y voit les fameuses préparations officinales aux excréments d’homme t de chien.