LILIUM MEDICINÆ (GORDON
Après avoir rappelé en quelques mots la topographie du pharynx, Gordon affirme que cette région peut être affectée de maux très nombreux.
A propos de \angine, il distingue, comme Avicenne, des causes externes : froid, corps étrangers, boissons
MOYEN AGE OCCIDENTAL
chaudes ou caustiques ; des causes internes (erreurs de régime mettant en mouvement les humeurs, suppression des règles).
Il ne fait que signaler les paralysies et les spasmes pour s’appesantir sur Vesquinancie, parce que, dit-il, c’est elle qui fait courir les dangers les plus sérieux ; elle menace la respiration et peut ainsi étouffer les malades.
Il en admet deux espèces, comme tous les auteurs qui l’ont précédé : la première, l’angine des modernes, est caractérisée par des lésions apparentes (rougeur et tuméfaction) ; la seconde est la laryngite, dans laquelle les parties accessibles à la vue sont intactes. Jusqu’ici, rien de bien spécial à Gordon. Mais, à ces groupes il ajoute deux variétés nouvelles : l’une, caractérisée par la tuméfaction de la base de la langue et des ligaments qui en partent (on ne se rend compte de la présence des altérations morbides de cette nature, dit-il, que si on déprime fortement la langue), l’autre, l’angine accompagnée de collections purulentes externes. En outre. Gordon, en étudiant les débuts de l’angine, remarque que le mal succède parfois à une fièvre continue ou à une fièvre putride. Les Arabes avaient déjà signalé ce fait ; mais il a eu soin de le rappeler et son mérite est ici assez grand, car la plupart des arabistes gardent le silence sur ce sujet. Les variétés de la maladie apparente (angine vraie) sont décrites avec beaucoup de détails, d’après une classification humorable dont Galien avait été l’instigateur, complétée par Avicenne (Voy. Tome I, p. 253). Ici Gordon ne fait guère que répéter le Canon de ce dernier auteur, mais avec plus d’ordre et plus de lucidité. Les métastases du mal (complications) sont empruntées également à l’écrivain arabe. Pour le pro-
PHILONIUM
nostic, Hippocrate, Galien, Rhazès et Avicenne sont mis assez heureusement à contribution. Gordon peint d’une façon courte et saisissante le faciès du malheureux en train de périr étranglé par l’angine. Le traitement qu’il indique est emprunté aux Arabes et ne mérite par conséquent pas de nous retenir. Disons seulement qu’il est très complet et exposé avec méthode.
Ce que dit Gordon sur les maladies de la luette, sur les ulcères, sur les abcès de l’amygdale est tiré d’Avicenne et surtout d’Albucasis.