MARGHETTIS
Marchettis a signalé chez un enfant d’un mois un gonflement inflammatoire des glandes du cou, gênant beaucoup la déglutition et menaçant d’entraîner la mort; car le nourrisson ne pouvait plus avaler de lait. Après
MARCHETTIS
avoir prescrit sans résultat des frictions locales et des pédiluves, Marchettis se décida à faire poser sur les épaules du petit malade quatre ventouses scarifiées ; la guérison s’ensuivit. On avait retiré deux onees de sang ; ce qui était une grande audace pour l’époque (les anciens avaient en effet formellement interdit l’émission sanguine à cet âge).
L’auteur rapporte (obs. XXVII) un cas assez étrange qu’il nous paraît avoir mal interprété et qui semble être un polype nasopharyngien méconnu ayant poussé dans le nez deux prolongements (un pour chaque cavité nasale) jusqu’au voisinage des narines. On incriminait une contusion (chute) pendant l’enfance ; peu à peu le nez se serait bouché à la suite d’ulcères sur lesquelles de grosses masses charnues auraient pris naissance. Marchettis constata que l’organe était complètement obstrué d’un côté ; de l’autre, le malade pouvait respirer un peu à certains moments. Il se décida à créer un passage dans ce « faux polype (1) » qui avait la dureté de l’os. Pour cela, il employa le fer rouge ; et, comme le malade ne pouvait en supporter longtemps l’emploi, on fit vingt séances successives pendant une durée de vingt jours. Marchettis créa ainsi une sorte de tunnel assez large, qui donnait facilement accès à l’air. La réaction inflammatoire assez violente fut calmée par des topiques anodins (onguent rosat) ; puis, pour assurer la cicatrisation, on eut recours au bol d’Arménie, à la corne de cerf brûlée, etc. Il agit de même de l’autre côté. Le malade put enfin respirer facilement des deux narines. Le passage une fois cicatrisé se maintint ; on put par l’intro-
(1) Spui’ius (Voy. Tumeurs dans les conclusions).
TEMPS MODERNES
duction de canules redonner aux parties leur aspect naturel. Le cinquantième jour, la guérison était complète.
L’auteur a observé (obs. XXIX), chez un vieillard de quatre-vingt-quatre ans, une récidive de cancer de la lèvre inférieure; au début, il était gros comme un œuf de poule et fût néanmoins opéré avec succès. Pendant trois ans, la guérison se maintint ; mais, au bout de ce temps, une récidive se fit au gosier (base de la langue?) et le malade ne tarda pas à succomber. Ceci n’étonna pas Marchettis ; il savait, dit-il, par expérience et d’après l’opinion des auteurs, que si on enlève un cancer à un endroit, il repousse à un autre.