JUAN DE VILLAREAL
toutes spéciales, comme cela se voit dans la peste.
Cette angine n’est ni le charbon, ni l’érysipèle, ni les aphtes, ni l’esquinancie ordinaire, mais une phlegmasie gutturale spéciale, à allure maligne et frappant de préférence les enfants. Sa marche est très aiguë ; elle tue en quatre jours ; parfois cependant la mort ne survient qu’au septième jour, et quelques malades réchappent. Certains sujets ont longtemps une température au-dessous de la normale, ce qui est d’un mauvais pronostic (hypothermie). 11 a noté du délire, des convulsions, de la somnolence, mais refuse d’admettre, comme quelquesuns de ses collègues, qu’il y ait frénésie ou léthargie, (phénomènes ataxo-adynamiques des fièvres graves). Les hémorragies par le nez sont un indice que la maladie est mortelle ('formes hémorragiques).
Le meilleur titre de gloire de Villareal est d’avoir fort bien étudié les phénomènes gutturaux et cervicaux que produit la diphtérie bucCopharyngée., « Quand on fait ouvrir la bouche aux malades, dit-il, on aperçoit le fond de la gorge couvert d’un enduit blanchâtre qui gêne la déglutition et même la respiration. » D’autres fois, on constate que ces parties sont recouvertes d’une croûte de consistance membraneuse, qui tapisse en entier l’isthme, le pharynx et le larynx. Cette croûte n’est pas parfaitement blanche, comme dans le cas précédent, mais tourne à la teinte livide. Du reste, plus l’affection est ancienne et plus la couleur blanche s’altère. Les membranes résistent quand on les tend ; leur consistance rappelle un peu celle du parchemin et elles sont très adhérentes aux parties sous-jacentes. Elles existent au fond du gosier même quand on n’en voit plus dans la gorge ; ce sont elles qui produisent l’étoufifement. Si les malades en rejettent.
elles ne tardent pas à se reproduire. D’autre part, du côté du cou, les ganglions se tuméfient d’autant plus qu’on est en présence des croûtes livides et non de l’enduit blanchâtre. C’est là un signe caractéristique du mal ; les tumeurs siègent sur les parties latérales du cou, audessous des oreilles. Malheureusement, Villareal gâte les excellentes choses qu’il dit par une érudition inutile et par des discussions subtiles. Il ne ramasse pas du reste d’une façon brève et puissante la description clinique, comme l’a fait Mercado ; aussi ses remarques frappèrentelles peu ses contemporains, découragés peut-être par ses défauts d’exposition.
Il se dit partisan de la saignée et des purgatifs, au début du mal seulement, puis des toniques, et il indique ensuite la recette de divers gargarismes, etc.