CARNEVALE
etc. On a vu, dit-il, ce dernier mode de contage être la cause de plus d’un cas de transmission de maladies de ce genre. D’ailleurs, il faut faire attention aux épizooties concomitantes; car les chiens, les chats, les chevaux, etc., .peuvent propager les fléaux pesteux, ainsi que les faits le démontrent. Du reste, quelle que soit la façon dont le mal s’est transmis, il se généralise au corps tout entier. Carnevale insiste beaucoup sur ce dernier point. Il consigne ensuite toutes les causes invoquées par les auteurs pour expliquer la production du mal pestilentiel, c’està-dire les météores, les exhalations malignes du sol, les tremblements de terre, les conjonctions astrales défavorables, auxquelles il consacre plusieurs pages d’exposition, etc. Chemin faisant, il mentionne aussi les littérateurs auxquels il a fait de nombreux emprunts ; ceux-ci donnent peut-être un certain agrément à son ouvrage, mais ne sont en somme que des digressions oiseuses. La prédisposition est engendrée par Vej^cès de principes excrémentitiels^ une constitution humide, le chagrin, les débauches qui affaiblissent Lorganisme.
Le mal atteint les amygdales principalement, puis le voile, le larynx. Les lésions ne sont pas celles de l’amygdalite ordinaire; beaucoup plus diffuses, elles frappent toujours les deux glandes à la fois. Les aphtes auraient un siège plutôt buccal; leurs pertes de substances blan- ,châtres sont d’un caractère plus superficiel. Ce n’est pas non plus un véritable ulcère putride, mais bien une gangrène, comme l’auteur l’a dit, en définissant l’affection.
La symptomatologie est assez brièvement esquissée . d’après Arétée, dont il se contente pour ainsi dire, de rappeler la description caractéristique, ainsi qu’il l’avoue luvmême, imitant ainsij’exemple de Marc-Aurèle Séverin.
TEMPS MODERNES
Parlant des complications, il ajoute que l’afiFection, en suivant l’œsophage, peut gagner l’estomac, comme dans la peste d’Athènes racontée par Thucydide. Ou bien encore les humeurs âcres et fétides se portent sur la poitrine, comme Ta remarqué Arétée, parfois aussi au cerveau, amenant des désordres considérables : frénésie, jetage nasal fétide, etc.
Quant à marche, elle est rapidement mortelle.
Les différences d’aspect présentées par les amygdales sont signalées. Selon Carnevale, les lésions sont véritablement protéiformes, comme étendue, couleur, profondeur, etc. Cependant l’évolution générale permet de distinguer:
. l“une variété amygdalienne ; 2° une forme aphteuse superficielle, dont les petites taches blanches sont semblables à celle d’une pointe de feu ; 3° une forme croûteuse ; 4“ une forme véritablement ulcéreuse. Le traitement n’offre rien de spécial.