NEUMANN
ment en nombre considérable. Ses divisions sont basées, nomme chez ses devanciers, dont il s’inspire, tantôt sur la répartition topographique des lésions, tantôt sur la symptomatologie. Il distingue avec soin l’angine inflammatoire de l’angine catarrhale. La muqueuse serait plus rouge, plus douloureuse, plus sèche. Il existerait non seulement des troubles dysphagiques, mais, encore respiratoires, par obstruction mécanique résultant du gonflement des parties atteintes. L’angine ulcéreuse se rencontrerait surtout dans les formes bilieuses (commele voulait l’humorisme antique) . L’angine catarrhale se distinguerait par un mélange de pharyngite et de laryngite, ces deux phlegmasies coexistant presque toujours ensemble1. L’aflfection serait souvent épidémique et pourrait se transmettre par contagion, aihsi que le démontrent certains faits observés dans les foyers familiaux. La réaction phlegmasique serait en général agsez accentuée pour qu’on maintienne le catarrhe guttural dans la classe des angines. Ce qu’il dit de l’épiglottite est emprunté à Sachse.
Un Compendium 2, qui a paru à Berlin sans nom d’auteur en 1838, d’après les idées des médecins les plus autorisés, est intéressant à consulter, parce que les opinions qu’il relate sur les maladies de la gorge sont la reproduction assez fidèle des opinions de la plupart des médecins allemands de l’époque. La description dé l’angine simple est en majeure partie empruntée à Sachse. On yadmet, dans un très grand nombre de cas, des prodromes caractérisés par un malaise général, de la lassitude, de la courbature, une fièvre plus ou moins accusée, une
1. Ceci ést parfaitement exact quand l’étiologie est grippale-
2. Handbuch der specielle Pathologie und Thérapie der acuten Krankheiten nach der Erfahrung der bewahrtesten. Aertze unserer Zeit. Berlin, 1838.
ANGINE SIMPLE AIGUE
sensation de plénitude et de chaleur dans la gorge, une tuméfaction légère des ganglions lymphatiques. Les symptômes de la période d'état sont bien exposés; mais l’auteur ne les attribue pas tous à l’inflammation gutturale. Il incrimine aussi la réaction nerveuse produite par la phlegmasie locale. Les variétés topographiques admises par les écrivains du xvme siècle, tels que Boerhaave, Yan Swieten, Sauvage, sont décrites avec soin. La palatite aurait les plus étroites relations avec la rhinite et en général les deux affections coïncideraient. Sa nature serait le plus souvent catarrhale, rarement ulcéreuse. Ce serait le cas de l’uvulite qui se décélérait surtout par un chatouillement spécial et par les changements de forme de la luette. Rappelons à ce sujet qu’un médecin Scandinave avait signalé une véritable épidémie de cette variété d’angine qu’il traita par les moyens chirurgicaux. A propos de l’amygdalite, on y insiste sur un maximum de lésions qui serait à gauche. L’angine épiglottique, si bien décrite par Sachse, est mentionnée avec des détails suffisants. On signale la tuméfaction de ce cartilage, les accès de suffocations, la dysphagie très pénible, les résultats que donne l’exploration digitale. Il est bon de dire que d’autres observateurs avaient parlé aussi à cette époque, non d’épiglottite, mais d’abcès siégeant à la racine de la langue. Tous ces faits étaient englobés dans ce qu’on appelait la pharyngite inférieure, ' dont plusieurs des auteurs analysésprécédemment. avaient rappelé les principaux symptômes, notamment la situation par rapport au larynx, la douleur déterminée par la pression du corps thyroïde ou des parties latérales correspondantes du cou. Tous ces faits se rapportent évidemment à l’amygdalite linguale, parfois à l’épi-