PARROT
gique bien différente des affections inflammatoires proprement dites. 11 ne nous semble donc pas possible de considérer l’herpès, en quelque lieu qu’il se présente, comme marquant le plus haut degré d’un état inflammatoire. » A ce sujet il signale une observation de fièvre cérébrale grave de Delioux, qui fut jugée par un herpès critique. Une des remarques les plus importantes qu’ait faites Parrot, c’est celle de l’analogie entre l’herpès et la pneumonie franche; car on sait aujourd’hui que le pneumocoque doit le plus souvent être incriminé dans les deux cas. Il commence par montrer combien l’herpès est fréquent au cours de l’inflammation franche du parenchyme pulmonaire; et, citantà ce sujetle Traité de Grisolle sur la pneumonie (p. 311), il ajoute : « Il est très remarquable que dans un grand nombre de ces pneumonies avec herpès, les premiers accidents ont une analogie saisissante avec ceux de la fièvre herpétique, surtout chez les enfants qui accusent peu de douleur et qui ne crachent pas. Aussi en l’absence de signes locaux fournis par l’exploration du thorax, m’cst-il souvent arrivé de surseoir au diagnostic et de ne l’établir d’une façon certaine qu’à l’apparition du souffle tubaire. » Il cite des observations, où la pneumonie semble avoir été manifestement influencée au moment des poussées herpétiques. Parlant de l’observation XIV, « Mais ce n’est pas, dit-il, tout ce que nous trouvons à relever dans cè cas, il est une autre particularité que nous croyons bien digne d’ètre mise en relief, c’est cette recrudescence très nette de l’appareil fébrile avec somnolence et sub delirium qui se montre brusquement dans le couis de la pneumonie et qui suit immédiatement une nouvelle éruption herpétique. Sans nous laisser entraîner à des conclusions
ANGINE HERPÉTIQUE
prématurées, remarquons que chez cette jeune malade la fièvre semble liée à l’herpès plutôt qu’à la lésion pulmonaire; en sorte -qu’on pourrait dire qu’il s’agit d’une fièvre herpétique avec pneumonie et non d’une pneumonie avec herpès. » Poussant encore plus loin ses hypothèses, il fait jouer dans les deux affections, herpès et pneumonie, un rôle prépondérant au système nerveux; ce qui n’est point exact, mais s’explique par l’entraînement du moment. Les pathologistes étaient tout à l’action des réflexes, avec lesquels on expliquait si aisément et si brillamment un grand nombre de processus morbides. « Chacun sait les relations qui existent entre l’herpès et certaines affections des nerfs, les névralgies surtout. L’herpès zôster a particulièrement attiré l’attention à ce point de vue . . Dans cette dernière affection, bien que généralement les troubles généraux qui accompagnent l’éruption passent inaperçus, on observe parfois un appareil fébrile caractérisé par l’accélération du pouls, l’élévation de là température, du malaise, de la courbature, de l’insomnie et un embarras très accusé des voies digestives. Ce sontles cas légers de fièvre herpétique, avee prédominance névralgique. Et cette névralgie du zona qui, très fréquemment, affecte une branche intercostale, ressemble beaucoup à celle qui caractérise le point de côté de la pneumonie ; ayant le même siège, .comme elle, étant hémiplégique, et, comme elle encore, reconnaissant pour cause habituelle un refroidissement. Dans toutes ces affections, fièvre herpétique, pneumonie, zona, le système nerveux joue Un rôle prépondérant. N’est-ce pas lui qui, par l’intermédiaire de la peau, membrane essentiellement nerveuse, est atteint le premier, et peut être le seul, par la perturbation calorique qui de toutes leurs