‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 55 sur 170 · PAR ROT · texte numérisé non relu

PAR ROT

tant que l’abaissement de la température n’agit que dans certaines conditions déterminées:

« A çe propos, nous ferons remarquer que, pour que le refroidissement soit morbigène, il faut que la température du corps se soit préalablement élevée d’une manière tout à fait anormale et intrinsèque, que ce soit d’ailleurspar un acte physiologique ou par un trouble morbide. » Malgré qu’elle ait le type exanthématique assez prononcé,, la fièvre herpétique n’est, contrairement aux vrais exanthèmes, ni contagieuse, ni unique dans son apparition. Elle présenterait, au contraire, une tendance manifeste, aux récidives. Elle serait loin d’être univoque dans ses symptômes, mais cette diversité s’expliquerait assez faciment. « Pour ce qui est des différences parfois si grandes que présente la fièvre herpétique; suivant les sujets qu’ellè frappe et les difficultés que présente son diagnostic, il n’y a là rien qui lui soit spécial et que l’on observe dans un grand nombre d’autres affections. Et si dans l’espèce les traits de dissemblance sont plus accentués, s’ils ont été la cause d’une confusion nosologique, c’est que, même en admettant contre toute apparence que la cause agisse toujours avec la même intensité, l’altération cutanée dans ce processus morbide, bien que constante, n’est pas assez puissante pour donner une direction aux phénomènes réactionnels et à les orienter ; de telle sorte qu’ils subissënt l’influence capricieuse et imprévue -des diversités individuelles. Voilà ce qui souvent rend le mal méconnaissable et déroute le clinicien. » Passant en revue les diverses localisations du mal et arrivant aux déterminations pharyngées, « L’angine herpétique, dit l’auteur, comme on l’appelle aujourd’hui, signalée par Bretonneau et Trousseau, bien étudiée par Gubler et Lasègue, n’est

ANGINE HERPÉTIQUE

autre chose qu’une fièvre herpétique dans laquelle l’éruption, au lieu de se faire sur la peau de la face comme dans les cas que nous avons étudiés jusqu’ici, a lieu sur le tégument de l’arrière-gorge. » Parrot s’appuie sur la description même de Lasègue pour prouver que tout se passe comme dans les maladies générales qualifiées de l’appellation fièvre par les anciens. Si Lasègue, ajoute-t-il, n’a pas osé aller jusqu’au bout de ses idées il n’imitera pas cette réserve. Plus catégorique que l’a été son prédécesseur il franchit le pas auquel il s’est arrêté, non toutefois sans l’accentuer. « Nous n’hésitons pas à faire de l’angine herpétique une fièvre et à la ranger dans le même cadre que la synoque, l’éphémère, l’angiosténique sous la dénomination commune de fièvre herpétique. Nous ne sommes, comme on le voit, ni de l’opinion de Gerhard d’Iéna, qui ne voit dans cette affection qu’une angine violente avec exsudation punctiforme, rapportant l’herpès du visage au mouvement fébrile toujours intense en pareil cas, ni de celle de Jaccoud qui tient simplement cètte forme vésiculeuse pour l’expression la plus forte de l’angine catarrhale aiguë L » Parrot combat vivement cette façon de voir, basée sur la confusion des vésicules que l’on observe de temps à autre au cours de l’amygdalite simple avec les vésicules de l’herpès vrai. « En ne voyant dans cette forme vésiculeuse que l’expression la plus forte de l’angine catarrhale aiguë, Jaccoud n’a-t-il pas commis une erreur semblable? (celle de Gerhard), n’at-il pas rapporté au degré ce qui était affaire de qualité confondant ainsi la quantité avec la spécificité? l’étude comparative des diverses manifestations éruptives de l’herpès montre qu’elles constituent une espèce nosolo-

1. Voir l’angine aiguë simple, paragraphe consacré à Jaccoud.

Page 1